• Dieu incapable dans sa toute-puissance ?

    Le sénateur de l ’État du Nebraska (USA), Ernie Chambers, en 2008, a poursuivi Dieu en justice. Il a porté plainte contre lui devant le tribunal du comté de Douglas. Il lui a demandé de cesser certaines de ses activités néfastes. Il lui reproche notamment de ne pas intervenir pour faire cesser les famines, les sécheresses, les ouragans, les génocides… et de n’avoir jamais répondu à ses nombreuses sollicitations ». Le juge américain a rejeté cette plainte déposée contre Dieu, retenant qu’il ne pouvait le convoquer à la barre d’accusation, en l’absence d’une adresse connue2 !

    lookupchurchCe que la toute-puissance divine n’est pas Même si ce coup d’éclat n’a pour but que de montrer la facilité avec laquelle on peut porter plainte aux USA, elle a le mérite de poser la bonne question de la toute-puissance de Dieu, car chaque fois qu’une tragédie naturelle, ou provoquée par les hommes, vient frapper notre planète, la toute-puissance divine est mise à mal.

    D’où la sempiternelle question : S’il est tout-puissant, pourquoi ne fait-il pas usage de cette super puissance ?

    Suit une seconde question aussi importante : comment bien parler de Dieu à nos contemporains, en quête de sens et de transcendance ?

    Nuances et prudence s’imposent dans notre tentative de réponse.

    Le Credo de Nicée affirme : « Je crois en Dieu notre Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre ». La toute-puissance sous-entend que « rien n’est impossible à Dieu3 ». C’est vrai et c’est biblique, cependant, si on pousse au-delà de l’intention de l’Évangile, on peut fausser la pensée des Écritures. Nous allons voir que Dieu se fixe des limites et se conforme au choix qu’il fait pour agir et se révéler. À quoi bon courir derrière une toute-puissance de Dieu qu’il a potentiellement, mais qu’il a décidé de ne pas utiliser ? « La non-puissance n’est pas l’impuissance, mais une décision, de la part de celui qui a, qui détient une puissance, de ne pas s’en servir, de ne pas user de la puissance4 ». Exactement comme s’est comporté notre Seigneur. Jamais il n’a eu recours à sa divinité pour accomplir ses nombreux prodiges. Il y a des voitures qui peuvent faire 300 et même 400 km à l’heure. Mais le code de la route, dans notre pays ne permet pas de dépasser, sur une autoroute, les 130 km. La puissance est bien supérieure à son usage. Deux choses à ne pas confondre.

    La volonté de Dieu est que tous les hommes soient sauvés, mais hélas, tous ne le seront pas5. Il aurait à disposition de quoi obliger les hommes à accepter le salut.

    Mais il a décidé, par respect du libre arbitre accordé à chacune de ses créatures, de ne pas faire appel à des moyens contraignants. La Bible ne nous révèle pas un Dieu Justice qui intervient toujours au dernier moment comme le feraient certains héros populaires (Tarzan, Zorro, Superman, Spiderman ou Robin des Bois). Nous avons des exemples dans les Écritures et dans la vie quotidienne, où Dieu n’arrive pas toujours à l’endroit où nous l’attendions. C’est souvent un mystère pour notre foi, une incompréhension pour notre raison.

    Il existe aussi des choses que Dieu ne peut faire, parce qu’elles sont à l’encontre de sa nature, de sa vision et de ses choix. Par exemple : lui demander de faire « qu’un cercle soit carré », « de construire un bateau ou une pierre qu’il n’arrive pas lui-même à déplacer », « de faire mieux que ce qu’il fait », de faire en sorte qu’une chose soit à la fois existante et inexistante, ou encore « de se suicider » et autres sophismes de ce genre !

    Dieu ne peut faire du mal à partir d’une nature et d’une volonté qui se veulent parfaites. Le mal est une imperfection dans la création. Maintenant je résonne par l’absurde : même si Dieu avait la faculté de faire du mal, il s’en abstiendrait, car un Dieu parfaitement sage serait capable de se maîtriser. Nous sommes loin d’être des hommes et des femmes parfaits, donc, capables d’assassiner quelqu’un et pourtant la plupart d’entre nous ne le font pas. « Ce n’est pas parce que Dieu ne veut pas accomplir une action qu’il ne peut pas le faire6 ».

    Il nous faut donc revisiter la notion de la toute-puissance et si nécessaire, la convertir en une compréhension plus harmonieuse avec la révélation biblique et plus digne de notre créateur.

    L’expression, « la toute-puissance de Dieu » pourrait s’avérer trompeuse. Voici déjà certaines choses que Dieu ne peut et ne veut pas faire selon l’ensemble de la révélation des auteurs bibliques : Dieu ne peut pas mentir « Dieu n’est point un homme pour mentir, ni fils d’homme pour se repentir. Ce qu’il a dit, ne le fera-t-il pas ? Ce qu’il a déclaré, ne l ’exécutera-t-il pas ? » « Dieu n’est point un homme pour mentir… » « Paul, serviteur de Dieu, et apôtre de Jésus-Christ pour la foi des élus de Dieu et la connaissance de la vérité qui est selon la piété, lesquelles reposent sur l’espérance de la vie éternelle, promise dès les plus anciens temps par le Dieu qui ne ment point ». L’auteur de l’épître aux Hébreux va plus loin, il affirme l’impossibilité « que Dieu puisse mentir7 ». Mentir c’est mal. Dieu est amour et l’amour ne ment pas. Demander à Dieu de mentir c’est lui demander l’impossible. C’est l’exposer au côté obscur… [Voir plus…]

  • EDS – Mardi 29 novembre – Elihou prend la défense de Dieu

    On a beaucoup écrit sur Elihou et son discours, certains le voyant comme un tournant majeur dans le dialogue. Pourtant, on a du mal à voir ce qu’Elihou ajoute de si nouveau et de si révolutionnaire, au point de changer la dynamique du dialogue. En effet, il semble plutôt avoir les mêmes arguments que les trois autres, qui, eux aussi, tentaient de justifier le caractère de Dieu face à cette accusation d’injustice.

    Lisez Job 34.10-15. Quelles vérités Elihou exprime-t-il ici ? En quoi sont-elles comparables à ce que les autres hommes ont déjà dit ? Et même si ses paroles étaient vraies, pourquoi étaient-elles déplacées dans cette situation ?

    Ce qu’on voit avec Elihou, c’est peut-être, comme avec les autres, la peur. La peur que Dieu soit différent de ce qu’ils croient. Ils veulent croire en la bonté, en la justice et en la puissance de Dieu. Et donc, que fait Elihou à part prononcer des vérités sur la bonté, la justice et la puissance de Dieu ?

    « Car il a les yeux sur les voies de l’homme, il regarde tous ses pas. Il n’y a ni ténèbres ni ombre de mort où puissent se cacher les malfaisants. » (Job 34.21,22.)

    « Dieu est puissant et il ne renonce pas ; il est puissant par la force de son intelligence. Il ne laisse pas vivre le méchant et il fait droit aux affligés. Il ne détourne pas les yeux du juste ; il place des rois sur le trône, il les y fait asseoir pour toujours, afin qu’ils soient élevés. » (Job 36.5-7.)

    « Nous ne saurions parvenir jusqu’au Puissant ; il est grand par la force, par l’équité et par une souveraine justice : il n’afflige personne. C’est pourquoi les hommes doivent le craindre ; il ne porte les regards sur aucun des sages. » (Job 37.23,24.)

    Si tout cela est vrai, alors la seule conclusion logique que l’on peut tirer, c’est que Job n’a que ce qu’il mérite. Quoi d’autre ? Elihou essayait de préserver sa propre compréhension de Dieu face aux terribles malheurs qui arrivaient à un homme aussi bon que Job.

    Êtes-vous déjà passé par des moments de souffrances telles que vous avez craint pour votre foi ? Comment avez-vous réagi ?
    Avec le recul, qu’auriez-vous fait différemment ?


    VOTRE GUIDE EDS ICI 
    edsguide4t2016-69<< VERSION PDF
    edsguide4t2016-69>> VERSION MP3