EDS – Mercredi 6 septembre – La liberté et non la chair (Ga 5.13)

Galates 5.13 marque un tournant important dans l’épître. Jusque là, Paul s’est entièrement focalisé sur le contenu théologique de son message, mais il se tourne à présent vers la question du comportement chrétien. Comment quelqu’un qui n’est pas sauvé par les œuvres doit-il vivre ?

De quel détournement potentiel de la liberté Paul voulait-il protéger les Galates (Ga 5.13) ?

Paul était bien conscient de l’incompréhension qui pouvait accompagner son insistance sur la grâce et la liberté que les croyants ont en Christ (Rm 3.8 ; 6.1,2). Mais le problème n’était pas tant l’évangile de Paul que la tendance humaine à la gratification personnelle. Les pages de l’histoire sont noircies de récits de peuples, de villes et de nations dont la corruption et la chute dans le chaos moral étaient directement liées à leur manque de maîtrise de soi. Qui n’a jamais perçu cette tendance dans sa propre vie ? C’est la raison pour laquelle Paul appelle si clairement les disciples de Jésus à éviter de se livrer à la chair. En fait, il veut qu’ils fassent le contraire, c’est-à-dire « soyez par amour serviteurs les uns des autres » (S21). Comme toute personne qui sert les autres par amour le sait, cela ne peut s’accomplir qu’à travers la mort à soi-même, la mort à la chair. Ceux qui se livrent à la chair ne sont pas ceux qui ont tendance à servir les autres. Au contraire. Ainsi, notre liberté en Christ n’est pas une simple liberté par rapport à la servitude du monde, mais un appel à un nouveau type de service, à la responsabilité de servir les autres par amour. C’est « l’occasion d’aimer son prochain sans entrave, la possibilité de créer des communautés humaines fondées sur le don de soi mutuel, plutôt que sur la quête de pouvoir et de statut »[1] À cause de notre connaissance du christianisme et de la formulation moderne de Galates 5.13, il serait facile de passer à côté de la force surprenante que ces paroles ont pu avoir pour les Galates. D’abord, les termes grecs indiquent que l’amour qui motive ce type de service n’est pas un amour ordinaire, un amour humain, ce serait impossible. L’amour humain est bien trop conditionnel. Le fait que Paul emploie l’article « le » avant le mot « amour » en grec (BFC) indique qu’il fait référence à l’amour divin que nous ne recevons que par l’intermédiaire de l’Esprit (Rm 5.5). La véritable surprise réside dans le fait que le mot traduit par « serviteur » (S21) correspond au mot grec signifiant « esclave ». Notre liberté ne signifie donc pas une autonomie, mais un esclavage mutuel les uns envers les autres, sur la base de l’amour de Dieu.

Soyons honnêtes : vous êtes-vous déjà dit que vous pouviez user de la liberté que vous avez en Christ pour vous laisser aller à un petit péché par-ci par-là ? Qu’y a-t-il de si terrible dans ce genre de raisonnement ?

[1] Sam K. Williams, Galatians, Nashville, Tenn. : Abingdon Press, 1997, p. 145.


VOTRE GUIDE EDS ICI 
Télécharger la leçon du jour en PDF >>EDSGuide2T2017 (77)
Ecouter la leçon en audio :

Les commentaires sont fermés