2017 – Signes des Temps face au défi de la Post-vérité

« Frères et sœurs chrétiens, soyez patients, le Seigneur vient ! Regardez le cultivateur, il attend avec patience les belles récoltes de la terre, depuis les premières jusqu’aux dernières. Vous aussi, soyez patients ! Courage, le Seigneur vient bientôt ! »1

Jean-Claude Nocandy
Directeur de publication

Le très fameux Oxford English Dictionnary a choisi comme mot de l’année 2016 la locution anglaise post-truth ou, en français post-vérité.
Cette expression qualifie des « Circonstances dans lesquelles les faits objectifs ont moins d’influence pour modeler l’opinion publique que les appels à l’émotion et aux opinions personnelles. »

Rien à faire de la vérité !2
Le dictionnaire d’Oxford précise que le préfixe post n’exprime pas l’idée d’après comme dans post-guerre et postmodernité mais renvoie au concept « d’éléments qui appartiennent à une époque dans laquelle le concept de vérité n’a plus d’importance ou est insignifiant ».

Souhaiter et formuler des vœux de paix, de joie et d’espérance pour cette année 2017 pourrait sembler superficiel dans une société française où : « On le sait, on l’entend, on le répète, on le constate ; les français sont d’insondables pessimistes, des dépressifs lourds, d’incurables anxieux, des masochistes majuscules. Ils broient du noir, craignent l’avenir, cultivent la nostalgie d’un âge d’or révolu, entretiennent la rengaine du « c’était mieux avant ». Au mieux, ils se replient sur eux-mêmes, au pire, ils se bourrent de médicaments ou se précipitent avec délectation sur le premier essayiste qui fait du déclin national son fonds de commerce. »3

Comment qualifier le fait que, depuis près d’une décennie, il n’y ait pas de croissance du revenu par tête4 ? Comment définir l’égalité, lorsque nous vivons dans un pays où le patrimoine des 10% les plus riches est huit fois supérieur au patrimoine médian ? Comment parler d’avenir lorsque le taux de chômage atteint 50% des jeunes non qualifiés, qu’il y a un écart de sept points, à qualification égale, entre le taux de chômage des descendants d’immigrés et celui des natifs ? Si bien qu’à la question : « Quand vous imaginez la France dans dix ans, pensez- vous que les différents groupes vivront… ? » Seuls 13% des sondés imaginent un vivre- ensemble, dans une bonne entente, tandis que 73% s’attendent au contraire à des tensions. Certains s’attendent, même, à une guerre civile.

« C’est dans ce contexte de doutes, de manipulations, de crise de confiance que nous sommes appelés à être un signe des temps en partageant la bonne nouvelle de Jésus-Christ et de son proche retour. »

Toutefois, je me suis laissé interpellé par le rapport de France Stratégie, Lignes de faille d’octobre 2016.5 En effet, France Stratégie a initié en 2015, une série de 12 séminaires, qui portaient sur la défiance démocratique, l’école et quartiers ghettoïsés, discriminations, racisme et antisémitisme, laïcité, radicalisation, insécurité culturelle, violence et sentiment d’insécurité, terrorisme, chômage et peur du déclassement, inégalités territoriales et, enfin, conflits entre générations. Ces séminaires furent associés à une enquête d’opinion réalisée par l’IFOP et différentes recherches et analyses de données sociologiques, économiques et historiques. France Stratégie a choisi d’explorer six sujets, lignes de faille qui divisent les français. À chacun de ces sujets, le constat s’avérait identique, d’un côté des perceptions ou des représentations collectives sombres issues d’analyses quantitatives et qualitatives puis, de l’autre côté, des chiffres qui, sans être satisfaisants, ne permettaient pas d’être négatif à outrance sur notre pays.

Prenons ces six failles et confrontons-les à la réalité froide des chiffres :

Riches versus Pauvres

53 % : les Français sont les Européens qui perçoivent les plus fortes tensions entre riches et pauvres (36 % en moyenne dans l’UE).
14 % : la France a l’un des plus bas taux de pauvreté d’Europe (3 points de plus en Allemagne et au Royaume Uni, 7 points de plus en Italie et en Espagne).

Ascension versus Déclassement

3/4 des Français se positionnent dans les classes moyennes inférieures, populaires ou défavorisées.
2/3 des Français appartiennent à la classe moyenne.

Emploi versus Chômage

40 % des Français estiment qu’il y a un risque de chômage dans les mois à venir pour eux-mêmes ou l’un de leurs proches.
3.3 % c’est la probabilité pour un salarié employé d’être au chômage un an plus tard – cette probabilité varie de 1,8 % pour les cadres à 7,3 % pour les ouvriers non qualifiés.

Les jeunes versus les moins jeunes

70 % des Français jugent que la situation des moins de 30 ans est plus difficile que celle des générations précédentes.
1 jeune sur 2 en emploi est titulaire d’un contrat à durée limitée…

Lire la suite dans la revue "Signes des Temps" du mois de janvier-février 2017

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