• Est-il nécessaire d′utiliser l′onction d′huile pour les malades ?


    Par Sean DOWDING
    Pasteur, nouveau responsable de l′évangélisation à la Fédération des églises adventistes du Nord de la France

    Comment réconcilier les opinions divergentes concernant l’onction d’huile pour les malades ? Certains voudraient que l’onction d’huile soit obligatoire alors que d’autres limitent cette pratique à l’Ancien Testament, trop longuement accroché à la culture juive. Faut-il toujours pratiquer « l’onction d’huile » telle que la Bible la présente dans Jacques 5.14 ? Jésus-Christ n’a-t-il pas rendu inutile l’onction d’huile, étant lui-même l’accomplissement et la finalité de la foi ? Dieu est-il capable de guérir le malade sans l’onction d’huile ? Est-ce obligatoire de faire appel aux anciens lorsqu’on est malade ? Dans Jacques 5.13-20, et à travers la Bible, nous pouvons tenter d’obtenir des réponses à ces questions. Dans Jacques 5.13, le mot « Κακοπαθεῖ – souffrance » (éprouve une souffrance) est un usage unique dans le Nouveau Testament (NT). Au verset 14, le mot « ἀσθενεῖ (astheneo) – malade » (être malade) se retrouve six fois dans le NT :

    • Jean 11.3, 6 : Lazare qui est « malade » (ἀσθενεῖ, utilisé deux fois),
    • Romains 14.21 : pour ton frère une occasion de chute, de scandale ou de « faiblesse (ἀσθενεῖ). »1
    • 2 Corinthiens 11.29 : Qui est « faible ? » (ἀσθενεῖ)
    • 2 Corinthiens 13.3 : lui qui n’est pas « faible » (ἀσθενεῖ) à votre égard.
    • Jacques 5.14 : Quelqu’un parmi vous est-il « malade ? » (ἀσθενεῖ – être malade).

    Le mot « malade » (ἀσθενεῖ) utilisé dans Jacques 5.14 veut dire à travers la Bible la « faiblesse », « être faible », ou être « malade ». La souffrance, dans Jacques 5.13, veut également dire, sans comparaison aucune, « faiblesse physique, être faible ou être malade ».

    Puisque le verset 13 incite à prier le Seigneur soi-même pour soi-même, et que le verset 14, indique de faire appel aux anciens, l’instruction du verset 14 est optionnelle. D’autant plus que l’intervention des anciens est subordonnée à la demande de la personne qui est malade.

    Jacques, dans son discours (v. 13-20), ne décrit pas tout simplement deux réponses possibles à la souffrance ou à la maladie. Il donne des conseils autour d’une possible classification de souffrances et de réponses par la foi aux souffrances. L’apôtre Jacques semble décrire l’exercice de la foi à deux niveaux différents face à la maladie. Selon la foi personnelle et chaque contexte de maladie, une instruction particulière est donnée. Ainsi, le verset 13 considère les cas moins graves de « souffrance ou de maladie » et la foi intacte (il suffit de prier). Le verset 14 considère les cas qui nécessitent, à la demande du malade, une intervention spirituelle (appel aux anciens). En tout cas, les deux situations exigent une réponse de foi.

    Selon le développement de Jacques, pour le deuxième cas de maladie (v. 14), la considération semble aller au-delà de la maladie physique vers une éventuelle maladie spirituelle. Ce serait pour cette raison que Jacques conseille de faire appel aux anciens, afin que dans le cas où la maladie est liée aux péchés2 (ce n’est pas toujours le cas, cf. Psaume 34.20), leur intervention de foi puisse aider le malade à retrouver le chemin de la rédemption et de la guérison.

    Dans le Pentateuque, l’onction d’huile est un rituel, symbole de consécration (mettre à part) pour Dieu, et aussi une pratique pour des raisons médicinales (Ésaïe 1.6). À travers le temps, l’onction d’huile s’est instaurée dans la culture jusqu’au Nouveau Testament (Marc 6.13 ; Luc 10.34)3. Cette pratique de l’onction d’huile a une double et forte signification pour la nation juive, pour les disciples et pour les Églises apostoliques. C’est un symbole de purification des péchés et de guérison ( Jacques 5.13-20 ; 1 Jean 1.9). La pensée rabbinique a toujours lié la maladie au péché4, et par conséquent, la nécessité de confession pour obtenir la guérison. La culture hébraïque lie, en outre, la guérison avec le soin par l’huile.

    Il faut remarquer que les guérisons faites par Jésus n’ont pas été précédées de l’onction d’huile. La guérison n’exige donc pas l’onction d’huile. Jésus voulait-il se démarquer de l’aspect type de sa culture afin de diriger le peuple vers lui, la vraie solution pour leurs maux ?…

    [Fin de l’extrait]

    Notes

    1. Textes en italiques absents de certains manuscrits grecs.
    2. Selon les contextes, parmi d’autres, de Jean 5.1-16 (ἀσθενείᾳ – l’infirmité) et de 1 Corinthiens 11.30 (ἀσθενεῖς – malade), les termes respectifs indiquent que ces maladies étaient le fruit du péché.
    3. L’huile est associée à la guérison (Lévitique 14.10ss Ésaïe 1.6 ; Jérémie 8.22 ; 46.11 ; Marc 6.13 ; Luc 10.34), à la joie (Deutéronome 28.40 ; Ésaïe 61.3 ; Amos 6.6 ; Michée 6.16 ; Psaume 23.5 ; 45.8 ; 92.11 ; 133.2 ; Proverbes 27.9 ; Ecclésiaste 9.8 ; Matthieu 6.17 ; 26.6ss) ou à la consécration (Exode 28.41 ; 29.7 ; 40.15 ; 1 Samuel 10.1 ; 16.1 ; 1 Rois 1.39 ; 2 Rois 9.6), cités dans la NBS, 1633.
    4. James B. Adamson, The Epistle of James (Grand Rapids: William B. Eerdmans Publishing Company, 1976), 199, citant le Talmud Babylonien, (b. Yoma 86a), où le malade est encouragé à confesser ses péchés en vue de sa guérison.

    Source : Revue Adventiste – Mai 2017

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  • EDS – Jeudi 15 juin – Un dernier appel

    Pierre conclut son épître sur un thème qui l’a imprégnée dès le départ : mener une vie sainte et faire attention à ne pas se laisser prendre par « l’égarement des impies » (2 P 3.17).

    Lisez 2 Pierre 3.14-18. À qui Pierre s’adresse-t-il, et contre quoi les met-il en garde ?

    Chose intéressante : Pierre termine son épître en renvoyant ses lecteurs aux écrits de « Paul, notre frère bien-aimé » (2 P 3.15). Paul a également évoqué la nécessité de vivre en paix tout en attendant le retour de Jésus, et d’employer ce temps à bâtir des vies saintes (voir Rm 2.4 ; Rm 12.18 ; Ph 2.12).

    Remarquez également que la référence que fait Pierre aux écrits de Paul montre combien les écrits de ce dernier étaient tenus en haute estime aux débuts de l’histoire chrétienne. Il est impossible de déterminer si Pierre parle de l’ensemble des écrits de Paul, ou seulement d’une partie d’entre eux. Mais en tous les cas, il est évident que les écrits de Paul étaient bien considérés.

    Enfin, Pierre dit que les écrits de Paul peuvent être mal interprétés, comme c’est le cas pour n’importe quel passage des Écritures. En grec, le terme grapha signifie littéralement « écrits », mais dans ce contexte, il signifie clairement « écrits sacrés », comme les livres de Moïse et les prophètes. Nous avons ici une preuve que les écrits de Paul faisaient dès le départ autorité, tout comme la Bible hébraïque.

    À la lumière de ce que nous avons lu plus tôt au sujet des faux docteurs qui promettent la liberté, il n’est pas difficile d’imaginer des gens se servir des écrits de Paul sur la liberté et la grâce comme d’une excuse à leur comportement pécheur. Paul a lourdement insisté sur la justification par la foi seule (Rm 3.21,22), mais rien dans ses écrits ne donne aux gens un permis de pécher (voir Rm 6.1-14). Paul lui-même a dû confronter cette mauvaise interprétation de ce qu’il avait prêché et enseigné sur la justification par la foi. Pourtant, Pierre avertit que ceux qui déforment ses écrits le font « pour leur propre perdition » (2 P 3.16). Quels choix pouvez-vous faire dès maintenant pour vous amener à vivre le genre de vie auquel nous avons été appelés en Christ Jésus ?


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