Recevoir et transmettre la pensée du Maître

Jean-Paul BARQUON
Rédacteur en chef de la Revue adventiste, secrétaire général de l’Union des Fédérations adventistes

Lorsque l’on parle d’éducation, on pense d’emblée aux enfants et aux jeunes. La transmission des connaissances reste vitale pour le développement de ceux qui découvriront par de plus amples expériences les vicissitudes inhérentes à l’existence de l’être humain. Aujourd’hui dans le monde, plus d’un milliard d’enfants et de jeunes bénéficient d’une éducation dans des écoles maternelles, primaires et secondaires ou des universités.

Toutefois, tous les enfants et les jeunes de notre planète n’ont pas ce privilège : en Asie du Sud, de l’Ouest et en Afrique subsaharienne selon les informations récentes de l’Unesco et de différentes ONG. Sosthène de la Rochefoucauld-Doudeauville affirmait déjà en 1861 : « L’éducation est pour l’enfance ce qu’est l’eau pour une plante1».

Devenu adultes, nous avons autant besoin d’eau pour vivre. L’éducation concerne tous les âges et les années ne le font pas disparaître. En bon pédagogue, le Christ enseigna ses disciples durant plusieurs années. S’il s’est intéressé aux enfants, ou du moins s’il ne les a pas repoussé2, il s’est entouré de personnes adultes et a côtoyé différentes classes sociales. Le monde gréco-romain multipliait les écoles et les académies avec les pythagoriciens, les platoniciens, les aristotéliciens ou les stoïciens. Les élèves venaient assister à un cycle de cours, s’astreignaient à mémoriser les préceptes éthiques enseignés par leur pédagogue.

L’éducation du Christ était plus vivante que les pratiques ordinaires de l’époque. Les disciples du Christ n’obéissaient pas à ces modèles. Si Philon avait son école, Hillel et Shammaï la leur, les disciples du Christ avaient un maître si exceptionnel qu’ils ne cesseront pas d’en parler jusqu’à la fin de leur vie.

Ce n’est pas un chemin de velours, parsemé de roses que Jésus leur proposait. Il leur annonçait qu’ils seraient méprisés, qu’ils rencontreraient des obstacles et de l’hostilité, qu’ils devraient affronter des dangers.

« Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renie lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive3 ».

Dans son enseignement, Jésus utilisait souvent des illustrations empruntées à des faits populaires, des coutumes et des traditions de la société de son époque. Elles étaient parlantes pour les premiers disciples et pour leurs contemporains. Elles le sont moins pour nous. Elles exigent de notre part un effort de compréhension, d’adaptation et de transposition. Nous sommes aussi invités à rester audibles dans la transmission de nos valeurs. Cette transmission ne nous autorise ni à déformer l’enseignement du Christ ni à dénaturer le sens de l’universel.

Durant toute notre vie, nous aurons toujours besoin d’apprendre, d’enrichir nos existences et de compléter nos connaissances. André Malraux avait probablement vu juste en affirmant : « La culture ne s’hérite pas, elle se conquiert ».  [La] Revue adventiste [de ce mois-ci] consacre plusieurs articles aux 80 ans de l’Ensemble Scolaire Maurice Tièche, un établissement permettant à vos enfants d’étudier dans une ambiance sereine et chrétienne. L’éducation tient une place de choix dans l’histoire de notre Église.

Notes :

  1. Sosthème de la Rochefoucauld-Doudeauville, Livre des pensées, 8, 1861.
  2. Matthieu 19.14.
  3. Matthieu 16.24.
  4. André Malraux, Hommage à la Grèce, 28 mai 1959.
Source : Avril 2017 | Revue adventiste | 3

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