• Crois, vois et creuse-toi les méninges !

    Par Corinne Egasse

    On peut choisir une foi puriste, qui fustige l’imposture des scientifiques, ces échafaudeurs de châteaux de cartes.
    On peut choisir une science hautaine,
    qui relègue Dieu au rang de vestige des temps pré-scientifiques.
    On peut 
    aussi chercher, patiemment et humblement, une voie médiane respectueuse des aspirations profondément enfouies dans l’âme de l’homo sapiens.

    Pas de doute, la science et la religion ne font pas bon ménage, et ce au moins depuis que Galilée s’est fait condamner au XVIIe siècle par l’Église catholique romaine pour avoir affirmé haut et fort que la terre tournait autour du soleil. Pourquoi Galilée, confirmé par toute l’astronomie postérieure, disait-il vrai ? Parce qu’il observait le monde réel qui l’entourait, le mesurait, émettait des hypothèses et les vérifiait par de nouvelles observations. Pourquoi l’Église se trompait-elle ? Parce qu’elle n’observait pas mais affirmait, fière gardienne d’un héritage séculaire : la Bible, socle de ses croyances, place la terre au cœur de l’activité créatrice de Dieu, le ciel l’entoure et les astres sont à son service pour l’éclairer1.

    Le géocentrisme est une évidence, l’héliocentrisme une hérésie. Ne nous y trompons pas. Malgré les apparences, la ligne de démarcation n’est pas entre les croyants2 et les scientifiques. Il n’y a pas d’un côté le chrétien parfait connaisseur de la Bible, du credo et de l’histoire de ses croyances, et de l’autre le scientifique maîtrisant toutes les connaissances et toutes les lois de la physique, des mathématiques, de la biologie, de la géologie, de l’astronomie et j’en passe. D’ailleurs, chacun de ces types idéaux n’existe pas dans la réalité des personnes. Les vraies personnes, faites d’une pâte humaine vivante, modelable, en constant mouvement, créent chacune un cocktail unique à partir des
    ingrédients offerts à leur intelligence.

    Et pour chaque personne, le curseur religieux se positionne tout au long de la ligne des possibles, depuis l’athéisme le plus dur jusqu’à la foi du charbonnier la plus rudimentaire et la plus naïve, en passant par toutes les nuances d’une curiosité modérée pour l’au-delà du monde visible, d’une foi hésitante, d’une conviction plus affirmée, d’une pratique traditionnelle vide de sens, d’une prudente adhésion – on ne sait jamais –, d’un engagement intime régulièrement passé au crible d’une réflexion exigeante.

    De même, le curseur scientifique peut glisser de l’ignorance la plus opaque au prix Nobel de physique ; il se règle plus souvent sur des connaissances de base apprises à l’école et médiocrement entretenues par quelques documentaires d’Arte. Aussi devons-nous admettre que
    le traditionnel conflit entre science et religion met aux prises des adversaires peu au fait des arguments qu’ils manipulent, avec un aplomb souvent inversement proportionné à leur maîtrise du sujet.

    Un peu de modestie siérait bien à tous les protagonistes. Je ne ferai pas le procès des arrogants parmi les scientifiques, que chacun balaie devant sa porte. Me situant dans la catégorie des croyants au curseur religieux positionné sur une foi tenace et au curseur scientifique vibrant
    d’admiration mais manquant d’outils conceptuels, je réfléchis à la façon dont un chrétien peut s’adapter au bombardement permanent des avancées scientifiques.

    L’adaptation par l’ignorance ou le déni est une impasse. L’adaptation par établies est une voie stimulante, mais dont l’audace fait peur à beaucoup. Pourtant le chrétien n’a aucune raison d’avoir peur, précisément puisqu’il croit que Dieu l’a créé avec les fabuleuses potentialités de son cerveau, et donc que faire usage de ce cerveau honore le créateur. Et s’il se perd un peu dans des hypothèses hasardeuses qui seront démenties 10 ou 60 ans plus tard, la belle affaire !  Ce n’est pas le péché contre le Saint-Esprit ! Notre cerveau produit des systèmes
    généraux intégrant toutes les données à notre disposition, c’est normal, il est fait pour ça. Et même si c’est inédit, il peut oser. Le problème commence lorsqu’un cerveau cherche à imposer à d’autres le fruit de ses élucubrations…

    Une grande crainte du chrétien est de se mettre en porte à faux par rapport à la Bible. C’est une crainte légitime, la Bible étant le socle sur lequel se construit la foi chrétienne. Encore convient-il de cerner dans quel champ de la vérité la Bible se situe. Elle remonte à la Haute Antiquité, aussi peut-on s’attendre à quelques décalages avec aujourd’hui. Beaucoup de ces décalages ne gênent guère ses lecteurs, qui n’y font même pas attention. Par exemple, dans le monde de la Bible, les hommes portent des robes ou des tuniques, la société se partage entre
    hommes libres et esclaves, les gouvernants sont des rois ayant tout pouvoir. Aucun chrétien n’est choqué qu’on ne vive plus selon ces données bibliques, au contraire. Nous admettons donc très naturellement et sans vraiment y réfléchir que la Bible ne nous donne aucune vérité permanente en matière de société, de vêtement, pas plus qu’en art militaire (bien qu’elle en parle beaucoup), en agriculture, en mathématiques, en chimie, etc.

    Cela ne trouble personne et ne génère aucun combat. On se demande bien pourquoi elle serait plus pertinente, après l’Antiquité, en astronomie, en géologie, en biologie, en physique quantique et que sais-je. Ne nous trompons pas de combat. Si la Bible a traversé les siècles, ce n’est pas pour nous instruire sur les neutrons ou sur les fossiles, mais pour nous parler de Dieu et des façons multiples dont il entre en relation avec l’homme. Cette vérité-là est permanente. Elle est aussi parlante pour l’Hébreu de l’Antiquité, pour le Juif du Ier siècle, pour le chrétien analphabète du Moyen Âge que pour le chrétien instruit d’aujourd’hui, dont la représentation du monde a considérablement évolué.

    Et Dieu dans tout ça ? Au-dessus du débat, bien sûr ! Il est inaccessible à nos télescopes, même à ceux que nous n’avons pas encore inventés. Il n’est pas et ne peut être l’objet de la quête scientifique. La science explore l’univers visible, observable, mesurable, réductible (ou
    pas ?) à des lois mathématiques ; Dieu n’en fait pas partie. Dieu est sur le chemin de la quête personnelle, il se présente au chercheur de sens, il s’offre au cœur en attente, il répond au désir, à la prière. Il est à la portée de tout humain ayant un accès intime à l’invisible, c’est-à-dire de tout homo sapiens, même scientifique.

    1. Genèse 1, en particulier les versets 14 à 18.
    2. Je ne considère ici que le christianisme, au sein duquel la science moderne est née. Une réflexion parallèle peut être menée à partir des autres religions.

    509-sciencedecouvredieuLA SCIENCE DÉCOUVRE DIEU

    Face à tant d’évidences qui semblent rendre nécessaire l’existence de Dieu pour expliquer ce que nous trouvons dans la nature, pourquoi la communauté scientifique reste-t-elle silencieuse ? Ariel Roth nous livre des réponses.

  • EDS – Jeudi 27 octobre – « Mah Enosh ? » (Qu’est-ce que l’homme ?)

    À nouveau, mettons-nous à la place de Job : « Pourquoi Dieu me fait-il tout cela, pourquoi est-ce qu’il permet que tout cela m’arrive ? ». Job n’a pas vu le tableau d’ensemble.
    Comment le pourrait-il ? La seule connaissance qu’il ait, c’est ce qui lui est arrivé, et il n’y comprend rien.
    Qui n’a jamais vécu ce genre de situation ?

    Lisez Job 7.17-21. Qu’exprime-t-il ici ? Quelles questions pose-t-il ? Vu sa situation, pourquoi les questions ont-elles du sens ?

    Certains spécialistes affirment que Job tournait en dérision le passage de Psaume 8.4-6, qui dit : « Qu’est-ce que l’homme, pour que tu te souviennes de lui, qu’est-ce que l’être humain, pour que tu t’occupes de lui ? Tu l’as fait de peu inférieur à un dieu, tu l’as couronné de gloire et de magnificence. Tu lui as donné la domination sur les oeuvres de tes mains, tu as tout mis sous ses pieds » (voir également Ps 144.3,4). Le problème, pourtant, c’est que Job a été écrit bien avant les Psaumes. Dans ce cas, c’est peut-être le psalmiste qui a écrit une réponse à la complainte de Job.

    Quoi qu’il en soit, la question « Mah enosh ? » (Qu’est-ce que l’homme ?) est l’une des plus importantes que l’on puisse poser. Qui sommes-nous ? Pourquoi sommes-nous là ? Quels sont le sens et le but de notre vie ? Dans le cas de Job, du fait qu’il croit que Dieu l’a « pris pour cible », il se demande pourquoi Dieu l’importune. Dieu est tellement grand, et sa création si vaste ! Pourquoi est-ce qu’il se préoccupe de Job ? Pourquoi Dieu nous importune-t-il d’ailleurs ?

    Lisez Jean 3.16 et 1 Jn 3.1. En quoi ces textes nous aident-ils à comprendre pourquoi Dieu interagit avec l’humanité ?

    « Alors que Jean contemple la hauteur, la profondeur et la largeur de l’amour du Père envers notre race mourante, il est rempli d’admiration et de révérence. Il ne parvient pas à trouver les mots qui conviennent pour exprimer cet amour, mais il appelle le monde à le contempler : Voyez quel amour le Père nous a donné, pour que nous soyons appelés enfants de Dieu – et nous le sommes ! Quelle valeur cela donne à l’homme ! Par leur transgression, les fils des hommes sont devenus des sujets de Satan. Par le sacrifice infini de Christ, et la foi en son nom, les fils d’Adam deviennent fils de Dieu. En prenant la nature humaine, Christ élève l’humanité. » Ellen G. White, Testimonies for the Church, vol. 4, p. 563.


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