• L′Amandin

    Ingrédients

    • 4 oeufs
    • 250 gr de sucre semoule
    • 200 gr de poudre d’amandes
    • 20 cl de jus d’orange
    • 1 c à soupe de zeste d’orange râpé
    • 25 gr de beurre
    • 2 c à soupe de marmelade d’oranges
    • 50 gr d’oranges concassées

    Préparation 

    20 Min

    Cuisson

    50 Min


    1. Mélangez les jaunes d’oeufs et le sucre pendant 10 mn.
    2. Incorporez les amandes en poudre, le jus d’oranges et le zeste.
    3. Fouettez les blancs en neige et ajoutez-les.
    4. Beurrez soigneusement un rond de papier sulfurisé de 24 cm de diamètre.
    5. Placez-le dans le fond d’un moule de même taille.
    6. Faites cuire 30 mn à 180° puis 20 mn à 200°.
    7. Laissez tiédir le gâteau, démoulez-le.
    8. Badigeonnez-le de marmelade d’orange et incrustez des amandes concassées sur le pourtour.
    Source : Revue Signe des Temps - Janvier-Février 2018
  • Bible, politique et vérité

    Par Ralph Seechurn
    Pasteur

    À l’époque de Jésus, la Palestine est sous domination romaine. Le jeune homme, qui n’a pas suivi le cursus académique pour devenir un rabbi, un enseignant, jouit pourtant d’une popularité croissante auprès du peuple juif. Ses discours sont courus. Il y bouscule les habitudes, confronte les traditions au vécu, ne se conforme pas (ou pas toujours) aux conventions et aux rites.

    Les autorités religieuses voient cet agitateur d’un très mauvais oeil, d’autant qu’il n’a pas honte de se présenter comme le fils de Dieu – dont il annonce le royaume (c’est pour le parodier qu’il sera appelé « roi »). Jusqu’au jour où la coupe est pleine : pour le faire arrêter, les chefs religieux montent un dossier d’accusation et remettent Jésus entre les mains du pouvoir romain. Ponce Pilate, le procureur, le reçoit pour entendre sa version des faits :

    – Pilate lui dit : Tu es donc roi ?

    – Jésus répondit : Tu le dis, je suis roi. Je suis né et je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité. Quiconque est de la vérité écoute ma voix.

    – Pilate lui dit : Qu’est-ce que la vérité ?

    Après avoir dit cela, il sortit de nouveau pour aller vers les Juifs, et il leur dit : Je ne trouve aucun crime en lui » (Jean 18.37-38, version Louis Segond).

    Cet extrait de l’évangile de Jean donne à la fois une définition de la vérité et une idée du rapport qu’elle est susceptible d’entretenir avec le pouvoir (en l’occurrence politique). Tandis que Jésus présente la vérité comme une façon d’être au monde (Jésus dit par ailleurs qu’il est la vérité), Pilate la conçoit comme un objet : « Qu’est-ce que la vérité ? ». Il le demande après que Jésus ait pourtant donné en exemple sa propre façon d’être.

    La question du procureur est-elle existentielle ou reflète-t-elle simplement son conflit intérieur ?

    La suite montre que par trois fois, Pilate dira qu’il n’a rien trouvé qui puisse justifier la condamnation de Jésus, mais il n’aura pas le courage politique de faire triompher la vérité. Il n’est pas prêt à assumer ensemble son pouvoir décisionnel et une vérité qui va à l’encontre de ce que la foule, manipulée par les chefs religieux, plébiscite devant lui (à savoir la condamnation de Jésus). Cela pourrait lui coûter son poste. Son arbitrage se fera finalement au détriment de la vérité, avec pour conséquence directe la crucifixion d’un homme qu’il estime innocent et, peut-être indirectement, son limogeage en l’an 36 puis, à la suite d’autres événements, son suicide.

    Extrait de la revue "Signes des Temps" de janvier-février 2018

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    La revue Signes des Temps cherche à poser un regard chrétien sur notre vie et notre époque. Une revue bimestrielle (6 parutions de Janvier 2018 à Décembre 2018.) pour approfondir et partager sa foi .

  • La vérité à l′épreuve de l′émotion

    L′impact émotionnel que provoque une information est de plus en plus souvent gage de son succès, quitte à laisser circuler de faux messages.

    Pendant des siècles, le partage de l’information et des nouvelles est resté une affaire d’experts : professeurs, chercheurs, journalistes…, à qui revenait la tâche de transmettre le savoir au plus grand nombre. En dehors de ces canaux, chercher et trouver ce savoir demandait un effort considérable et beaucoup temps.

    Désormais, l’information est l’affaire de tous, influençant grandement l’évolution du partage des connaissances. Cela a pris des proportions croissantes avec le développement d’Internet et l’avènement des réseaux sociaux. Désormais, chacun peut trouver sur Youtube des vidéos et des tutoriels sur tous les sujets, du plus trivial au plus complexe : tricot, cuisine, cours de dessin, explications sur la physique quantique, la philosophie ou discussions sur le dernier prix littéraire.

    On pensera aussi ici à Wikipedia, une encyclopédie en ligne ouverte, à laquelle tout quidam est susceptible de contribuer. Ce n’est plus forcément des professeurs ou des experts, qui apportent des explications, mais aussi des passionnés et des autodidactes, des amoureux de la vulgarisation qui mettent leurs connaissances à la portée de tous, parfois des personnes aux compétences limitées ou aux intentions douteuses.

    Le même phénomène se répercute sur le traitement des informations et des nouvelles : en quelques mots sur Twitter ou Facebook, on peut instantanément (c’est-à-dire sans prendre le temps du recul et de l’analyse) commenter un évènement dont on a été témoin ou dont on a simplement entendu parler.

    Dans ces conditions, difficile de mettre en perspective ce qu’on raconte ou de vérifier ses sources. Ce n’est d’ailleurs plus tant l’information qui importe que la réaction, l’émotion qu’elle déclenche. Suis-je satisfait, inquiet, bouleversé par ce qui arrive ?

    Dans tous les cas, le but est que ceux qui lisent le message réagissent eux aussi et donnent leur sentiment. Le fait que les réseaux sociaux s’accommodent de messages courts alimente la chaîne : on écrit peu, vite, sans nuances et sans mesurer la portée de ses paroles ou des fausses informations (Fake News) qu’on contribue à véhiculer.

    Cette rapidité, cette facilité d’échange a beaucoup d’avantages, notamment l’ouverture de l’accès au savoir. Mais la médaille a son revers. Comme l’information est toujours plus présente, toujours plus centrée sur nos émotions et nos réactions aux nouvelles, nous nous habituons au sensationnel, à l’immédiat. Les annonceurs et autres acteurs d’Internet cherchent à…[Fin de l’extrait de la Revue Signes des Temps de Janvier-Février 2018]


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  • Regard sur la post-vérité

    Par Élise Lazarus

    La notion de post-vérité intéresse les chercheurs en socio-politique, mais elle est encore méconnue du grand public. Quelle réalité recouvre-t-elle ?

    Qu’est-ce que la post-vérité ? C’est sans doute l’un des traits caractéristiques de l’époque actuelle, qui consiste à remettre en cause les sources de connaissance et d’information officielles au profit d’impressions subjectives et de croyances personnelles. Autrement dit, la vérité des faits, la recherche d’objectivité, ont désormais moins d’influence dans la formation d’une opinion que tout ce qui fait appel à l’émotion et à la subjectivité. Là où, autrefois et indépendamment des positions individuelles, une frontière était clairement tracée aux yeux de la société entre vérité et erreur, elle ne l’est plus. Désormais, il n’y a plus seulement ce qui est vrai et ce qui est faux. Il existe une troisième catégorie, faite d’affirmations ambiguës. Des affirmations qui ne sont pas exactement des vérités mais des « presque-vérités ».

    Le terme « post-vérité » apparaît pour la première fois sous la plume de Ralph Keyes en 2004, dans son livre The Post- Truth Era1. Il est entré dans le prestigieux dictionnaire Oxford le 16 novembre 2016 comme étant le mot le plus utilisé cette année-là. En Angleterre, d’abord, à propos du Brexit mais aussi en Amérique, pendant la course à la Maison Blanche. La création de ce mot composé constitue un marqueur, celui du franchissement d’une limite, l’abandon d’un idéal jusqu’ici encore défendu. Désormais, au nom du pragmatisme, la vérité ou la recherche de vérité est placée au second plan. Il est plus important de gagner du temps ; plus tentant de se laisser happer par le contenu qui suscite l’émotion la plus forte ; plus confortable de considérer que chacun est libre de penser ce qu’il veut, surtout lorsque cela peut se faire au La notion de post-vérité intéresse les chercheurs en socio-politique, mais elle est encore méconnue du grand public. Quelle réalité recouvre-t-elle ? prétexte d’un concept aussi noble et digne que la tolérance.

    Deux chansons pourraient illustrer fort bien la mécanique à l’oeuvre, montrant par la même occasion que la notion n’est pas absolument nouvelle. Dans « Les proverbes d’aujourd’hui », Guy Béart chantait déjà : « Deux et deux font cinq ou trois, / pour le penser on est quatre. / Deux et deux font cinq ou trois. / Ce qui est, c’est ce qu’on croit », tandis que Johnny Hallyday célébrait sa version des faits avec « Ma vérité » : « Je n’ai fait semblant de rien / Je me suis sali les mains / Pour construire ma liberté / Et pouvoir dire ma vérité ».

    Cette idée d’une vérité personnelle, aujourd’hui fréquemment basée sur les émotions et nos liens affectifs (voir entretien avec Bernard Sauvagnat en pp.8-9 de la Revue Signes des Temps – Janvier 2018), n’est pas présente que dans la sphère artistique. Elle est transversale à tous les domaines de la vie. Le fait de considérer la vérité comme impossible à atteindre peut conduire à relativiser l’intérêt de la chercher. Mais il est difficile, douloureux même, d’y renoncer complètement, notamment parce qu’il est extrêmement rare d’arriver à vivre heureux et serein tout en gardant ses questions existentielles éternellement en suspens. Se fabriquer sa propre vérité peut dès lors apparaître comme une solution. La Bible propose un point de vue différent…[Fin de l’extrait – Lire la suite dans la Revue Signes des Temps – Janvier-février 2018]


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  • Noël et Hanoucca

     

     Par Joseph du Mesgnil d′Engente

    « En ce temps-là parut un édit de César Auguste, ordonnant un recensement de toute la terre. Ce premier recensement eut lieu pendant que Quirinius était gouverneur de Syrie. Tous allaient se faire inscrire, chacun dans sa ville. Joseph aussi monta de la Galilée, de la ville de Nazareth, pour se rendre en Judée, dans la ville de David, appelée Bethléem, parce qu’il était de la maison et de la famille de David, afin de se faire inscrire avec Marie, sa fiancée, qui était enceinte. Pendant qu’ils étaient là, le temps où Marie devait accoucher arriva, et elle enfanta son fils premier-né. Elle l’emmaillota, et le coucha dans une crèche, parce qu’il n’y avait pas de place pour eux dans l’hôtellerie. » Extrait du récit de la naissance de Jésus. Évangile de Luc 2.1-6, version Nouvelle édition de Genève 1979.

    La fête de Hanoucca

    Alors que les chrétiens célèbrent Noël et la venue du Sauveur, les juifs fêtent Hanoucca.

    La fête de Hanoucca, ou fêtes des Lumières, a une très grande importance pour le peuple juif. Bien que n’étant pas une fête instituée par Dieu, elle est mentionnée dans les Écrits apostoliques sous le nom de fête de la Dédicace. Il est dit qu’à cette occasion, Jésus « se promenait dans le Temple, sous le portique de Salomon » (Jean 10.22). Cette fête célèbre la purification de l’autel des holocaustes du second Temple, qui avait été souillé par le roi séleucide grec, Antiochus IV Épiphane. Voulant imposer lourdement les Juifs et mettre fin aux querelles entre les deux prétendants au titre de Grand Prêtre d’Israël, il interdit le culte juif, et le Temple restera sans services, du 7 décembre 167 au 17 décembre 164 av. J.-C. La reconsécration du Temple constitue un événement important de la révolte des Maccabbées dont Mattatias, le Père, Judas et Simon, deux de ses sept fils, sont les illustres représentants.

    La tradition rapporte qu’il ne restait plus qu’une petite fiole d’huile d’olive permettant l’allumage de la ménorah (le chandelier à sept branches se trouvant dans le Lieu saint du Temple) durant une seule journée. Or, cette fiole permit d’en éclairer les sept lampes, durant les huit jours nécessaires à la production de la nouvelle réserve d’huile. La fête de Hanoucca célèbre cet événement, encore de nos jours. On allume une lampe d’une Hanoukia (chandelier à neuf branches), chaque jour, jusqu’à son allumage complet, le huitième jour. On mange des friandises à l’huile d’olive, notamment les soufganiyot. Elle se déroule dans les environs de Noël, cette année, du 13 au 20 décembre.

    Source : Revue Signes des Temps de décembre 2017

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  • Pour un Noël qui a du sens

    Chaque année, la période des fêtes de fin d′année ouvre une parenthèse joyeuse. Elle plonge aussi les personnes isolées dans un sentiment de solitude plus grande encore. Peut-on s′amuser tout en passant un Noël solidaire ?

    Parmi la liste des célébrations et jours fériés qui ponctuent l’année dans nos pays occidentaux, il y a une fête qui ne perd jamais de sa popularité : Noël. Les yeux des enfants brillent à son seul nom, nous en entendons parler dès le mois de novembre, voyons fleurir sur nos écrans les publicités nous invitant à acheter des chocolats, jouets et autres cadeaux connectés. On en frôlerait presque l’indigestion mercantile. Mais au milieu de cette avalanche de consommation apparaissent aussi des manifestations pour nous inciter à plus de paix, de tolérance et de solidarité.

    Que penser au final de Noël ? Est-ce une fête consumériste et égoïste ? Un moment familial de partage ? Une célébration religieuse ?

    De l′artifice à la révélation

    Au premier abord, il paraît évident de dire que Noël est une fête chrétienne. De façon traditionnelle elle est associée à la naissance du Messie, Jésus, et l’on retrouve dans son imagerie habituelle la crèche, la messe de minuit et des chants religieux. Pourtant, l’origine même de cette célébration peut poser question. On le sait aujourd’hui, la date du 25 décembre ne peut en aucun cas être la date réelle de la naissance de Jésus (nous n’avons aucune indication exacte, mais la période probable serait l’automne). Elle correspond par contre à l’équinoxe d’hiver, soit la journée la plus courte de l’année dans l’hémisphère nord. Cette journée était, sous l’Empire romain, une fête importante pour les différents cultes du Soleil tel celui de Mithra. On y célébrait le retour des journées qui rallongent comme la victoire du Soleil contre la nuit.

    Le choix de cette date précise pour instaurer la fête de Noël fait sens à une époque où l’Empire cherche à unir toutes ses provinces, aux cultures et religions disparates, sous la bannière du christianisme. Une fête païenne déjà existante et extrêmement populaire a ainsi été remplacée, petit à petit, par une fête chrétienne majeure sans perturber outre mesure les citoyens de l’empire. Puis de nombreuses traditions s’ajoutent au fil des siècles à la célébration de Noël, qui ne correspondent pas aux récits bibliques de la naissance du Christ : le sapin, Balthazar, Melchior et Gaspard, les Chaque année, la période des fêtes de fin d’année ouvre une parenthèse joyeuse. Elle plonge aussi les personnes isolées dans un sentiment de solitude plus grande encore.

    Peut-on s’amuser tout en passant un Noël solidaire ? trois rois mages1, les santons, le père Noël, l’échange de cadeaux. Mais cela veut-il dire que tout est à jeter dans Noël ? Le plus important, au-delà d’une date de naissance qui n’est admise que par convention et de tous les ajouts qui détournent le sens de la fête, n’est-il pas que Jésus, le Christ, est bel et bien né ?

    1. La Bible ne précise ni leur nom ni leur nombre, et ne leur donne que le titre de mage. Cf. Matthieu 2.

    Source : Revue Signes des Temps - Décembre 2017

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  • Brève histoire du protestantisme en France – (suite II)

    Allemagne, Antilles, États-Unis : l′influence de la Réforme

    La Réforme protestante n′est pas restée sans conséquence sur les territoires d′outre-Atlantique découverts au XVIe siècle. De l′Allemagne aux Antilles, son influence passe par les États-Unis.

    Les protestants prennent part à la conquête du Nouveau Monde. Dès le XVIe siècle, ils sont au Brésil, en Floride et en Caroline de Sud. Le 24 juillet 1534, Jacques Cartier prend possession du Canada au nom de la France. Ce dernier, catholique, sert sous les ordres du gentilhomme réformé Jean- François de La Rocque.

    Les équipages sont alors composés indifféremment de catholiques et de protestants. Par ailleurs, les guerres de religions qui déchirent l’Europe à cette même époque alimentent le flux de l’exode. Les territoires d’outre- Atlantique servent de refuge aux protestants pourchassés et bannis.

    En 1620, lorsque le fameux Mayflower arrive à Plymouth, des Français sont à bord. Puis en 1662, de nombreux Rochelais adressent une pétition au gouverneur du Massachusetts afin de pouvoir s’installer et « vivre avec les Anglais ». Malgré la Charte de la Compagnie des Cent-Associés1 ordonnant de peupler la colonie de « naturels français catholiques », les protestants continuent d’être tolérés si leur profession est d’utilité publique.

    Les huguenots arrivent nombreux aux États-Unis dans la seconde moitié du XVIIe siècle et constituent une part importante de la population de la Nouvelle York. Beaucoup vont contribuer à l’essor des villes de Boston, Virginie, New Rochelle, Floride. Ils s’investissent dans tous les domaines et s’appellent Davy Crockett, Franklin Delano Roosevelt (32e président de la nation) ou encore Calvin Smith (sprinter olympique).

    « Les territoires d′outre-Atlantique
    servent de refuge aux protestants
    pourchassés et bannis »

    Aux Antilles, la présence protestante remonte au XVIIe siècle. Les huguenots, interdits au début de la colonisation à la Martinique, sont venus avec les négociants, les raffineurs et les capitaines de bateau des ports sous influence protestante (La Rochelle, Dieppe, Flessingue). Les besoins de la colonie naissante ont amené à les tolérer à titre individuel.

    Après la Révocation de l’Édit de Nantes, religionnaires et nouveaux convertis sont déportés. La plupart passent dans les îles anglaises, avec la complicité de ceux qui restent et continuent d’être tolérés. En fait, la pression morale s’exercera surtout sur leurs enfants. Car l’hégémonie du catholicisme ne va cesser de se renforcer grâce aux dispositions administratives prises par le pouvoir royal2. Pour l’heure, les huguenots possèdent, comme les autres, leurs négriers3.

    Néanmoins, certains s’engageront4, dans la première moitié du XIXe siècle, en faveur de l’abrogation de l’esclavage5. Un palier est franchi en 1834 avec la fondation de la Société française pour l’abolition de l’esclavage. Le réformateur John Wesley, son disciple William Wilberforce, le philanthrope quaker Thomas Clarkson et plus tard les pasteurs Benjamin Sigismond-Frossard et Guillaume de Félice vont préparer la voie à Victor Schoelcher, qui sera le catalyseur de l’abolition de l’esclavage le 4 novembre 1848 à la Martinique. E.G. White6 s’était à cette époque courageusement insurgée et avait donné son orientation à l’Église adventiste en s’opposant aux lois qui enjoignaient de restituer un esclave fugitif à son maître. Les institutions protestantes, […] Fin de l’extrait – Lire la suite dans la revue Signes des Temps – LE NUMÉRO SPÉCIAL – DE LA REVUE SIGNES DES TEMPS : LES 500 ANS DE LA RÉFORME 

    1. La Charte de la Compagnie des Cent-Associés, supervisée par Richelieu, Grand Maître et Surintendant de la Navigation, est signée en 1627. 
    2. Jacques Petitjean-Roget, « Les protestants à la Martinique sous l'ancien régime », in Revue d'histoire des colonies, 1955, volume 42, n° 147, p.220-265. 
    3. Cf. Liliane Crété, La traite des nègres sous l'Ancien Régime, Paris, Perrin 1989. 
    4. Joseph Bates, l’un des fondateurs de l’Église adventiste, était avant sa conversion capitaine pour la marine marchande aux Antilles. Il a par la suite été un militant anti-esclavagiste très actif. 
    5. André Encrevé, «Les protestants et l'évangélisation. Quand l'esclavage devient un "empêchement" pour la mission ». Voir aussi « L'antiesclavagisme chrétien aux XVIIIe et XIXe siècles » : http://www.erf-auteuil.org/conferences/lesprotestantes- et-l-evangelisation.html 
    6. E.G. White, Testimonies for the Church, vol. I, Pacific Press Publishing Association, 1855, p. 201–202.

     

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  • Brève histoire du protestantisme en France – (suite)

    La Période du Désert : une foi secrète face à la répression

    En 1685, Louis XIV estime qu’il peut désormais révoquer l’Édit de Nantes, « puisque la meilleure et la plus grande partie de nos sujets de ladite R.P.R. ont embrassé la catholique »2. Officiellement, les protestants sont presque éliminés du Royaume.

    La réalité est pourtant bien différente. Dans certaines régions où les protestants étaient très présents, beaucoup de familles se sont officiellement converties au catholicisme mais continuent à pratiquer leur foi en toute illégalité. Ils doivent se réunir en cachette, souvent dans des grottes ou des forêts très isolées. C’est la Période du Désert. La répression est impitoyable : les hommes risquent les galères, les femmes la prison.

    Dans les Cévennes, l’Abbé du Chayla pourchasse les protestants avec brutalité. Son assassinat en 1702 par un groupe de paysans protestants marque le début de la Guerre des Camisards.

    Pauvres et très pieux, les Camisards mènent un combat acharné contre les armées royales pendant près de deux ans. Les protestants cévenols soutiennent largement les Camisards, qu’ils hébergent et nourrissent.

    Les armées royales, peu habituées au relief montagneux des Cévennes, peinent à maîtriser des rebelles qui exploitent au maximum le terrain. Ce conflit est un des premiers exemples de guérilla, mais également une forme de soulèvement surprenante puisque les rebelles ont pour seule revendication la liberté religieuse.

    Cette guerre est marquée par une grande violence, tant d’un côté que de l’autre. On considère qu’elle prend fin en 1704, lorsque l’un des chefs camisards, Jean Cavalier, capitule. Les persécutions dureront encore de nombreuses années. Pendant la Période du Désert, plus de 200 000 huguenots quittent la France pour des terres protestantes, telles que la Suisse, l’Allemagne, l’Angleterre, les Pays-Bas, l’Amérique du Nord ou même l’Afrique du Sud3. […] Fin de l’extrait – Lire la suite dans la revue Signes des Temps – LE NUMÉRO SPÉCIAL – DE LA REVUE SIGNES DES TEMPS : LES 500 ANS DE LA RÉFORME

    Les héros de la liberté de conscience, Max Leenhardt, huile sur toile, 1925, Musée du Désert, Mialet.

     

     

     

     

     

     

     

     


     

     

     

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  • Brève histoire du protestantisme en France

    Les protestants sont, certes, minoritaires en France, mais leur présence est bel et bien réelle dans la société. Leur nombre, aujourd’hui bien en-deçà des 10 % qu’ils représentaient en 1560, est le signe d’une histoire mouvementée.

    Revenons au commencement Avant même la Réforme, celle qui marquera la naissance du mouvement protestant, des Français ouvrent la voie à une éventuelle réforme de l’Église catholique. Parmi ces précurseurs, le plus connu est sûrement Pierre Valdo, un marchand lyonnais du XIIe siècle, qui fait traduire la Bible en provençal.

    Le placardage des 95 thèses de Luther en 1517 va, bien sûr, accélérer les évènements. Au début du XVIe siècle, les idées de la Réforme se propagent dans les cercles intellectuels français. Plus ce nouveau courant progresse, plus l’hostilité catholique s’intensifie – même si le roi, François Ier, y reste alors assez indifférent. Le début de la répression Tout va basculer la nuit du 17 au 18 août 1534. Partout en France, de mystérieuses silhouettes se faufilent dans les rues.

    À son réveil, le roi est averti que des affiches ont été placardées dans le Royaume. On peut y lire de violentes critiques contre l’Église catholique et « cette pompeuse et orgueilleuse messe papale par laquelle le monde […] sera totalement ruiné »1. Les auteurs espéraient que ces affiches allumeraient la flamme de la Réforme dans un pays où elle progressait lentement ; cette Affaire des Placards sera l’étincelle qui déclenchera le feu de la répression. Pour le roi, c’est l’humiliation : ces affiches – qui ont été placardées jusque dans sa chambre à coucher ! – sont une provocation et une insulte virulente envers l’Église et donc envers lui-même, car il est le représentant de Dieu sur Terre. François Ier fait arrêter et juger de nombreux protestants. Certains sont exécutés.

    Mais cela n’empêchera pas les idées de la Réforme de se répandre en France, bien au contraire. En 1560, le Royaume est divisé. D’un côté, le clan catholique mené par la famille royale et les de Guise, très influents à la cour. De l’autre, le clan protestant, qui compte parmi ses leaders Gaspard de Coligny, le Prince de Condé ou encore Antoine de Bourbon. Les tensions sont fortes : les de Guise font exécuter Anne du Bourg, un opposant protestant. […] Fin de l’extrait – Lire la suite dans la revue Signes des Temps – LE NUMÉRO SPÉCIAL – DE LA REVUE SIGNES DES TEMPS : LES 500 ANS DE LA RÉFORME

    Un matin devant la porte du Louvre, Édouard Debat-Ponsan, huile sur toile, 1880, musée d’art Roget-Quilliot, Clermont-Ferrand. Catherine de Médicis dévisage les protestants massacrés au lendemain de la Saint-Barthélémy.


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  • L′Église en marche

    Par Daniel Hornicar

    Le jubilé de la Réforme est l’occasion par excellence de réfléchir à la signification et à la portée de cet événement pour l’Église d’aujourd’hui. S’il est des concepts qui permettent de nourrir la réflexion, c’est bien le cas de la devise Ecclesia reformata, semper reformanda que je me permets de paraphraser ainsi en français : « Réforme de l’Église – l’Église à réformer ». L’origine de ce fameux adage remonte au XVIIe siècle, sous la plume du théologien piétiste hollandais Jodocus van Lodenstein. Elle définit deux pôles que l’Église devrait avoir constamment en vue. Premièrement, l’Église est appelée à être réformée. C’est-à-dire à être plus fidèle à l’Évangile.

    Telle était la préoccupation majeure du moine augustinien Martin Luther, qui l’a poussé à diffuser ses fameuses 95 thèses au XVIe siècle. Luther s’était opposé à la pratique grandissante des indulgences. Dans ses thèses et dans l’argumentation qui a suivi, il a rappelé que la référence essentielle pour l’Église réside dans les Écritures, la Parole de Dieu, dans son message de l’Évangile libérateur : Dieu nous accepte inconditionnellement. Son amour ne se mérite pas par des actions humaines, l’accès à Dieu est rendu possible sans médiation humaine. Dieu offre sa grâce gratuitement à tous ; la vie, la mort et la résurrection du Christ ouvrent à tout être humain un horizon nouveau. Le témoignage de l’Église dans le monde doit s’inspirer uniquement de cet Évangile. Les pratiques et les croyances de l’Église doivent être conformes à l’Évangile, à la Parole vivante de Dieu.

    L′Église doit être constamment capable d′apporter l′Évangile en répondant aux aspirations et aux besoins de ses contemporains

    La deuxième partie de la devise, « l’Église à réformer », nous rappelle que l’Église est sur un chemin, en marche, et que ce travail de renouvellement doit être poursuivi sans cesse. L’Église est appelée à persévérer dans la Réforme, à persévérer alors que les temps et le contexte changent. L’Église doit être prête à entendre et à recevoir l’Évangile dans l’époque où elle vit. Elle doit être constamment capable d’apporter l’Évangile en répondant aux aspirations et aux besoins de ses contemporains : le monde d’aujourd’hui est marqué par une fragilisation de l’être humain, la radicalisation, l’émergence des post-vérités (situations dans lesquelles il est accordé plus d’importance aux émotions et aux opinions qu’aux faits), l’incertitude. Pour être crédible et pertinente dans sa mission, l’Église est appelée à toujours se remettre en question, à mettre à jour ses croyances et ses pratiques par la Parole vivante de Dieu et par le Saint Esprit.


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