• Country Life, 30 ans déjà…

    Par Marijke et Bernard BERANGER

    En lisant les 4 pages consacrées à la « déferlante végane » dans le journal Nouvel’Obs du mois d’août 2016, je me souviens …

    Au cœur du quartier de l’Opéra, à Paris, dans un local de 500 m², le restaurant végétalien COUNTRY LIFE ouvrait ses portes en 1985. Le succès fut immédiatement au rendez-vous (200 couverts après une semaine et par la suite des pics à 400 couverts). Même si nous étions dans ce domaine, la vision qui nous portait s’enracinait pourtant dans une histoire ancienne.

    Lors d’un comité de la nouvelle division européenne en 1917, un espion fut envoyé à Paris. Sa recommandation était claire : « Il faudrait ouvrir un restaurant végétarien… ». Quoi de plus naturel pour l’Église adventiste ? Elle a toujours porté un immense intérêt à la santé. Bras droit de l’évangile, elle est un formidable moyen de contacts et de témoignages. Notre centre de santé fut une superbe occasion de voir venir des personnes qui n’auraient jamais mis les pieds dans une Église. Ils étaient pourtant prêts à nous ouvrir en grand leurs soucis, leurs recherches, leurs interrogations et leurs envies.

    C’est pour cela que nous avions ciblé ce quartier, afin d’y rencontrer ceux que nos formes d’évangélisation ne touchent pratiquement jamais, les classes dirigeantes et plus aisées. Être présent au cœur des grandes villes est une mission parfois effrayante pour un disciple de Jésus mais ô combien nécessaire. Il y a 30 ans, pourtant bien peu en étaient convaincus…

    Il est difficile de résister bien longtemps à l’appel du Seigneur et quitter notre vie agricole fut pour nous comme un arrachement. Et si c’était à nous d’y aller ?

    Portés par ce même désir, des membres d’église, se sont donc lancés avec nous dans cette folle aventure pour relever le défi lancé à ce comité il y a bien longtemps. Notre tout premier « miracle » fût la création de cette équipe prête à tous les sacrifices pour réaliser son rêve : faire entendre l’Évangile au cœur de Paris. Trouver nos locaux à quelques pas de la fameuse rue de la Paix sera le second et les moyens financiers nécessaires, mais absents au départ, le troisième qui mettra Country Life en état de marche.

    Pendant 15 ans, notre témoignage s’est fait de multiples manières. Tout d’abord, par la qualité d’une alimentation gourmande et saine, puis l’épicerie bio en relais qui donnait la possibilité de poursuivre les initiations gustatives. Les cours de cuisine, ciné-club, conférences, plan de 5 jours et autres soirées ont permis à des centaines de personnes d’approfondir ces découvertes. Leur surprise et leur émerveillement faisaient nos délices. Il faut dire que, souvent, les salades, tomates et autres légumes vendus venaient des jardins potagers que nous avions à la campagne. Une propriété de 20 hectares avait été acquise (miracle n°4) près de Melun, où la plus grande partie de l’équipe vivait et où l’on organisait des séjours de remise en forme.

    Nombreux furent ceux qui partagèrent ce travail avec nous. Rien n’aurait été possible sans eux et leur dévouement. Qu’ils en soient tous ici sincèrement remerciés. Ce ne fut jamais simple.

    Lier les incertitudes de l’entreprise avec l’engagement spirituel est un défi. Il fallut souvent inventer, car cette démarche était nouvelle à l’époque. L’action faite et dirigée par des laïcs ouvrait de nouveaux chemins. Si « les ministères de soutien » étaient encore inconnus, nous avons toujours marché main dans la main avec le leadership de l’oeuvre adventiste. Cette action nouvelle était aussi porteuse de beaucoup d’inconnues qu’il a fallut apprivoiser, avec son lot de tâtonnements et d’erreurs. Quel privilège malgré tout que de pouvoir être actif dans la vigne du Seigneur, être avec lui à la recherche des nombreuses perles dans cette grande ville. [Lire la suite dans la revue adventiste du mois de mai]


    Restaurant et magasin Country Life, Paris, quartier Opéra 

     

     

     

     

     


    Source : Revue Adventiste – Mai 2017

    Demander la Revue Adventiste par mail ici :
    commandes@viesante.com

     

  • L′Église des élus à Babylone

    Par Jean-Paul Barquon

    Rédacteur en chef de la Revue adventiste, secrétaire général de l′Union des Fédérations adventistes

    La première lettre de Pierre, l’apôtre, se termine par des salutations. Quoi de plus naturel que de se saluer ?

    Mais en regardant de plus près la fin de son manuscrit, les salutations transmises par l’apôtre viennent de Silvain, de Marc, mais aussi de « L’Église des élus qui est à Babylone » (1 Pierre 5.13). Surprenant. Il est légitime de s’interroger à la lecture de ces salutations. Comment estil possible que les élus ne soient pas sortis de cette ville ?

    Le peuple d’Israël a pu sortir d’Égypte après de nombreuses années d’esclavage et dans ce passage, les élus n’ont-ils même pas pu se séparer de Babylone ? Le lecteur familiarisé avec les Écritures connaît bien l’injonction de Dieu :

    « Sortez de Babylone, mon peuple » (Apocalypse 18.4).

    Seulement, cet appel de l’Apocalypse concerne la période de la fin des temps et cette invitation ne nous incite pas à déserter une humanité non croyante ou du moins hostile à la croyance, pour vivre en autarcie, repliés sur nous-mêmes Voici quelques années, en 2004, Night Shyamalan a produit un film inscrit dans une optique fantastique. Il s’agit d’une communauté isolée et autosuffisante, éloignée des villes et de la civilisation dont elle ignore même l’existence. Pour la maintenir isolée, le leader entretient l’idée qu’il ne faut pas traverser le bois entourant le village et que des créatures dangereuses y vivent. Cette force maléfique est si menaçante que personne n’ose s’aventurer et pénétrer dans le bois pour accéder à une autre région. La communauté utopiste du village avec la mise en place de ses règles et de ses peurs peut nous faire penser à la fois à la société Amish et à l’allégorie de la caverne de Platon.

    Il est vrai qu’Ellen White, lors de son séjour en France à Nîmes, marquée par l’histoire des camisards, a insisté également de son côté sur l’attrait de vivre à la campagne. Elle mentionne une variété de bienfaits de la ruralité et de l’écologie1. Quoi qu’il en soit, il est encore bienfaisant de résider loin des villes mais avec des motivations plus nobles que celle de la peur ou de la fuite, de la contamination morale ou du rejet de la société de consommation, de l’attente d’une guerre ou d’un fléau de l’Apocalypse2. S’écarter de Babylone, c’est avant tout ne pas entretenir une confusion sur le plan moral, spirituel ou autre.

    Aujourd’hui, ce sujet est vaste et dans notre imaginaire, les amalgames ne cessent de se répandre. L’éducation et la culture peuvent aisément nous aider à accéder à une diversité de connaissances en évitant des malentendus à propos de l’histoire, de la religion, de la politique, de l’économie et de l’écologie…

    Les anomalies du pouvoir politique où le populisme, la revanche sur le capital, le rejet du mondialisme, la hantise du terrorisme peuvent susciter des dictatures et des atteintes aux droits les plus élémentaires de l’homme. Nous n’insisterons jamais assez sur cet aspect parce que les extrêmes s’expriment à travers le négationnisme, l’antisémitisme et le racisme. Des plaies encore vivaces au sein de nos démocraties.

    Dans le domaine religieux, il est si facile de dénigrer ceux qui nous sont différents, hostiles ou indifférents. L’analyse des religions comparées est nécessaire pour comprendre les croyances et les comportements multiples. Ce n’est pas faire oeuvre de syncrétisme que de découvrir les autres sans les juger. Il existe de belles âmes dans tous les milieux. Toutes n’ont pas vocation à nous rejoindre. Il faut l’accepter.

    Dans le domaine de la sexualité, il est si facile, au nom de notre hétérosexualité, de mépriser les autres en oubliant l’approche chrétienne à l’exemple du Christ de l’Évangile.

    Dans le domaine de la doctrine et des convictions religieuses, les croyants de nos sociétés n’ayant pas nos spécificités ont besoin d’une approche pédagogique (et non pas d’une approche insolente ou provocante) pour comprendre la tonalité de notre attachement à l’Écriture.

    Dans le domaine de la prophétie, le plan de Dieu n’est pas de figer l’histoire mais d’amener les hommes à la découverte du plan du salut. Dieu s’adapte toujours aux hommes en restant fidèle à ses promesses alors que les croyants adaptent les promesses ou développent des fantaisies dans ce domaine. Elles sont nombreuses ces écoles de pensée où l’on dispense la vérité à profusion… sans se douter que la vérité est une personne, celle de Jésus-Christ.

    Joseph fut en bénédiction au cœur de l’Égypte. Malgré les conditions difficiles et l’attraction maléfique qui l’entourait jusque dans la maison de Potiphar, le rédacteur de son histoire se plait à insister que « L’Éternel fut avec Joseph et la réussite l’accompagna » (Genèse 39. 2 ; 21, 23).

    Daniel fut lui aussi en bénédiction au cœur de Babylone, fidèle et loyal à la cour du roi malgré les difficultés.

    Fuir pour se protéger ou rester pour témoigner, telle est notre alternative. Notre plus grand défi en tant qu’adventiste du septième jour restera toujours la qualité de notre témoignage au sein de notre environnement. Sortir de la confusion mais rester dans la mission.

    Notes

    1. Ellen G White, ch 7 « Vivre à la campagne » p. 75 à 85, in « Événements des derniers jours », Éditions Vie et Santé, 2004. Ce livre de compilations est à replacer dans son contexte pour éviter des positions radicales à l’encontre des citadins des villes de Cooranbong en Australie, de Huntsville en Alabama, de Berrien Springs, etc.
    2. Sur ce sujet, de nombreux reportages télévisés existent montrant l’accroissement des stages de survie aux États-Unis encadrés par différentes associations ou de la construction de bunkers pour se préserver d’une guerre atomique ou bactériologique. (NBC News report : vivos underground shelters for sale).

    Source : Revue Adventiste – Mai 2017

    Demander la Revue Adventiste par mail ici :
    commandes@viesante.com

     

  • En marche vers le bon sens

    Par Jean-Paul Barquon

    Rédacteur en chef de la Revue adventiste, secrétaire général de l′Union des Fédérations adventistes

    Contrairement aux auteurs bibliques, Jésus-Christ n’a jamais rien écrit. Pourtant, il savait bien lire et écrire. À Jérusalem, lors d’un épisode difficile avec les scribes et les pharisiens, au sujet d’une femme prise en flagrant délit d’adultère, « il se baissa et écrivit avec son doigt sur la terre » (Jean 8.6 NBS). La TOB traduit « il se mit à tracer des traits sur le sol ». On ne connaîtra jamais les mots, la formule ou le dessin réalisé par Jésus. On sait juste que son attitude est en réaction face à celle des accusateurs scandalisés par une femme pécheresse. Le Christ n’est pas indigné par la faute de cette femme mais par l’intention des accusateurs. Le récit précis de Jean nous apprend que l’élite religieuse souhaitait mettre Jésus à l’épreuve et plus précisément lui « tendre un piège pour avoir de quoi l’accuser » (version TOB de Jean 8.6).

    La tactique de ses opposants a toujours été de placer le dialogue sur un plan juridique ou théorique pour l’embarrasser avec les textes de l’Écriture, la législation de Moïse. Mais dans le dialogue, Jésus revient toujours sur la responsabilité de ses interlocuteurs. Regardez en vous-mêmes, examinez votre conduite, consultez votre conscience parce que le cœur est tellement plus pertinent que la tête. Interpellé pour savoir si Jean-Baptiste venait vraiment de Dieu, questionné sur le tribut à payer à César… Jésus s’est toujours détaché de ces pièges insidieux.

    Aujourd’hui encore, il est si facile de prêter foi à tout ce que nous lisons, voyons ou entendons sur les pages web de notre ordinateur sans se douter que le piège consiste à relayer ces « fake news » vers notre entourage1. Amplifier les fausses informations et les rumeurs pour tenter de détourner les croyants de la confession de leur Église, fait aussi partie de l’objectif de certains.

    Après quinze ans au service d’une dénomination évangélique américaine, Dan Barker se dit délivré de Dieu comme le rapportent son livre et son association2. Après avoir été excessif dans son enseignement sur la vie après la mort, en faisant appel à son imagination au-delà de la pensée biblique sur le retour du Christ, sur les miracles du Christ, l’ex-pasteur, conférencier et télévangéliste américain affirme ne plus croire à la résurrection du Christ, ni à son historicité, ni à son avènement. Il existe aussi des blogs, des vidéos et des courriels en circulation dont le contenu ne reflète pas l’enseignement de l’Église ni celui des récits bibliques. En parlant aux anciens de l’Église à Milet, l’apôtre Paul était loin d’imaginer l’ampleur des méthodes modernes utilisées pour détourner les brebis du troupeau. (Actes 20.29, 30).

    C’est la raison pour laquelle, il est nécessaire de distinguer non seulement entre « ce qui est officiel et ce qui ne l’est pas3 » mais aussi sur le plan culturel entre ce qui est régional et mondial, entre ce qui émane d’une théologie confirmée par le BRI (Biblical Research Institute) et ce qui reflète d’un courant fantaisiste, déviant ou dissident4. Cette incitation à examiner et à retenir ce qui est bien (1 Thessaloniciens 5.21) relève du bon sens et de la prudence généralement inhérents aux croyants. Comme l’affirme l’auteur du proverbe 16.22 (version NBS) « Le bon sens est une source de vie pour ceux qui le possèdent ; la correction des imbéciles, c’est l’imbécillité. »

    Notes :

    1. IRIS (L’Institut de Relations Internationales et Stratégiques) a fait paraître en 2013 un document de l’observatoire géostratégique de l’information « Faux, rumeurs et désinformation dans le cyberespace » sous la direction de François-Bernard Huyghe.
    2. Dan Barker « Délivré de Dieu, itinéraire d’un évangéliste devenu militant de l’athéisme », Éditions H & O, octobre 2011.
    3. Déclaration de l’UFB du 1er mars 2016, cf. Revue adventiste de mars 2016, p. 22, 23.
    4. Sans nommer ces différents courants, il suffit d’examiner les enseignements diffusés par vidéo sur : le sabbat lunaire, le rejet de la trinité, la comparaison du sanctuaire avec un organe féminin, le rapprochement des adventistes avec Rome, le regain du perfectionnisme, sans compter les les théories du complot, dans lesquelles s’ajustent des interprétations prophétiques, etc.

    Source : Revue Adventiste – mai 2017 – Page 3


    Demander la Revue Adventiste par mail ici :
    commandes@viesante.com

  • Voter ? Un devoir citoyen, une responsabilité chrétienne

    Tout pays démocratique dans le monde accorde le droit à ses citoyens de modifier sensiblement les actions du gouvernement en votant et en participant à la vie politique. Quand ces citoyens professent d’être chrétien, leur vote est-il différent ?  Si la Bible nous dictait le choix d’un candidat ou d’un parti politique, tout serait simple. Mais elle ne donne pas de tels détails, pas plus qu’elle ne recommande un système politico-économique que nous pourrions soutenir.

    Toutefois la Bible ne reste pas silencieuse quant au choix des dirigeants de la nation ou d’une politique sociale. En fait, elle donne des principes importants qui devraient motiver notre position et notre comportement dans la sphère publique, y compris dans l’acte de voter. Or, l’application des principes bibliques aux problèmes sociopolitiques contemporains ne va pas sans difficulté. On observe que des personnes qui sont d’accord sur les principes bibliques divergent souvent quand il s’agit de les appliquer à la politique ou aux programmes sociaux. Notre but ici n’est pas de fournir une liste de candidats recommandables, mais d’énoncer quelques principes de base pour favoriser une réflexion approfondie sur les implications de la foi dans les questions sociopolitiques de notre monde.

    En préalable à tout débat, nous tenons pour acquise la confession de Jésus-Christ Seigneur et Sauveur. Cet engagement devrait surpasser tout sentiment nationaliste, tout intérêt économique ou toute idéologie politique. Nous devrions considérer notre participation au jeu politique comme un moyen au service du Christ pour promouvoir la paix, la liberté et la justice dans notre monde. Bien qu’insuffisants, les repéres suivants peuvent représenter le point de départ d’une réflexion sur les implications de la foi dans les questions publiques.

    1. La famille est une institution de Dieu

    La famille est la cellule de base de la société et l’institution responsable de l’éducation des enfants. Les chrétiens devraient résister à la tendance grandissante de l’État à usurper le rôle de la famille. C’est la volonté de Dieu pour l’homme et la femme qu’ils vivent ensemble dans un engagement pour la vie1. Par la législation et les aides financières, le gouvernement devrait favoriser la réalisation du plan biblique pour la famille, le mariage et la sexualité. L’administration civile devrait chercher à protéger et à sauvegarder le bien-être de la cellule familiale et l’aider à assumer les responsabilités que Dieu lui a données. Dans les cas où l’idéal biblique ne peut être atteint, celui des parents célibataires par exemple, l’État devrait assurer le bien-être des personnes concernées.

    2. La vie humaine est sacrée

    La valeur de l’homme vient du fait que nous sommes tous créés à l’image de Dieu (Genèse 1.27) et censés vivre pleinement une vie épanouie. L’histoire du salut (la vie, la mort et la résurrection du Christ) est la tentative de Dieu d’exprimer l’incommensurable valeur de chaque personne. La valeur de chacun ne dépend pas de son utilité sociale. Toutefois les chrétiens doivent soutenir les mesures qui défendent les droits de l’homme et qui permettent à chacun de vivre une vie plus épanouie, quels que soient son âge, sa culture et sa race. Redonner sa valeur à la vie humaine signifie que l’accès aux soins, à l’éducation, à l’emploi, etc., devrait être considéré comme un droit pour
    chaque personne, surtout les plus défavorisées.

    3. Les libertés civiles et religieuses sont des dons de Dieu et des droits inaliénables

    Dans les Écritures, le choix d’une personne de croire ou de ne pas croire en Dieu n’a jamais été une condition à la bénédiction de Dieu en ce qui concerne la subsistance quotidienne (Matthieu 5.45). Le droit pour chacun de pratiquer sa foi ne devrait jamais être usurpé par l’État. Ainsi, le pouvoir civil devrait rester à l’écart des questions religieuses. Cela ne signifie pas que la morale et les lois civiles ne s’interfèrent pas ou n’ont aucun lien entre elles. Naturellement poussé à l’égoïsme, à l’individualisme et au pouvoir, l’homme a besoin d’un contrôle et d’un équilibre qui assurent le droit inaliénable à la liberté d’expression.

    4. Dieu et son peuple s′intéressent particulièrement au sort des pauvres

    Un des thèmes dominants dans la Bible est le désir de Dieu de faire justice aux pauvres et aux opprimés2. Dieu encourage ses disciples à entretenir la même préoccupation vis-à-vis de cette catégorie sociale3. Ce souci permettra de reconnaître l’existence d’un mal social (manifesté au travers des structures institutionnelles qui perpétuent des conditions d’oppression) plutôt que de se contenter de plaindre ceux qui n’ont pas de chance dans la vie. Il faut se méfier des hommes politiques qui, sous le couvert de la Bible parfois, perpétuent des lois et des règles injustes. Seuls les dirigeants qui, parmi d’autres choses, luttent pour plus de justice pour les pauvres agissent conformément aux Écritures.

    5. Dieu demande des partenaires économiques loyaux dans la société

    En matière d’économie, le point fondamental de la pensée biblique est que Dieu est souverain. Il est le seul véritable propriétaire de toutes choses4. Il a prévu que les ressources de la terre soient partagées équitablement entre tous les citoyens du monde. La Bible condamne aussi bien les paresseux que ceux qui s’enrichissent aux dépens des autres5. Ce principe implique que Dieu veut que les richesses soient redistribuées, réduisant ainsi la disparité entre riches et pauvres6. En fait, l’exigence divine de justice dans les affaires sociales et économiques est si forte qu’elle conduit à la ferme condamnation de l’oppression économique en Israël et en Juda7. Les chrétiens doivent soutenir toute politique économique qui vise à donner des chances égales à chacun pour qu’il gagne dignement sa vie.

    6. Dieu demande aux chrétiens d′être artisans de paix

    La violence se trouve à tous les niveaux de notre société. Celle-ci a désespérément besoin…[Suite dans la Revue Adventiste de mar 2017]


    Demander la Revue Adventiste par mail ici : commande@viesante.com

  • Journée internationale de la francophonie avec AWR (Adventiste World Radio)

    « Seul dans le noir, j’ai entendu votre voix. Même si je ne peux pas vous voir, je peux sentir votre présence près de moi. Merci pour vos programmes pleins d’attention et d’amour. » Un auditeur d’AWR

    Lumière d′espoir au Cameroun

    Mathias Fongang est un ouvrier biblique local qui accompagne les auditeurs d’AWR dans la région de Ntsingla au Cameroun. Il suit les personnes qui ont entendu le message de l’évangile, et dirige également des réunions d’évangélisation. Il nous a dit récemment qu’il a baptisé huit nouveaux croyants à la suite des programmes d’AWR. Dans ce domaine, les rois tribaux dominent et le culte des ancêtres avec le spiritisme sont répandus. Toutefois, il existe des plans pour la création d’une nouvelle congrégation adventiste. Les émissions d’ondes courtes d’AWR sont un moyen efficace d’atteindre ces villages et communautés éloignés.

    Nouveaux auditoires en Côte d′Ivoire

    Pendant des années, l’équipe de Côte d’Ivoire a produit des programmes pour les auditeurs d’ondes courtes à travers l’Afrique, y compris Augustin Asse Kouakou, qui a créé des programmes en français et en Dioula depuis plus de 20 ans. Récemment, un instituteur a contacté le studio pour demander des études de la Bible pour lui-même et pour 16 autres personnes. Quelques mois plus tard, sept de ces personnes furent baptisées. Maintenant, AWR finance l’achat de temps d’antenne sur sept stations FM à travers le pays.

    Haïti : Plus que des ondes radio

    Depuis plus de 30 ans, La Voix de l’Espérance sur 87.9 FM a fait la démonstration de l’amour de Dieu à Port-au-Prince, en Haïti. La radio n’a pas été endommagée par le tremblement de terre tragique de 2010, et elle a fourni un service formidable à la communauté en transmettant des messages pour et avec les personnes déplacées. Le personnel s’est mobilisé pour aider les 22 000 réfugiés qui se sont installés pendant des mois sur le campus de l’Université adventiste haïtienne où se trouve la station de radio. L’un des principaux défis de la radio est l’approvisionnement en électricité ; l’électricité est intermittente, et le carburant pour les groupes électrogènes est extrêmement coûteux. Alors le personnel espère s’orienter vers l’énergie solaire. La radio utilise aussi deux relais à Cap-Haïtien et Gonaïves, mais les routes pour atteindre ces équipements sont presque infranchissables. Néanmoins, La Voix de l’Espérance projette de redémarrer ses émissions AM (ondes moyennes), pour se rapprocher des collines environnantes et du sud du pays. Sous la direction du pasteur Emmanuel Benoît, les jeunes producteurs et techniciens présentent une excellente diversité de programmes en créole français et haïtien, y compris de la musique qu’ils ont produite dans les églises locales.

    Découvrez la suite le l’article dans Revue adventiste |Mars 2017


    Demander la Revue Adventiste par mail ici : commande@viesante.com

  • Année nouvelle

    Par Ruben de ABREU
    Président de l′Union franco-belge (UFB) des églises adventistes du septième jour.

    Oui, votre foi est active, votre amour vous fait agir, et votre
    espérance en notre Seigneur Jésus-Christ est solide.
    Paul, 1re aux Thessaloniciens 1.3

    Le pasteur américain Tony Campolo a vanté les qualités de son épouse en précisant qu’elle aurait pu avoir une carrière rentable alors qu’elle est une femme généreuse et brillante. Mais elle a choisi sa priorité : l’éducation de ses enfants. Lorsque les autres femmes lui demandaient sa profession, elle répondait : « Je suis femme au foyer. Je reste à la maison pour m’occuper de mes enfants et de mon mari. » Comme les réactions les plus fréquentes se manifestaient par des « Oh » ou par des « Ah », elle imagine une tout autre réponse. « Je suis en train de socialiser deux homo-sapiens dans les valeurs judéo-chrétiennes pour qu’ils s’approprient les valeurs eschatologiques de l’utopie », disait-elle en souriant, laissant ainsi ses interlocuteurs abasourdis par de tels propos.

    Depuis quelque temps, nos pays subissent différentes formes de violences. Ce qui suscite des angoisses, des doutes et des tensions mais exige aussi beaucoup de preuves de solidarité et d’espérance. Il est très facile d’affirmer dans nos milieux que la prophétie se réalise, que les signes des temps se manifestent… raccourcis bien évidents des initiés familiers des concepts et des formules.

    Néanmoins, ces propos n’apportent ni l’espérance ni le réconfort dont nos contemporains ont tant besoin. Aucune connaissance personnelle du Christ n’est transmise à partir de cette fatalité qui entraine notre résignation. Depuis longtemps, le message est le même et reste toujours d’actualité. Son auteur est celui qui a tout le pouvoir et toutes les ressources pour apporter la solution. Nous avons besoin de le partager de façon authentique et dans un langage compréhensible de tous (voir 1 Corinthiens 3).

    Soyons constructifs.

    « Celui qui prophétise, au contraire, parle aux hommes, les édifie, les exhorte, les console. » (1 Corinthiens 14.3)
    Soyons des agents de soutien. Celui qui aime véritablement soutient activement l’autre et demeure disponible. Cela veut dire donner à quelqu’un tout le soutien possible en développent la capacité de prendre soin de l’autre. (1 Corinthiens 13.7, 8a)

    Soyons hospitaliers.

    Considérons la façon dont Jésus a accueilli Judas. Il n’avait pas besoin de l’intégrer dans son cercle intime, mais il l’a fait. « L’amour ne fait aucun tort au prochain ; l’amour est donc le plein accomplissement de la loi. » (Romains 13. 10)

    Soyons imitateurs du Christ.

    Selon le Talmud, « Dieu ne révèle ses voies que pour être imité ». Il ne s’agit pas de suivre Dieu mais de l’imiter. L’idéal biblique se situe dans l’imitation des vertus par lesquelles le divin Père se manifeste aux hommes. Jésus a fait tout son parcours de vie en nous invitant à l’imiter. Paul l’a très bien compris en affirmant « soyez mes imitateurs dans la mesure où je suis imitateur du Christ ».

    Cette année 2017 sera marquée par les commémorations des 500 ans de la Réforme protestante. Nous sommes héritiers de cette Réforme, qui n’est pas encore pleinement achevée.

    D’autres réformes sont à faire dans ma vie, dans ma famille, dans l’Église et dans la société. Profitons de cette année nouvelle pour mettre en évidence la « Sola scriptura ». Lire la Bible, tous les jours et à chaque instant, mais ne jamais la lire en oubliant le Christ. Ne ratons pas l’essentiel sinon rien ne se passera !

    Source : Revue Adventiste - Janvier 2017 -- Page 3

    Lire tous les articles de la revue adventiste en vous abonnant ici > 

    La Revue adventiste s’adresse avant tout au lectorat adventiste francophone européen. Elle peut également être lue par un public non adventiste. Elle existe depuis 1896.

  • Tu ne tueras point (film) – Un #film, une #histoire, des questions.

    Jean-Paul Barquon

    L’événement était attendu depuis longtemps. Près d’une décennie après Apocalypto, Mel Gibson est de retour derrière la caméra. Le film a été présenté en première mondiale à la Mostra de Venise. Il est depuis le 9 novembre sur les écrans de nos villes. Inspiré d’une histoire vraie, comme le précise le générique hollywoodien, le film s’attarde sur le destin de Desmond T. Doss, membre de l’Église adventiste et premier objecteur de conscience à avoir été décoré de la médaille d’honneur par l’armée américaine. Il était soldat de première classe affecté au détachement médical 307 à la 77e division d’infanterie. Sa foi chrétienne lui a permis de ne pas combattre mais de sauver des vies humaines sur les champs de bataille, au coeur des combats et au péril de sa vie.

    Mel Gibson précise son choix : « Prendre un homme ordinaire, qui fait des choses extraordinaires dans des circonstances difficiles… Il va au combat avec rien d’autre que sa foi et ses convictions. Cela a quelque chose de surnaturel… La foi est indéniablement ce qui était à l’essence de Desmond. Pour aller dans un champ de bataille comme celui-là, où le combat fait rage en étant armé seulement de votre foi, vos convictions doivent être particulièrement fortes ».

    Si Dieu prône l’amour du prochain, Mel Gibson, lui, n’a pas peur de montrer la violence à l’écran. C’est en réalité ce que l’on peut reprocher au réalisateur. « Dans Hacksax Bridge, la scène d’ouverture donne le ton au film : dans un champ de bataille des corps en feu jaillisent et tombent les uns après les autres, déchiquetés au son des balles et au milieu des assauts. »

    En réalité, il m’a fallu attendre 20 minutes pour avoir sur l’écran les premières images du champ de bataille d’Okinawa. Une vraie boucherie qui justifie que le film soit interdit aux moins de 12 ans. On peut s’interroger sur la notion de sacrifice qui semble fasciner Mel Gibson dans sa carrière. Le lien avec La Passion du Christ (2004) et Apocalypto (2006) pourrait paraître évident. La crucifixion de Jésus pour le premier et les sacrifices humains dans la civilisation maya dans le second film. Il semble que Mel Gibson soit friand de ce paradoxe voulant que le salut puisse passer par le spectacle. Finalement, entre les mains de Gibson, Desmond Doss devient en quelque sorte un rédempteur. Le sang, la poussière et les gravas ressemblent au poid porté par un rédempteur. À ces corps rampants et sanguinolents sur le champ de bataille s’oppose presque à la fin du film une image du corps suspendu de Desmond Doss sur fond de nuages.

    Le héros s’identifierait-il au Christ ressuscité ? Ce trait d’union entre la terre et le ciel a-t-il un message à transmettre ?

    Si l’on quitte le terrain de l’esthétique pour s’attacher au fond de cette histoire, on ne peut que s’étonner sur l’objection de conscience.

    1. Les membres adventistes du septième jour ne sont pas tous des objecteurs de conscience et cette position n’est pas celle de la Conférence générale des adventistes. La position générale est celle de non-combattant, pourtant des combattants adventistes étaient présents dans certains conflits armés… Voici quelques années, un leader de la Conférence générale des adventistes me disait, indigné par ma question, « mais nous avons le droit de défendre notre nation tout de même ! » et il ajoutait : « Pour nous, aux États-Unis, les objecteurs de conscience sont perçus comme des communistes. » Je n’avais plus qu’à me taire… Le refus de porter des armes reste bien entendu une position officielle, même si lors de certains guerres, bien des jeunes adventistes sont partis défendre leur pays… et s’il existe jusqu’à aujourd’hui un service important de l’aumônerie militaire.

    2. La position de Desmond Doss présentée dans le film est belle et remarquable mais elle m’interroge. Ne peut-on pas dire qu’en se battant sans arme et en soignant les soldats blessés sur le champ de bataille, Desmond contribue tout de même à tuer ?
    Mais au-delà de mes interrogations, le soldat Desmond Doss restera un puissant exemple et le restera longtemps.
    Un film à voir incontestablement, mais certaines images pouvent heurter la sensibilité…

    Source : Revue adventiste Novembre - Décembre 2016 - page 13

    Lire tous les articles de la revue adventiste en vous abonnant ici >

     

  • L’élection de Donald Trump voulue par Dieu pour précipiter les événements prophétiques ?

    Il est étonnant que des membres adventistes américains soutiennent les idées de Donald Trump aux États-Unis ; en commencant par un célébre chirurgien, ancien candidat très vite dépassé par la campagne électorale. La science médicale et la science politique ne font pas toujours bon ménage.

    Selon les sondages à la sortie des bureaux de vote de l’Edison Research for the National Election Pool, le nouveau président des États-Unis a rassemblé plus de 80 % des voix des évangéliques blancs. Les catholiques américains ont également voté majoritairement pour le vainqueur, déjouant les pronostics. Selon certains complotistes du septième jour, la nomination de Donald Trump à la présidence des États-Unis serait
    voulue par Dieu qui envisagerait ainsi une future mise en place des lois du dimanche avec l’Europe en vue de hâter le retour du Christ.
    Cette nomination sert de prétexte pour affirmer pêle-mêle des sujets aussi variés que le criblage dans l’église, l’apostasie, etc. autant d’éléments alarmistes pour satisfaire l’attraction exercée par la prophétie en la déformant. Il est toujours facile de s’attarder sur des événements effrayants pour tenter de préparer les autres à la crise finale. Les complotistes se font du bien en se faisant peur. En 1961, la même chose avait été prédite au sujet de la nomination du président américain John Fitzgerald Kennedy, de confession catholique. Son élection avait surpris quelques anti-catholiques qui voyaient en lui un instrument qui allait réaliser la prophétie d’Apocalypse 13…

    Source : Revue adventiste - novembre-décembre 2016 - page 14

    Lire l′intégralité des articles de la revue adventiste en vous abonnant ici > 1028-ra-septembre-1

  • La vérité vous rendra libres

    Par Irene SÁNCHEZ MEJÍAS - Spécialiste en médiation et conseil familial. Formation en psychanalyse, Licenciée en psychobiologie des addictions aux drogues, Licenciée en évaluation et intervention pour le troisième âge, Licenciée en évaluation des services sociaux, Technicienne supérieure en coaching personnel.

    Nous ne sommes pas déterminés par notre culture, par notre vécu familial, ou par notre vécu infantile, mais en revanche nous sommes conditionnés.

    « Vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres » ( Jean 8.32). Que cette parole de Jésus est belle, et combien il est dommage que nous fassions parfois de la religion une… prison !

    Il n’y a qu’une seule Vérité, mais il existe beaucoup de façons de vivre le christianisme, et, dans notre cas, l’adventisme… autant que de personnes. Il n’y a qu’une seule Vérité, mais aucun être humain ne la possède, car cette vérité que chacun croit détenir est polluée par notre propre subjectivité. Il n’y a qu’une seule Vérité, mais cette vérité, Dieu seul la possède. Notre façon de comprendre et de vivre la religion est conditionnée par de nombreux facteurs : l’âge, le sexe, l’éducation familiale, la culture, les expériences vécues qui nous ont marqués en bien ou en mal, le tempérament, la structure mentale… avec tout cela, il n’est pas difficile d’imaginer combien de combinaisons possibles peuvent exister lorsqu’on veut comprendre et vivre la Vérité.

    Généralement, les hommes vivent une religion plus normative et sont davantage orientés vers les prophéties et les questions théologiques, alors que la majorité des femmes se tournent plus vers une religion moins normative, plus fondée sur l’amour et sur la prière. Les enfants vivent une religion magique, les adolescents se révoltent contre les normes ou les incohérences religieuses, l’adulte recherche un équilibre et la personne âgée se réconcilie avec Dieu car elle voit venir la fin de sa vie.

    « Vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres. » Comme c’est beau et à la fois difficile pour certaines personnes !… Pourquoi est-il si difficile, pour certains enfants de Dieu, de vivre le genre l’expérience religieuse que le Christ nous montre ? Une religion libre et saine fondée sur un vécu personnel avec le Christ et dans laquelle les normes, toujours nécessaires, sont des conséquences de l’amour de Dieu et non quelque chose d’imposé.

    Combien de fois j’entends de la bouche d’adventistes que c’est pesant et difficile de suivre Jésus ! Combien de fois j’entends ces personnes critiquer des frères qui vivent une religion plus libre, plus simple, ce qui ne veut pas dire exempte de normes et de limites. Comme s’il n’existait qu’une seule façon de vivre la Foi… la leur.

    Certaines personnes ont une vraie difficulté à vivre une religion de liberté, une religion saine et équilibrée, car, comme je le disais précédemment, notre Vérité est conditionnée par notre propre subjectivité. Lorsqu’on m’a demandé d’écrire cet article, j’ai pensé à la difficulté de parler d’un sujet aussi scabreux que celui des extrémismes religieux sans que personne ne se sente offensé. Cependant, je considère que c’est un sujet qui mérite d’être traité. Nous vivons des moments où le fanatisme religieux fait des dégâts dans différentes parties du monde. Nous, les chrétiens, sommes indignés face à la barbarie de l’intégrisme islamique, mais nous oublions les ravages faits dans les siècles passés par l’intégrisme chrétien. Il n’y a qu’à se rappeler la guerre sainte des Croisades, le tribunal de la Sainte Inquisition, etc.

    Non, le christianisme n’a pas non plus été exempt de fanatisme.

    Et qu’en est-il des extrémismes religieux actuels au sein de notre Église ? Quelles sont ses causes et que pouvons-nous faire à ce sujet ? On ne peut pas dire qu’il n’existe qu’une seule cause. Trois au moins me viennent à l’esprit : notre culture d’origine, l’éducation reçue dans la famille et les pathologies mentales.

    Ce n’est pas la même chose si nous venons d’un pays où existe la liberté politique et religieuse ou si nous venons d’un pays soumis à une dictature et où règne la loi du plus fort. Les choses sont différentes si nous venons d’une famille libérale, d’une famille traditionnelle ou d’une famille où l’on vit une religion culpabilisante et punitive, où presque tout est péché ou provoqué par Satan. La religion associée à la violence sociale ou intra-familiale, qu’il s’agisse de violence physique, verbale ou psychologique est extrêmement déstructurante pour notre psychisme. Au point que dans l’histoire familiale de psychopathes et de sociopathes, on trouve fréquemment la religion associée à des abus d’un autre genre.

    Nous ne sommes pas déterminés par notre culture, par notre vécu familial, ou par notre vécu infantile, mais en revanche nous sommes conditionnés. Cela est dû à l’influence du milieu où nous avons été élevés, ou du milieu où nous vivons, et au fait que la structure mentale se construit dans l’enfance.

    Face aux extrémismes religieux venant de facteurs culturels, la solution passe par des campagnes politiques et d’éducation scolaire pour changer ces modèles sociaux. Face aux extrémismes religieux venant de l’éducation familiale, la solution consiste à construire des familles plus saines. Dans ce but, il faut organiser dans notre entourage des séminaires où on donne aux parents des outils pour inculquer à leurs enfants une éducation religieuse saine et équilibrée. Mais la solution est beaucoup plus difficile lorsque les extrémismes religieux sont associés à des problèmes psychologiques ou mentaux.

    Notre structure mentale se construit dès le ventre de notre mère, en interaction avec notre première pourvoyeuse d’aliments et de soins, puis par la fonction paternelle et en relation avec nos vécus infantiles. La construction de notre structure mentale est semblable à celle d’une maison. Si notre maison est mal cimentée, même si elle est très belle, elle sera source de problèmes, des problèmes qu’il faudra traiter, mais qu’on pourra difficilement résoudre complètement. Les vécus traumatisants de notre enfance abîment notre structure mentale, et même si nous sommes résilients et que nous avons beaucoup de foi, il demeurera toujours une trace ou une fragilité, ce qu’on appelle en psychanalyse « le reste »… ce qui reste de ce traumatisme. Certaines personnes, à cause de faits traumatisants vécus dans l’enfance, ont une structure mentale extrêmement névrotique, psychotique ou perverse. Ces personnes ont une difficulté réelle à vivre une religion libératrice, saine et équilibrée. La personne souffrant d’une névrose obsessionnelle a tendance aux extrêmes dans n’importe quel domaine de sa vie.

    Elle oscille entre des actes compulsifs, où il lui est très difficile de contrôler ses impulsions, et un rigoureux contrôle sur elle-même ou sur les personnes de son entourage. Ces personnes ont tendance à l’agressivité, aux extrémismes religieux et à l’imposition de leur vision de la religion comme une façon inconsciente de mettre des limites à leurs tendances compulsives. Il n’est pas étonnant qu’elles passent d’un extrême à un autre, du fanatisme au manque de limites.

    La personne qui souffre d’une névrose hystérique a tendance au mysticisme, à vivre la religion avec beaucoup de dramatisation et de grandes fanfaronnades en public, allant jusqu’à de véritables crises d’hystérie où elles peuvent même perdre connaissance. Dans les cas les plus graves, des délires hystériques peuvent apparaître, comme de se croire prophète, ou même des hallucinations religieuses.

    « Jésus nous conduit vers une religion de cohérence, de respect et de liberté, il n’y a pas deux personnes qui vivent la foi de la même manière… »

    La personne souffrant d’une psychose ne se connecte que partiellement à la réalité, elle vit une religion magique. Si la psychose est maniaco-dépressive, ce qu’on appelle communément trouble bipolaire, elle alternera entre des périodes où elle se sentira tellement indigne de Dieu qu’elle pourra se séparer de l’Église ou avoir des idées suicidaires, alors qu’à d’autres moments elle se sentira un prophète choisi par Dieu pour une oeuvre particulière. La schizophrénie présente un niveau élevé de déstructuration mentale.

    Cependant, les personnes souffrant de psychoses paranoïaques sont des individus très intelligents et charismatiques ayant beaucoup de puissance pour entraîner les foules. C’est le cas des leaders charismatiques qui créent des mouvements religieux séparatistes pouvant être très dangereux, en raison de leur capacité à entraîner des personnes faibles dans leurs délires religieux, avec parfois des conséquences très graves.

    En dernier lieu, la souffrance dans l’enfance peut donner lieu à une structure mentale perverse. Ces personnes manquent d’empathie et la souffrance des autres leur procure du plaisir. Une personne ayant cette structure peut être un leader très respecté et mener une double vie. Le cas typique est celui du leader religieux qui abuse sexuellement de mineurs sans éprouver le moindre remord. Les personnes présentant les problématiques décrites ont été victimes de vécus traumatisants qui ont abîmé leur structure mentale, c’est pourquoi il leur est difficile de vivre la religion d’une façon équilibrée. Il leur est donc conseillé de recevoir une aide psychothérapique. N’oublions pas que Jésus nous conduit vers une religion de cohérence, de respect et de liberté, qu’il n’y a pas deux personnes qui vivent la foi de la même manière, et que l’Église ne pourra croître que s’il y a unité dans la diversité.

    Source : Revue adventiste Juillet-Août 2016 - pages 10 et 11
  • La menace d′un nouveau virus mortel

    Par Bernard BÉRANGER - Chef d’entreprise dans le Sud de la France

    Il semble que nous sommes menacés par un nouveau virus, le SJB, le Syndrome Joseph Bates (1). L’auteur de cet article porte en lui une vision saine dans le domaine de la santé et du style de vie adventiste. Le christianisme présenté par l’adventisme est une grande et une belle cause mais nous sommes aussi appelés à nous engager, à vivre et à développer lespetites causes …

    Joseph Bates fut l’un des fondateurs de l′Église adventiste du septième jour. Pendant longtemps, il parcourut les mers du globe comme capitaine de navire marchand. Son père, soldat bénévole dans la guerre d’indépendance des États-Unis, lui donna très tôt, le sens de l’engagement. Tout au long de sa vie, Joseph épousa de multiples causes humanistes. L’anti-esclavagisme était son combat. Il faut avouer qu’à l’époque, c’était « la » grande question. Il devint aussi l’un des leaders des mouvements réformistes de santé du début du XIXe siècle, tout particulièrement dans la lutte contre l’alcool, le tabac et la promotion d’une alimentation saine comme le végétarisme.

    Un cheminement spirituel, accompagna aussi toutes ces découvertes. Vers la fin des années 1830, il devint un fervent membre adventiste avant de découvrir, juste après « la grande désillusion », le sabbat, qu’il enseigna à de nombreux pionniers de notre mouvement, dont le jeune couple James et Ellen White. C’est lors de l’une de ces dernières traversées que les premiers symptômes apparurent. À l’un de ses collègues, qui l’interrogeait sur ses nouvelles découvertes, il répondit : « Les petites causes ont été englouties dans la grande ! ».

    Cela signifiait pour lui que l’annonce du proche retour de Jésus, devenait sa première priorité et que la conversion d’une âme à cette nouvelle
    croyance impliquerait l’adhésion à toutes les autres causes pour lesquelles il avait combattu si énergiquement : abolition de l’esclavage et vie saine… pour lui, tout cela coulait de source. En adhérant à « la grande cause » on s’engageait aussi dans « les petites ».

    Nombreux sont ceux aujourd’hui qui, comme Joseph, croient que les « petites causes » ont été englouties dans la « grande », sauf que… c’est à ce moment-là, que le syndrome peut se manifester d’une manière plus ou moins virulente et sous différentes formes. Je m’explique.

    Avons-nous vraiment adhéré à l’ensemble du « package » ? Foi adventiste et style de vie qui va avec, grandes et petites causes ?

    L’une des manifestations les plus redoutables du SJB est de nous faire croire que puisque je crois à la grande cause, l’annonce du retour de Jésus, je n’ai pas besoin de m’engager dans les petites. La maladie est installée lorsque j’en arrive au stade de ne plus vivre personnellement cette adhésion à ces « petites » causes.

    « Chacun sa route, chacun son chemin, chacun son destin, passe ce message à ton voisin » est la chanson du film « Un indien dans la ville » qui a parfois pris sa place dans les hymnes de nos églises. Je crois au message adventiste, mais que personne ne vienne me parler de mon « style de vie » car cela relève bien de ma vie privée. Le sujet de la santé, par exemple, a pendant de nombreuses années défrayé nos chroniques, aujourd’hui, il est souvent mis de côté alors qu’autour de nous, dans notre société, c’est vraiment tout le contraire. Il suffit même de voir, dans notre société, le succès du « vegan » (2) ou végétalisme. Très tendance aujourd’hui.

    Mais le plus grave de ces symptômes est sans conteste celui qui va nous couper du monde dans lequel nous vivons. La cause à ce fichu SJB. Puisque je crois à la « grande » cause, il n’est plus nécessaire de militer pour les « petites ». Insensible aux luttes, aux défis de notre civilisation, nous ne sommes présents que très rarement dans les combats contemporains, comme la dignité humaine, la préservation de notre terre et de notre santé (d’autres mots pour définir ce que devrait être « la réforme sanitaire » actualisée). Pour nos contemporains, nous pouvons devenir inaudibles.

    Le syndrome peut alors entraîner une paralysie et d’acteurs de l’évangile, nous risquons d’en devenir spectateurs. Chacun pourra évaluer son état d’intoxication à ce SJB. Il me faut conclure et vous dire que si Joseph était porteur du virus, il ne l’a jamais développé. Il resta fidèle à ses engagements, ne renia jamais ce qui avait fait partie des combats de toute sa vie. Lorsqu’il choisit de s’engager dans la grande cause de l’adventisme, il décida d’y consacré sa vie entière, quitta son métier, vendit tout ses biens, les investit dans la mission pour vivre simplement dépendant de la grâce de Dieu, sans oublier ses engagements précédents.

    C’est peut-être cela le remède à cette terrible maladie invalidante. Tout simplement s’engager, être présent au monde dans ce qui fait ses luttes d’aujourd’hui pour la dignité humaine, le respect de la création, la vie saine.
    Tout simplement être témoin de l’évangile.

    (1) Joseph Bates – (8 juillet 1792 – 19 mars 1872)  – Il naquit à Rochester, dans le Massachusetts, le 8 juillet 1792. Il était le cinquième des sept enfants de Joseph Bates senior et de Deborah Nye Bates. Son père s’était porté volontaire durant la guerre d’Indépendance des États-Unis (1775-1783), où il fut promu capitaine dans l’armée. L’année suivante, la famille alla résider à New Bedford, à une dizaine de kilomètres de distance, qui fut renommée Fairhaven en 1812. Il fut aussi l’un des prédicateurs de l’Église chrétienne (aussi appelée la connexion chrétienne) qui participa au mouvement de réveil de William Miller, annonçant le retour du Christ. Il fut le cofondateur, avec James White et son épouse Ellen (Harmon) White, de l’Église adventiste du septième jour. Il est celui qui leur présenta la doctrine du sabbat. Il fut le premier théologien, historien et théoricien de la mission des adventistes du septième jour. Il annonça le message du retour du Christ en Nouvelle-Angleterre, au Michigan et au Canada.

    Ses écrits
    • 1846 – The Opening Heavens Or, A Connected View of the Testimony of the Prophets and Apostles.
    • 1846 – The Seventh Day Sabbath: A Perpetual Sign from the Beginning to the Entering Into the Gates
    • 1847 – Second Advent Way Marks and High Heaps
    • 1847 – A Word to the « Little Flock » (avec James and Ellen White)
    • 1848 – A Vindication of the Seventh-Day Sabbath and the Commandments of God
    • 1849 – A Seal of the Living God
    • 1850 – An Explanation of the Typical and Anti-Typical Sanctuary
    • 1868 – The Autobiography of Elder Joseph Bates

    (2) Vegan – Véganisme – Le terme français véganisme vient de l’anglais veganism qui est lui-même un dérivé du mot vegan désignant le mode de vie végétalien. En français, il est convenu d’adapter les termes vegan et vegans en végane et véganes. Définition officielle de la Vegan Society : «Le véganisme est le mode de vie qui cherche à exclure, autant que faire se peut, toute forme d’exploitation des animaux, que ce soit pour se nourrir, s’habiller, ou pour tout autre but. » On estime aujourd’hui à plus de 525 millions les personnes ne mangeant ni chair animale ni oeuf sur Terre : 40% de végétariens et végétaliens en Inde sur la totalité de la population, de 2 à 5% aux États-Unis, en France ou en Chine, 6 à 10% au Brésil ou en Allemagne. En France on estime à 2 millions les personnes ayant fait le choix de ne pas consommer les animaux dans leur quotidien (population de végétariens, végétaliens et véganes confondus) – Source Être végétarien par Alexandra de Lassus – Éditions Les guides du Chêne, 2014).

    Source : Revue Adventiste juillet 2016 - pages 4 et 5