• Dieu a-t-il un genre ?

    Élise Lazarus
    Nos projections contribuent à nous donner une image de Dieu sous des traits masculins. Pourtant, Dieu échappe largement à nos définitions humaines.

    Ces dernières années, des livres, des paroles de chansons et même des humoristes ont présenté Dieu sous des traits féminins, se revendiquant de ce slogan : « Dieu est une femme »1. En opposant à l’image d’un Dieu Père, et donc homme, celle d’une femme, leur but est de bousculer. Mais au final, Dieu a-t-il seulement un genre ?
    Historiquement, c’est l’image d’un Dieu masculin qui s’est imposée dans notre compréhension de qui il est réellement. Et il y a de très bonnes raisons à ce que cette vision soit aussi profondément gravée en nous.

    Lorsque Jésus évoque Dieu, il parle souvent de « son Père », utilisant donc une image masculine. On peut d’ailleurs remarquer qu’il ne se contente pas de dire que Dieu est « son Père », mais qu’à plusieurs reprises il précisera aux disciples qu’il est aussi le leur. Par exemple dans Luc 12.30, les enjoignant de ne pas s’inquiéter des choses matérielles, Jésus conclut avec « Votre Père sait que vous en avez besoin ». L’image du père nous apporte une impression d’autorité mais aussi de responsabilité que Dieu aurait envers nous. Étant notre créateur et celui qui s’appelle lui-même notre Père, il est en charge de notre bien-être, de notre éducation spirituelle et il nous encourage à persévérer et nous dépasser lorsque nous chutons.

    Paul pour sa part invitera les croyants de toutes les époques à s’adresser à Dieu en l’appelant par le terme hébreu Abba, ce qui se traduit par « père »2 et a même un sens d’intimité qui le rapprocherait plus de « papa ». Dieu se présente à nous comme cette figure d’autorité rassurante sur laquelle on peut s’appuyer et à qui l’on peut demander conseil comme un enfant est censé pouvoir le faire auprès de son père.

    Dans les sociétés fortement patriarcales durant lesquelles les textes bibliques ont été écrits, il était plus évident d’utiliser cette image masculine pour transmettre le caractère de Dieu. Et pourtant, même si cela est plus discret, on trouve, émaillant les livres de la Bible, des expressions, le plus souvent décrites comme venant de la bouche de Dieu même, qui donnent une image toute féminine et même maternelle de ce caractère divin.

    Dans Esaie 49.15-16, Dieu se compare à une mère, incapable de ne pas avoir de la compassion pour ses enfants. Il ajoute que son amour pour nous est encore bien plus grand que cela. Dans Esaie 66.12-13, il parle aux croyants leur disant qu’il sera pour eux comme une mère qui console et caresse et porte son enfant sur ses genoux ou dans ses bras. Quelle image pleine de douceur d’un Dieu qui se révèle tout en tendresse et en empathie pour nous !

    La question de savoir si Dieu est homme ou femme passe à côté de l’essentiel. Dieu n’est pas un être humain, défini par un genre. D’ailleurs dans la Genèse il est écrit en parlant d’Adam et Ève : « il créa l’humain à l’image de Dieu, homme et femme il les créa3 ». Lorsque les écrivains de la Bible nous parlent de Dieu et de son caractère, ils emploient des images comme le père, la mère et bien d’autres encore pour nous permettre d’entrapercevoir l’incroyable beauté de ce que Dieu est : remplie de toutes les qualités de la masculinité comme de celles de la féminité.

    1. Cf. par exemple « The Shack » de William P. Young, qui présente Dieu comme une femme noire ou encore les paroles de la chanson de Corneille « Le bon Dieu est une femme » de 2005.
    2. Voir Romain 8.15 : « Mais vous avez reçu un Esprit d'adoption, par lequel nous crions : Abba ! Père ! »
    3. Cf. Genèse 2.27

    À L′ÉCOUTE DE LA BIBLE

    Un manuel d’étude complet : plus de 140 sujets, un index biblique et alphabétique complet, des notes explicatives. Cet ouvrages s’adresse à des « chercheurs de vérité ». Ils y trouveront, grâce aux textes bibliques cités, un itinéraire qui les guidera sur la voie de Dieu, « qui veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité » (1 Timothée 2 : 4)

  • EDS – Mercredi 12 juin – Vers une foi de 1ère génération

    Quelle crise s’est développée en Israël après la mort de Josué et de ses pairs ? Jg 2.7-13.

    Les études sur la manière dont les valeurs et les croyances dans des organisations comme les églises se transmettent aux générations suivantes montrent que les fondateurs ont des niveaux très élevés d’engagement envers les croyances. Ils ont été les premiers à les défendre. En l’espace d’une ou deux générations, beaucoup perdent de vue les principes derrière les valeurs. Ils peuvent suivre l’organisation, mais souvent par habitude. Dans les générations suivantes, les habitudes ont tendance à se cristalliser en traditions. La passion des fondateurs n’est plus présente.

    On dit que Dieu n’a pas de petits-enfants, uniquement des enfants. Selon vous, qu’est-ce que cela veut dire ? Voir également Jean 1.12,13 ; 3.7 ; 1 Jn 5.1.

    Une approche courante de la transmission des valeurs au fil des longues générations de chrétiens fut pour les plus anciens de simplement dire aux jeunes ce qu’ils croyaient. Apprendre ce que croient ses parents ou ce que croit l’Église est cependant différent d’une foi personnelle. Être chrétien, c’est davantage qu’appartenir à une organisation avec une histoire et un dogme. La véritable foi n’est pas quelque chose de génétique, ce n’est pas quelque chose qui se transmet naturellement d’une génération à l’autre. Chacun doit connaître Christ pour lui-même. Les parents font du mieux qu’ils peuvent. L’Église dans son ensemble et les parents en particulier doivent faire tout ce qu’ils peuvent pour créer un environnement qui donnera envie aux jeunes de faire le bon choix mais, à la fin, c’est tout autant une personne qu’une génération qui est sauvée ou perdue pour l’Évangile.

    Joe, sorti de l’athéisme, se joignit à l’Église adventiste du septième jour une fois devenu adulte, et après une expérience de conversion marquante. Il épousa une adventiste et eut plusieurs enfants qu’ils élevèrent naturellement dans la foi. Un jour, en pensant à la condition spirituelle de ses enfants, il déclara : « Oh, si seulement mes enfants avaient l’expérience que j’ai eue ! » Si vous aviez été présent, que lui auriez-vous dit ?


    GUIDE D′ÉTUDE DE LA BIBLE (2ÈME TRIMESTRE 2019)

    2ème trimestre 2019 du Guide d’étude de la Bible adulte.