• Dieu risque la création – Première partie

    Par Gérard FRATIANNI
    pasteur à la retraite, église d’Anduze

    « Un prince possédait une pierre précieuse magnifique, dont il était fier à l’extrême. Un jour, par accident, ce joyau fut profondément rayé. Le prince convoqua alors les spécialistes les plus habiles pour remettre en état la pierre précieuse. Mais, malgré tous leurs efforts, ils ne purent effacer la rayure. Alors arriva dans le pays un lapidaire, un tailleur de pierre d’un génie inégalé. Avec art et patience, il tailla dans le diamant une rose magnifique et fut assez adroit pour faire de l’égratignure la tige même de la rose… de telle sorte que la pierre précieuse apparut, après, infiniment plus belle qu’elle n’était auparavant. » Bernard Bro1.

    1. Risquer la liberté

    Dieu s’expose. Après avoir fait surgir le monde du néant, au cinquième jour, Dieu s’extasie et s’éprend de l’ouvrage de ses mains : « Dieu vit que cela était bon, très bon2 ». Il aime ce qu’il vient de créer : nébuleuses, galaxies, systèmes solaires, astres dans l’espace, plaines et collines, végétation, animaux, etc., sur la terre. Dieu constate que tout ce qu’il a fait, ne lui rend pas cet amour et décide alors, de « risquer l’homme » seul capable de réciprocité, capable de l’aimer en retour. Le risque redoutable de la relation ! La liberté rend possible le risque. « En créant l’homme libre, Dieu a accepté de prendre un risque, le risque réel de voir une liberté se dresser face à sa toute-puissance, de lui résister et même de s’égarer. Cette liberté, c’est celle de l’homme3.» Se met-il en danger en créant un vis-à-vis ? A-t-on le droit de poser de telles questions ? Peut-être que le terme « risquer » ne convient-il pas exactement à Dieu, car Dieu, ne maîtrise-t-il pas tout risque ?

    Alors que je préparais cette réflexion, j’entends encore mon fils me dire : mais papa, si Dieu est omniscient, il devait savoir à l’avance les risques au-devant des quels il s’exposait ! Le risque, n’est-il pas inhérent à l’inconnu ? Si on sait d’avance, peut-on le qualifier de risque ? Même si la terminologie ne sied pas au Créateur, je l’adopte pour les besoins d’une meilleure compréhension de cette hardiesse divine, même si Dieu reste au-delà de tout ce qu’on peut dire et imaginer4.

    Autre indiscrétion de ma part : ne devrions-nous pas faire silence là où Dieu se tait ? La parabole du fils prodigue vient nous aider à comprendre ce côté audacieux de la mise au monde des enfants. « En créant l’homme libre, Dieu a introduit dans l’univers un facteur radical d’incertitude5 ».

    L’ancien secrétaire général des Nations Unies Kofi Annan, fait écho à l’affirmation d’André Néher :

    « L′homme est un risque à courir6 »

    Et pourquoi courir ce risque? Dieu avait-il vraiment besoin de nous pour être heureux ? Ne se suffisait- il pas ? Gardons-nous, en même temps, de sous-estimer les risques que les créatures courent elles-mêmes. Si vous êtes parents, vous pouvez comprendre que ma question n’est pas aussi débile qu’elle en a l’air. Pourquoi mettons-nous au monde des enfants ? Nous rendons-nous compte des risques que nous courons ? Risques de fausses couches, de malformations, d’handicaps, risque de la drogue, risque qu’ils entrent dans le circuit de la violence, de la criminalité, qu’ils ratent leur mariage ou qu’ils meurent prématurément, etc…

    Et pourtant, nous continuons à mettre au monde des enfants. Pourquoi ? Parce que la joie que nous éprouvons, en leur donnant la vie, dépasse les souffrances qu’on peut imaginer. Nous ne voulons pas être seuls au monde. Il manque quelque chose de fondamental à notre existence. Nous avons un excédent d’amour à partager. Ainsi, nous vivons, en petit, ce que Dieu expérimente à vaste échelle. Et ceux qui n’ont pas d’enfant ? Ils partagent leur « surplus » d’affection, d’amour et d’amitié, avec d’autres êtres humains. Nous avons tous de l’amour à donner.

    2. Risquer l’amour […] (A découvrir dans la revue adventiste de mars 2018)

    3. Risquer l’incarnation […] (A découvrir dans la revue adventiste de mars 2018)

    Notes
    1. Bernard Bro, Peut-on éviter Jésus-Christ ? Éditions De Fallois/Saint-Augustin, 1995, Paris, p. 190-192.
    Voir aussi : https://books.google.fr/books?isbn=2877062473
    2. Genèse 1. 5, 8,13,19, 23.
    3. Jean Compazieu, http://preparonsdimanche.puiseralasource.org/
    4. Esaïe 55. 8,9.
    5. André Néher, Faust et le Maharal de Prague : le mythe et le réel, PUF, Paris, 1987. Voir aussi: http://prof-symboles.blogspot.fr/2009/12/herout-liberte.
    html.
    6. Philippe Claudel, « Inhumaines », Éditions Stock, 2017, Paris, p. 7

    REVUE ADVENTISTE MARS 2018

    La Revue adventiste s’adresse avant tout au lectorat adventiste francophone européen. Elle peut également être lue par un public non adventiste. Elle existe depuis 1896.

     

  • EDS – Mardi 20 mars – Habitude 3 : employer son temps avec sagesse

    « Car nous sommes d’hier, et nous ne savons rien, nos jours sur la terre ne sont qu’une ombre » (Jb 8.9).

    On peut arrêter une pendule, mais pas le temps. Le temps n’attend pas. Il continue de s’écouler même si de notre côté, nous demeurons immobiles et inactifs.

    Qu’enseignent les textes suivants sur le temps que nous passons ici sur terre dans cette vie présente ? Jc 4.14 ; Ps 90.10,12 ; Ps 39.4,5 ; Ec 3.6-8. Quel est le message fondamental que nous devrions retirer de ces textes sur la valeur du temps que nous passons ici-bas ?

    Le temps est un élément limité et non renouvelable, il est donc important que les chrétiens en soient de bons intendants. Nous devrions ainsi cultiver l’habitude d’employer le temps avec sagesse en nous focalisant sur ce qui est important dans cette vie-ci et dans la vie à venir. Nous devons gérer notre temps en fonction de ce que la Parole de Dieu nous révèle comme étant important, car une fois le temps passé, on ne peut le retrouver. Si nous perdons de l’argent, nous pouvons le récupérer tôt ou tard, peut-être même avec des intérêts. Ce n’est pas le cas avec le temps. Un instant perdu est un moment perdu à jamais. On peut plus facilement remettre     un œuf cassé dans sa coquille que l’on ne peut rattraper un seul instant passé. Le temps est ainsi l’un des biens les plus précieux que Dieu nous donne. Comme il est important que nous cultivions l’habitude d’utiliser au mieux chaque instant qui nous est donné ! « Notre temps appartient à Dieu, et chacun de nos instants lui est dû. Nous sommes tenus, de façon impérative, d’en tirer le meilleur parti pour sa gloire. Il n’est aucun talent dont il nous demandera un compte aussi rigoureux que celui du temps. La valeur du temps est incalculable. Le Christ considérait chaque moment comme précieux, nous donnant en cela un exemple. La vie est trop brève pour être gaspillée, et il nous reste bien peu de temps pour nous préparer en vue  de l’éternité. Nous n’avons pas un instant à perdre, pas un instant à consacrer à des plaisirs égoïstes et aux jouissances du péché. »62

    « Veillez donc avec soin à la façon dont vous vous comportez : que ce ne soit pas comme des fous, mais comme des sages. Rachetez le temps, car les jours sont mauvais. » (Ep 5.15,16.)

    Que nous dit Paul ici, et comment appliquer ces paroles à notre situation actuelle ?

    62 Ellen G. White, Les paraboles de Jésus, p. 296, 297.


    GUIDE D′ÉTUDE DE LA BIBLE (1ER TRIMESTRE 2018)
    NUMÉRIQUE

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