Le réchauffement climatique ne s′arrêtera pas à la frontière

Par Mario Oliveira
Directeur de l′ONG Adventist development and relief agency (Adra) France

Grands États et petites îles sont concernés par le réchauffement climatique. Tous ne sont pourtant pas égaux pour y faire face. Des solutions globales peuvent-elles amener plus de justice ?

[…] Le réchauffement climatique, combiné à des phénomènes naturels tels que El Nino, est la principale cause de cette hausse moyenne des températures à l’échelle mondiale. Aucun pays n’est à l’abri des conséquences des catastrophes liées à ce phénomène, indépendamment de son niveau de richesse. Les solutions doivent donc être globales et tous, riches pauvres, doivent prendre les mesures qui s’imposent pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, principal facteur du réchauffement. Pour cela, les représentants des gouvernements du monde entier se réuniront à Paris au mois de décembre afin de discuter des engagements que chaque pays assumera et de l’adaptation des conditions de vie des populations. Il faut tout de même souligner que les pays les plus pauvres, qui ont le moins contribué au réchauffement climatique, sont ceux qui en souffriront le plus. Non seulement ces pays n’ont pas les moyens de faire face, mais ils seront les plus affectés. Imaginons deux familles voisines et l’impact de leurs modes de vie sur l’environnement, plus connu sous le nom d’« empreinte carbone ».

La première est une famille aisée, qui possède deux voitures, une piscine et passe ses vacances de l’autre côté du monde. La deuxième famille a des ressources modestes, ne possède pas de voiture et se déplace uniquement en transports publics. Elle reste en France pendant ses vacances et habite un appartement. Bien sûr, la première famille pollue davantage et c’est elle qui contribue le plus au réchauffement de notre planète. Pour faire face à la hausse des températures, la première famille installera un système de climatisation dans sa maison, alors que la deuxième n’a pas les moyens de se l’offrir. En conséquence, elle va devoir supporter tous les inconvénients de la chaleur. À travers ce simple exemple, nous constatons que la famille qui pollue le plus est aussi la mieux préparée à affronter la hausse des températures, tandis que la deuxième famille, qui a pourtant moins contribué au réchauffement climatique, en souffrira davantage. Remplaçons les familles par des pays et nous observerons ce qui se passe à l’échelle planétaire.

Les pays les plus pauvres, qui ont le moins contribué au
réchauffement climatique, sont ceux qui en souffriront le plus
et n′ont pas les moyens de faire face

Un rapport de la Banque mondiale pointe que les pays pauvres supporteront 80 % des dégâts du changement climatique, alors qu’ils ne sont à l’origine que de 30 % des émissions de gaz à effet de serre. La plupart des populations de ces pays, situés en majorité près de l’Équateur, vivent de l’agriculture. En plus des tempêtes et des cyclones tropicaux – qui seront plus fréquents et plus violents – elles subiront davantage la sécheresse et la désertification, avec pour conséquence une diminution de la productivité agricole. Ajoutez à cela une pression démographique grandissante accompagnée d’une augmentation du prix de alimentation, et vous comprendrez que ce sont les pays les plus pauvres qui auront le plus de mal à faire face au changement climatique. Les pays plus riches, comme la France, ont la responsabilité de les aider à s’adapter aux changements climatiques, tout en soutenant aussi leur démarche de réduction des gaz à effet de serre. Pour leur bien être comme pour le nôtre. Car le nuage de conséquences du réchauffement climatique ne s’arrêtera pas à la frontière.

Source : Signes des temps - Numéro spécial - n° 1628 - Novembre-décembre 2015

SIGNES DES TEMPS – SPÉCIAL CLIMAT

Un regard chrétien sur notre vie et notre époque. Une revue bimestrielle pour approfondir et partager sa foi.


 

Les commentaires sont fermés