• Pour un Noël qui a du sens

    Chaque année, la période des fêtes de fin d′année ouvre une parenthèse joyeuse. Elle plonge aussi les personnes isolées dans un sentiment de solitude plus grande encore. Peut-on s′amuser tout en passant un Noël solidaire ?

    Parmi la liste des célébrations et jours fériés qui ponctuent l’année dans nos pays occidentaux, il y a une fête qui ne perd jamais de sa popularité : Noël. Les yeux des enfants brillent à son seul nom, nous en entendons parler dès le mois de novembre, voyons fleurir sur nos écrans les publicités nous invitant à acheter des chocolats, jouets et autres cadeaux connectés. On en frôlerait presque l’indigestion mercantile. Mais au milieu de cette avalanche de consommation apparaissent aussi des manifestations pour nous inciter à plus de paix, de tolérance et de solidarité.

    Que penser au final de Noël ? Est-ce une fête consumériste et égoïste ? Un moment familial de partage ? Une célébration religieuse ?

    De l′artifice à la révélation

    Au premier abord, il paraît évident de dire que Noël est une fête chrétienne. De façon traditionnelle elle est associée à la naissance du Messie, Jésus, et l’on retrouve dans son imagerie habituelle la crèche, la messe de minuit et des chants religieux. Pourtant, l’origine même de cette célébration peut poser question. On le sait aujourd’hui, la date du 25 décembre ne peut en aucun cas être la date réelle de la naissance de Jésus (nous n’avons aucune indication exacte, mais la période probable serait l’automne). Elle correspond par contre à l’équinoxe d’hiver, soit la journée la plus courte de l’année dans l’hémisphère nord. Cette journée était, sous l’Empire romain, une fête importante pour les différents cultes du Soleil tel celui de Mithra. On y célébrait le retour des journées qui rallongent comme la victoire du Soleil contre la nuit.

    Le choix de cette date précise pour instaurer la fête de Noël fait sens à une époque où l’Empire cherche à unir toutes ses provinces, aux cultures et religions disparates, sous la bannière du christianisme. Une fête païenne déjà existante et extrêmement populaire a ainsi été remplacée, petit à petit, par une fête chrétienne majeure sans perturber outre mesure les citoyens de l’empire. Puis de nombreuses traditions s’ajoutent au fil des siècles à la célébration de Noël, qui ne correspondent pas aux récits bibliques de la naissance du Christ : le sapin, Balthazar, Melchior et Gaspard, les Chaque année, la période des fêtes de fin d’année ouvre une parenthèse joyeuse. Elle plonge aussi les personnes isolées dans un sentiment de solitude plus grande encore.

    Peut-on s’amuser tout en passant un Noël solidaire ? trois rois mages1, les santons, le père Noël, l’échange de cadeaux. Mais cela veut-il dire que tout est à jeter dans Noël ? Le plus important, au-delà d’une date de naissance qui n’est admise que par convention et de tous les ajouts qui détournent le sens de la fête, n’est-il pas que Jésus, le Christ, est bel et bien né ?

    1. La Bible ne précise ni leur nom ni leur nombre, et ne leur donne que le titre de mage. Cf. Matthieu 2.

    Source : Revue Signes des Temps - Décembre 2017

    REVUE SIGNES DES TEMPS ABONNEMENT 2018

    La revue Signes des Temps cherche à poser un regard chrétien sur notre vie et notre époque. Une revue bimestrielle (6 parutions de Janvier 2018 à Décembre 2018.) pour approfondir et partager sa foi .

     

     

  • La Bible est-elle verte ?

    Par Gabriel Monet

    La Bible n’a pas été écrite dans un contexte de crise écologique et n’offre pas de traité écologique formel. Pour autant, elle n’est
    pas silencieuse sur la valeur de la création et sur le soin que les humains sont invités à lui prodiguer.

    Parmi les peuples qui entouraient les Hébreux, dont la Bible rapporte l’histoire, il était courant de diviniser la nature. La révélation biblique lui accorde une grande valeur en tant que création de Dieu mais ne lui donne pas la même place. Ce n’est pas la nature elle-même qui est glorifiée, mais la nature en tant qu’oeuvre de Dieu. Après chacun des six jours de la création, il est écrit : « Dieu vit que cela était bon ». De la lumière aux étoiles en passant par le soleil et la lune, du ciel et de la mer aux oiseaux et aux poissons, de la terre aux animaux et aux humains en passant par les herbes, les plantes et les arbres, pour Dieu tout cela est précieux.

    Dans le projet divin tel qu’il apparaît au début de la Bible, quatre verbes sont utilisés pour évoquer les rapports que
    l’homme est encouragé à développer avec le reste du vivant : « dominer et soumettre », « cultiver et garder »

    Dans le projet divin tel qu’il apparaît au début de la Bible, quatre verbes sont utilisés pour évoquer les rapports que l’homme est encouragé à développer avec le reste du vivant : « dominer et soumettre », « cultiver et garder ». C’est dans Genèse 1.28 qu’on trouve la notion de domination qui, historiquement, a tellement nourri une approche instrumentale de la nature. Or le verbe « dominer » est un terme royal qui va bien plus dans le sens de ce que devrait faire un roi envers ses sujets, c’est-à-dire « prendre soin » et non « tyranniser ». Le contexte qui entoure ce verset va exactement dans ce sens. Située entre le moment où Dieu crée l’être humain à son image et le moment où il appelle au végétalisme, on voit mal comment l’invitation à la soumission et à la domination pourrait être assimilée à une exploitation illimitée, « insoutenable ».

    S’il est clair que nous sommes invités à nous nourrir de toutes les richesses que produit la nature, ce n’est pas d’une manière qui dilapide ce patrimoine. Au contraire !

    La domination et la soumission que l’homme exerce envers la nature ne devraient pas être différentes des liens de bonté que Dieu entretient envers l’homme. D’autre part, dans Genèse 2.15, Dieu invite l’homme et la femme à « cultiver et à garder le jardin ». L’être humain a aussi trop souvent interprété cet appel à « cultiver » comme l’autorisation d’utiliser à son propre bénéfice tout ce que la terre peut donner. S’il est clair que nous sommes invités à nous nourrir de toutes les richesses que produit la nature, ce n’est pas d’une manière qui dilapide ce patrimoine. Au contraire ! Comme l’expriment Hélène et Jean Bastaire, « Dieu confie à l’homme le soin d’aménager la nature, de la domestiquer, au sens littéral des mots.

    Aménager la nature, c’est faire ménage avec elle. La domestiquer, c’est fonder avec elle une maison commune (domus). Pour les premiers chapitres de la Genèse, dominer la nature est la même chose que la domestiquer, ce n’est pas la transformer en usine à poulets, mais en maison pour tous »1.

    Source : Revue Signes des Temps - Nov-dec 2015 - page 38

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  • L’homosexualité et la Bible – DOSSIER (Revue Signes des Temps)

    Le texte biblique face à la réalité

    La Bible n’est pas déconnectée de la réalité humaine mais éclaire au contraire notre vécu à toute époque. Que peuvent nous dire aujourd’hui les textes qui parlent des relations entre personnes du même sexe ?

    Les auteurs bibliques n’auraient probablement jamais accepté une relation homo-érotique entre deux personnes, même consentantes et amoureuses. Il faut aussi préciser qu’il n’y a jamais eu une véritable réflexion (car anachronique) sur l’homosexualité. En effet, ils n’ont pas été exposés aux résultats de la science médicale (biologie, génétique, endocrinologie) et de la psychologie moderne. Les auteurs bibliques ont eu raison de condamner les relations homo-érotiques liées aux pratiques idolâtres, à l’abus et à la violence.

    Mais comment faire aujourd’hui si, grâce aux nouvelles découvertes et au mûrissement des principes de l’Évangile dans la conscience humaine, nous réalisons qu’il faut à la fois adopter les principes bibliques et prolonger leur trajectoire selon la dynamique de la « vérité présente »1 ?

    Certes, pendant des siècles l’Église a considéré tous les rapports homo-érotiques, et l’homosexualité tout court, comme une aberration, comme le résultat d’un choix fait par des débauchés, des pervers, des ennemis de Dieu. Pendant des siècles, l’Église s’est aussi trompée sur des questions astronomiques (voir 1 Chroniques 16.30 ; Psaumes 104.5), sur la question de l’esclavage (voir Lévitique 25.44-46 ; Ephésiens 6.5), sur la question de la justification par la foi, sur la question des mariages interraciaux, et sur bien d’autres encore. L’Église est un corps, un organisme et en tant que tel, elle a la vocation de grandir, avec le temps,« jusqu’à ce que nous soyons tous parvenus à l’unité de la
    foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l’état de l’homme adulte, à la mesure de la stature parfaite du Christ » (Ephésiens 4.11). Le temps ne transforme pas une erreur en vérité2. Il faut lire la Bible dans l’optique de la volonté de Dieu, qui se révèle historiquement par des règles et des affirmations qu’il faut vivre et faire vivre à la lumière d’une compréhension progressive de son plan. Toute lecture littéraliste et fondamentaliste est contraire à l’esprit de l’Écriture elle-même.

    Pouvons-nous affirmer que lorsque Jésus appelle les collecteurs des taxes de son époque des pécheurs, il parle ainsi des agents des impôts de tous les temps, passé, présent et avenir ? Pouvons-nous aujourd’hui considérer comme légitimes des pratiques telles que le lévirat (prendre l’épouse d’un frère décédé sans progéniture afin de lui en donner une : Genèse 38.8 ; Deutéronome 25.5, 6), la polygamie (Exode 21.10, 11 ; 2 Samuel 12.7, 8), l’achat et le commerce d’êtres humains (Exode 21.2-4), l’obligation pour une femme d’épouser celui qui l’a violée (Deutéronome 22.28, 29) ?

    Toute injonction biblique (norme ou loi) est à remettre dans son contexte social et historique. Après seulement il sera possible, avec l’aide de l’Esprit et par la réflexion de la communauté croyante, de comprendre la volonté de Dieu pour notre temps : « En effet, il a paru bon à l’Esprit
    saint et à nous-mêmes… » (Actes 15.28). [Voir plus…]

  • Que dit la Bible de l′homosexualité ? DOSSIER (Revue Signes des Temps)

    Au-delà des débats, des réactions et des questions légitimes que l’homosexualité suscite, notamment auprès d’un public chrétien, il est utile d’en revenir à ce que disent les textes bibliques.

    mariagehhLa Bible ne parle jamais de l’homosexualité dans le sens d′orientation sexuelle. Cependant elle se prononce sur la pratique homo-érotique, à savoir la relation sexuelle entre deux personnes du même sexe, sans faire un lien explicite entre la relation sexuelle et l’orientation sexuelle de ceux qui s’y engagent. Par conséquent, il n’est pas question d’homosexualité dans la Bible, mais seulement de pratiques homo-érotiques.

    Quels passages sont le plus souvent évoqués et comment les comprendre ?

    Dans l’Ancien Testament • Genèse 19.1-29 (Sodome)

    Ce texte condamne la tentative de démasculiniser l’étranger (par un acte sexuel imposé) afin de jouir de lui sur les plans physique et psychologique par sa domination et son humiliation. D’après le récit biblique, le problème à Sodome n’est pas l’homosexualité en tant qu’identité sexuelle. On ne trouve pas non plus dans le texte une évaluation d’une relation entre deux personnes homosexuelles consentantes.

    sodome-1

    Ci-dessus : La destruction de Sodome et Gomorrhe, John Martin, 1852, huile sur toile, 212,3 cm x 136,3 cm, Laing Art Gallery, Newcastle, Royaume-Uni.

    Ce passage biblique parle d’un acte homo-érotique qui allait être perpétré par « les gens de la ville, les hommes de Sodome… depuis les jeunes gens jusqu’aux vieillards, tout le peuple, sans exception ». Il s’agit donc d’un groupe hétérogène de personnes (qu’on suppose en majorité hétérosexuelles). Ce qui est pointé ici est la violence, pas l’homosexualité : « J’ai deux filles qui n’ont jamais eu de relations avec un homme ; je vais les faire sortir vers vous, et vous leur ferez ce qu’il vous plaira. Seulement, ne faites rien à ces hommes, puisqu’ils sont venus à l’ombre de mon toit ». Le Sodomite, dans le sens d’habitant de Sodome, n’est pas critiqué sur la base de ses orientations sexuelles, mais à cause de la violence, de l’orgueil et de la cruauté qui le caractérisent et qui, bien sûr, affecteront aussi sa manière de vivre sa sexualité (voir Ézéchiel 16.49, 50 ; Jérémie 23.14).
    Voir aussi à ce sujet Juges 19. L’infamie pointée dans ce chapitre est l’humiliation de l’étranger par sa soumission sexuelle.

    La Bible ne parle jamais de l’homosexualité
    dans le sens d’orientation sexuelle. Cependant elle
    se prononce sur la pratique homo-érotique

    Il ne s’agit pas d’un texte utilisable dans une discussion sur l’homosexualité en tant qu’identité sexuelle, ni pour évaluer une relation amoureuse entre deux individus  consentants du même sexe.

    • Lévitique 18.22 et 20.13

    Ces textes condamnent l’acte homo-érotique pratiqué par les hommes (pas question de femmes, ici !). Pourquoi ? La raison n’est pas donnée, mais elle se comprend en tenant compte du contexte littéraire : ces deux textes se trouvent dans le Code de sainteté (Lévitique 17 à 26), un ensemble d’interdictions qui ne sont pas forcément (ou seulement) justifiées d’un point de vue moral, mais qui veulent préserver la
    sainteté des Israélites par l’interdiction des pratiques suivantes : inceste, bestialité, polygamie, sacrifice d’enfant, contact avec une femme pendant ses règles, consommation de viande impure, manières de cuisiner impropres, mélange des fibres pour la confection de vêtements, semis concomittant de graines dans un jardin, etc. Toutes ces « abominations » sont des tabous, c’est-à-dire des éléments répugnants à éviter pour se distinguer des autres peuples et pour être rituellement apte à se présenter devant Dieu.

    L’habitant de Sodome n’est pas critiqué sur la
    base de ses orientations sexuelles, mais à cause
    de la violence, de l’orgueil et de la cruauté qui le
    caractérisent et qui, bien sûr, affecteront aussi sa
    manière de vivre sa sexualité

    Concernant l’homo-érotisme masculin, l’idée qu’un homme se laisse pénétrer comme une femme porte atteinte à la dignité et à l’autorité de l’homme en question et, par extension, de tout autre homme.
    Dans une société patriarcale, cela est inconcevable. Il est remarquable de constater que l’Ancien Testament n’interdit pas l’acte homo-érotique entre femmes. Autre observation importante, il manque dans Lévitique 20.13 une réflexion de nature éthique : les deux hommes engagés dans un rapport de nature sexuelle sont tous les deux jugés coupables, sans forcément décliner des exceptions, par exemple dans
    le cas d’un abus ou d’un viol. Une application à la lettre de ce texte produirait une condamnation sommaire, dans le cas d’un viol, de la victime avec son bourreau.

    • Deutéronome 23.18, 19

    La prostitution cultuelle1 était répandue en Israël après la séparation d’avec le royaume de Juda. Il est communément admis qu’une des fonctions principales de ce texte est de mettre en garde et de purifier le culte israélite des infiltrations liées au culte de la fertilité des populations cananéennes. Ici, l’enjeu n’est pas le phénomène homosexuel, mais tout d’abord l’infiltration de pratiques païennes dans le culte israélite. Certes, ces pratiques païennes se concrétisent, entre autres, par la prostitution sacrée (des hommes comme des femmes), qui est considérée comme une aberration. Cependant ce texte, tout en montrant une aversion envers la prostitution (en l’occurrence, sacrée) et, par extension, envers les relations homo-érotiques, ne se prononce pas sur l’orientation sexuelle en tant que telle.

    Dans le Nouveau Testament

    • Actes 15.19-21, 28, 29

    L’inconduite sexuelle ou fornication (en grec : porneia) est une expression qui, dans la bouche d’un Juif du Ier siècle, fait référence aux nombreuses lois de pureté sexuelle exprimées en Lévitique 17 et 18,…

    [Voir plus…]

  • Dieu à la bouche – Revue Signes des Temps

    Oui, Dieu a un goût, celui de la bonté, celui de la vie.
    À déguster sans se priver, en gourmet !

    SDTMai-juin2016Très loin de toute théologie, de tout discours sur Dieu, la Bible propose une expérience sensorielle étonnante : « Goûtez, et voyez combien le Seigneur est bon ! » Un Dieu s’offrant à nos sens, voilà une bonne nouvelle ! Pas besoin d’avoir un QI de 130 pour accéder à la compréhension de Dieu ; il suffit d’avoir le sens du goût et le sens de la vue, ou au moins l’un des deux en état d’éveil, et la bonté de Dieu vient caresser nos papilles gustatives ou nos pupilles…

    Pour ressentir le goût de la bonté du Seigneur, il faut la garder un moment en bouche, ne pas avaler trop goulûment. Il faut prendre son temps. Il faut aussi être curieux et oser porter à ses lèvres quelque chose dont on n’a pas l’habitude, l’inattendu de Dieu, la surprise, la nouveauté.

    Quand le Nouveau Testament cite ce passage du psaume, il l’associe à l’expérience gustative la plus fondamentale, celle que nous avons tous connue et qui nous a apporté la satisfaction la plus absolue : « Comme des enfants nouveau-nés, aspirez au lait »1. Nous avons tous tété, nous avons tous goûté et aimé le lait maternel, nous y avons tous puisé la vie. La bonté de Dieu a le même goût, l’incomparable saveur de la vie.

    Comme il est important, vital même, de préserver notre sens du goût ! Le psalmiste nous dit comment garder notre bouche en état de goûter Dieu : « Préserve ta langue du mal, tes lèvres des paroles trompeuses ». Une bouche saine, généreuse et vraie reste en permanence capable de savourer la bonté de Dieu et de s’emplir de reconnaissance : « Je bénirai le Seigneur en tout temps ; sa louange sera constamment dans ma bouche » !

    Corinne Egasse –

    1.Cf. 1 Pierre 2.2.


    Je bénirai le Seigneur en tout temps ; sa louange sera constamment dans ma bouche. Goûtez, et voyez combien le Seigneur est bon ! Préserve ta langue du mal, tes lèvres des paroles trompeuses ; écarte-toi de ce qui est mauvais, fais ce qui est bon ; recherche la paix, poursuis-la. Psaume 34.2, 9, 14, 15  – Texte biblique version NBS


    Au Seigneur aimable et aimé

    Aimable Seigneur, […] que les belles campagnes te louent lorsque, dans les délices de l’été, elles brillent selon leur noblesse naturelle dans la multiple parure de leurs fleurs et leur exquise beauté… Seigneur, lorsque je regarde de gracieux êtres vivants, d’aimables créatures, ils disent à mon coeur : « Ah ! regarde comme il est aimable, celui dont nous sommes issus, de qui provient toute beauté ! » Je parcours le ciel et la terre, l’univers et l’abîme, forêts et campagnes, monts et vallées : tous ensemble font retentir à mon oreille l’immense concert de ta louange infinie. Mais lorsque je pense que c’est toi, le Bien digne de louange, que mon âme a élu entre tous, que mon âme a choisi pour elle-même afin qu’il fût son amour unique et bien-aimé, hélas ! ô Seigneur, mon désir de louange est tel que mon coeur voudrait se briser en lui-même.

    Henri Suso
    Mystique dominicain du XIVe siècle, dans Quand les hommes parlent aux dieux. Histoire de la prière dans les civilisations, sous la direction de Michel Meslin, Paris, Bayard, 2003, p.493.


    Source : Revue Signes des Temps - Mai Juin 2016 - page 11
  • Donner ce qu’on n’a pas

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  • Une vérité toujours présente

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  • Des problèmes climatiques dans la Bible

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  • La Bible est-elle verte ?

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