EDS – Jeudi 3 novembre – Prompt à juger

Une bonne partie des propos qu’Eliphaz a tenus à Job était exacte. Autrement dit, il avait raison sur bien des points, points que l’on retrouve exprimés plus tard dans la Bible. Pourtant, la réponse qu’il a faite à Job n’en demeurait pas moins terriblement injuste. Le problème n’était pas tant ses paroles. Le problème se situait davantage dans la situation. Ce qu’il disait – les vérités qu’il prononçait – ne s’appliquait tout simplement pas à la situation donnée (voir la leçon de la semaine prochaine).

Notre monde est un endroit compliqué. C’est facile de considérer la situation et de lancer quelques clichés, ou même quelques textes bibliques qu’on pense adaptés à la situation. C’est peut-être le cas. Mais bien souvent, ce n’est pas le cas. Voyez cette déclaration d’Ellen G. White sur notre tendance à nous attribuer ce qui nous arrive. « La Bible nous enseigne d’une façon parfaitement claire que ce que nous faisons est le résultat de ce que nous sommes. Nos expériences sont essentiellement le fruit de nos pensées et de nos actions. » Ellen G. White, Education, p. 167.

C’est une vérité profonde et importante. Mais vous imaginez quelque saint bien intentionné qui s’approche de quelqu’un dans une situation similaire à celle de Job pour lui lire la déclaration précédente (dans certains cas, malheureusement, on ne l’imagine que trop bien) ? Combien il aurait été préférable pour ce saint bien intentionné de suivre cet autre conseil à la place : « Il en est beaucoup qui prétendent représenter la justice de Dieu et qui sont loin de manifester sa tendresse et son grand amour. Il arrive souvent que ceux envers lesquels ils se montrent si sévères soient assaillis par la tentation. Satan lutte avec ces âmes, et des paroles dures et méchantes les découragent au point d’en faire la proie facile du tentateur » Ellen G. White, Le ministère de la guérison, p. 137.

Le fait est, et c’est souvent le cas, qu’Eliphaz et tous les autres, y compris Job, ignoraient quasiment tout de ce qui se tramait. Ainsi, Eliphaz et sa promptitude à juger, même avec sa bonne théologie, n’étaient pas la bonne attitude à adopter étant donné les circonstances. Pourquoi les textes suivants devraient-ils constituer notre préoccupation première dès que l’on se trouve face à quelqu’un, en particulier ceux que nous savons être fautifs ? Mt 7.1,2 ; Rm 2.1-3 ; 1 Co 4.5.

Même si Eliphaz avait eu raison, et que Job s’était attiré toute cette souffrance, ses paroles étaient imprudentes et inopportunes. Job est un symbole de toute l’humanité, car nous sommes tous pris dans le grand conflit, et nous souffrons tous dans ce conflit. Nous avons tous, à un moment donné, besoin de compassion, et non de leçons de morale. Bien sûr, il y a un temps pour être sermonné. Mais quand un homme est assis sur un tas de cendres, que sa vie est ruinée, ses enfants morts, et son corps couvert de plaies, ce n’est vraiment pas le bon moment.


VOTRE GUIDE EDS ICI 
edsguide4t2016-43<< VERSION PDF
edsguide4t2016-39>> VERSION MP3

Les commentaires sont fermés