Liberté de pensée… et d′action

Par Gabriel Monet
Pour la rédaction de la Revue Signes des Temps

Florent Pagny a bien raison quand il chante « vous n’aurez pas ma liberté de penser ». L’acte intime et personnel qu’est celui de penser est un des rares champs d’une véritable et totale liberté.

Pourtant, si nos pérégrinations intérieures peuvent nous amener jusque vers des horizons nouveaux, insoupçonnés, originaux, ils débouchent parfois sur le désir d’un agir qui tranche avec ce que la société propose (ou impose) ; qui diffère de ce que la majorité prône. Se conformer ou objecter ? Telle est alors la question… Une interrogation qui demeure d’actualité dans bien des domaines de la vie, que ce soit en lien avec l’économie, la santé, l’éducation, la laïcité, et bien sûr avec les forces armées, domaine dans lequel a émergé la notion d’objection de conscience.

Si l’apôtre Paul affirme : « Que tout homme soit soumis aux autorités qui exercent le pouvoir »1, laissant à penser qu’il est bon de se conformer, il fait en réalité allusion aux magistrats qui selon lui sont établis par Dieu et qui prônent « le bien ». Le « motif de conscience » qu’il invoque ne peut alors que nous pousser à cette soumission puisqu’il s’agit de tendre vers le bien. Mais que faire lorsqu’il y a dissonance entre ce que les gouvernants imposent et notre conscience ? Cela devient plus complexe. Or dans le chapitre suivant, Paul, évoquant certes un sujet différent, partage néanmoins un principe clé : « Tout ce qui n’est pas le produit d’une conviction est péché »2.

Entre respect des autorités et fidélité à nos convictions, lorsque notre cœur balance et que les deux ne sont pas compatibles, il y a une légitimité à objecter. C’est en tous cas ce que font les objecteurs de conscience pour qui le commandement « Tu ne tueras point » est si important qu’il devient inconcevable de porter les armes, et encore plus de s’en servir.

Certes, dans bien des pays l’armée est devenue professionnelle ce qui simplifie les choses, mais l’objection de conscience n’en est pas moins un choix de vie, légitime et à défendre, qui cherche à harmoniser liberté de pensée et d’action.

Notes

  1. Romains 13.1.
  2. Romains 14.23.
Source : Revue Signes des Temps – Mars -avril 2017 – Page 3

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