• Tout un programme !

    À travers sa vie et ses enseignements, le Christ nous propose une attitude au-delà des valeurs humaines pour appréhender le monde.

    Parler du royaume des cieux au moment d’une élection présidentielle dans un pays occidental peut paraître, au premier abord, assez surprenant. En effet, avec une histoire marquée par le renversement d’une monarchie et face aux dictatures qui subsistent à travers le monde, nous sommes en France très attachés aux valeurs du débat, du raisonnement, de la liberté d’expression… et pas très à l’aise avec les royalistes !

    Les récits bibliques évoquent plusieurs structures politiques et au début de l’évangile de Matthieu, Jésus annonce de façon assez mystérieuse qu’en sa personne « le royaume s’est approché »1. Effectivement, ce texte décrit le rapport de l’homme à Dieu comme un royaume, mais il le fait d’une façon très discrète, presque laïque. Car là où d’autres évangiles parlent de « royaume de Dieu »2, Matthieu préfère les termes de « royaume des cieux »3. Comme pour dire que si le ciel s’en mêle, les êtres et les choses de la terre peuvent être transformés, renouvelés, tout comme la pluie du ciel permet à la terre de germer et de porter du fruit.

    À quoi ressemble donc ce royaume ? Le Sermon sur la montagne4, une sorte de condensé du message évangélique, donne quelques éléments de réponse. Jésus y prône des valeurs qu’à la première lecture, on pourrait qualifier d’irréalistes et exagérées : peut-on vraiment considérer des insultes et des paroles méchantes comme un meurtre ? Peut-on mettre l’infidélité conjugale au même niveau qu’un regard séducteur ? Peut-on vraiment faire face à la compétitivité de notre monde avec des armes telles que la miséricorde et la douceur ? Et comment est-il possible d’aimer ses ennemis ?

    À plusieurs reprises, l’opposition est soulignée entre ce qui nous paraît normal, raisonnable, à vue humaine et ce à quoi Jésus nous invite tous. Il ne s’agit pas d’un catalogue de règles supplémentaires à respecter, mais de créer une nouvelle manière d’aborder la relation avec le ciel, avec soi-même et avec les autres. Il nous faut sans doute une clef de lecture pour mieux saisir les valeurs de ce royaume déconcertant. Nous la trouvons dans le « Notre Père », célèbre prière se trouvant au centre du discours de Jésus, dans laquelle nous découvrons notre profonde identité en tant qu’enfants d’un Père aimant. Le moine bénédictin et psychothérapeute Anselm Grün le dit bien : « Les exigences de Jésus ne peuvent être respectées qu’à partir de la prière et l’expérience qu’elle nous procure, celle d’être enracinés dans notre confiance filiale envers le Père du ciel »5.

    En fin de compte, l’amour et l’attention qu’on peut porter aux autres n’est rien que le reflet de l’amour qu’on a reçu de Dieu. C’est ainsi qu’on se manifeste réellement fils et filles du Père céleste. Car Dieu n’est pas seulement un Dieu pour les chrétiens : son amour est inconditionnel pour tous les humains et ne dépend pas de l’agir humain.
    Ce que propose ici le Christ n’est pas exactement un programme politique…Fin de l’extrait [Lire la suite dans la revue « Signe des Temps » de mai-juin 2017]


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  • EDS – Lundi 22 mai – L’amour, le but de la vertue chrétienne

    isez 2 Pierre 1.5-7 ; Romains 5.3-5 ; Jacques 1.3,4 et Galates 5.22,23. Quel est le thème récurrent de ces passages ?

    Les philosophes antiques avaient l’habitude de dresser des listes de vertus. On appelle souvent ce genre de listes un « catalogue de vertus », et on en trouve plusieurs exemples dans le Nouveau Testament (Rm 5.3-5 ; Jc 1.3,4 ; Ga 5.22,23). Les lecteurs de Pierre connaissaient sans doute ce genre de listes, même s’il y a des différences intéressantes entre ce que pourrait énumérer un philosophe et ce qu’énumère Pierre. Remarquez que Pierre a délibérément arrangé ces qualités en une seule séquence, de sorte que chaque vertu s’appuie sur la précédente, jusqu’à trouver leur point culminant dans l’amour.

    Le sens de chacune des vertus énumérées par Pierre est important : « La foi » : dans ce cadre, la foi n’est rien de moins qu’une croyance salvatrice en Jésus (voir Ga 3.11 ; He 10.38). « La force morale » : en grec arête, la force morale, ou vertu, bonne qualité de toute sorte, proclamée même chez les philosophes païens. Certes, la foi est cruciale, mais elle doit donner lieu à une vie transformée, où la vertu s’exprime. « La connaissance » : Pierre ne parle pas de la connaissance en général, mais plutôt de la connaissance qui provient d’une relation salvatrice avec Jésus-Christ. « La maîtrise de soi » : Les chrétiens matures sont en mesure de contrôler leurs élans, en particulier ceux qui mènent aux excès. « La persévérance » : C’est l’endurance, en particulier face aux épreuves et à la persécution. « La piété » : Dans le monde païen, le mot traduit ici par « piété » est un comportement éthique qui est la conséquence d’une croyance en un dieu. Dans le Nouveau Testament, il véhicule également l’idée d’un comportement éthique qui est la conséquence d’une croyance dans le seul vrai Dieu (1 Tm 2.2). « L’affection fraternelle » : Les chrétiens sont comme une famille, et la piété donne lieu à une communauté dans laquelle les gens sont aimables les uns avec les autres. « L’amour » : La liste trouve son apogée dans l’amour. Pierre ressemble à Paul :

    « Or maintenant trois choses demeurent : la foi, l’espérance, l’amour ; mais c’est l’amour qui est le plus grand » (1 Co 13.13).

    Avant que Pierre ne commence sa liste de vertus, il déclare que nous devons faire « tous nos efforts » (2 P 1.5) pour parvenir à ces vertus.
    Que veut-il dire par là ? Quel rôle les efforts humains jouent-ils dans notre volonté de mener une vie de piété et de fidélité ?


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