• Martin Luther, Alfred Vaucher, deux ânes…

    Par Guido DELAMEILLIEURE
    Responsable des Archives historiques de l′adventisme francophone

    Lors du colloque de commémoration du 500e anniversaire de la Réforme, organisé par la Faculté adventiste de théologie en mars dernier, j’ai découvert un point commun entre Martin Luther et Alfred Vaucher : leur ânitude . C’est une intervention de Jean-Luc Rolland qui a suscité cette observation. Jean-Luc a lu une citation de Luther qui montre que ce grand réformateur se méfiait de la tentation de se prendre trop au sérieux, de se croire trop important.

    Luther disait « Si tu es du genre à chatouiller ton orgueil avec tes propres écrits, avec ton enseignement ou avec ta production littéraire, saisis toi-même tes oreilles, cher ami. En les tâtant bien, tu découvriras une belle, une grande paire d’oreilles d’âne poilues ».

    Comment ne pas penser à Alfred Vaucher qui sut si bien saisir ses oreilles ? En 1963, Vaucher reçoit le titre de docteur honoris causa en théologie de l’Université d’Andrews (USA). Voici comment il analyse cet événement dans un article intitulé « Je suis un âne » (L’Echo du Salève, octobre 1971).

    « Il fut un temps ou la théologie n’était guère prisée dans nos milieux adventistes européens. Un docteur en théologie eût été suspecté de rationalisme. Quand il fut question d’ouvrir à nouveau l’école missionnaire de Gland, qui avait été fermée pendant la première guerre mondiale, on chercha, pour la diriger, un âne, le plus âne possible, et eut pas trop de peine à le découvrir en la personne du soussigné. Beaucoup plus tard, l’Université adventiste de Berrien Springs ayant envoyé à Collonges quelques-uns de ses docteurs pour un « Extension-Course », à un moment où la mentalité adventiste subissait d’heureux changements, W.-R. Beach, alors à la Division, demanda que l’âne qui enseignait les cours bibliques au Séminaire fût associé pour la circonstance à ces docteurs. Ceux-ci s’opposèrent à une telle profanation, et finirent néanmoins par céder à la pression exercée par Berne à la condition que le cours donné par l’âne fut mis à un niveau inférieur aux cours doctoraux d’Outre-Atlantique et que les étudiants ne reçussent aucun « crédit » pour les heures passées à écouter l’âne.

    À la fin des cours il fallut une petite révolution des étudiants pour obtenir les « crédits » qu’on voulait leur refuser. Pendant assez longtemps, les étudiants qui allaient continuer leurs études dans l’un de nos collèges ou à notre Université aux États-Unis devaient refaire les cours suivis à Collonges. Jean Zurcher obtint enfin que nos cours fussent reconnus. Mais alors se présenta un grave problème : comment donner l’équivalence à des cours donnés par l’âne de Collonges ? Il eût fallu lui couper les oreilles, ce qui signifiait plusieurs années d’études secondaires et universitaires, ou bien remplacer l’âne par un docteur. Jean Zurcher eut une idée ingénieuse : puisque notre Université avait déjà distribué généreusement une demi-douzaine de doctorats en Amérique, pourquoi ne consentirait-elle pas à cacher les oreilles de l’âne de Collonges sous un bonnet de docteur ?

    La Faculté de théologie de Berrien Springs donna son accord. Ainsi l’âne de Collonges put participer une seconde fois, sans difficultés, à un nouvel « Extension-Course » donné à Collonges, au terme duquel on lui décerna solennellement un doctorat honoris causa, et sous cet affublement, il lui fut donné de professer un cours d’été à l’Université Andrews. Inutile de dire que ceci n’a rien changé à la nature de l’animal, qui demeure et demeurera toujours l’âne que l’on connait. Mais cela a permis de sauver la situation jusqu’à l’arrivée, promise pour janvier 1972, d’un docteur, un vrai cette fois-ci. En attendant le Dieu qui a su faire parler l’ânesse de Balaam, et lui faire dire des choses plus sensées que celles qui passaient par la tête du prophète, peut aussi bien se servir d’un âne, avec ou sans bonnet de docteur. Une prière : quand aura lieu l’ensevelissement, que l’on veuille bien ôter le bonnet, afin que tout le monde puisse voir les longues oreilles de l’âne, dissimulées un temps sous un bonnet académique. Hommage tardif à la vérité et à la sincérité ».

    Chapeau, Monsieur Vaucher ! Que celui qui a des oreilles pour entendre, entende !

    www.archivesadventistes.org

    Source : Revue adventiste |Mai 2017

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  • EDS – Jeudi 1er juin – La parole dans nos vies

    Comme nous l’avons vu, Pierre a beaucoup souligné le rôle des Saintes Écritures. 2 P 1.19-21 affirme puissamment l’importance de la Bible pour notre expérience chrétienne ainsi que l’inspiration divine des Écritures. Il le dit clairement dans 2 P 1.21. La Bible n’est pas le produit de la volonté humaine, de l’invention humaine, comme d’autres livres. C’est un livre produit grâce à la puissance du Saint-Esprit qui agit à travers des humains.

    Lisez 2 Timothée 3.15-17. En quoi ces textes nous aident-ils à comprendre le rôle des Écritures dans notre vie ? En quoi renforcent-ils la vérité présentée dans 2 P 1.19-21 ?

    Après avoir averti Timothée des dangers qui le guettent ainsi que l’Église, Paul donne un aperçu de l’importance des Écritures. Toute Écriture est « inspirée de Dieu et utile pour enseigner, pour réfuter, pour redresser, pour éduquer dans la justice » (2 Tm 3.16). Examinons ces trois points. L’enseignement : Les doctrines sont les enseignements de l’Église. Elles expriment les croyances de la communauté sur différents sujets bibliques considérés comme importants dans la Parole de Dieu. Idéalement, chaque doctrine devrait être christocentrée, et chacune devrait nous enseigner quelque chose pour nous aider à savoir comment vivre en accord avec la « volonté de Dieu : ce qui est bon, agréé et parfait » (Rm 12.2). Direction : Paul dit à Timothée que les Écritures sont utiles « pour réfuter, pour redresser, pour éduquer dans la justice » (2 Tm 3.16). Pierre dit la même chose quand il dit que la prophétie dans les Écritures est comme une lampe qui brille dans un lieu obscur (2 P 1.19). Autrement dit, les Écritures nous donnent une direction à suivre dans notre manière de vivre et en ce qui concerne le bien et le mal dans notre conduite. Inspirées par le Saint-Esprit, les Écritures ne sont rien de moins que la volonté révélée de Dieu. « La sagesse en vue du salut » : Quand il dit que les Écritures nous donnent la sagesse en vue du salut (2 Tm 3.15), Paul souligne que les Écritures nous renvoient à Jésus. Le salut est bâti sur la croyance que Jésus est mort pour nos péchés. La doctrine, la direction morale, la connaissance du salut : ce n’est pas surprenant que la Parole de Dieu soit comme « une lampe qui brille dans un lieu obscur, jusqu’à ce que le jour commence à poindre et que l’étoile du matin se lève dans votre cœur » (2 P 1.19).


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