Des vases à former

Par Dominique Buffon-Rakoto

La relation que Dieu cherche à entretenir avec l’être humain révèle un amour et une pédagogie propre à inspirer tout éducateur. La Bible en donne un aperçu dans le livre du prophète Jérémie.

Lorsque j’étais plus jeune, mes parents m’ont emmenée voir des souffleurs de verre. C’était magnifique à voir : ces hommes créaient à partir de masses informes des objets de grande qualité et de grande valeur… Quel spectacle !

Comme Jésus prendra l’habitude de le faire dans les évangiles, nous voyons déjà dans l’Ancien Testament Dieu utiliser des images de la vie courante, des paraboles, pour transmettre ses messages et ses conseils à son peuple.

Dans Jérémie 18.3-6, c’est en prenant l’image du potier qui travaille non pas le verre mais l’argile, que Dieu va mettre en lumière son désir de « former » son peuple. Il l’exprime ainsi par son prophète : « Je descendis dans la maison du potier, et voici, il travaillait sur un tour. Le vase qu’il faisait ne réussit pas, comme il arrive à l’argile dans la main du potier ; il en refit un autre vase, tel qu’il le trouva bon de le faire. Et la parole de l’Éternel me fut adressée, en ces mots : Ne puis-je pas agir envers vous comme ce potier, maison d’Israël ? dit l’Éternel. Voici, comme l’argile est dans ma main, ainsi vous êtes dans ma main, maison d’Israël. »

Dans cette parabole, Dieu est le potier et son peuple est l’argile. Plein de potentiel, ce dernier a besoin d’être façonné pour pouvoir révéler toute sa beauté. Mais parfois, sans que l’on sache pourquoi, l’ouvrage ne réussit pas, l’argile tourne dans le mauvais sens, et tout le travail est perdu.

Que fait donc le potier ? Abandonne-t-il ? Essaie-t-il de refaire le même vase ? Ni l’un, ni l’autre. Il va continuer de travailler cette argile, mais d’une autre manière pour en faire un autre vase, toujours selon ce qui lui semble bon. Le message derrière cette parabole devrait être gravé dans la pensée de chaque parent, chaque enseignant, chaque éducateur.

Tout d’abord, on ne façonne pas des enfants à partir de rien. Il y a dès le départ une base qui nous est imposée, et à laquelle nous devons nous adapter. Un peu comme si tous les enfants étaient des feuilles vierges de toute écriture, attendant de pouvoir écrire la merveilleuse histoire de leur vie. Il y aura des feuilles blanches et d’autres de couleur. Des feuilles à grands ou à petits carreaux. Des feuilles carrées, rectangulaires ou même ovales ! Il serait absurde de vouloir écrire avec un stylo bleu sur une feuille bleue, simplement parce qu’il a bien écrit sur une feuille blanche.

C’est conscients de cela que nous sommes appelés à « former » nos jeunes et plus jeunes comme de l’argile, sachant que chaque amas de glaise est différent et qu’il nous incombe de nous adapter à eux pour en faire des vases réussis, selon le potentiel de leur nature.

On ne façonne pas des enfants à partir de rien.
Dès 
le départ, une base nous est imposée.

Comprenons aussi que la première vision que nous avons pour nos enfants peut être belle, mais qu’il en existe encore des dizaines d’aussi belles à exploiter. Si l’argile dans ma main ne veut pas devenir ce que je veux qu’elle soit, à quoi bon s’acharner ? Si elle ne peut être une cruche pour donner de l’eau à celui qui a soif, peut-être peut-elle devenir une lampe pour éclairer celui qui est dans le noir ? Si elle ne veut pas devenir des tuiles pour protéger le toit de la maison, peut-être puis-je en faire des carreaux pour égayer le sol du salon ?

Quoi qu’il en soit au final, que le travail patient du potier soit pour nous un exemple, afin de faire jaillir toute la beauté cachée en chacun de nos enfants.

Source : Signes des temps - n° 1645 - Septembre-octobre 2018

 

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