• L′humilité ? Je haïs ce mot.

    Par Gérard FRATIANNI – Bibliste, pasteur à la retraite

    Dans l’imaginaire collectif, ce mot évoque : bigoterie, négation de soi, humiliation, etc.. Face au théâtre du paraître d’aujourd’hui, cette vertu
    ne fait pas le poids. Elle a perdu son attrait et inspire la peur !

    Pour le monde antique déjà, ce mot n’avait pas bonne presse. Chez les Grecs, taxer quelqu’un de tapeinos, (humble), était loin d’être un compliment, mais signifiait, vil, bas, petit, misérable, peu élevé, ignoble, sans valeur etc… Pour les latins, l’humble, « l’humilis », « l’humus », « la glèbe », l’homme qui n’avait pas gagné du « rang » du « prestige » pour accéder à la « dignité », avait une connotation péjorative. Or, selon les Écritures, l’homme n’est pas seulement pétri « d’humus », (insignifiant), il est aussi traversé du « souffle de Dieu » qui le rend noble. Ce ne sont pas ses diplômes, son argent, ses compétences qui lui confèrent sa dignité. Elle lui est donnée gratuitement et sans contrepartie, par le Créateur lui-même à sa naissance. C’est une valeur fondamentale et universelle qui ne vient pas du bas, mais d’ailleurs. Pascal situe la dignité de l’homme dans la pensée, dans le fait de se savoir misérable et mortel. « La grandeur de l’homme est grande en ce qu’il se connaît misérable… C’est être grand que de se connaître misérable ». Et ce penseur d’ajouter : « il est bien grand, puisqu’il reconnaît qu’il est misérable1 ».

    Dignité et humilité ne sont pas incompatibles. Mais il faut être conscients que naviguons entre ces deux écueils : grandeur et misère, auto exaltation et autodépréciation, entre charybde et scylla : c’est notre comportement qui révélera les sentiments qui nous habitent. A. Le vertige de la grandeur : Face à cette « grandeur » qui m’habite, « l’humus » rappelle mes origines, le sol, la terre. La Bible confirme cette origine modeste : nous sommes « une vapeur », « un souffle », « une herbe, une fleur qui sèche 2 » etc..

    C’est une invitation à l’humilité, une mise en garde contre l’arrogance, le délire de la toute-puissance. L’humble sait qu’il ne sait pas tout et ne peut pas tout. L’arrogant veut l’ignorer. L’humble a besoin des autres. L’orgueilleux raie les autres de sa liste. L’humble vise à « être », l’arrogant à « paraître ». L’humble se voit tel qu’il est, l’orgueilleux tel qu’il aimerait être. L’humble vit par inclusion, l’arrogant par comparaison et exclusion. Ces textes soulignent l’équilibre à viser3. J’aime cette pensée du Patriarche Athénagoras : « Je suis désarmé de la volonté d’avoir raison, de me justifier en disqualifiant les autres. Je ne suis plus sur mes gardes, jalousement crispé sur mes richesses. J’accueille et je partage. Je ne tiens pas particulièrement à mes idées, à mes projets. Si l’on m’en présente de meilleurs, j’accepte sans regrets. J’ai renoncé au comparatif. Ce qui est bon, vrai, réel, est toujours pour moi le meilleur4 ».

    B.Le danger de mon insignifiance : le souffle divin rappelle mon statut d’enfant de Dieu, ma dignité, afin que je ne tombe pas dans l’autodévaluation5. Encore Pascal : « Nous sommes quelque chose (pas rien), mais ne sommes pas tout. Le peu que nous avons d’être nous cache la vue de l’infini6 ». L’homme oriental illustre l’humilité de la manière suivante : la bonne semence dans un champ, après la germination, ne se distingue pas de l’ivraie. À la maturité, les épis de blé, inclinent leurs têtes lourdes de grains. Tandis qu’on remarque les épis de l’ivraie, dressant leurs têtes vides à la verticale au-dessus des têtes baissées des épis chargés de grains. L’heure de la différence est
    arrivée. Dans nos latitudes, on compare l’humble à un arbre chargé de fruits dont les branches s’inclinent vers le bas, alors que l’arbre symbolisant l’arrogance pointe ses branches nues vers le ciel. Pour l’Ancien Testament, l’humble, le pauvre, l’anawah était apparenté à « l’ami », le malheureux, l’humble, le doux, le pauvre, l’affligé, le courbé, l’opprimé, était le bien-aimé de Jahweh.

    Pour le Nouveau Testament, l’humble, le Tapeinos, l’humble, le faible, le pauvre en esprit, l’enfant, est l’opposé de ce qui est élevé. Jésus en fait le trait essentiel du croyant, caractérisé par la soumission et dépendance totales à Dieu. (cf. les Béatitudes). Avec la venue de Jésus, l’humilité acquiert ses lettres de noblesses. Et au Moyen-Age, c’est le dérapage. L’humble est celui qui s’annule, se méprise, se lacère et se considère un « rien ». Mais à force de vouloir être « rien », on le devient. Dieu aurait créé des « riens » ? Mais comment enrichir les autres avec des « riens » ? Comment construire sa vie avec des « riens » ? Un « rien » qui rencontre un autre « rien », cela donne toujours « rien » et même multiplié par des milliers de « riens », le « rien » demeure toujours « zéro ». Se sentir un « rien », est-ce vraiment de l’humilité ? Que pensez-vous d’un peintre, d’un sculpteur, d’un écrivain, ou de n’importe quel autre artiste qui inviterait des gens à aller voir ses oeuvres en y ajoutant : vous savez, ce que vous allez voir c’est vraiment « nul », c’est « moche » ! Alors que Dieu a déposé dans le coeur de l’homme son image et « une puissance semblable à celle du Créateur7» et l’a comblé de talents ! Nous sommes des « théophores » nous portons Dieu en nous, c’est loin d’être « rien » ! Jésus nous a rendus dignes de notre Créateur. [Voir plus…]

  • EDS – Lundi 13 mars – Attrister l’Esprit : 1re partie

    Lisez Ep 4.30. Ici, Paul emploie un impératif et nous prévient de ne pas attrister le Saint-Esprit. Que signifie attrister le Saint-Esprit ?

    Le Saint-Esprit est un être personnel, et non simplement une force divine. C’est pourquoi on peut l’attrister. Mais de quelle manière attristons-nous le Saint-Esprit ? Nous devrions peut-être nous rappeler que l’une des tâches du Saint-Esprit est de nous faire prendre conscience du péché (Jn 16.8). Il nous amène à Jésus, qui pardonne nos péchés et nous sanctifie. Après tout, l’Esprit de Dieu est appelé saint. Cela signifie qu’il déteste le péché. Mais il se réjouit quand nous obéissons à Dieu en toutes choses, que nous pensons et parlons de choses pures et saintes. D’un autre côté, cela signifie aussi qu’il est attristé quand nous chérissons tout ce qui est indigne de notre vocation divine. Toute détermination de notre part à nous accrocher au péché ou à minimiser la gravité du péché l’attriste. Attrister le Saint-Esprit est quelque chose de très sérieux.

    Paul fait cette déclaration dans Éphésiens 4.30 en évoquant deux modes de vie : avant et après la conversion. En tant que nouvelles créatures en Christ, nous devons être patients et doux les uns envers les autres, nous supporter les uns les autres, dans l’amour, en nous efforçant de conserver l’unité de l’Esprit par le lien de la paix (Ep 4.2,3). Étant renouvelés par l’Esprit (Ep 4.23), nous suivons à présent Christ, notre nouveau chef (Ep 4.15), et ainsi nous ne marchons pas dans la vanité de notre esprit, comme le font les païens (Ep 4.17). Au lieu de cela, nous vivons une vie qui plaît à Dieu (Ep 4.24-31). Chaque fois que nous laissons de la place dans notre coeur à l’une des choses mentionnées dans ces versets au chapitre 4, et quand elles se manifestent dans nos paroles et nos actes, alors l’Esprit est triste et chagriné.

    Attrister le Saint-Esprit signifie repousser sa présence sanctifiante et sa puissance transformatrice en continuant délibérément à pécher.
    Le Saint-Esprit n’est pas indifférent à la manière dont nous vivons.

    Lisez Ep 4.25-31, et faites la liste des comportements moraux spécifiques qui attristent le Saint-Esprit.
    Pourquoi le Saint-Esprit est-il attristé par ces choses ?


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