• Ellen G. White et les mouvements de mécontents

    Depuis le début de sa mission de messagère spéciale de Dieu, Ellen White a reçu des instructions pour faire face à ceux dont le caractère ou les enseignements menacent l’unité de l’Église ou l’intégrité du message des derniers temps. Ce n’était qu’une partie de son ministère varié, mais elle a été confrontée à des éléments subversifs tout au long de sa vie. À l’âge de 17 ans, elle a été envoyée pour proclamer des messages à des « fixeurs » de dates et à des « spiritualistes » du retour personnel de Jésus1.

    À l’âge de 81 ans, elle a mis l’Église en garde à propos d’une contrefaçon de l’expérience de la Pentecôte avec du parler en langues et de l’exorcisme de démons2. Dans sa position unique de messagère du Seigneur, Ellen White a pu discerner certains enseignements et mouvements attractifs qui, à moins d’être maîtrisés, auraient conduit à la discorde, au fanatisme ou à une apostasie flagrante. Elle savait, à la fois par la lumière divine et par son expérience personnelle, face à des personnes radicales ou dissidentes, que l’apostasie est rarement un événement soudain.

    Document de la Division nord-américaine « L’Église adventite du septième jour et certains ministères privés »

    Dans un passage familier à beaucoup, Ellen White a décrit le chemin qui descend vers la perdition, dont le début peut être sans relation avec la théologie. Elle a écrit : « Satan sait comment mener ses attaques. Il travaille sur les esprits pour exciter la jalousie et le mécontentement à l’égard de ceux qui sont à la tête de l’oeuvre. Les dons sont ensuite mis en question ; bien sûr, ces dons n’ont que peu de poids et les instructions données par les visions sont méprisées. Après vient le scepticisme face aux points vitaux de notre foi, les piliers de notre position, puis le doute concernant les Saintes Écritures et enfin la marche qui descend vers la perdition3».

    Dans ce chapitre, nous allons examiner trois mouvements dissidents de l’histoire adventiste, repérer leurs différences clés avec l’Église, la manière dont les responsables ont réagi et, plus particulièrement, comment Ellen White a fait face au défi. Le premier mouvement a été un cas d’école de rébellion ouverte. Les personnes impliquées discréditaient les responsables et rejetaient le ministère d’Ellen White. Le second tenait les écrits d’Ellen White en haute estime mais en concluait que ses témoignages de réprobation à l’égard de l’Église constituaient en fait un message de rejet. Le troisième a menacé le message et la mission fondamentale de l’Église adventiste du septième jour, alors que ses théories étaient reçues comme une nouvelle lumière magnifique par certains responsables de premier ordre dans l’Église.

    Pour mieux comprendre pourquoi les responsables de l’Église et Ellen White ont réagi comme ils l’ont fait face à ces messages, nous fournirons le plus d’informations possibles sur le contexte, compte tenu des limites de ce document. Ceci éclairera ce que ces mouvements épousaient, ainsi que la manière dont ils étaient perçus par ceux qui étaient chargés de « préserver les indicateurs » qui ont fait de nous ce que nous sommes.

    Modèle 1 : un mécontentement qui devient rébellion

    Le Messenger et les partisans de Marion

    À différents moments de l’histoire de notre Église, des mouvements dissidents et des apostasies ont impliqué des responsables de l’Église. Cependant, au cours de la vie d’Ellen White, un seul de ces mouvements a finalement organisé ses sympathisants pour former une dénomination distincte : The Church of God.

    L’Église de Dieu a eu ses propres groupes séparatistes, mais l’origine de son courant principal est habituellement liée aux restes du parti du Messenger « organisés » pour la première fois en 1853 par H.S. Case et C.P. Russell. Dans ce chapitre, l’intérêt ne porte pas sur l’évolution historique de ces différents partis, mais sur le fait que le parti du Messenger, et plus tard le parti de Marion, ont constitué le premier défi organisé à ce qui devait devenir l’Église adventiste du septième jour4.

    Le nom « adventiste du septième jour » n’a pas été adopté avant 1860, et la Conférence générale elle-même n’a pas été organisée avec des statuts avant 1863. Néanmoins, le parti du Messenger a menacé de rompre l’unité établie au sein des premiers adventistes sabbatistes qui souscrivaient aux positions défendues par la Review. Un périodique rival a été lancé en 1854, appelé Messenger of Truth. Il est devenu le premier moyen de rassemblement des supporters de la cause du parti du Messenger.

    La défection qui a suivi de deux pasteurs adventistes, J.M. Stephenson et D.P. Hall, a prolongé son influence deux ou trois ans de plus, jusqu’à la cessation de sa publication par manque de soutien financier et par la dispersion des sympathisants du mouvement. Au cours de ces cinq ans, plusieurs de ceux du parti du Messenger ont été redynamisés par Gilbert Cranmer, qui, n’ayant pas été accepté comme prédicateur par les adventistes du septième jour, a organisé ses disciples dans un groupe connu d’abord comme The Church of Christ.

    La publication de Gilbert Cranmer, The Hope of Israël, a duré deux ans, mais elle a connu un renouveau en tant que porte-parole d’une autre dissension, à Marion (Iowa), impliquant B.F. Snook, et W.H. Brinkerhoff, respectivement président et secrétaire de la nouvelle Fédération de l’Iowa. Environ la moitié de l’Église de Marion s’est ralliée à ce nouveau mouvement, connu sous le nom de « parti de Marion ». Ce groupe a été radié en 1866. Les adeptes de ce groupe se sont finalement organisés en Church of God (Adventist) et Church of God (Seventh Day).

    Les questions soulevées

    Aucun exemplaire connu du Messenger n’est disponible, mais la Review fournit de nombreuses clés sur le contenu de ses pages. Les rédacteurs dénonçaient la direction de James White, l’accusant de mauvaise gestion des fonds alloués au bureau de la Review. Ils défendaient aussi des conceptions théologiques sur la prophétie, complètement différentes de celles présentées dans la Review. Ils faisaient tout pour discréditer l’influence des visions d’Ellen White, en déformant la position de l’Église sur la croyance en ces visions et l’appartenance à l’Église.

    Plus tard, le parti de Marion a publié des articles et des tracts exprimant les mêmes critiques à l’égard du couple White et a continuellement attaqué les efforts faits par la dénomination pour s’organiser. À un moment, le nom « Seventh day Adventist » (Aventiste du septième jour), en opposition à « Church of God » (Église de Dieu), est devenu un autre sujet de dispute. Les caractéristiques et l’enseignement des partis du Messenger et de Marion peuvent être ainsi résumés :

    1. Les motivations et les personnalités des dirigeants de l’Église étaient sévèrement critiquées.
    2. Une publication rivale a été imprimée et envoyée aux abonnés de la Review.
    3. Un point de vue théologique controversé (la doctrine de « l’âge à venir ») était proclamé avec force.
    4. Ils faisaient peser une suspicion de mauvais usage des fonds versés à l’Église.
    5. Les visions d’Ellen White étaient déclarées indignes de confiance, tout en étant utilisées par leurs responsables pour proposer une autre règle de foi.
    6. La structure organisationnelle de l’Église était rejetée comme une forme de « hiérarchie de type jésuite ».
    7. Au final, une organisation distincte de l’Église adventiste a été créée.
    Comment l′Église a répondu

    Comme mentionné plus haut, la désaffection du parti du Messenger s’est produite avant même que l’Église adventiste du septième jour ait adopté son propre nom. Il n’y avait ni Conférence générale, ni Fédérations locales. La Review était publiée par un comité de rédaction de trois membres, avec James White comme rédacteur en chef, pour que ses pages maintiennent l’unité des adventistes sabbatistes autour du message des trois anges. Les pages de la Review constituent donc la source principale pour comprendre comment nos premiers dirigeants ont répondu au défi d’une rébellion dans leurs rangs.

    La Review, à cette époque, contenait de nombreux rapports de rencontres et des informations concernant beaucoup de croyants dispersés à travers les États-Unis. Dans ce forum, la Review a publié une déclaration signée par les responsables de cinq églises du Michigan, qui disait qu’ils ne considéraient plus H.S. Case comme « qualifié pour voyager et enseigner le message du troisième ange ». James White, le rédacteur en chef, a préfacé cette déclaration par ces mots : « Nous avons senti qu’il ne fallait plus faire à nos frères du Michigan l’injustice de retenir leur déclaration à son sujet ». Aucune référence spécifique aux idées de Case n’était donnée, mais le commentaire disait qu’il provoquait la « division »5.

    Fin de l′extrait

    Source : Revue adventiste | Juillet - Août 2017
    Notes
    1. Voir Arthur L. White, Ellen G. White, The Early Years. Hagerstown, MD: Review and Herald, 1985, chap. 4 et 5.
    2. Voir E.G. White, Selected Messages, vol. 3, p. 363-378.
    3. E.G. White, Testimonies, vol. 5, p. 672.
    4. Ce récit a été tiré de SDA Encyclopedia, R.W. Schwarz, Light Bearers to the Remnant; Lowell Tarling, The Edges of Seventh-day Adventism. Barragga Bay, NSW, Australia: Galilee, 1981; D.E. Robinson, Meeting Early Apostasies, in Notes and Papers concerning Ellen G. White and the Spirit of Prophecy. Washington, DC: General Conference of SDA, 1974; Arthur L. White, Ellen G. White, The Early Years et Ellen G. White, The Progressive Years. Hagerstown, MD: Review and Herald, 1986; P.A. Gordon, Messengers of Error, in Adventist Review, 5 mars 1992; et Review and Herald de cette période.
    5. Review and Herald, 18 avril 1854.

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  • EDS – Mardi 18 juillet – Le fondement de notre justification

    « Et d’être trouvé en lui, non pas avec ma propre justice, qui viendrait de la loi, mais avec celle qui est par la foi du Christ, une justice venant de Dieu et fondée sur la foi. » (Philippiens 3.9.) Ne partons pas du principe que les chrétiens d’origine juive insinuaient que la foi en Christ n’était pas importante. Après tout, ils croyaient tous en Jésus. Ils avaient tous foi en lui. Leur conduite montrait, cependant, qu’ils considéraient que la foi n’était pas suffisante en soi. Elle devait être « complétée » par l’obéissance, comme si notre obéissance ajoutait quoi que ce soit à la justification. La justification, auraient-ils affirmé, se faisait par la foi et par les œuvres. La manière dont Paul n’a de cesse de mettre en opposition la foi en Christ et les œuvres de la loi indique qu’il s’oppose fermement à ce genre d’approche « complémentaire ». La foi, et la foi seule, est le fondement de notre justification. Pour Paul, la foi n’est pas seulement un concept abstrait. Elle est liée à Jésus de manière indissociable. En fait, l’expression traduite à deux reprises par « foi en Christ » dans Galates 2.16 (Colombe) est bien plus riche qu’aucune traduction ne peut l’exprimer. L’expression grecque signifie littéralement « la foi » ou « la fidélité » de Jésus. Cette traduction littérale révèle le contraste fort que Paul établit entre les œuvres de la loi et « l’œuvre » de Christ accomplie pour nous, les œuvres que lui, à travers sa fidélité (d’où « la fidélité de Jésus »), a faites pour nous. Il est important de ne pas oublier que la foi elle-même n’ajoute rien à la justification, comme si la foi était méritoire en soi. La foi est plutôt le moyen par lequel nous nous saisissons de Christ et de ses œuvres en notre nom. Nous ne sommes pas justifiés sur la base de notre foi mais sur la base de la fidélité de Christ pour nous, et que nous réclamons pour nous-mêmes par la foi. Christ a accompli ce qu’aucun individu n’est parvenu à faire : lui seul a été fidèle à Dieu dans tout ce qu’il a fait. Notre espérance se trouve en la fidélité de Christ, et non dans la nôtre. C’est une des grandes et importantes vérités qui a, entre autres, initié la Réforme protestante, une vérité qui demeure aussi cruciale aujourd’hui qu’elle l’était quand Martin Luther a commencé à la prêcher il y a des siècles de cela. Une ancienne traduction syriaque de Galates 2.16 transmet bien le sens que lui donne Paul : « Ainsi, nous savons qu’un homme n’est pas justifié d’après les œuvres de la loi, mais par la foi de Jésus le Messie, et nous croyons en lui, en Jésus le Messie, qu’à partir de sa foi, celle du Messie, nous pouvons être justifiés, et non pas à partir des œuvres de la loi »

    Lisez Romains 3.22,26 ; Galates 3.22 ; Éphésiens 3.12 et Philippiens 3.9.

    En quoi ces textes, ainsi que ce que nous venons de lire, nous aident-ils à comprendre cette vérité extraordinaire que la fidélité de Christ en notre nom, et sa parfaite obéissance à Dieu, constituent le seul fondement de notre salut ?


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