• Au-delà de la guérison

    Par Gilbert Grezet – Pasteur

    La guérison de l’aveugle Bartimée, dans les évangiles, est l’exemple de ce
    que l’être humain qui prie peut recevoir de Dieu, au-delà du miracle.

    On connaît, avec plus ou moins de précision, les miracles rapportés par les évangiles : multiplication des pains, guérisons et même résurrections… Aussi peut-on être déçu, voire révolté, quand un miracle tant espéré ne se réalise pas malgré les prières et les jeûnes. Dieu ne serait-il plus le même ? Faut-il se résigner, littéralement la mort dans l’âme ? Ou est-il possible d’apprendre et de recevoir quelque chose au-delà du miracle, au-delà de sa dimension visible spectaculaire ? Voyons ce que peut nous enseigner l’histoire de l’aveugle Bartimée, qui conclut le chapitre 10 de l’évangile de Marc (voir encadré ci-dessous).

    1. Bartimée, l′aveugle guéri

    Après la lecture des derniers versets (46 à 52) de Marc 10, il semble que tout l’intérêt se porte sur la guérison de cet aveugle qui a bénéficié d’un miracle éblouissant dans le sens propre du terme. Une observation plus attentive des paroles de Jésus permet déjà de se décentrer quelque peu du retour à la vue pour être interpellé par le « Va, ta foi t’a sauvé ». L’auteur du miracle semble diriger les pensées de Bartimée vers quelque chose de plus important encore que ses yeux guéris. Cela explique peut-être le fait que Bartimée se met à suivre Jésus sur le chemin, comme s’il avait compris qu’un nouvel avenir lui était proposé : celui d’une vie de foi et de disciple qui engage à suivre le Christ. Alors qu’une cécité guérie, simplement pour elle-même, lui aurait permis de reprendre une vie normale sans forcément vouloir lui donner une nouvelle direction.

    2. Plusieurs autres aveugles à guérir également

    Un zoom arrière sur le chapitre 10 de Marc fait découvrir une construction intéressante : aucun autre miracle dans ce chapitre mais cinq dialogues relativement tendus. Le premier avec des pharisiens venus tendre un piège à Jésus (v.2) et dont ce dernier va dénoncer la « fermeture ou la dureté du cœur ». Le deuxième dialogue mentionne l’indignation de Jésus face aux disciples (v.14) qui rabrouent les parents lui amenant leurs enfants. Les disciples semblent ne pas comprendre. Puis vient le troisième dialogue avec un jeune homme riche qui ne voit pas pourquoi renoncer à ses biens (v.22) pour suivre le Christ. À noter d’ailleurs que les disciples craignent aussi de comprendre (v.24 et suivants). Le quatrième temps ressemble plutôt à un monologue du Christ qui annonce sa mort et sa résurrection ; il mérite néanmoins d’être traité comme un dialogue en ce sens que les paroles de Jésus font écho à la peur de ceux qui marchent avec lui vers Jérusalem (v.32). Reste le cinquième dialogue, tellement déplacé : alors que le Messie, Jésus, vient d’annoncer sa condamnation à mort prochaine, voilà que Jacques et Jean revendiquent chacun une place d’honneur à ses côtés dans son Royaume (v.37). Et les dix autres apôtres de leur emboîter le pas… Sur le plan de la compréhension de l’Évangile, de la révélation centrale du Messie et a fortiori du Messie souffrant, les disciples ne comprennent pas grand-chose… De là à les traiter d’aveugles spirituels, il y a un pas que l’évangéliste Marc ne franchit pas, du moins verbalement, mais qu’il semble sous-entendre assez clairement par la narration conclusive de l’aveugle Bartimée, qui dit : « Maître, fais que je voie comme avant ! » (v.51). Cet homme veut récupérer la faculté de voir, c’est-à-dire de porter sur les choses un regard ouvert et apte à comprendre. L’aveugle représente exactement les pharisiens et les apôtres avec leur besoin de recouvrer la vue, c’est à- dire une compréhension profonde et spirituelle des réalités.

    3. Les aveugles du XXIe siècle

    Qu’en est-il des aveugles aujourd’hui ? [Lire la suite dans la revue Signes des Temps Nov-Déc 2018]


    REVUE SIGNES DES TEMPS ABONNEMENT 2019

    La revue Signes des Temps est une revue à 6 parutions de Janvier à Décembre 2019. Elle cherche à poser un regard chrétien sur notre vie et notre époque.  Une revue bimestrielle pour approfondir et partager sa foi.

    INFORMATIONS SUR L’OUVRAGE

  • EDS – Mardi 4 décembre – Dons spirituels et unité

    Comme nous l’avons vu dans une précédente leçon, l’église à Corinthe avait de graves problèmes.

    Quels principes Paul évoque-t-il dans 1 Corinthiens 3.5-11 et 2 Corinthiens 10.12- 1 en vue de la guérison et de la restauration, qui sont tellement vitales pour l’unité de l’Église ?

    Dans ces passages, l’apôtre résume les principes cruciaux pour l’unité de l’Église. Il souligne que Jésus emploie différents ouvriers pour accomplir différents ministères dans son Église, même si chacun œuvre de concert avec les autres en vue de l’édification du royaume de Dieu (1 Co 3.9).

    Mais Dieu nous appelle à la coopération, non à la compétition. Chaque croyant reçoit un don de Dieu pour coopérer dans le service du corps du Christ et le service à la communauté (1 Co 12.11). Il n’y a pas de dons plus grands ou moins grands. Tous sont nécessaires dans l’Église de Christ (1 Co 12.18-23). Nos dons, reçus de Dieu, ne sont pas destinés à être mis en avant de manière égoïste, et ils sont accordés par le Saint-Esprit en vue du service pour la propagation de l’Évangile.

    Toute comparaison avec autrui est peu judicieuse, car cela ne fait que nous décourager ou bien nous rendre arrogant. Si nous pensons que les autres nous sont bien

    « supérieurs », nous nous sentirons abattus en nous comparant à eux, et finirons par être découragé dans notre ministère, quel qu’il soit. D’un autre côté, si nous pensons que nos efforts pour Christ sont plus efficaces que ceux des autres, nous aurons de l’orgueil, ce qui est bien le dernier sentiment qu’un chrétien devrait entretenir.

    Ces deux états d’esprit pénalisent notre efficacité pour Christ ainsi que la communion fraternelle que nous partageons. Quand nous agissons dans la sphère d’influence que Christ nous a assignée, nous trouvons la joie et le contentement dans notre témoignage pour Christ. Nos efforts complètent ceux des autres membres, et l’Église de Christ fait des pas de géant pour le royaume.

    Avez-vous quelqu’un en tête dont les dons pour le ministère vous ont rendu jaloux (pas très difficile comme exercice, si ?) ? En même temps, vous êtes-vous souvent senti fier de vos dons comparés à ceux des autres ? Les préoccupations de Paul sont une réalité permanente chez les êtres humains déchus. Indépendamment du côté où nous tombons, comment apprendre à avoir l’état d’esprit désintéressé nécessaire au maintien de notre unité en Christ ?


    GUIDE D′ÉTUDE DE LA BIBLE (2ÈME TRIMESTRE 2018)