• Dieu a-t-il un genre ?

    Élise Lazarus
    Nos projections contribuent à nous donner une image de Dieu sous des traits masculins. Pourtant, Dieu échappe largement à nos définitions humaines.

    Ces dernières années, des livres, des paroles de chansons et même des humoristes ont présenté Dieu sous des traits féminins, se revendiquant de ce slogan : « Dieu est une femme »1. En opposant à l’image d’un Dieu Père, et donc homme, celle d’une femme, leur but est de bousculer. Mais au final, Dieu a-t-il seulement un genre ?
    Historiquement, c’est l’image d’un Dieu masculin qui s’est imposée dans notre compréhension de qui il est réellement. Et il y a de très bonnes raisons à ce que cette vision soit aussi profondément gravée en nous.

    Lorsque Jésus évoque Dieu, il parle souvent de « son Père », utilisant donc une image masculine. On peut d’ailleurs remarquer qu’il ne se contente pas de dire que Dieu est « son Père », mais qu’à plusieurs reprises il précisera aux disciples qu’il est aussi le leur. Par exemple dans Luc 12.30, les enjoignant de ne pas s’inquiéter des choses matérielles, Jésus conclut avec « Votre Père sait que vous en avez besoin ». L’image du père nous apporte une impression d’autorité mais aussi de responsabilité que Dieu aurait envers nous. Étant notre créateur et celui qui s’appelle lui-même notre Père, il est en charge de notre bien-être, de notre éducation spirituelle et il nous encourage à persévérer et nous dépasser lorsque nous chutons.

    Paul pour sa part invitera les croyants de toutes les époques à s’adresser à Dieu en l’appelant par le terme hébreu Abba, ce qui se traduit par « père »2 et a même un sens d’intimité qui le rapprocherait plus de « papa ». Dieu se présente à nous comme cette figure d’autorité rassurante sur laquelle on peut s’appuyer et à qui l’on peut demander conseil comme un enfant est censé pouvoir le faire auprès de son père.

    Dans les sociétés fortement patriarcales durant lesquelles les textes bibliques ont été écrits, il était plus évident d’utiliser cette image masculine pour transmettre le caractère de Dieu. Et pourtant, même si cela est plus discret, on trouve, émaillant les livres de la Bible, des expressions, le plus souvent décrites comme venant de la bouche de Dieu même, qui donnent une image toute féminine et même maternelle de ce caractère divin.

    Dans Esaie 49.15-16, Dieu se compare à une mère, incapable de ne pas avoir de la compassion pour ses enfants. Il ajoute que son amour pour nous est encore bien plus grand que cela. Dans Esaie 66.12-13, il parle aux croyants leur disant qu’il sera pour eux comme une mère qui console et caresse et porte son enfant sur ses genoux ou dans ses bras. Quelle image pleine de douceur d’un Dieu qui se révèle tout en tendresse et en empathie pour nous !

    La question de savoir si Dieu est homme ou femme passe à côté de l’essentiel. Dieu n’est pas un être humain, défini par un genre. D’ailleurs dans la Genèse il est écrit en parlant d’Adam et Ève : « il créa l’humain à l’image de Dieu, homme et femme il les créa3 ». Lorsque les écrivains de la Bible nous parlent de Dieu et de son caractère, ils emploient des images comme le père, la mère et bien d’autres encore pour nous permettre d’entrapercevoir l’incroyable beauté de ce que Dieu est : remplie de toutes les qualités de la masculinité comme de celles de la féminité.

    1. Cf. par exemple « The Shack » de William P. Young, qui présente Dieu comme une femme noire ou encore les paroles de la chanson de Corneille « Le bon Dieu est une femme » de 2005.
    2. Voir Romain 8.15 : « Mais vous avez reçu un Esprit d'adoption, par lequel nous crions : Abba ! Père ! »
    3. Cf. Genèse 2.27

    À L′ÉCOUTE DE LA BIBLE

    Un manuel d’étude complet : plus de 140 sujets, un index biblique et alphabétique complet, des notes explicatives. Cet ouvrages s’adresse à des « chercheurs de vérité ». Ils y trouveront, grâce aux textes bibliques cités, un itinéraire qui les guidera sur la voie de Dieu, « qui veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité » (1 Timothée 2 : 4)

  • Peut-on tout demander à Dieu ?

    Par Elise Lazarus

    Quand on se lance dans la pratique de la prière, une question se pose parfois : est-ce que je peux tout demander à Dieu ? N′y a-t-il pas des sujets égoïstes,tabous qui n′auraient pas leur place dans ma requête ?

    Que l’on soit en recherche de Dieu ou dans une relation de foi déjà engagée depuis longtemps, nous sommes incités par bien des écrits de la Bible à pratiquer la prière. Elle est l’un des fondements de la vie chrétienne : la possibilité de la prière libre, comme une discussion privilégiée avec Dieu, c’est aussi une opportunité incroyable qui tisse et approfondit la relation toute personnelle que nous entretenons avec le divin. Elle peut se vivre et s’intérioriser de façons très différentes selon les personnes et les circonstances : calme ou exaltée, silencieuse, parlée, seul ou en groupe. L’apôtre Paul, dans sa lettre aux Thessaloniciens, indiquera :

    « Priez sans cesse. Rendez grâces en toutes choses, car c’est à votre égard la volonté de Dieu en Jésus-Christ »
    (1 Thessaloniciens 5.17).

    La prière a une importance primordiale pour celui qui recherche Jésus. Mais nos intentions de prière peuvent aussi être confrontées à des hésitations et des doutes. Ma requête est-elle acceptable ? Audible par Dieu ? Suis-je dans les règles de la prière pour être exaucé ? Toutes ces interrogations peuvent être résumées en deux grandes questions : est-ce que certains sujets sont inappropriés quand je m’adresse à Dieu ? Et est-ce que mes demandes, inquiétudes et problèmes ne sont pas trop triviaux devant le divin ? Prenons l’exemple de l’argent et des biens matériels. Est-ce que demander pour soi-même une voiture, un meilleur travail ou une somme d’argent est malvenu ?

    Notre société, imprégnée de philosophie grecque parfois jusque dans notre compréhension de la foi et la religion, aurait tendance à nous dire que le matériel est un sujet profane. C’est-à dire qu’il ne devrait rien avoir à faire avec le spirituel, et donc ne devrait pas avoir de place dans la prière. Pourtant la Bible ne prend pas du tout cette direction. Paul a écrit :

    « Ne vous inquiétez de rien ; mais en toute chose faites connaître vos besoins à Dieu par des prières et des supplications »
    (Philippiens 4.6)

    et Jésus lui-même affirmera à propos des biens matériels :

    « Votre Père céleste sait que vous en avez besoin »
    (Luc 12.30)

    Il n’est pas malvenu de faire part à Dieu de nos soucis, y compris matériels. Au contraire, nous sommes appelés à les présenter avec honnêteté devant lui. Il n’y pas de question trop petite ou insignifiante. Il n’y a pas d’inquiétude trop terre à terre pour être présentée à Dieu. Dans l’absolu, Dieu n’a pas besoin que nous exprimions nos besoins. L’évangéliste Matthieu précise :

    « Votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant que vous le lui demandiez »
    (Matthieu 6.8)

    La prière n’existe pas pour que Dieu soit informé de nos besoins mais pour que nous partagions le poids de nos soucis avec lui et lui exprimions notre désir de voir son intervention dans nos difficultés. De plus, prier face à une situation inquiétante, douloureuse ou même angoissante nous oblige à nous poser, mettre des mots sur nos sentiments et nos peurs.

    Cette supplique à Dieu nous permet de prendre du recul sur la situation et de l’affronter avec plus de paix – que la réponse de Dieu à notre prière soit positive ou non. Je peux tout demander à Dieu, sans crainte de dépasser les bornes, mais je dois me confronter à la possibilité que ses réponses ne seront pas toujours celles que j’espérais.

    Source : Revue Signes des Temps - Janvier-Février 2019

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    La revue Signes des Temps est une revue à 6 parutions de Janvier à Décembre 2019.
    Elle cherche à poser un regard chrétien sur notre vie et notre époque.
    Une revue bimestrielle pour approfondir et partager sa foi.

  • Au-delà de la guérison

    Par Gilbert Grezet – Pasteur

    La guérison de l’aveugle Bartimée, dans les évangiles, est l’exemple de ce
    que l’être humain qui prie peut recevoir de Dieu, au-delà du miracle.

    On connaît, avec plus ou moins de précision, les miracles rapportés par les évangiles : multiplication des pains, guérisons et même résurrections… Aussi peut-on être déçu, voire révolté, quand un miracle tant espéré ne se réalise pas malgré les prières et les jeûnes. Dieu ne serait-il plus le même ? Faut-il se résigner, littéralement la mort dans l’âme ? Ou est-il possible d’apprendre et de recevoir quelque chose au-delà du miracle, au-delà de sa dimension visible spectaculaire ? Voyons ce que peut nous enseigner l’histoire de l’aveugle Bartimée, qui conclut le chapitre 10 de l’évangile de Marc (voir encadré ci-dessous).

    1. Bartimée, l′aveugle guéri

    Après la lecture des derniers versets (46 à 52) de Marc 10, il semble que tout l’intérêt se porte sur la guérison de cet aveugle qui a bénéficié d’un miracle éblouissant dans le sens propre du terme. Une observation plus attentive des paroles de Jésus permet déjà de se décentrer quelque peu du retour à la vue pour être interpellé par le « Va, ta foi t’a sauvé ». L’auteur du miracle semble diriger les pensées de Bartimée vers quelque chose de plus important encore que ses yeux guéris. Cela explique peut-être le fait que Bartimée se met à suivre Jésus sur le chemin, comme s’il avait compris qu’un nouvel avenir lui était proposé : celui d’une vie de foi et de disciple qui engage à suivre le Christ. Alors qu’une cécité guérie, simplement pour elle-même, lui aurait permis de reprendre une vie normale sans forcément vouloir lui donner une nouvelle direction.

    2. Plusieurs autres aveugles à guérir également

    Un zoom arrière sur le chapitre 10 de Marc fait découvrir une construction intéressante : aucun autre miracle dans ce chapitre mais cinq dialogues relativement tendus. Le premier avec des pharisiens venus tendre un piège à Jésus (v.2) et dont ce dernier va dénoncer la « fermeture ou la dureté du cœur ». Le deuxième dialogue mentionne l’indignation de Jésus face aux disciples (v.14) qui rabrouent les parents lui amenant leurs enfants. Les disciples semblent ne pas comprendre. Puis vient le troisième dialogue avec un jeune homme riche qui ne voit pas pourquoi renoncer à ses biens (v.22) pour suivre le Christ. À noter d’ailleurs que les disciples craignent aussi de comprendre (v.24 et suivants). Le quatrième temps ressemble plutôt à un monologue du Christ qui annonce sa mort et sa résurrection ; il mérite néanmoins d’être traité comme un dialogue en ce sens que les paroles de Jésus font écho à la peur de ceux qui marchent avec lui vers Jérusalem (v.32). Reste le cinquième dialogue, tellement déplacé : alors que le Messie, Jésus, vient d’annoncer sa condamnation à mort prochaine, voilà que Jacques et Jean revendiquent chacun une place d’honneur à ses côtés dans son Royaume (v.37). Et les dix autres apôtres de leur emboîter le pas… Sur le plan de la compréhension de l’Évangile, de la révélation centrale du Messie et a fortiori du Messie souffrant, les disciples ne comprennent pas grand-chose… De là à les traiter d’aveugles spirituels, il y a un pas que l’évangéliste Marc ne franchit pas, du moins verbalement, mais qu’il semble sous-entendre assez clairement par la narration conclusive de l’aveugle Bartimée, qui dit : « Maître, fais que je voie comme avant ! » (v.51). Cet homme veut récupérer la faculté de voir, c’est-à-dire de porter sur les choses un regard ouvert et apte à comprendre. L’aveugle représente exactement les pharisiens et les apôtres avec leur besoin de recouvrer la vue, c’est à- dire une compréhension profonde et spirituelle des réalités.

    3. Les aveugles du XXIe siècle

    Qu’en est-il des aveugles aujourd’hui ? [Lire la suite dans la revue Signes des Temps Nov-Déc 2018]


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    La revue Signes des Temps est une revue à 6 parutions de Janvier à Décembre 2019. Elle cherche à poser un regard chrétien sur notre vie et notre époque.  Une revue bimestrielle pour approfondir et partager sa foi.

    INFORMATIONS SUR L’OUVRAGE

  • Parler des autres religions à ses enfants

    Par Claire Bernole

    Les autres religions existent et font partie du quotidien de nos enfants. Saisissons les occasions pour en parler avec eux, avec justesse, humilité et un minimum de préparation.

    Quand on est un parent chrétien, parler des autres religions à ses enfants requiert un peu de préparation. Comment s’y prendre ? Bien sûr, il ne s’agit pas de s’asseoir autour d’une table et d’entamer un cours magistral. L’idéal est donc de saisir les occasions qui se présentent naturellement. L’actualité est un bon point de départ pour une discussion, mais ce n’est pas le seul. Cela peut être une conversation avec un camarade, une oeuvre d’art ou un livre, un événement tel qu’un mariage d’une autre confession, ou encore la visite d’un lieu de culte.

    Abraham et Jésus

    Si l’on ouvre la Bible en famille, l’histoire d’Abraham, père des croyants, peut conduire à certains développements. D’autres récits bibliques, dans l’Ancien comme dans le Nouveau Testament, mettent en scène d’autres religions. « La personne de Jésus aussi pose question, car elle est connue dans les trois monothéismes mais sans que tous aient le même point de vue à son égard », souligne Isabel Gourmaud, enseignante et formatrice, responsable du centre Envol.

    L′homme, en recherche de Dieu

    Selon Luc Bussière, éducateur, la personne de Jésus est fondamentale pour que l’enfant comprenne et apprécie l’apport des autres religions. « On peut montrer que l’homme est en recherche de Dieu et que les différentes religions sont le fruit de cette quête. Cela est digne de respect. Mais dans le christianisme, c’est Dieu qui, à travers Jésus, vient vers l’être humain. C’est unique. » Et de préciser : « Il faut dire de quel point de vue on se place, sans honte et sans peur ». Ce qui n’empêche pas de reconnaître une part de vérité dans les autres religions. Loin de diminuer la particularité du christianisme, cela la souligne. En étant bien ancré dans sa propre foi, un parent parlera d’autant plus humblement des autres croyances, sans avoir besoin de les critiquer. Cela nécessite un minimum de curiosité vis-à-vis des autres courants de pensée. Des ouvrages existent, et il ne faut pas craindre de s’en doter !

    Le piège du relativisme ambiant

    Le grand piège à éviter est celui du relativisme ambiant : s’il y a une part de vérité partout, alors tout se vaut ! Mais cette « ouverture de tous les possibles » laisse l’enfant sans repère et l’adolescent insatisfait. Sur le terrain vague de ses connaissances, les discours qu’on voulait justement éviter trouvent le champ libre et s’implantent plus facilement. « Les jeunes ont besoin de repères véritables », plaide Luc Bussière.

    Une réflexion personnelle à accompagner

    Certes, ces repères ne remplaceront pas l’exigence d’une réflexion personnelle, qu’il faudra alors accompagner. « Le parent n’est pas une machine à réponses – surtout si les questions n’ont pas encore jailli ! Son rôle consistera surtout à favoriser et à stimuler la réflexion de l’enfant ou du jeune », conclut l’éducateur. Claire Bernole


    Source : Revue Signes des Temps - Septembre-octobre 2018 [Family, août-octobre 2017 | magazine-family.info]
  • Des vases à former

    Par Dominique Buffon-Rakoto

    La relation que Dieu cherche à entretenir avec l’être humain révèle un amour et une pédagogie propre à inspirer tout éducateur. La Bible en donne un aperçu dans le livre du prophète Jérémie.

    Lorsque j’étais plus jeune, mes parents m’ont emmenée voir des souffleurs de verre. C’était magnifique à voir : ces hommes créaient à partir de masses informes des objets de grande qualité et de grande valeur… Quel spectacle !

    Comme Jésus prendra l’habitude de le faire dans les évangiles, nous voyons déjà dans l’Ancien Testament Dieu utiliser des images de la vie courante, des paraboles, pour transmettre ses messages et ses conseils à son peuple.

    Dans Jérémie 18.3-6, c’est en prenant l’image du potier qui travaille non pas le verre mais l’argile, que Dieu va mettre en lumière son désir de « former » son peuple. Il l’exprime ainsi par son prophète : « Je descendis dans la maison du potier, et voici, il travaillait sur un tour. Le vase qu’il faisait ne réussit pas, comme il arrive à l’argile dans la main du potier ; il en refit un autre vase, tel qu’il le trouva bon de le faire. Et la parole de l’Éternel me fut adressée, en ces mots : Ne puis-je pas agir envers vous comme ce potier, maison d’Israël ? dit l’Éternel. Voici, comme l’argile est dans ma main, ainsi vous êtes dans ma main, maison d’Israël. »

    Dans cette parabole, Dieu est le potier et son peuple est l’argile. Plein de potentiel, ce dernier a besoin d’être façonné pour pouvoir révéler toute sa beauté. Mais parfois, sans que l’on sache pourquoi, l’ouvrage ne réussit pas, l’argile tourne dans le mauvais sens, et tout le travail est perdu.

    Que fait donc le potier ? Abandonne-t-il ? Essaie-t-il de refaire le même vase ? Ni l’un, ni l’autre. Il va continuer de travailler cette argile, mais d’une autre manière pour en faire un autre vase, toujours selon ce qui lui semble bon. Le message derrière cette parabole devrait être gravé dans la pensée de chaque parent, chaque enseignant, chaque éducateur.

    Tout d’abord, on ne façonne pas des enfants à partir de rien. Il y a dès le départ une base qui nous est imposée, et à laquelle nous devons nous adapter. Un peu comme si tous les enfants étaient des feuilles vierges de toute écriture, attendant de pouvoir écrire la merveilleuse histoire de leur vie. Il y aura des feuilles blanches et d’autres de couleur. Des feuilles à grands ou à petits carreaux. Des feuilles carrées, rectangulaires ou même ovales ! Il serait absurde de vouloir écrire avec un stylo bleu sur une feuille bleue, simplement parce qu’il a bien écrit sur une feuille blanche.

    C’est conscients de cela que nous sommes appelés à « former » nos jeunes et plus jeunes comme de l’argile, sachant que chaque amas de glaise est différent et qu’il nous incombe de nous adapter à eux pour en faire des vases réussis, selon le potentiel de leur nature.

    On ne façonne pas des enfants à partir de rien.
    Dès 
    le départ, une base nous est imposée.

    Comprenons aussi que la première vision que nous avons pour nos enfants peut être belle, mais qu’il en existe encore des dizaines d’aussi belles à exploiter. Si l’argile dans ma main ne veut pas devenir ce que je veux qu’elle soit, à quoi bon s’acharner ? Si elle ne peut être une cruche pour donner de l’eau à celui qui a soif, peut-être peut-elle devenir une lampe pour éclairer celui qui est dans le noir ? Si elle ne veut pas devenir des tuiles pour protéger le toit de la maison, peut-être puis-je en faire des carreaux pour égayer le sol du salon ?

    Quoi qu’il en soit au final, que le travail patient du potier soit pour nous un exemple, afin de faire jaillir toute la beauté cachée en chacun de nos enfants.

    Source : Signes des temps - n° 1645 - Septembre-octobre 2018

     

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  • Une pédagogie de la liberté

    Les évangiles rapportent que Jésus enseignait avec autorité. Pour autant, il n′y avait rien en lui de l′ordre de la coercition. Au contraire, le maître cherchait à rendre ses disciples libres de leurs choix.

    Jésus a enseigné. Beaucoup. Il n’a eu de cesse de transmettre, d’informer sur les réalités du Royaume de Dieu. Nous allons ici, à l’aide de deux passages des évangiles, nous poser la question de la place et du rôle de la liberté dans cet enseignement. En effet, a priori, Jésus serait dans son droit d’imposer, de cadrer et recadrer, en laissant le moins d’espace possible pour d’autres choix que celui de la vérité évangélique. Jésus serait dans son droit, du haut de son autorité incontestable, de marteler des paroles, des versets afin de mieux enfoncer le clou du savoir. Tout d’abord, nous allons nous arrêter sur le récit de la rencontre entre Jésus et un collecteur de taxes, dont le métier consistait à prélever des impôts auprès des Israélites pour en reverser une partie à l’ennemi romain. Inutile, donc, de vous dire que ce type de personnage n’était pas très apprécié du peuple.

    Luc 19.1 à 6 « Jésus entra dans Jéricho et passa par la ville. Un nommé Zachée, qui était chef des collecteurs des taxes et qui était riche, cherchait à voir qui était Jésus ; mais à cause de la foule, il ne pouvait pas le voir, car il était de petite taille. Il courut en avant et monta sur un sycomore pour le voir, parce qu’il devait passer par là. Lorsque Jésus fut arrivé à cet endroit, il leva les yeux et lui dit : Zachée, descends vite ; il faut que je demeure aujourd’hui chez toi. Tout joyeux, Zachée descendit vite pour le recevoir. » Pour une thématique sur la liberté, cela tombe plutôt mal : « Zachée, descends vite ; il faut que… ». Pas vraiment l’impression que Jésus laisse beaucoup de choix à Zachée ! Mais il ne s’agit pas à proprement parler d’un enseignement, plutôt de son préalable. Or, de toute évidence, cet impératif répond à un besoin profond.

    Jésus respecte, accompagne,
    mais sait aussi montrer les erreurs.
    Il peut même bousculer

    En effet, Zachée est en quête. Il veut voir, il veut en savoir plus. Il court, monte sur un arbre… il est un « fruit mûr » prêt à être cueilli. La preuve que l’impératif de Jésus tombe à point, c’est sa réaction : « Tout joyeux… [il] descendit vite pour le recevoir ».

    Enseigner dans la liberté, c’est aussi percevoir le bon moment chez l’autre. Avant, c’est trop tôt, après, c’est trop tard. « En voyant cela, tous maugréaient : Il est allé loger chez un pécheur ! Mais Zachée, debout, dit au Seigneur : Seigneur, je donne aux pauvres la moitié de mes biens, et si j’ai extorqué quoi que ce soit à quelqu’un, je lui rends le quadruple. Jésus lui dit : Aujourd’hui le salut est venu pour cette maison, parce que lui aussi est un fils d’Abraham. Car le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. » (Luc 19.1-7)

    Il semble que la foule ne soit pas prête, elle. L’enseignement de Jésus, incarné dans ce désir de se rendre chez le « paria », ils ne sont pas prêts à le recevoir. Ils passent à côté d’une grande leçon de vie. C’est leur liberté… et Jésus ne leur en fait même pas le reproche. Zachée, lui, prend de grandes initiatives. Il veut changer sa vie. Là, maintenant. Et ce qui m’interpelle dans ce texte, c’est une absence. Quand Jésus lui a-t-il imposé de rendre l’argent volé ? Quand Jésus a-t-il, avant de se rendre chez Zachée, prononcé cette phrase : « Bon, tu règles tes comptes, tu rends ce que tu as volé, et après je pourrai manger avec toi. Parce que j’ai une réputation à préserver, moi ». Non, rien de tout cela chez Jésus. L’enseignement est pourtant passé, dans une totale liberté, dans une confiance absolue dans les capacités de raisonnement et de décision de l’autre. Jésus, pour enseigner dans la liberté, sait se taire. Tout en sachant que sa présence aimante et bienveillante ne peut que produire des effets, au bon moment. Le deuxième passage, dans l’évangile de Luc, raconte… [Lire la suite dans la revue Signe des temps de Septembre-octobre 2018]


     

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  • Le jugement, une perspective chrétienne

    Par Bernard Sauvagnat

    La figure du Dieu juge et l′annonce du jugement dernier sont souvent associées à des représentations effrayantes. Et si la Bible véhiculait une vision plus positive qu′on le croit ?

    La justice de Dieu La plupart des chrétiens que j’ai rencontrés sont peu enthousiastes à l’idée que Dieu soit en fin de compte le grand juge lors du jugement dernier.

    Cette réaction négative me semble résulter de la dimension morale de la foi chrétienne. Les deux grands principes que sont « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu, et tu aimeras ton prochain comme toi-même » provoquent facilement la culpabilisation, car très peu ont l’audace de prétendre aimer vraiment tous leurs prochains. Beaucoup de chrétiens ont donc conscience de ne pas être à la hauteur des exigences éthiques de leur foi. C’est d’ailleurs ce qui décrédibilise le christianisme. L’écart entre le discours et la pratique remet en cause la pertinence de cette foi chez beaucoup de ses observateurs.

    La grâce

    Mais ces constats ne rendent pas compte de ce qu’est vraiment la foi chrétienne. Le Christ se présente comme sauveur. Le salut est justement destiné à des personnes qui ne sont pas à la hauteur, qui ont des reproches à se faire, qui sont conscientes de leur culpabilité. Or, dans la foi chrétienne, ce salut est offert par grâce. Il ne se mérite pas. Il n’y a rien à payer pour l’obtenir. C’est Dieu, lui-même, qui l’offre. C’est lui qui en paie le prix. Et le prix c’est Jésus, le Christ, son fils. Personne ne devrait donc s’étonner de voir des chrétiens imparfaits, car ils sont tous, comme le disait Martin Luther, des justes ou des justifiés, tout en étant encore des pécheurs donc des coupables.

    La responsabilité

    Revenons à la notion du Dieu juge. Plusieurs textes de la Bible affirment que tous les humains comparaitront devant le tribunal divin, que personne n’y échappera. C’est à mon avis une manière de dire que Dieu est juste. Mais cela veut surtout dire que l’être humain a été créé responsable de ses choix et de ses comportements. Cette justice de Dieu est présentée comme plus juste que celle des hommes, car Dieu ne juge pas seulement les actes et les paroles, mais aussi les pensées et les motivations profondes qui échappent souvent aux juges humains. Cette responsabilité constitue notre dignité : elle fait de nous des êtres libres, pas des pantins manipulés par des forces spirituelles supérieures.

    Victimes

    Pourtant, c’est vrai, la Bible parle aussi de telles puissances maléfiques, de démons, du tentateur, du diable, de Satan.

    Aujourd’hui, ces notions sont considérées par beaucoup comme de la mythologie, relevant d’une conception du monde qui ne correspond pas à notre perception dite scientifique. Je ne pense pas utile d’entrer dans un débat à ce propos maintenant. Pour moi, ce que ces notions veulent aussi nous dire, c’est que nous sommes victimes. Nous n’avons pas demandé à vivre dans un monde où le mal existe, où nous souffrons pour finalement mourir. Certes nous portons notre responsabilité, mais nous sommes aussi les victimes d’injustices, de décisions que nous n’avons pas prises et de misères qui nous tombent dessus.

    Partie civile

    Or, les victimes réclament toujours que justice soit faite. Il faut trouver les coupables, découvrir ce qu’ils ont fait et ce qui les a motivés. Puis les juger et les condamner. Tant que cette justice ne s’est pas prononcée et que son verdict n’est pas estimé équitable, les victimes restent insatisfaites, elles ne peuvent faire le deuil de ce qu’elles ont perdu. Dans la Bible, on trouve aussi des textes où des victimes réclament le jugement divin, des textes où le jugement final fournit l’apaisement nécessaire aux victimes.

     » Dans la Bible, des victimes réclament
    le jugement divin, qui fournit
    l’apaisement nécessaire « 

    Juge et avocat

    La foi chrétienne présente le Christ comme l’avocat de ceux qui croient en lui. Il y a encore trop de sociétés humaines où les jugements sont sommaires, se déroulent uniquement à charge et où la défense ne peut s’exprimer. Ou bien, lorsqu’elle s’exprime, elle est manipulée. Avoir un avocat, un bon avocat, pas seulement quelqu’un d’habile dans ses plaidoyers, mais quelqu’un qui aime son client au point de donner sa vie pour lui, c’est affronter le tribunal avec confiance quand on y est accusé. Plus encore, l’apôtre Jean va jusqu’à dire que Dieu, le Père, a remis tout jugement à son fils (voir encadré), à Jésus parce qu’il est fils de l’homme, c’est-à-dire quelqu’un qui a expérimenté la condition humaine. En quelque sorte, c’est Jésus qui est juge. Or, la vie de ce Jésus, telle qu’elle est évoquée par les évangiles, ne laisse aucun doute sur sa compassion, sur son amour. Que peut-il y avoir de plus rassurant pour quelqu’un qui se sent appelé à comparaître ?

    Échapper au jugement

    Nous sommes donc, dans la perspective chrétienne, à la fois responsables et victimes. Seul Dieu, tel qu’il a été révélé dans la personne de Jésus de Nazareth, est apte à prononcer un jugement équitable sur nous, humains. Les forces et les agents du mal, y compris humains, qui se rangent de leur côté, seront jugés et condamnés. Les coupables et victimes qui se rangent du côté du Christ, défendus par leur avocat, seront justifiés et finalement ne passeront pas par le verdict d’un jugement, et bénéficieront d’un non-lieu. Telle est ma vision de Dieu et de son jugement.


    QUI A PEUR DU DIEU DE L′ANCIEN TESTAMENT ?

    Alden Thompson désire nous conduire à saisir plus clairement ce que Dieu attend de nous et quel regard nous pouvons poser sur Lui.

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  • Le retour du Dr Frankenstein

    Par Jacques Sauvagnat

    En novembre 2017, des chirurgiens déclaraient avoir réussi l′impensable sur des humains, morts il est vrai : la greffe d′une tête sur un corps, avec l′accord des familles.

    C’est dans la revue en ligne Surgical Neurology International que Xiaoping Ren et Sergio Canavero ont décrit cette opération comme la première anastomose céphalosomatique (CSA) sur un modèle humain1, effectuée à l’université médicale de Herbin en Chine. Derrière le terme d’anastomose céphalosomatique se cache une intervention qui consiste à raccorder une tête à un corps préalablement décapité. Cette opération se veut une répétition grandeur nature en vue d’une application sur des corps vivants dans un prochain avenir. D’une durée de 18 heures, elle a permis de perfectionner la coordination de deux équipes de cinq chirurgiens. Certains nerfs, notamment ceux qui commandent la respiration, venant de la tête du receveur sont connectés au corps du donneur et d’autres nerfs appartenant au corps sont reliés à la tête.

    Une attention particulière est portée sur la fusion de la moelle épinière du donneur avec celle du receveur (protocole GEMINI), considérée comme l’étape la plus critique du processus dans le cas d’une intervention sur le vivant. La fusion des fibres nerveuses doit être faite dans les 20 minutes avant qu’elles ne se dégradent. L’utilisation de certaines substances, déjà essayée chez l’animal, favoriserait cette fusion.

    L’article prévoit déjà la procédure qui sera employée chez le vivant. La tête doit être mise en hypothermie et le corps doit être sain et de même sexe. Le donneur et le receveur seront en position assise pour faciliter la connexion de la tête avec le corps. La CSA sur le vivant devrait durer moins de 36 heures.

    Déjà en 2013, Canavero avait lancé son projet HEAVEN (Head anastomosis venture) suite à des expériences de transplantation de tête chez des souris, qui avaient suscité beaucoup de critiques. Ren et Canavero ont alors rappelé que la médecine a progressé par bonds. Selon eux des idées d’abord « rejetées ou ridiculisées ont été finalement largement adoptées grâce au courage de chercheurs et de cliniciens qui ont soutenu leurs idées souvent face aux critiques cinglantes de leurs collègues »2. Ils prennent pour exemple Semmelweiss, le père de l’antisepsie, Pasteur le découvreur des microbes et Mendel, le père de la génétique. « Le dernier de la liste est HEAVEN. »3

    Les critiques portent sur le fait que les expériences sur les animaux ont donné des résultats mitigés. Les souris n’ont pas survécu longtemps4. Les singes sont restés paralysés (White R.J., 1971 ; Ren X., 2016)5. La transplantation sur des cadavres n’est pas probante, car les conditions de l’opération sont plus simples : pas d’hémorragie, pas de risques.

    Pourtant, selon Canavero, son projet serait la solution pour les personnes atteintes de paralysie, de certaines maladies dégénératives mortelles, de cancers avec métastases pour lesquels la médecine est jusqu’ici impuissante.

    Mais des problèmes éthiques surgissent. Peut-on risquer un rejet, irrémédiable dans ce cas, des douleurs intenses, des problèmes psychologiques graves de personnalité ? Peut-on se permettre de dissocier l’esprit du corps ? La nouvelle personne est une chimère dont les éventuels descendants seraient génétiquement différents. De plus il ne serait pas surprenant que de richissimes patients cherchent par ce biais à se procurer un corps plus beau.

    En 2016, un Russe, Valéry Spiridinov, souffrant d’une maladie dégénérative incurable, s’est porté volontaire pour une telle expérimentation. Canavero estime que l’opération aurait 90 % de chances de réussir, nécessiterait 80 chirurgiens et coûterait 10 millions de dollars. Il faut bien du courage pour se lancer dans une aventure aussi effrayante !

    Notes
    
    1. Ren X., Li M., Zhao X., Liu Z., Ren S., Zhang Y., et al, 2017, First cephalosomatic anastomosis in human model, Surgical Neurology International, 8:276. Disponible sur : www.surgicalneurologyint.com, doi : 10.4103/sni_415_17
    2. Ren X., Canavero S. Human head transplantation. Where do we stand and a call to arms. Surgical Neurology International 28 Janv. 2016, 7:11. 
    Disponible sur : http:// surgicalneurologyint.com/surgicalint-articles/human-head-transplantation-where-dowe-stand-and-a-call-to-arms/
    3. Idem.
    4. Voir https://www.futura-sciences.com/sante/actualites/medecine-greffe-tete-humaineils-ont-fait-cadavres-47459/
    5. Idem.

    REVUE SIGNES DES TEMPS ABONNEMENT 2018

    La revue Signes des Temps cherche à poser un regard chrétien sur notre vie et notre époque.

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  • L′Amandin

    Ingrédients

    • 4 oeufs
    • 250 gr de sucre semoule
    • 200 gr de poudre d’amandes
    • 20 cl de jus d’orange
    • 1 c à soupe de zeste d’orange râpé
    • 25 gr de beurre
    • 2 c à soupe de marmelade d’oranges
    • 50 gr d’oranges concassées

    Préparation 

    20 Min

    Cuisson

    50 Min


    1. Mélangez les jaunes d’oeufs et le sucre pendant 10 mn.
    2. Incorporez les amandes en poudre, le jus d’oranges et le zeste.
    3. Fouettez les blancs en neige et ajoutez-les.
    4. Beurrez soigneusement un rond de papier sulfurisé de 24 cm de diamètre.
    5. Placez-le dans le fond d’un moule de même taille.
    6. Faites cuire 30 mn à 180° puis 20 mn à 200°.
    7. Laissez tiédir le gâteau, démoulez-le.
    8. Badigeonnez-le de marmelade d’orange et incrustez des amandes concassées sur le pourtour.
    Source : Revue Signe des Temps - Janvier-Février 2018
  • Bible, politique et vérité

    Par Ralph Seechurn
    Pasteur

    À l’époque de Jésus, la Palestine est sous domination romaine. Le jeune homme, qui n’a pas suivi le cursus académique pour devenir un rabbi, un enseignant, jouit pourtant d’une popularité croissante auprès du peuple juif. Ses discours sont courus. Il y bouscule les habitudes, confronte les traditions au vécu, ne se conforme pas (ou pas toujours) aux conventions et aux rites.

    Les autorités religieuses voient cet agitateur d’un très mauvais oeil, d’autant qu’il n’a pas honte de se présenter comme le fils de Dieu – dont il annonce le royaume (c’est pour le parodier qu’il sera appelé « roi »). Jusqu’au jour où la coupe est pleine : pour le faire arrêter, les chefs religieux montent un dossier d’accusation et remettent Jésus entre les mains du pouvoir romain. Ponce Pilate, le procureur, le reçoit pour entendre sa version des faits :

    – Pilate lui dit : Tu es donc roi ?

    – Jésus répondit : Tu le dis, je suis roi. Je suis né et je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité. Quiconque est de la vérité écoute ma voix.

    – Pilate lui dit : Qu’est-ce que la vérité ?

    Après avoir dit cela, il sortit de nouveau pour aller vers les Juifs, et il leur dit : Je ne trouve aucun crime en lui » (Jean 18.37-38, version Louis Segond).

    Cet extrait de l’évangile de Jean donne à la fois une définition de la vérité et une idée du rapport qu’elle est susceptible d’entretenir avec le pouvoir (en l’occurrence politique). Tandis que Jésus présente la vérité comme une façon d’être au monde (Jésus dit par ailleurs qu’il est la vérité), Pilate la conçoit comme un objet : « Qu’est-ce que la vérité ? ». Il le demande après que Jésus ait pourtant donné en exemple sa propre façon d’être.

    La question du procureur est-elle existentielle ou reflète-t-elle simplement son conflit intérieur ?

    La suite montre que par trois fois, Pilate dira qu’il n’a rien trouvé qui puisse justifier la condamnation de Jésus, mais il n’aura pas le courage politique de faire triompher la vérité. Il n’est pas prêt à assumer ensemble son pouvoir décisionnel et une vérité qui va à l’encontre de ce que la foule, manipulée par les chefs religieux, plébiscite devant lui (à savoir la condamnation de Jésus). Cela pourrait lui coûter son poste. Son arbitrage se fera finalement au détriment de la vérité, avec pour conséquence directe la crucifixion d’un homme qu’il estime innocent et, peut-être indirectement, son limogeage en l’an 36 puis, à la suite d’autres événements, son suicide.

    Extrait de la revue "Signes des Temps" de janvier-février 2018

    REVUE SIGNES DES TEMPS ABONNEMENT 2018

    La revue Signes des Temps cherche à poser un regard chrétien sur notre vie et notre époque. Une revue bimestrielle (6 parutions de Janvier 2018 à Décembre 2018.) pour approfondir et partager sa foi .