• Méditation – 4 juillet 2016 – Les limites du pardon, 1ère partie

    Jésus lui dit : Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois. Matthieu 16.22

    Hier, nous avons commencé à réfléchir à la question de Pierre sur les limites du pardon. Bien sûr, le disciple ne s’était pas contenté de poser la question, il avait également proposé une réponse qu’il estimait généreuse. Pardonner sept fois est charitable, surtout quand il s’agit de sujets sensibles.
    Jésus répondit à Pierre en deux parties. Tout d’abord, il lui dit que le nombre correct n’était pas sept, mais soixante-dix fois sept, c’est-à-dire quatre cent quatre-vingt-dix. Cela fait beaucoup, même si selon une version anglaise de la Bible (New International Version), il ne s’agit que de soixante-dix-sept. À vrai dire, que ce soit l’un ou l’autre, c’est un chiffre si élevé que l’on perdrait le compte des transgressions avant d’y arriver. Cependant, Jésus ne donna pas une leçon de mathématiques : il voulait nous faire comprendre que le pardon n’a pas de limite.
    Ce n’est pas la réponse que Pierre attendait, car comme nous l’avons noté hier, il s’intéressait davantage aux limites de l’amour chrétien et de la patience plutôt qu’à leur portée. C’est bien souvent aussi notre cas. Après tout, il est rassurant de connaître le moment où nous pouvons arrêter d’aimer notre voisin tout en ayant bonne conscience, le moment où nous avons atteint les limites de l’amour et du pardon, afin de pouvoir, en « bons chrétiens », donner aux autres ce qu’ils méritent.
    Après tout, trop souvent, nous nous plaçons du côté de Pierre et nous avons en tête ces pensées qui sous-tendent la question du disciple : « Quand puis-je laisser tomber ? Quand ai-je le droit de me mettre en colère contre ces personnes stupides avec lesquelles je dois vivre, ou travailler, ou aller à l’Église ? ».
    Ce sont des questions pratiques que nous nous posons dans notre vie quotidienne, notamment parce que ces personnes sont vraiment agaçantes. Elles méritent bien que nous nous fâchions, que nous les dénigrions et que nous les critiquions ! Nous avons déjà été si patientes avec elles, mais elles ne semblent pas comprendre. Alors, le pardon ne sert plus à rien et ne peut régler le problème. Peut-être que le fait de les attaquer va les réveiller ! Telles étaient les pensées de Pierre et bien souvent aussi les nôtres. Mais Jésus n’alla pas dans ce sens. Au contraire, il affirma qu’il n’existait aucune limite au pardon. C’est une réponse que Pierre ne pouvait absolument pas comprendre. C’est la raison pour laquelle Jésus poursuivit en illustrant ses propos.

    Seigneur, permets que je sois attentif car, par ce texte, tu me dis quelque chose que j’ai vraiment besoin d’entendre.


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  • Méditation – 3 juillet 2016 – Le désir d’être grand

    Alors Pierre vint lui demander : Seigneur, combien de fois pardonnerai-je à mon frère, lorsqu’il péchera contre moi ? Jusqu’à sept fois ? Matthieu 18.21

    C’est une question très concrète. On peut même se demander pourquoi Pierre la posa à Jésus. Étant donné le contexte, il n’est pas difficile d’en comprendre la raison. Premièrement, Jésus venait de parler de la façon de régler les problèmes qui surgissent parfois entre les individus. Deuxièmement, Pierre avait une haute opinion de lui-même depuis que Jésus avait fait son éloge à Césarée de Philippe.
    Troisièmement, depuis un moment, les disciples se disputaient pour savoir lequel était le plus grand parmi eux. Pierre était sûr que c’était lui. Ainsi, il voulait le prouver aux autres, y compris à Jésus. Celui-ci allait sans aucun doute le féliciter de nouveau pour sa générosité.

    « Combien de fois pardonnerai-je à mon frère ? Jusqu’à sept fois ? » (Matthieu 18.21.)

    Pierre ne doutait pas un instant de la « grandeur » de sa déclaration. Après tout, pardonner sept fois était très généreux, d’autant que les
    rabbins enseignaient qu’il ne fallait pas pardonner plus de trois fois.

    En effet, le rabbin Jose ben Hanina affirmait : « Celui qui supplie son voisin de le pardonner ne doit pas le faire plus de trois fois ». Le rabbin Jose ben Jehuda déclarait : « Si un homme commet une offense une fois, il faut lui pardonner. S’il commet une offense une deuxième fois, il faut lui pardonner. S’il commet une offense une troisième fois, il faut lui pardonner. La quatrième fois, il ne faut pas lui pardonner. ».
    Le fondement biblique de cette règle se trouve dans les premiers chapitres d’Amos où les expressions « à cause de trois transgressions » et « à cause de quatre transgressions » sont souvent employées. Les rabbins pensaient que cette distinction entre trois et quatre transgressions indiquait la limite du pardon de Dieu. Ainsi, Pierre, dans un élan de générosité exceptionnel, doubla le nombre de transgressions qui pouvaient être pardonnées dans la pensée juive et en ajouta une pour faire bonne impression. Ce n’était pas si mal pour un pécheur au
    caractère emporté et vif.

    Mais la question posée par Pierre à Jésus en cachait une autre qui l’intéressait davantage encore : quand atteint-on les limites du pardon ? Quand pouvons-nous faire comprendre aux gens que c’est terminé parce qu’ils sont allés trop loin tout en ayant bonne conscience ? Quand pouvons-nous être nous-mêmes et donner aux autres ce qu’ils méritent sans arrière-pensée ?

    Nous nous posons tous ces questions et aimerions tous avoir des réponses. Or, la réponse du Christ est très claire et peut nous décourager. Il nous dit : « Jamais ».


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  • Méditation – 2 juillet – Offensés ?

    Si ton frère a péché contre toi, va et reprends-le seul à seul. S’il t’écoute, tu as gagné ton frère. Mais, s’il ne t’écoute pas, prends avec toi une ou deux personnes, afin que toute affaire se règle sur la parole de deux ou trois témoins. S’il refuse de les écouter, dis-le à l’Église ; et s’il refuse aussi d’écouter l’Église, qu’il soit pour toi comme un non-Juif et un collecteur des taxes. Matthieu 18.15-17

    Que de problèmes nous pourrions éviter si les membres d’Église suivaient les conseils de Jésus mentionnés dans ce verset ! Trop souvent, certaines personnes particulièrement sensibles, qui pensent avoir été blessées d’une façon ou d’une autre, racontent ce qui leur est arrivé à tous ceux qui sont prêts à les écouter.Cela donne lieu à des commérages et fait naître des sentiments négatifs qui rendent difficile toute tentative de réconciliation. En prenant en considération « nos » sentiments et « notre » moi, nous oublions le « moi » des autres que, bien souvent, nous n’avons pas pris la peine de comprendre.

    Je me souviens que, lorsque j’étais pasteur, certaines personnes venaient me voir pour se plaindre au sujet de membres dans l’Église. Bien sûr, elles s’attendaient à ce que je « fasse quelque chose », autrement dit que je parle à ceux qui les avaient blessées, ou même que l’Église prenne des mesures à leur encontre. Ma réponse était toujours la même : « Pourquoi êtes-vous venu(e) me voir ? » La plupart du temps, elles me regardaient d’un air perplexe. Puis j’ouvrais la Bible et je leur indiquai le passage de Matthieu 18.15.

    Jésus n’aurait pas pu être plus clair. Il nous demande de faire en sorte de ne pas rendre le problème public, mais d’aller voir la personne en privé et d’en parler avec elle. Il n’est jamais bon de parler publiquement d’un péché si le problème peut être réglé de façon privée. De plus, bien souvent il s’agit de malentendus plus que de « péchés » ou de véritables offenses. Ou parfois, nous avons tout simplement le sentiment que notre dignité a été bafouée.

    Quel que soit le problème, Jésus déclare clairement que la personne offensée doit prendre l’initiative : « Va ! » Nous sommes invités à agir comme Dieu, qui envoya son Fils pour faire oeuvre de réconciliation avec ceux qui lui avaient « craché au visage ». Si une discussion ne suffit pas pour résoudre le problème, demandez à quelques personnes expérimentées de participer aux échanges, afin qu’elles puissent apporter un point de vue objectif. Si c’est encore insuffisant, alors parlez-en à l’Église.

    Pour résumer, rappelons-nous que nous sommes invités à vivre pleinement la grâce que Dieu nous offre.


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  • Méditation – 1er juillet 2016 – Descendons de notre piédestal

    Quiconque accueille en mon nom un enfant comme celui-ci m’accueille moi-même. Mais si quelqu’un devait causer la chute de l’un de ces petits qui mettent leur foi en moi, il serait avantageux pour lui qu’on lui suspende une meule de moulin au cou et qu’on le noie au fond de la mer. […] Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits, car je vous dis que leurs anges dans les cieux voient constamment le visage de mon Père qui est dans les cieux. Matthieu 18.5-10

    Une chose apparaît clairement dans ces versets : Dieu s’intéresse aux plus faibles parmi nous, qu’ils soient jeunes et innocents – l’« enfant » mentionné au verset 5 – ou qu’il s’agisse de nouveaux membres ou de membres qui luttent – les « petits » des versets 6 et 10.
    Dans le verset 5, Jésus fait une promesse à ceux qui s’intéressent aux petits enfants et qui s’occupent d’eux. Mais au verset 6, il change de ton et, après avoir fait une promesse, il donne un avertissement. Ce faisant, il change de sujet et il passe de l’humilité à l’importance de ne pas causer la chute des croyants ordinaires (les « petits ») dans leur cheminement de chrétiens.

    Le message général de ce passage est qu’il est préférable d’avoir une meule autour du cou et de se noyer plutôt que d’égarer un chrétien fragile par notre attitude. Cet avertissement est très clair. Pourtant, il est facile de couvrir d’éloges le prédicateur invité et d’oublier de dire bonjour à ceux qui semblent ne rien avoir pour attirer les regards et l’attention d’autrui.

    Pourtant, combien de fois avons-nous entendu des histoires de diacres ayant parlé durement à certaines personnes qui ne semblaient pas dignes d’appartenir à leur Église ; de « femmes saintes » de l’Église ayant critiqué des nouveaux convertis parce qu’ils avaient apporté, pour le déjeuner pris en commun, un plat qui n’était pas conforme à leurs attentes ; de membres se croyant supérieurs aux autres et ayant blessé des personnes récemment entrées dans l’Église qui portaient des bijoux ; d’autres encore ayant insulté des adolescents qui avaient agi d’une façon qui leur avait déplu ?

    Il n’est pas étonnant que certaines personnes ne reviennent plus jamais dans notre Église. Cependant, leurs « anges dans les cieux » (Matthieu 18.10) oeuvrent en elles et nous devrions agir de la même façon. Le moment est venu aujourd’hui de descendre de notre piédestal, de prêter attention aux paroles de Jésus et de nous comporter avec amour vis-à-vis des « petits » qui se trouvent dans notre Église et que Dieu aime profondément. Il veut changer notre coeur et notre caractère, afin que nous puissions agir pour le bien dans leur vie.


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  • Méditation – 30 juin 2016 – La question préférée des disciples

    À ce moment même, les disciples vinrent demander à Jésus : Qui donc est le plus grand dans le royaume des cieux ? Il appela un enfant, le plaça au milieu d’eux et dit : Amen, je vous le dis, si vous ne faites pas demi-tour pour devenir comme les enfants, vous n’entrerez jamais dans le royaume des cieux. C’est pourquoi quiconque se rendra humble comme cet enfant sera le plus grand dans le royaume des cieux. Matthieu 18.1-4

    Dans ce passage, nous trouvons la question préférée des disciples. Ils semblaient être obnubilés par cette question. Dans Marc 9.33,34, nous lisons qu’ils se disputaient sur la route pour savoir qui était le plus grand parmi eux. La source du problème était peut-être le fait que Jésus avait béni Pierre quand celui-ci avait déclaré que Jésus était le Christ. Il est quasiment impossible de penser qu’il ne se soit pas vanté d’avoir été l’objet de cet éloge ! Puis trois disciples avaient été choisis parmi les douze, pour se rendre avec Jésus sur la montagne de la transfiguration.

    Cependant, de façon plus générale, la question de la supériorité est au coeur même du coeur humain pécheur. Le désir égocentrique d’avoir de l’importance rend possible les plus grands exploits de ce monde, mais donne lieu également aux plus grands péchés. Le désir de se faire remarquer, d’être supérieur aux autres, d’inciter les gens à nous regarder et à nous admirer, fait partie intégrante de la grande rébellion des êtres humains contre Dieu. C’est aussi la source du péché de Lucifer dans le ciel. Il se disait : « Je monterai au ciel, j’élèverai mon trône au-dessus des étoiles de Dieu. […] Je monterai sur les hauteurs des nuages, je serai semblable au Très-Haut » (Ésaïe 14.13-14). Le désir d’être le plus grand, voire même d’être le dieu de notre vie, est la source du péché. Comme nous l’avons souligné précédemment en méditant sur le texte de Matthieu 16.24, la seule solution au problème est la croix, c’est-à-dire la mort de notre moi et l’expérience de la nouvelle naissance en Christ.

    Dans Matthieu 18.2-4, Jésus déclara à ses disciples que le plus grand dans son royaume devait ressembler à un petit enfant. Les enfants comptaient peu dans l’Antiquité, et Jésus alla donc à l’encontre des principes de sagesse de ce monde en proclamant que la véritable grandeur ne consistait pas à avoir du succès selon les critères humains, mais à faire preuve de l’humilité et de la franchise propres aux enfants.

    Comme nous pouvons nous y attendre, les disciples n’apprécièrent pas particulièrement cette leçon et ils l’oublièrent immédiatement. Pour être honnête, je ne l’apprécie pas particulièrement non plus.

    Lorsque nous en prenons conscience, nous sommes invités à nous mettre à genoux au pied de la croix, dans un esprit d’humilité et de repentance.


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  • Méditation – 29 juin 2016 – Leçons tirées d’une histoire de poisson

    Quand il fut entré dans la maison, Jésus, prenant les devants, lui dit : Simon, qu’en penses-tu ? Les rois de la terre, de qui perçoivent-ils les taxes ou la capitation ? De leurs fils, ou des autres ? Il répondit : Des autres. Jésus lui dit : Alors les fils sont exemptés. Mais pour que nous ne causions pas leur chute, va à la mer, jette l’hameçon et tire le premier poisson qui viendra ; ouvre-lui la bouche et tu y trouveras un statère. Prends-le et donne-le-leur, pour moi et pour toi. Matthieu 17.25-27

    Cet épisode de l’impôt du temple est un autre exemple du manque de préparation des disciples. Les chefs juifs voulurent essayer de piéger Jésus en posant une question à laquelle il n’y avait pas de réponse satisfaisante. Et en effet, la question qui fut posée à Pierre le perturba : « Votre maître paie-til les didrachmes ? » Si la réponse avait été négative, cela aurait fourni aux dirigeants un prétexte pour accuser Jésus de négliger le service du temple. Alors, Pierre voulut éviter de s’attirer des ennuis et il répondit rapidement que c’était bien le cas.

    Mais cette réponse hâtive mit Pierre et Jésus dans l’embarras malgré tout. En effet, les prêtres et tous ceux qui se consacraient totalement au service de Dieu pouvaient demander à être exemptés de l’impôt. Par conséquent, la réponse de Pierre sous-entendait que Jésus n’était ni un prophète ni un enseignant en Israël.

    Ainsi, le même apôtre qui, quelque temps auparavant, avait affirmé que Jésus était le Fils de Dieu et le Messie, était désormais hésitant. Par ses paroles, il confirma l’opinion que les chefs juifs avaient sur Jésus. Jésus fit de son mieux pour régler le problème. Il dit à Pierre qu’il était exempté de l’impôt, mais il lui demanda de le payer malgré tout en attrapant un poisson qui aurait la somme
    d’argent nécessaire dans la bouche.

    À première vue, ce miracle semble peu conforme avec ce que nous lisons dans les Évangiles, et plus en harmonie avec les miracles qui sont décrits dans les livres apocryphes. Mais après réflexion, il apparaît que le miracle du poisson et de la pièce correspondait exactement à ce dont Jésus avait besoin à ce moment précis. Premièrement, cet épisode montra clairement à Pierre le véritable statut de Jésus. Deuxièmement, il est difficile de croire que Pierre ait pu taire la façon dont il avait obtenu cet argent. Troisièmement, même si Jésus sembla se plier aux exigences des chefs juifs, techniquement, il ne paya pas cet impôt avec son argent. Ainsi, ce miracle apporta la solution à un problème apparemment impossible à résoudre. Enfin, nous oublions trop souvent que Jésus agit comme il le fit dans le but de n’offenser personne. La leçon que nous devons retenir, c’est qu’il évitait les confrontations inutiles chaque fois que c’était possible. L’Église serait un lieu bien plus agréable aujourd’hui si tous les disciples suivaient son exemple en évitant les conflits stériles !


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  • Méditation – 28 juin 2016 – Des moments de découragement

    Lorsqu’ils furent arrivés près de la foule, un homme vint se mettre à genoux devant lui en disant : Seigneur, aie compassion de mon fils, qui est lunatique et souffre beaucoup ; il tombe souvent dans le feu, souvent dans l’eau. Je l’ai amené à tes disciples, et ils n’ont pas pu le guérir. Matthieu 17.14-16

    Quel contraste ! Sur la montagne de la transfiguration, Jésus et les trois disciples eurent un aperçu du ciel. Puis, en descendant de la montagne, ils eurent un aperçu de l’enfer qu’est la vie ici-bas. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils furent confrontés à une situation difficile.
    En fait, c’était exactement le genre de situation à laquelle Pierre espérait échapper quand il avait déclaré sur la montagne : « Il est bon que nous soyons ici ; dressons trois tentes » (Marc 9.5). Si Pierre avait pu agir à sa guise, il serait resté sur la montagne définitivement.
    Mais Jésus n’avait pas oublié sa mission. Le but de la transfiguration était de l’encourager pour la tâche qui l’attendait. Or, il arriva juste à temps pour régler un problème grave : les neuf disciples avaient échoué à guérir un jeune garçon et les scribes s’en réjouissaient. Ils pouvaient officiellement remettre en question les capacités des disciples et, par extension, celles de Jésus.
    L’humiliation des disciples était à son comble. À ce moment-là, Jésus arriva et guérit le garçon. Plus tard, les disciples demandèrent à Jésus pourquoi ils avaient échoué. C’était une bonne question, car Jésus leur avait donné toute autorité sur les esprits impurs (Marc 6.7). Quand ils étaient revenus de leur première mission sans Jésus, ils avaient raconté qu’ils avaient réussi à chasser beaucoup de démons (verset 13). Pourquoi n’était-ce plus le cas ? Une semaine plus tôt, Jésus leur avait annoncé qu’il allait être rejeté de tous et mourir, ce qui avait peut-être
    ébranlé leur foi. Or, ils ne pouvaient donner ce qu’ils n’avaient pas. De plus, ils avaient certainement eu une attitude répréhensible, se demandant pourquoi Pierre, Jacques et Jean avaient eu le privilège d’aller sur la montagne avec Jésus, sans eux.
    Ce que nous savons de façon certaine, c’est que leur vie de prière était insuffisante (Marc 9.29). Bien sûr, leur découragement et le fait qu’ils ne priaient pas suffisamment étaient liés. La plupart des gens arrêtent de prier quand ils sont découragés. Pourtant, c’est dans les périodes d’abattement que nous devons prier le plus. Ce serait bien si nous pouvions toujours avoir une vie spirituelle intense, comme les disciples avec Jésus sur la montagne. Mais la vie est ce qu’elle est, et nos moments forts sur le plan spirituel sont souvent suivis de creux, quand nous
    redescendons dans le monde réel. C’est alors que nous avons le plus besoin de prier, même si nous n’en avons pas envie.
    Prions donc en toutes situations !


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  • Méditation – 27 juin 2016 – Un encouragement dans les périodes troublées

    Six jours après, Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean, son frère, et il les conduit à l’écart sur une haute montagne. Il fut transfiguré devant eux : son visage se mit à briller comme le soleil, et ses vêtements devinrent blancs comme la lumière. Moïse et Élie leur apparurent, qui s’entretenaient avec lui. […] Et une voix retentit de la nuée : Celui-ci est mon Fils bien-aimé ; c’est en lui que j’ai pris plaisir. Écoutez-le ! Matthieu 17.1-5

    L’épisode de la transfiguration est lié à ce qui s’est passé précédemment, c’est-à-dire l’affirmation de Pierre selon laquelle Jésus est le Christ (Matthieu 16.16), l’annonce difficile de Jésus concernant sa mort et sa résurrection, puis sa déclaration sur la croix que doivent porter les disciples (versets 21-28).
    Matthieu nous dit que Jésus se rendit sur une montagne six jours après les événements de Césarée de Philippe, mais sans expliquer pourquoi. En revanche, Luc le précise. Dans Luc 9.38, nous lisons qu’il prit trois de ses disciples et qu’il « monta sur la montagne pour prier ».
    Jésus avait probablement de nombreux sujets de prière. Désormais, il était engagé sur le chemin de Jérusalem et de la croix qui l’attendait, une pensée qui le terrifiait. Il désirait également prier pour ses disciples, lents à comprendre qu’il allait les laisser dans quelque temps et qu’ils auraient la charge de diriger son Église sur la terre.
    Qu’ils étaient encore fragiles à ce moment-là ! Luc nous dit qu’ils s’endormirent sur la montagne de la transfiguration pendant que Jésus priait
    (verset 32). C’est d’ailleurs ce qui allait également se produire à Gethsémané. Or, il s’agissait de ses disciples les plus proches, ceux qu’il avait choisis parmi les douze pour leur donner un enseignement particulier. S’ils étaient si faibles sur le plan spirituel, qu’en était-il des autres disciples ? Il n’est pas étonnant que Jésus ait ressenti le besoin de prier. Là, sur la montagne de la transfiguration, les disciples virent une représentation du futur royaume de gloire en miniature. Le but de la transfiguration était d’encourager à la fois Jésus et les disciples. Ceux-ci
    étaient troublés par la façon dont Jésus avait redéfini qui était le Messie et précisé ce que signifiait être un disciple. Mais, avant tout, Jésus lui-même fut fortifié.
    La voix qui retentit du ciel, cette même voix que Jésus avait entendue lors de son baptême alors qu’il s’apprêtait à débuter sa mission, est particulièrement importante. Il l’entendit donc de nouveau au moment où son ministère allait désormais l’emmener à Jérusalem. C’est comme si Dieu mettait son sceau d’approbation sur la décision de Jésus et sa ligne d’action. C’est comme si le Père disait : « Va de l’avant, tu as fait le bon choix. Je serai toujours avec toi ».
    Nous pouvons être remplis de reconnaissance, car nous servons un Dieu désireux de nous encourager quand nous en avons réellement besoin.


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  • Méditation – 26 juin 2016 – Qu’est-ce qu’un disciple ? 3ème partie

    Car quiconque voudra sauver sa vie la perdra, mais quiconque perdra sa vie à cause de moi la trouvera. Et à quoi servira-t-il à un être humain de gagner le monde entier, s’il perd sa vie ? Ou bien, que donnera un être humain en échange de sa vie ? Matthieu 16.25,26

    Nous avons passé beaucoup de temps sur le texte de Matthieu 16.13-26. Nous avons médité sur ces versets pendant dix jours, et ceci pour une bonne raison. Il s’agit du coeur du récit de l’Évangile. Avant cela, nous nous étions demandés qui était Jésus. Ensuite, nous avons avancé et nous nous sommes intéressés à la nature du Messie. Au coeur de cette réflexion se trouvent deux croix : celle du Christ et la nôtre.
    L’enseignement des deux croix est au centre du christianisme, concernant à la fois le Messie et le disciple.

    Pour mieux comprendre l’enseignement de Jésus sur le sujet de la croix, nous devons nous rappeler qu’en fait nous péchons car nous plaçons notre moi et notre volonté au centre de notre vie, au lieu de laisser la place à Dieu et à sa volonté pour nous. Le péché est une rébellion contre Dieu dans le sens où nous choisissons de diriger notre vie, en disant « Non » à Dieu et « Oui » à notre moi. Le principe d’une vie centrée sur soi, qui est si naturel aux êtres humains, doit mourir. Ainsi, Dietrich Bonhoeffer définit de façon très pertinente ce que signifie être chrétien quand il écrit que « lorsque le Christ appelle un homme, il lui demande de venir à lui et de mourir ».

    Jésus montra le problème essentiel des êtres humains quand il affirma que « personne ne peut être esclave de deux maîtres » (Matthieu 6.24). Au fond, la question qui se pose est la suivante : qui décidons-nous de placer sur le trône de notre vie ? Notre moi, ou Dieu ? Nous ne pouvons servir les deux à la fois. Quand nous recevons l’appel du Christ, nous devons soit le crucifier, soit crucifier notre moi. Il n’y a pas de compromis possible.

    C’est dans ce contexte que l’idée de perdre sa vie ou de la gagner, de gagner le monde entier ou de le perdre, prend tout son sens.

    • Quel est notre prix ? C’est la question que nous devons nous poser.
    • Dans quel domaine et jusqu’où sommes-nous prêts à renier notre âme pour recevoir une récompense terrestre ?
    • S’agit-il de la popularité, de l’argent, du prestige, de « l’amour », des distractions ou d’autre chose ?

    Finalement, peu importe, car nos choix nous mènent à une impasse. Nous devons toujours choisir entre quelque chose et Jésus.


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  • Méditation – 25 juin 2016 – Qu’est-ce qu’un disciple ? 2ème partie

    Si quelqu’un veut me suivre, qu’il se renie lui-même, qu’il se charge de sa croix et qu’il me suive. Marc 8.34

    Le deuxième mot difficile dans la définition que donne Jésus du disciple, c’est le mot « croix ». La mauvaise nouvelle pour Pierre, pour les autres disciples, mais aussi pour nous-mêmes, c’est que la croix de Jésus n’est pas la seule croix qui existe. En effet, Jésus explique que chacun de ses disciples doit porter sa propre croix.

    Pour pleinement comprendre cette déclaration, nous devons nous mettre à la place de ces premiers disciples. L’idée de la croix ou de la crucifixion ne signifie pas grand-chose pour nous qui vivons au 21è siècle. Le mot « crucifixion » a perdu une grande partie de son sens. Mais ce n’était pas le cas pour les disciples. Ils savaient que porter une croix était un voyage sans retour qui ne menait nulle part, sauf à la mort. En prenant conscience de cela, nous pouvons faire le lien entre la « croix » et l’invitation à se « renier » soi-même. L’idée de la croix ainsi que le concept du reniement de soi ont été banalisés par la communauté chrétienne. Pour certaines personnes, se charger de sa croix revient à la porter autour du cou, comme un ornement. Pour d’autres, cela signifie accepter certains désagréments ou certains inconvénients dans la vie, comme un mari au caractère difficile, une épouse négligée, ou encore un problème physique.

    Ce n’est pas à cela que pensait Jésus quand il affirma que ses disciples devaient se charger de leur croix. Il parlait de la croix en tant qu’instrument de mort : non pas de mort physique pour la plupart de ses auditeurs, mais un instrument de crucifixion du moi, de renoncement à soi et de sa propre vie. Ellen White souligne que « la guerre contre le moi est la plus grande qui ait jamais été livrée » (Le meilleur chemin, p. 41). James Denney souligne que « même si le péché naît de façon naturelle, il ne meurt pas de cette même façon naturelle.
    Dans tous les cas, il doit être condamné moralement et mis à mort ». Cette condamnation est un acte de la volonté, rendu possible par l’action du Saint-Esprit. Jésus et Paul comparent à plusieurs reprises cet acte à la crucifixion.

    Paul est particulièrement clair sur ce sujet dans Romains 6, dans lequel il compare le fait de devenir chrétien à la crucifixion de « l’homme ancien » (verset 6) et à la résurrection pour une vie nouvelle, dont le centre est Jésus et sa volonté. C’est de cette mort dont il s’agit implicitement dans les paroles de Jésus nous invitant à nous renier nous-mêmes et à porter notre croix. Paul souligne que le baptême par immersion est le symbole parfait de la mort spirituelle et de la résurrection à une vie nouvelle, centrée sur Dieu (versets 1-11).


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