• Luther, les juifs et nous aujourd’hui

    Déclaration de l′Union des Églises Protestantes d′Alsace et de Lorraine (UEPAL) du 7 juin 2017

    1. Nous commémorons en 2017 le 500e anniversaire de la Réformation déclenchée par les 95 thèses de Luther sur les indulgences. Luther nous a légué une spiritualité toujours actuelle, enracinée dans la Bible, et qui s’est exprimée de manière durable dans ses cantiques et ses catéchismes. Il a recentré la foi sur le Christ et sur la grâce, en mettant en valeur la liberté chrétienne. Il a suscité une vie d’́Église nourrie par la Parole de Dieu, qui fait place à tous les croyants, égaux devant Dieu. Il a valorisé le service du prochain et l’engagement dans la société.

    2. Malheureusement, la redécouverte de l’Évangile n’a pas conduit Luther à un nouveau regard sur les Juifs. Il est resté tributaire d’attitudes et de conceptions antijuives dont certaines remontent aux débuts de l’Église chrétienne, même s’il a, dans un premier temps, récusé certains stéréotypes anti-judaïques qui accusaient les Juifs d’avoir profané les hosties ou procédé à des meurtres rituels.

    3. Luther reprochait aux Juifs de se prévaloir de leur descendance d’Abraham, et de mettre leur confiance dans l’observation de la loi, au lieu de vivre de la justification par la foi. Il s’élevait aussi contre leur refus de voir dans le Christ l’accomplissement des prophéties messianiques de l’Ancien Testament. Ce jugement théologique n’a pas varié tout au long de sa vie. Mais Luther stigmatisait aussi la présomption de bien des chrétiens qui, d’après lui, se reposaient sur leurs oeuvres plutôt que sur la grâce de Dieu.

    4. Pendant une vingtaine d’années, il appelle à la solidarité avec les Juifs. Il faut s’accepter mutuellement comme le Christ nous a acceptés, et louer Dieu plutô̂t que de se disputer. Pour lui, une attitude amicale envers les Juifs, susceptible de conduire un certain nombre d’entre eux à se convertir, doit remplacer les invectives et l’oppression à leur égard.

    5. Vers 1530, l’attitude de Luther à l’égard des Juifs a changé. Il est inquiet d’une judaïsation du christianisme, craignant que la tolérance des Juifs ne suscite la colère de Dieu. Il croit la fin des temps proche et annoncée par l’émergence de forces anti-christiques telles que les Juifs et la papauté. Luther prône alors dans ses écrits anti-juifs des mesures inhumaines. En 1543 il propose de brûler les synagogues, les écoles et les livres des Juifs, d’interdire l’enseignement des rabbins ainsi que l’usure. Nous rejetons catégoriquement ces propositions abominables qui, hélas, seront reprises sous d’autres auspices en d’autres temps.

    6. Par la suite,… [Fin de l’extrait de la Revue Adventiste de Janvier 2018]


    REVUE ADVENTISTE ABONNEMENT 2018

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  • Martin Luther, Alfred Vaucher, deux ânes…

    Par Guido DELAMEILLIEURE
    Responsable des Archives historiques de l′adventisme francophone

    Lors du colloque de commémoration du 500e anniversaire de la Réforme, organisé par la Faculté adventiste de théologie en mars dernier, j’ai découvert un point commun entre Martin Luther et Alfred Vaucher : leur ânitude . C’est une intervention de Jean-Luc Rolland qui a suscité cette observation. Jean-Luc a lu une citation de Luther qui montre que ce grand réformateur se méfiait de la tentation de se prendre trop au sérieux, de se croire trop important.

    Luther disait « Si tu es du genre à chatouiller ton orgueil avec tes propres écrits, avec ton enseignement ou avec ta production littéraire, saisis toi-même tes oreilles, cher ami. En les tâtant bien, tu découvriras une belle, une grande paire d’oreilles d’âne poilues ».

    Comment ne pas penser à Alfred Vaucher qui sut si bien saisir ses oreilles ? En 1963, Vaucher reçoit le titre de docteur honoris causa en théologie de l’Université d’Andrews (USA). Voici comment il analyse cet événement dans un article intitulé « Je suis un âne » (L’Echo du Salève, octobre 1971).

    « Il fut un temps ou la théologie n’était guère prisée dans nos milieux adventistes européens. Un docteur en théologie eût été suspecté de rationalisme. Quand il fut question d’ouvrir à nouveau l’école missionnaire de Gland, qui avait été fermée pendant la première guerre mondiale, on chercha, pour la diriger, un âne, le plus âne possible, et eut pas trop de peine à le découvrir en la personne du soussigné. Beaucoup plus tard, l’Université adventiste de Berrien Springs ayant envoyé à Collonges quelques-uns de ses docteurs pour un « Extension-Course », à un moment où la mentalité adventiste subissait d’heureux changements, W.-R. Beach, alors à la Division, demanda que l’âne qui enseignait les cours bibliques au Séminaire fût associé pour la circonstance à ces docteurs. Ceux-ci s’opposèrent à une telle profanation, et finirent néanmoins par céder à la pression exercée par Berne à la condition que le cours donné par l’âne fut mis à un niveau inférieur aux cours doctoraux d’Outre-Atlantique et que les étudiants ne reçussent aucun « crédit » pour les heures passées à écouter l’âne.

    À la fin des cours il fallut une petite révolution des étudiants pour obtenir les « crédits » qu’on voulait leur refuser. Pendant assez longtemps, les étudiants qui allaient continuer leurs études dans l’un de nos collèges ou à notre Université aux États-Unis devaient refaire les cours suivis à Collonges. Jean Zurcher obtint enfin que nos cours fussent reconnus. Mais alors se présenta un grave problème : comment donner l’équivalence à des cours donnés par l’âne de Collonges ? Il eût fallu lui couper les oreilles, ce qui signifiait plusieurs années d’études secondaires et universitaires, ou bien remplacer l’âne par un docteur. Jean Zurcher eut une idée ingénieuse : puisque notre Université avait déjà distribué généreusement une demi-douzaine de doctorats en Amérique, pourquoi ne consentirait-elle pas à cacher les oreilles de l’âne de Collonges sous un bonnet de docteur ?

    La Faculté de théologie de Berrien Springs donna son accord. Ainsi l’âne de Collonges put participer une seconde fois, sans difficultés, à un nouvel « Extension-Course » donné à Collonges, au terme duquel on lui décerna solennellement un doctorat honoris causa, et sous cet affublement, il lui fut donné de professer un cours d’été à l’Université Andrews. Inutile de dire que ceci n’a rien changé à la nature de l’animal, qui demeure et demeurera toujours l’âne que l’on connait. Mais cela a permis de sauver la situation jusqu’à l’arrivée, promise pour janvier 1972, d’un docteur, un vrai cette fois-ci. En attendant le Dieu qui a su faire parler l’ânesse de Balaam, et lui faire dire des choses plus sensées que celles qui passaient par la tête du prophète, peut aussi bien se servir d’un âne, avec ou sans bonnet de docteur. Une prière : quand aura lieu l’ensevelissement, que l’on veuille bien ôter le bonnet, afin que tout le monde puisse voir les longues oreilles de l’âne, dissimulées un temps sous un bonnet académique. Hommage tardif à la vérité et à la sincérité ».

    Chapeau, Monsieur Vaucher ! Que celui qui a des oreilles pour entendre, entende !

    www.archivesadventistes.org

    Source : Revue adventiste |Mai 2017

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  • Le prophète et le roi

    Par Jean-Paul Barquon
    Rédacteur en chef de la Revue adventiste,
    secrétaire général de l′Union des
    Fédérations adventistes

    Les récits bibliques mentionnent fréquemment les rois qui ont marqué l’histoire d’Israël depuis la fin de l’époque des Juges à la chute de Samarie et de Jérusalem. La royauté est une institution étrangère adoptée tardivement en Israël (1 Samuel 8.5). L’ensemble des livres des Rois conduit l’histoire d’Israël de l’avènement de Salomon à l’exil à Babylone.

    Après avoir raconté son accession au trône, le premier livre des Rois célèbre la magnificence du règne de Salomon, avec sa sagesse, ses constructions, notamment celle du Temple, ses richesses et se termine par l’évocation de ses compromissions religieuses, la cause de ses revers et l’éclatement de son royaume. En réalité, les deux livres des Rois que nous avons dans nos Bibles, sont les suites des deux livres de Samuel. Cette division en deux tomes est due à la version des Septante.

    Après Salomon, les tribus du Nord se constituent en royaume séparé avec Jéroboam comme roi, Roboam devenant le roi de Juda, royaume du Sud, le schisme politique est accompagné d’un schisme religieux. L’auteur de ces récits fait un résumé des règnes de Juda et d’Israël. Le règne du Sud n’est pas celui du Nord et l’auteur livre ses réflexions sur les infidélités morale et religieuses des uns et des autres.
    Les abus et les dérapages sont fréquents parmi ceux qui exercent le pouvoir ! Il s’agit donc d’établir des limites et des contrôles afin de prévenir l’arrogance, la violence, l’injustice et l’exploitation au sein de la cité.

    Si certains rois sont présentés de manière positive, la Bible porte un jugement négatif sur plusieurs d’entre eux. Tel un refrain, le règne de plusieurs se résume par : « Il fit ce qui est droit aux yeux du Seigneur » ou « il fit ce qui est mal aux yeux du Seigneur. » Cette manière de juger la valeur du règne des rois est particulière. Il était impératif que le roi apprenne à craindre Dieu. Il devait non seulement copier un exemplaire de la loi de l’alliance, mais la lire et l’étudier assidûment.
    Dans les relations avec l’autorité étatique, les prophètes ont souvent eu un rôle de conseiller pour amener les monarques à faire face à leurs responsabilités. Les porteurs de la parole côtoient les porteurs du pouvoir. [Voir plus…]

  • Sola Scriptura : les réformateurs et Ellen G. White

    Par Alberto R. TIMM
    Directeur adjoint du White Estate,
    Silver Spring, Maryland, États-Unis

     

    Le christianisme postapostolique a perdu beaucoup de son identité biblique d’origine sous l’influence paganisante de la culture gréco-romaine. Dans la méthode allégorique d’Alexandrie, de nombreux interprètes chrétiens ont trouvé suffisamment d’espace pour accommoder l’Écriture au syncrétisme de la culture populaire. L’acceptation de cette méthodologie herméneutique a commencé à éroder plusieurs doctrines bibliques du christianisme dominant. En elle-même, la méthode allégorique aurait pu conduire l’Église chrétienne à une telle interprétation pluraliste de l’Écriture que son identité religieuse aurait fini par disparaître complètement. Mais l’Église de Rome a saisi l’occasion de ce subjectivisme religieux herméneutique et de l’influence socio-politique de l’Empire romain pour s’établir comme la seule véritable interprète de l’Écriture.

    Petit à petit, de nombreuses « traditions apostoliques » extrabibliques ont refaçonné l’interprétation de l’Écriture et les enseignements de l’Église. Augustin a même confessé : « Pour ma part, je ne croirais pas en l’Évangile si je n’étais pas mû par l’autorité de l’Église Catholique1 ». Thomas D’Aquin argumentait que : « L’objet formel de la foi est la Vérité Première, telle qu’elle se manifeste dans la Sainte Écriture et l’enseignement de l’Église, qui viennent de la Vérité Première2».

    Plus tard, le Concile de Trente, dans sa quatrième session (1546), affirmait que toutes vérités salvatrices et toutes règles de conduite sont contenues « dans les livres écrits et dans les traditions non écrites… préservés dans l’Église Catholique ». À la « sainte mère Église » appartient l’autorité de juger le « véritable sens et la véritable interprétation » des Saintes Écritures3. En conséquence, les intérêts ecclésiastiques ont supplanté la vraie fidélité à la Parole de Dieu et ont érigé une forte tradition herméneutique non biblique. Déjà, au Moyen Age, les pré-réformateurs comme John Wycliffe, Jean Hus, Jérôme de Prague et les Vaudois ont tenté de restaurer l’autorité de l’Écriture au-dessus des traditions religieuses et des décisions ecclésiastiques. Bien que très limitées dans leur perspective, ces tentatives ont préparé le chemin à la grande Réforme herméneutique et ecclésiastique du XVIe siècle.

    Cet article examine brièvement comment les réformateurs du XVIe siècle ont utilisé le principe Sola Scriptura pour répondre à la prétention catholique romaine d’être l’unique et véritable interprète de l’Écriture, et comment Ellen G. White a, à la fois, mis en avant et appliqué ce principe dans ses explications de l’Écriture4. Ces données peuvent fournir un cadre utile pour comprendre le rôle crucial d’Ellen White à la fin des temps pour élever le principe Sola Scriptura.

    La réponse protestante : le principe Sola Scriptura La Réforme du XVIe siècle a été d’abord et avant tout une réforme herméneutique, qui a entraîné une réforme ecclésiastique. L’un des principes directeurs du mouvement a été le principe Sola Scriptura, qui impliquait : 1) la reconnaissance théorique des Écritures comme étant l’unique source de foi et de pratique en matière de religion ; et 2) l’application pratique de ce principe dans l’interprétation concrète de l’Écriture. À propos de la perspective théorique, Luther a clairement déclaré : « C’est pourquoi, l’Écriture est sa propre lumière. Il est bon que l’Écriture s’interprète elle-même5 ». Devant la diète de Worms (1521), Luther a affirmé qu’il « n’acceptait ni l’autorité des papes, ni celle des conciles, parce qu’ils se sont contredits les uns les autres ». À moins d’être « convaincu par l’Écriture et par la raison », il ne se rétracterait jamais6.

    Jean Calvin, quant à lui, a argumenté de manière plus explicite que « ceux que le Saint-Esprit a enseignés intérieurement s’appuient, en vérité, sur l’Écriture », et que « l’Écriture s’authentifie elle-même ; et, en conséquence, il n’est pas juste de la soumettre à la preuve et au raisonnement7 ». De même, l’article 6 des Trente-neuf articles de l’Église d’Angleterre (1571) dit : « La Sainte Écriture contient toutes les choses nécessaires au salut : de sorte que, quoi que ce soit qui ne s’y lise ou qui ne puisse être prouvé par elle ne peut être requis d’aucun homme pour qu’il y croie comme à un article de foi, ou pour qu’il pense que c’est souhaité ou nécessaire à son salut8 ».

    […]

    Différentes tentatives ont été réalisées pour définir les relations entre les Écritures inspirées et les autres déclarations ou écrits chrétiens non inspirés. Par exemple, la Formule de Concorde, une forte déclaration luthérienne (1577), a proposé « trois niveaux d’autorité12 » :

    1. les Écritures prophétiques et apostoliques de l’Ancien et du Nouveau Testaments, qui constituent « la seule véritable norme par laquelle les enseignants et les enseignements doivent être jugés » ;
    2. « La véritable doctrine chrétienne », formulée d’après la Parole de Dieu dans les trois crédos oecuméniques – le Symbole des Apôtres, le Crédo de Nicée et le Crédo d’Athanase -, ainsi que la confession de foi et les articles doctrinaux luthériens ;
    3. « D’autres livres bons, utiles et purs, expliquant les Saintes Écritures, réfutant les erreurs et expliquant les articles de la doctrine13 ».

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  • Martin Luther – Portrait d′une vie

     

    Par Christian LUTSCH
    Pasteur pour la jeunesse adventiste à Bad
    Aibling, Bavière (Allemagne)

    Martin Luther, né le 10 novembre 1483 à Eisleben, était le fils de Hans et Marguerite Luther (Luder). Son père était mineur et acquit plus tard le statut de bourgeois, permettant à Martin de suivre des études supérieures. Entre 1490 et 1501, il fréquenta trois écoles différentes où il apprit le latin. Par la suite, jusqu’en 1505, il étudia les « sept arts libéraux1 » à l’université d’Erfurt. Son père souhaitait qu’il suive des études de droit, d’où la nécessité de ce premier cycle d’étude. C’est au printemps 1505 que Luther commença à étudier le droit.
    À l’époque, la société était sous l’emprise de l’Église. Tout événement était associé à Dieu, qui lui, en revanche, semblait être inaccessible. Le 2 juillet 1505, Luther fut surpris par un violent orage en plein champ. Saisi par la peur de mourir, il s’imaginait vivre ses derniers instants avant d’être traduit devant le tribunal divin. Sans aucun espoir, il cria : « Aide-moi, sainte Anne, je veux devenir moine ! »


    Seulement deux semaines plus tard, en quête du salut éternel, Luther entra dans une confrérie augustinienne – ce qui creusa un fossé entre son père et lui pendant deux années. Au monastère, il s’exerça à la piété et aux bonnes oeuvres. Mais à force de faire pénitence, il prit davantage conscience de ses erreurs. Il passait constamment de la faute à la pénitence. Luther était tourmenté par une question en particulier : comment inciter Dieu à la miséricorde ? Mais, ni son éducation ni son guide spirituel, Johann von Staupitz, ne surent lui donner une réponse. Le chemin vers la Réforme était marqué par la douloureuse expérience de son échec.

    Dieu dans cette histoire

    Son esprit vif et sa recherche constante d’un Dieu miséricordieux le conduisirent, sur la recommandation de Johann von Staupitz, à l’université de Wittenberg en 1508. C’est là qu’il étudia la théologie, et plus particulièrement les doctrines des Pères de l’Église ainsi que de théologiens contemporains et leur façon de percevoir Dieu. Quatre ans plus tard, Luther, après avoir obtenu son doctorat en théologie, devint titulaire de la chaire en Lectura in Biblia (interprétation de la Bible) – d’abord pour les Psaumes et les lettres de Paul. En tant que « docteur de la loi » et curé, il était en partie responsable de la doctrine ecclésiale.

    Cependant, Luther ne se comptait pas parmi les autorités magistérielles de l’Église. Même en tant qu’enseignant et curé, il demeurait humble en se soumettant aux messages divins dans la Bible : « (…) je me suis contenté de pousser en avant, de prêcher et d’écrire la Parole de Dieu. Je n’ai rien fait d’autre. Mais l’effet a été tel que lorsque je dormais ou buvais de la bière de Wittenberg avec Philippe Amsdorf, la papauté s’est affaiblie davantage que sous les coups qu’un prince ou un empereur aurait pu lui porter. Je n’ai rien fait ; la Parole a fait et réalisé toute chose… J’ai laissé agir la Parole ! En somme, je veux la prêcher, je veux la proclamer, je veux l’écrire 2 (…). » Ainsi, Luther avait consacré sa vie tout entière et ses actions à l’interprétation de la Parole d’un Dieu qu’il continuait à chercher.

    C’est dans l’étude de la Bible que se trouve « la racine de la Réforme, dans la mesure où celle-ci a une part constitutive dans la biographie de Luther3 ».

    Début et percée de la Réforme

    L’affichage des 95 thèses à Wittenberg le 31 octobre 1517 est considéré comme étant l’événement principal de la Réforme, célébré jusqu’à aujourd’hui, le jour de la « Fête de la Réformation ». On dit souvent que Luther, dans ses thèses, avait opposé l’autorité du Pape à l’autorité de la Bible. Cependant, Luther n’y cite qu’un seul verset biblique, et ce dès le début : « Repentez-vous ! » (Matthieu 4.17). Ce fut le point de départ de la dispute. Ni plus ni moins. Luther attaquait les indulgences car en mettant de côté la repentance, celles-ci procuraient une fausse sécurité. Le pécheur repentant devrait répondre de ses… [Voir plus…]

  • La Parole de Dieu pour seule autorité

    Un exemplaire de la Bible de Gutenberg.
    Sur une cinquantaine d’exemplaires ou de fragments, il en existe cinq en France, deux morceaux retrouvés en 2009 à la Bibliothèque municipale des Dominicains de Colmar et trois pages conservées à la Médiathèque André Malraux à Strasbourg.

     

    Par Okko HERLYN – professeur de théologie à l′université de Bochum (Allemagne)

    Quiconque cherche à comprendre Luther devrait visiter l’un des monuments érigés en sa mémoire. Non, il ne s’agit pas de sa pose héroïque. Non plus de son affirmation entêtée « Ici je me tiens, je ne puis faire autrement » – du moins pas au premier abord. Et encore moins d’une sorte de transfiguration du grand Réformateur. Il s’agit tout simplement d’un objet que l’on y trouve aussi la plupart du temps : la Bible. Parfois, le Réformateur pose son poing sur elle avec détermination. Parfois, il pointe un passage en particulier.

    Ou encore, il présente la Bible ouverte à un public plus large. Pour comprendre Luther, il ne faut pas commencer par sa biographie, son caractère (présumé) ou l’impact qu’il a eu sur l’histoire. Pour accéder à Luther, il nous est indispensable de nous concentrer sur ce détail que l’on perçoit sur les monuments de Luther : Les Saintes Écritures.

    Le passe-partout

    C’est en effet son principe « l’Écriture seule » (sola scriptura) qui nous fournit le passe pour accéder à toute la théologie de Luther. L’ensemble des autres principes de la Réforme – « le Christ seul » (solus christus), « la grâce seule » (sola gratia), « la foi seule » (sola fide), le « sacerdoce de tous les croyants », pour n’en nommer que quelques-uns – ne peut être compris qu’en tenant compte de sa compréhension de la Bible. Et même lorsqu’il se démarque avec véhémence de l’Église catholique romaine, il ne s’agit pas d’une « réaction d’entêtement postpubertaire ». Il est tenu par ce qu’il a compris en lisant la Bible. En effet, la célèbre phrase qu’il a prononcée à la Diète de Worms, « Ici je me tiens, je ne puis faire autrement », est précédée par une autre phrase : « Ma conscience est prisonnière de la Parole de Dieu : je ne peux ni ne veux me rétracter… » Prisonnier de la Parole de Dieu. Sola scriptura, l’Écriture seule. C’est le point de départ.

    Néanmoins, si la théologie de Luther est entièrement fondée sur la Bible, et uniquement sur elle, il ne parle pas d’une crédulité à la lettre. L’apôtre Paul écrit : « Car la lettre tue, mais l’esprit fait vivre » (2 Corinthiens 3.6).

    Pour Luther, l’autorité de la Bible ne signifie rien d’autre que d’écouter son message, même si ce dernier n’est pas toujours accessible facilement, même s’il faut lire entre les lignes ou chercher derrière les mots. C’est pour cela que sa théologie n’a jamais été une simple récitation de passages bibliques qu’il aurait lancés à la figure de son vis-à-vis pour avoir le dernier mot, mais toujours et uniquement une interprétation – c’est-àdire, essayer, avec nos moyens limités, de comprendre ce qui est écrit. Les écrits de Luther sont pour la plupart des prédications, des commentaires ou encore des conférences sur des livres bibliques ou d’autres explications de la Bible.

    Le centre de la théologie de Luther

    De la même manière, la doctrine de la justification, le centre de sa théologie, n’est pas née sous l’impulsion du moment, mais elle est le résultat d’une étude poussée de la Bible pendant plusieurs années. « Car nous comptons que l’homme est justifié par la foi, sans les oeuvres de la loi. » (Romains 3.28.) La parole de l’apôtre Paul était devenue le pivot de sa réflexion théologique. De nos jours, la doctrine de la justification « par la grâce seule », « par la foi seule », est de plus en plus souvent prise pour de l’histoire ancienne. Pour certains, il s’agirait d’une vérité que l’on associe, rien que pour le choix des mots du XVIe siècle, et qui serait impossible à communiquer à l’homme d’aujourd’hui. Qui, aujourd’hui, aurait encore le sentiment de devoir se justifier devant Dieu ?

    Mais attention ! Ce n’est pas parce que la terminologie ne nous est plus familière que le…

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  • Sommes-nous des égarés ?

    Par Jean-Paul BARQUON – Rédacteur en chef de la Revue adventiste, secrétaire général de l′Union des Fédérations adventistes

    Éditorial | Revue Adventiste | Février 2017

    La commémoration des 500 ans de la Réformation (1517-2017) donne l’occasion de redécouvrir les racines d’un mouvement qui a transfiguré le christianisme, en Europe dans un premier temps, puis dans le reste du monde. Luther a traité avec ses 95 thèses, un sujet qui paraît aujourd’hui bien lointain et largement dépassé sur la pénitence. Nous pouvons nous interroger sur la quête intérieure de Luther, qui déclencha un ébranlement complet et inédit dans l’histoire de l’Occident.

    Bien sûr, aujourd’hui, on retient largement les bons côtés en minimisant parfois les aspects les plus complexes de Martin Luther. Son effroyable traité rédigé à 60 ans, en 1543, révélateur manifeste de son antisémitisme1 n’était certainement pas inspiré par le sermon sur la montagne… Le tempérament polémiste de Luther est récupéré par bien des chrétiens issus de la Réforme protestante.

    Ses propos méprisants à l’égard de Rome et de la papauté2 ont alimenté l’anticatholicisme et les règlements de compte… Aujourd’hui, les évangéliques anglais souhaitent bien rappeler ces divergences3.

    Dans la mesure où l’Église adventiste du septième jour rassemble une vaste diversité d’hommes et de femmes issus de pays, de traditions, de sociétés et de cultures différentes, les membres n’ont pas forcément la même analyse sur l’histoire de la chrétienté et la place de la Réforme protestante.

    Je ne pense pas que toutes les confessions et les dénominations chrétiennes issues de la Réforme constituent un « protestantisme apostat », vaste société babylonienne… Je crois au contraire, qu’à différentes époques, Dieu a suscité des hommes et des femmes pour éclairer le côté obscur en apportant un regard neuf sur les croyances, la pratique de la foi et sur les comportements. L’adventisme se dessine dans la continuité de l’élan biblique et christique des réformateurs.

    Dans son livre « La tragédie des siècles », retraduit en français avec un nouveau titre « Le grand espoir », Ellen White accorde à Martin Luther quatre fois plus de pages qu’à Jean Calvin. La pensée des premiers leaders adventistes fut profondément influencée par les racines calvinistes du protestantisme américain avec le méthodisme et la « connexion chrétienne »4. Ellen Harmon venait du méthodisme, tandis que son mari James White, comme d’autres leaders, appartenait à des groupes « connectionistes ». Historiens et théologiens adventistes savent parfaitement ce qu’ils doivent aux différentes branches de la Réforme protestante.

    Luther et Calvin ont toujours maintenu l’idée que l’Église se caractérise par deux éléments majeurs. Tout d’abord, elle se trouve là où la Parole de Dieu est fidèlement enseignée et ensuite, ils ajoutent qu’elle se trouve aussi là où les sacrements du baptême et de la Sainte Cène sont célébrés. Nous ne pouvons qu’être en accord avec eux d’autant que l’importance primordiale de l’Écriture Sainte fait partie de notre Credo. Mais dans leur perception du baptême évangélique, les adventistes comme les anabaptistes désapprouvent à la fois Martin Luther et Jean Calvin qui défendent farouchement le baptême des enfants en n’accordant pas la priorité au baptême du croyant par immersion.

    Notre approche du service de communion est plus proche de Zwingli et des réformateurs radicaux que de Luther et de Calvin. Bien d’autres aspects auraient pu être décrits, parce que la théologie biblique mise en lumière par le mouvement adventiste est aussi fermement enracinée dans le passé chrétien. Dieu prend toujours soin de l’Église au-delà des courants et des divergences, des hommes et des temps. Comme l’affirmait déjà le célèbre théologien protestant Karl Barth en 1947 : « l’Église est semper reformanda ». Nous avons toujours besoin de nous réformer.

    Dans son dernier livre, dont le titre est emprunté à Maimonide, « Guide des égarés », Jean d’Ormesson transmet son étonnement sur la raison d’être de notre existence. À la fin de son essai, il invite ses lecteurs à se rapprocher de l’existence d’une transcendance5. Il pense que la beauté, la joie, la justice, l’amour, la vérité (sans préciser laquelle) peuvent nous sauver de l’errance. En réalité, ce sont là des conséquences et non pas des conditions. Ces conséquences sont les résultats de « semper reformanda ».

    Si nous ne voulons plus être des égarés, nous avons toujours besoin d’une approche sérieuse de la Bible. La limpidité évangélique et biblique reste une nécessité constante. Nous avons besoin d’un approfondissement de la révélation, qu’elle soit prophétique ou paulinienne, sans emprunter des pistes superficielles, sans adopter des interprétations imaginaires, sans prendre des raccourcis avec des conclusions hâtives.a

    Notes :

    1. Martin Luther, « Des juifs et de leurs mensonges », traduit de l’allemand, Éditions Honoré Champion, Paris, 2015.
    2. Jean Dumont, « L’Église au risque de l’Histoire », Éditions Criterion, 1981.
    3. Journal La Croix, du 3 février 2017. L’Alliance évangélique britannique a publié un communiqué à cet effet en date du 31 janvier.
    4. La connexion chrétienne est un mouvement de réforme du début du XIXe siècle.
    5. Jean d’Ormesson « Guide des égarés », Éditions Galimard, Paris, 2016.

    Source : Février 2017 | Revue adventiste | page 3

    Journal mensuel de l'Église adventiste du septième jour (Revue mensuelle fondée en 1896) - Février 2017 - n° 1850
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  • L′insolence de la non-violence

    Par Jean-Paul BARQUON

    Rédacteur en chef de la Revue adventiste

    L’Assemblée générale des Nations-Unies a adopté le 15 juin 2007 une résolution déclarant la journée du 2 octobre « journée internationale de la non-violence ».Toutefois, la non-violence est antérieure à la date de cette résolution. Le plus ancien mouvement non-violent est celui de la réconciliation née en 1923. Un ami du célèbre Gandhi, Lanza del Vasto, créa en France la Communauté de l’Arche en 1948. À partir des années 70, Jean-Marie Muller, Jean Toulat, Jacques Semelin et d’autres personnes ont cherché à développer, dans une théorie de la non-violence, une adaptation politique à travers des groupes non-violents. Depuis, le mouvement des objecteurs de conscience et la lutte des paysans du Larzac ont popularisé ce mouvement. Il existe même des mouvements comme « les cercles de silence », « les veilleurs », « les désobéissants » qui mènent différentes actions.

    Le terme de « non-violence » serait attribué à Gandhi et son expression anglaise date de 1920, mais son concept de « non-résistance » reste en référence à l’enseignement de Jésus dans le Sermon sur la montagne.
    Ce concept s’inscrit très vite dans l’enseignement et le comportement du Christ. Il montra sa résistance à la tentation d’établir le Royaume de Dieu par l’usage des armes1 alors qu’autour de lui, on concevait l’image du Messie comme un leader violent. Il ne chercha jamais à faire le bien en recourant au mal ou à la politique.

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    La non-violence ne s′inscrit
    pas seulement face aux armes.
    On peut tuer par la langue,
    par l′écrit et par un regard.

    Depuis sa déclaration de principe du 3 août 1864, l’Église adventiste a été opposée au port des armes. Je conçois aisément que dans le grand continent américain avec le deuxième amendement de sa Constitution garantissant le droit de porter des armes avec ses dix amendements du 15 décembre 1791 (Bill of Rights), il soit difficile d’être compris sur ce sujet. Cette position de non-combattant ne vas pas aussi loin que celle de l’objection de conscience2, d’autant que la Conférence générale adventiste laisse ses membres libres de leur choix dans ce domaine3.

    La vie de l’adventiste Desmond Doss, portée à l’écran avec le film de Mel Gibson, illustre bien l’attitude d’une véritable personne non-violente, pas seulement d’un objecteur de conscience. Il est facile d’affirmer son objection de conscience en tant de paix. Mais en tant de guerre, soigner et sauver sur les champs de bataille au péril de sa vie, reste plus difficile à vivre, surtout si l’on pense que l’on contribue indirectement au conflit armé…

    Cette difficulté, le Christ lui-même l’a surmontée dès son incarnation au sein d’une humanité rebelle et secouée par les conséquences du mal.
    La non-violence ne s’inscrit pas seulement face aux armes. On peut tuer par la langue, par l’écrit et par un regard. N’importe où, n’importe quand et n’importe qui. La preuve ? N’avez-vous jamais été blessé lors d’une prédication ou lors d’un débat d’une commission ? Je n’entends pas seulement la contrariété où la gestion de nos émotions devient nécessaire, mais dans nos relations humaines. N’avons-nous jamais été meurtris en découvrant un jugement de valeur, voire une calomnie à notre encontre ? À l’égard de notre famille, de notre travail ou de notre Église ?

    C’est à ce moment-là, dans nos réactions que se révélera notre véritable compréhension de la non-violence. Elle se révèle dans un comportement avant de se traduire par un concept. Les adeptes de la loi du talion comme les véritables disciples du Christ montreront toujours le style de vie qui les anime. Comme l’affirmait l’excellent professeur Georges Stéveny, « Nous avons tant besoin de sentir l’infinie
    tendresse de Dieu.4 »

    Notes :
    1. Jean 18.36, Matthieu 24.55,56.
    2. cf. « Violence et non-violence », étude de la Commission d’éthique de l’UFB, septembre 2016.
    3. Opus cit., p. 13.
    4. Georges Stéveny, « La non-violence de Dieu et des hommes », Éditions Vie et Santé, octobre 2001.


    581-nonviolencededieuLA NON-VIOLENCE DE DIEU ET DES HOMMES

    Dans la Bible, il y a 2 testaments, mais un seul Dieu : telle est la conviction de Georges Stéveny, en abordant le problème de la non-violence. Les questions délicates soulevées par les « guerres saintes » du peuple hébreu, par certaines lois mosaïques, ou plus simplement par la fameuse « colère » de Dieu, méritaient mieux, en effet, que les formulations traditionnelles dans lesquelles la foi chrétienne s’est longtemps coulée. De l’ancienne à la nouvelle alliance, du décalogue aux révélations apportées par Jésus-Christ, cet ouvrage pose le problème avec franchise et justesse. Il apprend surtout à distinguer entre ce que Dieu veut et ce qu’il permet, entre ce qu’il fait et ce que les hommes font au nom de Dieu. Il n’oublie pas d’examiner les rapports entre les chrétiens et les autorités, selon l’apôtre Paul. Il fournit, bien entendu, nombre de clés utiles pour mieux comprendre l’Ancien Testament.

  • Ellen White et l’histoire

    Par Jean-Paul Barquon - Rédacteur en chef de la Revue adventiste

    Ellen White mentionne deux fois le nom de la Saint Barthélemy : « Mais le plus noir dans le sombre catalogue du crime, le plus horrible de tous les actes démoniaques de tous ces terribles siècles fut le massacre de la Saint-Barthélemy. Le monde se souvient encore avec un frisson d’horreur des scènes de cette lâche et cruelle agression. Le roi de France, poussé par les prêtres et les prélats de l’Église romaine, accorda sa sanction à cette oeuvre horrible. Une cloche, sonnant dans le silence de la nuit, donna le signal du massacre. Des milliers de protestants qui, dormaient paisiblement dans leurs maisons, faisant confiance à la parole d’honneur de leur roi, en furent arrachés sans avertissement et assassinés de sang froid. » (Le Grand espoir, chapitre sur « La Bible et la révolution française », p.199)

    Dans un autre passage, en parlant du régime de la Terreur sous la Révolution française, elle fait de nouveau référence à l’épisode de la Saint-Barthélemy en ces termes : « Le même esprit qui avait provoqué le massacre de la Saint-Barthélemy mena aussi aux scènes de la Révolution. » (Idem p. 200)

    En rédigeant son manuscrit « The great controversy between Christ and Satan », puis en acceptant les révisions qui paraitront dans les éditions de 1888 et de 1911, Ellen White accepta toujours d’enrichir et de compléter son travail. Elle avait accès à la bibliothèque personnelle de John Andrews et de ce fait, elle utilisa comme sources plusieurs ouvrages pour parler de la Réforme protestante. Elle place toujours les projecteurs sur la Bible et la façon dont les croyants la perçoivent et la percevront à l’avenir. Elle utilisa donc des livres d’histoire pour rédiger certaines parties de la Tragédie des siècles sans faire oeuvre d’historienne. Rien de mystérieux ni de renversant à cela. Après tout, les recherches de Jean-Henri Merle d’Aubigné (History of the Reformation) ou ceux de J.A. Wylie (The history of protestantism) étaient nécessaires pour rédiger et analyser les situations.

    William Clarence White, le troisième fils d’Ellen White qui fut directeur de publication d’EG White, s’exprime ainsi sur ce sujet : « Ma mère n’a jamais prétendu être une autorité en matière historique. Ce qu’elle a écrit est une description d’images lumineuses fugitives (flashlight pictures) et d’autres tableaux qui lui ont été présentés en rapport avec les actions des hommes et l ’influence qu’elles ont exercé sur l’oeuvre de Dieu pour le salut de l’humanité, auxquels s’ajoutait une vue passée, présente et future de cette histoire en relation avec cette oeuvre. Pour pouvoir exprimer ces vues, elle s’est servie de récits historiques clairs et valables. Quand je n’étais qu’un jeune garçon, je l’entendais faire à mon père la lecture du livre d’Aubigné « History of the Reformation ». Elle lui a lu une grande partie, sinon la totalité des cinq volumes.

    Cela l ’a aidée à situer et à décrire un grand nombre de faits et de mouvements qui lui ont été montrés en vision. […] Quand la tragédie des siècles a été écrite, ma mère ne pensait jamais que les lecteurs considéreraient ce livre comme faisant autorité en matière de dates historiques ou qu’ils l’utiliseraient pour trancher un différent touchant des détails de l ’histoire, et aujourd’hui, elle ne croit pas que nous devrions l’employer pour cela. »

    Extrait d’une déclaration faite par William Clarence White devant le Conseil de la Conférence générale, le 30 octobre 1911.
    Cité dans le vol. 3 de « Selected Messages » Review and Herald publishing association, 1980, Appendices A et B, p. 437, 447.
    On lira avec profit la Préface du directeur du Centre de recherche Ellen White, à propos du livre « Le grand espoir », p. 9 à 15.
    En réalité, quel que soit le nom donné à ce livre « Le grand espoir », « La Tragédie des siècles », ou « La grande controverse », et quelle qu’en soit la version (celle de 1888 ou de 1911), ce livre est bien plus qu’une chronologie et qu’un livre d’histoire car il est réellement incomplet. Certains événements de l’histoire chrétienne ne sont pas commentés. Les religions asiatiques, musulmanes ne figurent pas.
    Néanmoins, l’auteur puise surtout dans l’histoire des leçons spirituelles nécessaires en ouvrant des pistes pour la recherche dans différents domaines.

    Aujourd’hui dans le monde, 150 millions de chrétiens subissent la persécution religieuse. Ils ont toujours besoin de porter en eux le grand espoir qui reste Jésus-Christ, tant au niveau de son incarnation, de sa rédemption que de son retour.

    Source : Revue adventiste - mai 2016 - page 16
  • Servir comme Jésus – L’autorité dans l’Église de Dieu

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