• Jusqu′où ira la bio-impression ?

    Par Jacques Sauvagnat
    On connaît depuis quelques années les imprimantes 3D capables de reproduire toutes sortes dobjets dans leurs trois dimensions. Aujourd′hui, cette technologie voit de plus en plus son application en médecine.

    L’invention de l’imprimante 3D en 1984 a permis de reproduire des pièces de rechange qui n’étaient plus fabriquées pour des mécanismes anciens, ou des éléments manquants pour la restauration d’objets d’art dégradés. Récemment, elle a commencé à être appliquée aux humains : prothèse de mâchoire en titane en 2011, prothèse de trachée pour un nouveau-né et crâne en 2013, fragment d’orbite en 2016. La bio-impression est définie comme « l’utilisation de procédés de fabrication numérique permettant d’organiser et d’assembler en 3D les constituants des tissus biologiques dans le but de produire des greffons pour la médecine régénératrice ou des modèles physiologiques pour la recherche biomédicale »1.

    Déjà en 1988, Robert Klebe avait réussi au Texas à imprimer le premier assemblage en 3D, de taille très réduite, avec de la matière organique2. En 2003, la bio-impression prend son essor aux États-Unis et au Japon. En France, cette technologie assistée par laser est mise au point en 2006 par le laboratoire de bio-ingénierie tissulaire de l’Inserm, à Bordeaux. Elle permet d’imprimer avec de l’encre cellulaire (cellules souches ou provenant de biopsies en suspension dans un milieu adéquat) des tissus cellulaires vivants3. En 2010, un pas supplémentaire est franchi : on passe de la bio-impression in vitro à la bio-impression in vivo, directement dans un animal4.

    Aujourd’hui, la bio-impression permet de fabriquer des tissus de la peau, de la cornée et du foie, du tissu musculaire et osseux, du collagène, du cartilage. Les chercheurs sont maintenant capables d’imprimer des tissus de plusieurs couches avec des concentrations cellulaires comparables à celles des tissus naturels, et ceci assez rapidement. Reste encore le problème de la survie à long terme de ces tissus. L’équipe de Bordeaux, menée par Fabien Guillemot, cherche à modéliser l’auto-organisation cellulaire dans le temps des tissus fabriqués. Ce qui serait un pas vers le développement tissulaire et même embryonnaire.

    Si des progrès ont été faits, il est encore impossible d’imprimer des organes capables de fonctionner. La difficulté vient de la complexité des organes, qui se composent de plusieurs types de tissus, et de la nécessité d’une bonne vascularisation qui reste toujours du domaine de l’exploit. Certes, l’entreprise américaine Organovo a réussi à imprimer un rein de taille millimétrique qui a survécu pendant cinq jours mais les spécialistes pensent que les organes bio-imprimés fonctionnels ne verront le jour que dans un avenir lointain5.
    Comme toujours, tout progrès dans le domaine médical soulève des questions éthiques. Dans le cas de la bio-impression, la commercialisation de tissus biologiques et peut-être un jour des organes obtenus par bio-impression risque de n’être favorables qu’à ceux qui en auront les moyens. La fabrication d’organes plus performants que les organes naturels pourrait aussi alimenter la tentation de développer l’homme « augmenté ».

    Cependant, ces avancées peuvent aboutir à des traitements personnalisés et palier l’insuffisance des dons de tissus ou d’organes. Elles peuvent réduire l’expérimentation sur les animaux et lutter contre les famines (certains parlent de reconstituer de la viande ou d’autres sources de protéines, ainsi que du cuir)6. Ainsi serait limité le gaspillage énergétique que représente l’élevage et serait épargnée la vie de millions d’animaux. Bien des problèmes écologiques de notre planète pourraient trouver une solution, mais est-ce le principal souci des sociétés engagées dans la bio-impression ?

    Notes : 

    1. F. Guillemot, V. Mironov & M. Nakamura, Bioprinting is coming of age : Report from the International Conference on Bioprinting and Biofabrication in Bordeaux (3B’09). Biofabrication ; 2(1):010201(2010 Mar). Doi: 10.1088/1758-5082/2/1/010201. Epub 2010 Mar 11.
    2. R. Klebe, Cytoscribing: A method for micropositioning cells and the construction of two- and three-dimensional synthetic tissues, Experimental Cell Research 179 (2) : 311-638 (December 1988)
    3. R. Devillard et al., Cell patterning by laser-assisted bioprinting. Methods Cell Biol. 119:159-74(2014). Doi: 10.1016/B978-0-12-416742-1.00009-3.1. Krings M. et al., 1997, Cell 90 (1):19–30.
    4. V. Keriquel et al. , In vivo printing for computer- and robotic-assisted medical intervention : preliminary study in mice, Biofabrication 2 (1) :014101 (2010). Les promesses de la bio-impression, Arte Future (29 décembre 2015).
    5. Idem.

    Disponible sur demande par mail à : commandes@viesante.com

  • EDS – Mardi 9 mai – Leader-serviteur

    Lisez 1 Pierre 5.3 et Matthieu 20.24-28. Quels principes cruciaux de leadership chrétien trouve-t-on dans ces textes ?

    En grec, le mot-clé dans 1 Pierre 5.3 est katakurieuontes. On trouve le même mot dans Matthieu 20.25, et il signifie « exercer la domination » ou « regarder quelqu’un de haut ». On pourrait ainsi traduire les directives données dans 1 Pierre 5.3 par : « non pas en regardant de haut ceux qui vous ont été confiés », et elles reflètent les paroles de Jésus dans Matthieu 20.25. Matthieu 20.20-23 nous précise le cadre dans lequel Jésus prononce ces paroles de Matthieu 20.24-28. La mère de Jacques et de Jean s’était approchée de Jésus avec une demande : que l’un de ses fils puisse s’asseoir à sa droite et l’autre à sa gauche, quand il entrerait dans son royaume.

    « Jésus les traite avec douceur, s’abstenant de leur reprocher leur égoïsme qui leur faisait désirer d’obtenir un traitement préférentiel. Il lit dans leur coeur, il sait l’attachement profond qu’ils ont pour lui. Leur amour n’est pas une simple affection humaine ; c’est le trop-plein de son amour rédempteur qui a débordé sur eux, mais qui a été souillé en passant par le canal humain. Au lieu de réprimander, il veut approfondir et purifier ». Ellen G. White, Jésus-Christ, p. 541.

    Jésus explique que cette position d’honneur est accordée par le Père, et pas par lui-même. Mais il poursuit en expliquant que la différence-clé entre son royaume et ceux des nations païennes, c’est le genre de chef qui émergera dans le sien. Ceux qui veulent être des chefs dans ce royaume dont Jésus est le chef doivent devenir serviteurs, car les chefs du royaume de Jésus sont comme Jésus.

    « C’est ainsi que le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour une multitude. » (Matthieu 20.28.)

    Pierre appelle ainsi les dirigeants d’Église au même idéal : la soumission et le renoncement à soi-même manifestés par Jésus doivent également se manifester chez eux.

    Lisez Philippiens 2.4-8.

    En quoi les paroles de Paul coïncident-elles avec les écrits de Pierre ?
    Plus important encore, comment accomplir tout ce que nous avons été appelés à faire dans ces versets ?


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