• Pourquoi chanter fait tant de bien ?

    Chanter permet de nous ouvrir à nos émotions et de les exprimer telles qu’elles viennent, sous leur forme brute, à la fois pour celui qui chante et pour celui qui écoute.  Plus qu’une voix, c’est l’émotion qui est palpable, qui émane en soi et autour de soi…  Un peu comme lorsqu’on crie pour faire sortir ce que l’on ressent. Mais crier, n’est pas chanter…

    Chanter pour apprendre à gérer ses émotions

    Celui qui chante apprend à libérer ses émotions certes, mais aussi à les apprivoiser et à les canaliser, ce qui demande beaucoup de concentration et une bonne maîtrise de sa respiration. Le chant apprend le contrôle des émotions (tout en les libérant) en apprenant à poser sa voix. Eu une fois qu’on sait poser sa voix, on sait se poser soi, ce qui permet de s’affirmer et de gagner en assurance. C’est d’ailleurs pour cette raison que certaines thérapies et techniques de développement personnel sont basées sur la pratique du chant.

    Chanter pour être en bonne santé !

    Le virus du chant est bon pour la santé ! D’après une étude allemande, le chant boosterait le système immunitaire en  renforçant les protections naturelles contre la maladie. Pour parvenir à cette conclusion, les chercheurs ont fait des analyses chez les membres d’une chorale. Résultat,  le taux d’immunoglobulines A, des protéines qui luttent notamment contre les infections cutanées, était beaucoup plus élevé après qu’avant qu’ils aient chanté.

    Chanter pour faire du sport

    L’action de chanter met 300 muscles en mouvement dans tout le corps : muscles faciaux, muscles dorsaux, muscles abdominaux et même muscles du bas du corps, tout y passe.  Les muscles du visage étant très sollicités, retarderaient d’ailleurs l’apparition des rides. Chanter régulièrement améliore ainsi  la respiration, le souffle et la capacité pulmonaire, ce qui booste l’oxygénation du sang et le métabolisme de base. Conséquence : le corps est revitalisé avec de l’énergie à revendre.

    Chanter pour perdre du poids

    Chanter permet de brûler jusqu’à 200 calories par heure, soit autant qu’une heure de marche à une vitesse de 5 km/h pour une personne de 60 kilos. Si on associe la danse au chant, on peut en brûler beaucoup plus et donc avoir un vrai physique de star ! Pas étonnant que les Britney Spears, Beyoncé et autres Shakira gardent la ligne… Pour brûler un maximum de calories, il est préférable de chanter bien fort et en bougeant. Le nombre de calories brûlées en chantant dépendra surtout du poids corporel.

    Chanter pour lutter contre le cancer

    Une étude britannique a été menée pour prouver que le chant avait des vertus anti-cancer. Des prélèvements salivaires ont été effectués avant et après une heure de chorale sur des patients atteints d’un cancer : le niveau de stress (lié au cortisol mesuré) avait baissé et le système immunitaire des chanteurs était dopé grâce à une importante production de cytokine. Cette libération hormonale favorise les chances de guérison et de rémission.

    Chanter pour bien dormir

    Chanter pourrait améliorer certains troubles du sommeil liés aux ronflements et à l’apnée du sommeil. Les exercices vocaux musclent les tissus liés à la respiration, les muscles de la gorge, du thorax et du palais –, ce qui favorise leur détente et leur bon fonctionnement. Grâce à la libération d’endorphinesqu’il provoque, le chant aurait également un effet bénéfique sur l’insomnie.

    Chanter pour éviter la déprime

    Le fait de chanter (surtout dans les aigus  qui résonnent dans le haut du corps) stimulent le système nerveux. Ils luttent contre les maux de tête et les idées noires par la libération d’hormones de la bonne humeur, qu’on appelle scientifiquement les endorphines. Chanter réduit ainsi le niveau d’anxiété en abaissant le taux de cortisol.

    Chanter pour bien digérer

    Chanter en utilisant la palette des sons graves (qui résonnent dans le bas du corps) favorisent la digestion en détendant les muscles de la sphère aéro-digestive. Par ailleurs, ils détendent les muscles des jambes et du bassin. Chanter est donc particulièrement recommandé pour les personnes ayant des problèmes digestifs.

    Chanter pour un accouchement anti-douleur

    La psychophonie, utilisée dans les cours de préapration à l’accouchement, consiste à établir des correspondances vibratoires entre les sons et le corps en partant du principe que chaque son correspond à une partie du corps. C’est sur cette méthode que se base le chant prénatal, pour apprendre à la future maman à vivre sa grossesse sereinement et à appréhender l’accouchement avec le moins de douleurs possibles en détendant les muscles du périnée et en stimulant les contractions utérines.

    Source : http://www.passeportsante.net/fr/Actualites/Dossiers/DossierComplexe.aspx?doc=chanter-bien-p1

    hl_3dHYMNES ET LOUANGES (SOLFIÉ)

    Un recueil de cantiques avec musique, qui a fait ses preuves. La première édition remonte à 1933 ! 654 cantiques classés par thèmes, une partie chœoeurs et une partie choeœurs d’hommes.

     

     

  • EDS – Lundi 31 octobre – « Quel innocent a jamais péri ? »

    Lisez Job 2.11-13. Que nous dit ce texte sur la manière dont les amis de Job voyaient la situation ?

    Ayant eu vent de ce qui était arrivé à Job, ces hommes « se concertèrent » (Job 2.11). Autrement dit, ils ont prévu d’aller voir leur ami ensemble. Les versets indiquent qu’ils ont été sous le choc devant ce qu’ils ont vu, et ils ont commencé le processus de deuil avec lui.
    Le texte dit qu’ils se sont assis en silence, sans dire un seul mot. Après tout, qu’est-ce que l’on peut dire à quelqu’un qui se retrouve dans la situation de Job ? Pourtant, une fois que Job a pris la parole, pour protester, ces hommes ont eu beaucoup de choses à dire.

    Lisez Job 4.1-11. Quelle est l’idée générale des paroles qu’Eliphaz adresse à Job ?

    Ce que dit Eliphaz ici ferait une bonne introduction pour un livre sur la gestion du deuil. Le premier chapitre pourrait s’intituler : « Les choses à ne surtout pas dire à une personne endeuillée ». Certes, ces hommes compatissaient aux malheurs de Job, mais leur compassion n’allait pas plus loin que ça. Il semble que pour Eliphaz, la pureté théologique était plus importante que la consolation. C’est difficile d’imaginer quelqu’un qui s’approche d’une personne qui traverse tout ce que Job traverse, pour lui dire, en gros : « Hé bien, tu l’as certainement mérité, car Dieu est juste, et seuls les méchants souffrent de cette façon ».
    Même s’il était persuadé de cela, dans le cas de Job, quel était l’intérêt de le lui dire ? Supposez qu’un automobiliste en excès de vitesse perde toute sa famille dans l’accident qu’il a provoqué. Vous imaginez quelqu’un qui s’avancerait immédiatement vers lui, pour lui dire : « Dieu te punit pour avoir fait un excès de vitesse ! » ? Le problème avec ce que dit Eliphaz, ce n’est pas simplement sa théologie douteuse. Le problème, c’est surtout son manque de considération pour Job et pour tout ce qu’il traverse.

    Repensez à un moment où des gens vous ont réconforté alors que vous étiez dans le deuil ou la souffrance. Qu’ont-ils dit ? Comment l’ont-ils dit ?
    Qu’avez-vous appris de cette expérience qui pourrait vous aider quand vous vous retrouvez dans la position de celui qui doit réconforter une autre personne ?


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  • EDS – Dimanche 30 octobre – Les grandes questions

    C’est dans les deux premiers chapitres du livre de Job que se concentre quasiment toute l’action. Le voile entre le ciel et la terre est levé, et nous découvrons tout un aspect de la réalité qui sinon demeurerait caché à nos yeux. Quelles que soient les distances que nos télescopes peuvent parcourir pour scruter le cosmos, ils sont très loin de pouvoir nous révéler ce que nous montre ce livre, écrit il y a des milliers d’années dans un désert qui se trouve vraisemblablement dans l’Arabie Saoudite d’aujourd’hui. Job montre également combien le royaume surnaturel, le royaume de Dieu et des anges, est lié au monde naturel, à la terre et à ses habitants. Après les deux premiers chapitres, le livre de Job concerne principalement des dialogues, entre Job et ces hommes venus parler des questions profondes de la vie : la
    théologie, la souffrance, la philosophie, la foi, la vie, et la mort. Et pourquoi pas, vu tout ce qui est arrivé à Job ? C’est tellement facile d’être absorbé par les choses terre-à-terre de la vie, par le quotidien, et d’oublier quelles sont les grandes et importantes questions. Rien de tel qu’une catastrophe, la nôtre ou celle d’autrui, pour nous sortir de notre léthargie spirituelle et nous amener à poser les questions importantes.

    Lisez Psaume 119.65-72. Que dit le psalmiste ?

    Le psalmiste voyait le bien qui sortait des épreuves qui l’affligeaient. Parfois, les épreuves peuvent tout à fait être un mal pour un bien, car elles peuvent nous ramener au Seigneur, ou bien nous amener à lui pour la première fois. Nous avons tous en tête des histoires de gens parvenus à une situation de crise dans leur vie, et qui sont revenus à Dieu, ou bien qui se sont abandonnés à lui pour la première fois. Parfois, les épreuves, même horribles et tragiques, peuvent servir à un bien que nous pouvons voir avec le temps. D’autres fois, elles semblent arbitraires et dénuées de sens.

    Rétrospectivement, trouvez-vous du positif dans ce qui est ressorti de vos épreuves du passé ?
    Comment gérez-vous les épreuves dont aucun bien n’est sorti ?


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  • EDS – Samedi 29 octobre – UNE MALÉDICTION INEXPLIQUÉE ?

    SABBAT APRÈS-MIDI

    Étude de la semaine :
    Ps 119.65-72 ; Job 2.11-13 ; Job 4.1-21 ; Rm 3.19,20 ; 1 Co 3.19 ; He 12.5 ; Mt 7.1.

    Verset à mémoriser :
    « Un mortel serait-il plus juste que Dieu ? Un homme serait-il plus pur que celui qui le fait ? » (Job 4.17.)

    La semaine dernière, nous avons souligné l’importance de nous mettre dans la situation de Job, en tout cas dans la mesure du possible. En un sens, cela n’a pas dû être si difficile, car nous sommes tous passés par là. Autrement dit, dans une certaine mesure, nous nous sommes tous retrouvés plongés dans cette souffrance qui si souvent ne semble avoir aucun sens et qui, naturellement, semble injuste. Dans le reste de la leçon, nous essaierons de garder cette perspective, mais nous avons également besoin de considérer les choses du point de vue des autres protagonistes de l’histoire, les hommes qui viennent pleurer avec Job. Cela non plus ne devrait pas être si difficile. Lequel d’entre nous n’a jamais été témoin de la souffrance des autres ? Qui n’a pas cherché à consoler quelqu’un dans sa souffrance et sa douleur ? Qui ignore ce que c’est d’essayer de trouver les mots justes pour parler à ceux dont le coeur est ravagé par le chagrin ? En fait, une grande partie du livre de Job est consacrée au dialogue entre Job et ces hommes, alors qu’ils essaient tous de trouver du sens à ce qui semble si souvent n’en avoir aucun : le défilé interminable des souffrances et des tragédies humaines dans un monde créé par un Dieu aimant, puissant et attentionné.


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  • Où est Dieu quand nous souffrons ?

    ou-est-dieu-768x288Par Steve Grimsley

    C’était un soir pluvieux, à l’heure de pointe. Quand le feu passa au vert, j’accélérai. Alors que je gagnais de la vitesse, le conducteur devant moi tourna brusquement à droite. Cela ne m’effraya pas, mais je fus surpris. Je levai le pied, mais c’était trop tard. Il y avait deux véhicules devant moi, déjà arrêtés derrière une voiture immobilisée. Ma voiture enfonça l’arrière de la voiture précédente.

    J’étais désolé pour ma Mazda 626, mais reconnaissant de ne pas avoir été blessé. Je regardai les voitures arrêtées tout autour de moi. Une femme d’une trentaine d’années se tenait près de sa voiture, la tête et les bras levés et, les larmes aux yeux, s’écriait : « Merci, Jésus ! Merci, Jésus ! » Je sortis de ma voiture pour parler avec elle, pensant qu’elle était victime de l’accident. Elle rentra rapidement dans son véhicule on marmonnant qu’elle était en retard pour un rendez-vous et s’en alla. Je réalisai qu’elle était indemne.

    Mais qu’en était-il du jeune couple dont j’avais endommagé le pare-chocs ? Et moi-même ? Eh bien, je devais faire face aux policiers, aux représentants des compagnies d’assurance, aux agences de location de voitures, et à la réparation de ma propre voiture. Pourquoi Jésus ne nous épargne-t-il pas tout cela ?

    La souffrance est-elle juste ?

    Ma souffrance, quoique d’importance mineure, présenta à mon esprit un problème plus profond, un problème qui trouble la foi chrétienne depuis toujours. Comment un Dieu bon peut-il permettre la peine et la souffrance dans le monde ? La répartition et les différents degrés de souffrance semblent suivre le plus grand hasard et, de ce fait, la souffrance semble injuste. N’étais-je pas aussi digne de m’en sortir indemne que cette femme qui put s’en aller sans aucun dommage ?

    Cet incident était banal. Mais notre histoire a été le théâtre d’événements qui ne peuvent que nous étourdir. Des millions d’êtres humains ont péri dans des camps de concentration, au goulag et dans des champs de la mort. Les purges ethniques, les génocides tribaux et les horreurs du 11 septembre nous mènent à nous demander pourquoi Dieu n’a rien fait pour empêcher tout cela. En voyant à la télévision les images de tremblements de terre enterrant vivants des milliers de personnes, nous ne pouvons que nous écrier : « Où est Dieu dans tout cela ? »

    Au milieu de la tragédie de la souffrance humaine, comment est-il possible pour un être rationnel de croire qu’il sert un Dieu d’amour ?

    Au risque d’être perçu comment étant dépourvu de toute sensibilité, j’aimerais proposer une autre question : serait-il possible que, quoique je ne puisse le comprendre en tant qu’être humain fini, Dieu tolère certains malheurs présents parce que cela permet la réalisation d’un bien futur ?

    La souffrance garantit-elle un bien futur ?

    Peter Kreeft, professeur de philosophie à Boston, propose un exemple de souffrance présente et temporelle produisant un bien futur durable.

    « Imaginez un ours, pris dans un piège, qu’un chasseur bien intentionné veut libérer. Ce chasseur, après avoir essayé sans succès de gagner la confiance de l’ours, doit se résigner à lui tirer dessus pour lui injecter une dose de tranquillisant. L’ours, ne pouvant réaliser que le chasseur lui tire dessus dans le but de le délivrer, ne peut penser qu’une seule chose : ce chasseur est en train de l’attaquer et tente de le tuer.

    « Pour pouvoir l’extraire du piège, le chasseur doit le pousser encore plus à l’intérieur de façon à pouvoir relâcher la tension du ressort. Si l’ours est encore à moitié conscient, on peut l’imaginer encore plus fortement convaincu que le chasseur est un ennemi, déterminé à lui causer peine et souffrance. Mais, bien sûr, l’ours a tort de penser cela. Il arrive à cette fausse conclusion parce qu’il n’est pas capable de raison humaine1. »

    Pourrait-on accepter cette histoire fictive comme une analogie de ce qui se passe entre Dieu et nous ? Mais le problème demeure : comment un Dieu tout-puissant, omniscient, tout-amour peut-il tolérer la présence dans le monde d’un mal aussi vicieux et incompréhensible ? Veuillez considérer la proposition de Kreeft selon laquelle le mal peut résulter en bien. Dieu a révélé ses œuvres. Il a démontré historiquement que le pire qui puisse arriver, la mort du Christ sur la croix, a permis la réalisation du meilleur. Personne alors n’aurait pu penser qu’un bien puisse sortir de la tragédie de la croix. Mais Dieu, lui, connaissait à l’avance le résultat glorieux que nul être humain ne pouvait alors concevoir. Si cela est réellement la vérité de la croix du Christ, se pourrait-il que ce soit aussi la vérité de notre existence ?

    Paul Kreeft va plus loin.

    « Supposez que vous soyez le diable. Vous êtes l’ennemi de Dieu et vous voudriez le tuer, quoique vous ne le puissiez. Mais Dieu a ce goût ridicule qui le pousse à créer et à aimer des êtres humains, et eux, vous pouvez leur faire du mal. Ah ! ah ! vous êtes maintenant en possession d’otages ! Vous descendez donc dans le monde des hommes, y semez la corruption, et en emmenez quelques-uns en enfer. Et quand Dieu leur envoie des prophètes pour leur faire connaître la vérité, vous tuez ces prophètes.

    « Dieu fait alors la chose la plus folle : il envoie son propre Fils, soumis au mêmes lois qui gouvernent tout le monde. Vous vous dites : “C’est incroyable qu’il puisse être si bête ! L’amour lui a tourné la tête ! La seule chose que j’aie à faire est d’inspirer quelques-uns de mes agents : Hérode, Pilate, Caïphe, les soldats romains, et ils le crucifieront.” C’est tout !

    « Ainsi, Jésus se trouve cloué sur la croix : oublié des hommes et aussi, semble- t-il, de Dieu. Il agonise et s’écrie : “Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as tu abandonné ?” Que ressentez-vous maintenant en tant que diable ? Vous êtes sûr de vous et triomphant. Mai, vous ne pourriez vous tromper davantage. Car cela représente en fait le triomphe suprême du Christ et votre suprême défaite. Il a planté son talon dans votre bouche et le sang que vous en avez fait jaillir en le mordant a scellé votre fin2. »

    Si ce fait historique unique est également un symbole de toute tragédie, se pourrait-il que notre souffrance et notre mort constituent aussi le moyen par lequel Dieu assure la victoire contre Satan ? C’est souvent dans leur souffrance que la plupart des grandes âmes de l’histoire chrétienne se sont senties le plus près de Dieu. L’apôtre Paul déclare : « Car nous qui vivons, nous sommes sans cesse livrés à la mort à cause de Jésus.[…] Ainsi, en nous, c’est la mort qui est à l’œuvre, mais en vous, c’est la vie » (2 Corinthiens 4.11,12).

    La souffrance fait-elle oublier Dieu ?

    Mais n’est-il pas possible d’en venir à oublier Dieu à cause du manque d’intérêt qu’il semble porter à notre souffrance ? Elie Wiesel décrit comment il perdit la foi quand, emprisonné au camp de Buna à 15 ans, il fut le témoin de la mort par pendaison d’un jeune Néerlandais qui refusait de révéler la moindre information sur une cache d’armes dans la maison de son maître. Le poids léger du garçon ne fit que prolonger son agonie pendant plus d’une demi-heure. Wiesel et des milliers d’autres prisonniers furent forcés de défiler devant le garçon pour observer sa lutte entre la vie et la mort3.

    Wiesel perdit la foi, mais son histoire contient la réponse au problème considéré dans cet article. Dieu était à Buna avec ce garçon, comme il était au Calvaire avec Jésus son Fils, alors que lui aussi vacillait entre la vie et la mort. Y a-t-il donc une réponse à la question : où est Dieu ? Il n’y a pas de réponse. Mais il y a quelqu’un qui répond.

    Quelqu′un qui répond

    Peter Kreeft conclut ainsi : « Jésus. Pas une avalanche de paroles. Mais la Parole. Pas d’argumentation philosophique, mais une personne. La personne. La solution au problème de la souffrance ne peut pas être une solution abstraite, parce que la souffrance est un sujet concret et personnel qui requiert une solution personnelle. La solution doit être quelqu’un plutôt que quelque chose, parce que le problème implique quelqu’un : Dieu, où es-tu ?

    « Jésus est là, assis à nos côtés aux moments les plus sombres de notre existence. Sommes-nous déchirés ? Il fut déchiré, comme du pain, pour nous. Sommes-nous humiliés ? Il fut méprisé et abandonné des hommes. Crions-nous que nous ne pouvons plus tolérer la souffrance ? Il fut un homme de douleur et habitué à la souffrance. Sommes-nous trahis ? Il fut vendu. Nos relations les plus tendres sont-elles déchirées ? Lui aussi aima et fut rejeté. Les autres se détournent-ils de nous ? Ils se voilèrent la face devant lui comme devant un lépreux.

    « Descend-il dans tous nos enfers ? Oui. Il ressuscita des morts, mais il changea aussi le sens de la mort en général, et, ce faisant, le sens de toutes nos morts individuelles, grandes et petites. Chacune des larmes que nous pleurons devient la sienne. Peut-être semble-t-il tarder à les essuyer, mais il le fera4. »

    Dieu est présent dans la souffrance

    Mon Dieu est-il désintéressé et distant ? Se tient-il au-dessus de moi comme un immense despote, exigeant de moi une capitulation ? S’enferme-t-il dans des sphères de sérénité desquelles il ne descend que très rarement ? Si cela était le cas, je ne pourrais pas croire en lui. Sans la croix, ma foi ne pourrait que s’étioler en un mythe ou un agnosticisme. Mais là, au Calvaire, mon Sauveur, seul, oublié, tordu par la souffrance, blessé, déchiré, assoiffé, cria dans l’agonie pour me pardonner. Voilà un Dieu pour moi !

    Ainsi, quand surgit la question accusatrice de savoir comment un Dieu d’amour peut permettre la peine et la souffrance dans ce monde, je dessine un arc-en-ciel, je construis un symbole avec deux morceaux de bois rugueux, et je plante la croix du Christ au zénith !

    Steve Grimsley est le directeur des services d’assurances maladie, Adventist Risk Management, à la Conférence générale de l’Eglise adventiste. E-mail : sgrimsley @adventistrisk.org.

    Notes et références

    1. Cité dans Lee Strobel, The Case for Faith (Grand Rapids, Michigan : Zondervan Publishing House, 2000), p. 32.
    2. Ibid., p. 39, 40.
    3. Elie Weisel, Night (New York : Avon Books, 1969), p. 75, 76.
    4. Strobel, p. 51, 52.
    © Comité pour les étudiants et diplômés universitaires adventistes (CEDUA) : http://dialogue.adventist.org/fr/14-3/grimsley/ou-est-dieu-quand-nous-souffrons

    583-conversationenpleinvolCONVERSATION EN PLEIN VOL

    Bien que nous vivions à une époque où l’’information est reine, la plupart des êtres humains n’’ont aucune réponse aux questions essentielles de la vie. Y a-t-il un Dieu ? Pourquoi tant de souffrance ? De Gerhard Padderatz.


  • EDS – Vendredi 28 octobre – Pour aller plus loin

    « À cette époque d’illumination scientifique sans précédent, la bonne nouvelle du christianisme devenait une structure métaphysique de moins en moins convaincante, une fondation moins crédible sur laquelle fonder sa vie, et moins nécessaire psychologiquement. L’improbabilité de toute cette connexion d’événements devenait terriblement évidente : un Dieu infini, éternel serait devenu tout à coup un être humain, dans un
    espace-temps historique donné, pour être au final exécuté de manière dégradante ?

    Une seule vie éphémère, deux millénaires auparavant, dans une obscure nation primitive, sur une planète qu’on sait maintenant être un morceau de matière relativement négligeable en orbite autour d’une étoile parmi des millions d’étoiles dans un univers incroyablement vaste et impersonnel. Un événement aussi banal, avoir un sens cosmique ou éternel ? Cela ne constituait plus une croyance convaincante pour des
    hommes doués de raison. Il était hautement invraisemblable que l’univers ait un intérêt urgent dans ce coin minuscule de son immensité, pour peu qu’il ait un quelconque intérêt dans quoi que ce soit. Sous les projecteurs de la demande actuelle de confirmation publique, empirique et scientifique de toutes les professions de foi, l’essence du christianisme s’étiola. » Richard Tarnas, Passion of the Western Mind, New York : Ballantine Books, 1991, p. 305.

    Quel est le problème avec cette idée ? Que manque-t-il à l’auteur de ces réflexions ? Qu’enseigne cet extrait sur les limites de ce que « la science et la raison » peuvent connaître de la réalité de Dieu et de son amour pour nous ? D’après ces quelques lignes, comment comprendre la nécessité d’une vérité révélée, une vérité que la « science et la raison » humaines ne peuvent pas atteindre par elles-mêmes ?

    À méditer

    • Comment, en tant que chrétien, répondriez-vous à la question : « Qu’est-ce que l’homme ? ». En quoi votre réponse serait-elle différente de celles que donneraient ceux qui ne croient pas au Dieu de la Bible ?
    • « Quelle certitude sur les morts après la mort ? » a écrit Cormac McCarthy. « La mort, c’est ce que les vivants portent avec eux ». Pourquoi notre compréhension de ce qui se passe après la mort nous réconforte-t-elle concernant nos chers disparus ? Ne peut-on pas en retirer un peu de consolation, sachant qu’ils reposent en paix, libérés de toutes les peines et les épreuves de la vie ?
    • D’après vous, pourquoi, même dans la plus misérable des situations, la plupart des gens s’accrochent-ils à la vie ?
    • Discutez de ce que la Croix nous enseigne sur la valeur de l’humanité, sur la valeur ne serait-ce que d’une seule vie.

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  • Crois, vois et creuse-toi les méninges !

    Par Corinne Egasse

    On peut choisir une foi puriste, qui fustige l’imposture des scientifiques, ces échafaudeurs de châteaux de cartes.
    On peut choisir une science hautaine,
    qui relègue Dieu au rang de vestige des temps pré-scientifiques.
    On peut 
    aussi chercher, patiemment et humblement, une voie médiane respectueuse des aspirations profondément enfouies dans l’âme de l’homo sapiens.

    Pas de doute, la science et la religion ne font pas bon ménage, et ce au moins depuis que Galilée s’est fait condamner au XVIIe siècle par l’Église catholique romaine pour avoir affirmé haut et fort que la terre tournait autour du soleil. Pourquoi Galilée, confirmé par toute l’astronomie postérieure, disait-il vrai ? Parce qu’il observait le monde réel qui l’entourait, le mesurait, émettait des hypothèses et les vérifiait par de nouvelles observations. Pourquoi l’Église se trompait-elle ? Parce qu’elle n’observait pas mais affirmait, fière gardienne d’un héritage séculaire : la Bible, socle de ses croyances, place la terre au cœur de l’activité créatrice de Dieu, le ciel l’entoure et les astres sont à son service pour l’éclairer1.

    Le géocentrisme est une évidence, l’héliocentrisme une hérésie. Ne nous y trompons pas. Malgré les apparences, la ligne de démarcation n’est pas entre les croyants2 et les scientifiques. Il n’y a pas d’un côté le chrétien parfait connaisseur de la Bible, du credo et de l’histoire de ses croyances, et de l’autre le scientifique maîtrisant toutes les connaissances et toutes les lois de la physique, des mathématiques, de la biologie, de la géologie, de l’astronomie et j’en passe. D’ailleurs, chacun de ces types idéaux n’existe pas dans la réalité des personnes. Les vraies personnes, faites d’une pâte humaine vivante, modelable, en constant mouvement, créent chacune un cocktail unique à partir des
    ingrédients offerts à leur intelligence.

    Et pour chaque personne, le curseur religieux se positionne tout au long de la ligne des possibles, depuis l’athéisme le plus dur jusqu’à la foi du charbonnier la plus rudimentaire et la plus naïve, en passant par toutes les nuances d’une curiosité modérée pour l’au-delà du monde visible, d’une foi hésitante, d’une conviction plus affirmée, d’une pratique traditionnelle vide de sens, d’une prudente adhésion – on ne sait jamais –, d’un engagement intime régulièrement passé au crible d’une réflexion exigeante.

    De même, le curseur scientifique peut glisser de l’ignorance la plus opaque au prix Nobel de physique ; il se règle plus souvent sur des connaissances de base apprises à l’école et médiocrement entretenues par quelques documentaires d’Arte. Aussi devons-nous admettre que
    le traditionnel conflit entre science et religion met aux prises des adversaires peu au fait des arguments qu’ils manipulent, avec un aplomb souvent inversement proportionné à leur maîtrise du sujet.

    Un peu de modestie siérait bien à tous les protagonistes. Je ne ferai pas le procès des arrogants parmi les scientifiques, que chacun balaie devant sa porte. Me situant dans la catégorie des croyants au curseur religieux positionné sur une foi tenace et au curseur scientifique vibrant
    d’admiration mais manquant d’outils conceptuels, je réfléchis à la façon dont un chrétien peut s’adapter au bombardement permanent des avancées scientifiques.

    L’adaptation par l’ignorance ou le déni est une impasse. L’adaptation par établies est une voie stimulante, mais dont l’audace fait peur à beaucoup. Pourtant le chrétien n’a aucune raison d’avoir peur, précisément puisqu’il croit que Dieu l’a créé avec les fabuleuses potentialités de son cerveau, et donc que faire usage de ce cerveau honore le créateur. Et s’il se perd un peu dans des hypothèses hasardeuses qui seront démenties 10 ou 60 ans plus tard, la belle affaire !  Ce n’est pas le péché contre le Saint-Esprit ! Notre cerveau produit des systèmes
    généraux intégrant toutes les données à notre disposition, c’est normal, il est fait pour ça. Et même si c’est inédit, il peut oser. Le problème commence lorsqu’un cerveau cherche à imposer à d’autres le fruit de ses élucubrations…

    Une grande crainte du chrétien est de se mettre en porte à faux par rapport à la Bible. C’est une crainte légitime, la Bible étant le socle sur lequel se construit la foi chrétienne. Encore convient-il de cerner dans quel champ de la vérité la Bible se situe. Elle remonte à la Haute Antiquité, aussi peut-on s’attendre à quelques décalages avec aujourd’hui. Beaucoup de ces décalages ne gênent guère ses lecteurs, qui n’y font même pas attention. Par exemple, dans le monde de la Bible, les hommes portent des robes ou des tuniques, la société se partage entre
    hommes libres et esclaves, les gouvernants sont des rois ayant tout pouvoir. Aucun chrétien n’est choqué qu’on ne vive plus selon ces données bibliques, au contraire. Nous admettons donc très naturellement et sans vraiment y réfléchir que la Bible ne nous donne aucune vérité permanente en matière de société, de vêtement, pas plus qu’en art militaire (bien qu’elle en parle beaucoup), en agriculture, en mathématiques, en chimie, etc.

    Cela ne trouble personne et ne génère aucun combat. On se demande bien pourquoi elle serait plus pertinente, après l’Antiquité, en astronomie, en géologie, en biologie, en physique quantique et que sais-je. Ne nous trompons pas de combat. Si la Bible a traversé les siècles, ce n’est pas pour nous instruire sur les neutrons ou sur les fossiles, mais pour nous parler de Dieu et des façons multiples dont il entre en relation avec l’homme. Cette vérité-là est permanente. Elle est aussi parlante pour l’Hébreu de l’Antiquité, pour le Juif du Ier siècle, pour le chrétien analphabète du Moyen Âge que pour le chrétien instruit d’aujourd’hui, dont la représentation du monde a considérablement évolué.

    Et Dieu dans tout ça ? Au-dessus du débat, bien sûr ! Il est inaccessible à nos télescopes, même à ceux que nous n’avons pas encore inventés. Il n’est pas et ne peut être l’objet de la quête scientifique. La science explore l’univers visible, observable, mesurable, réductible (ou
    pas ?) à des lois mathématiques ; Dieu n’en fait pas partie. Dieu est sur le chemin de la quête personnelle, il se présente au chercheur de sens, il s’offre au cœur en attente, il répond au désir, à la prière. Il est à la portée de tout humain ayant un accès intime à l’invisible, c’est-à-dire de tout homo sapiens, même scientifique.

    1. Genèse 1, en particulier les versets 14 à 18.
    2. Je ne considère ici que le christianisme, au sein duquel la science moderne est née. Une réflexion parallèle peut être menée à partir des autres religions.

    509-sciencedecouvredieuLA SCIENCE DÉCOUVRE DIEU

    Face à tant d’évidences qui semblent rendre nécessaire l’existence de Dieu pour expliquer ce que nous trouvons dans la nature, pourquoi la communauté scientifique reste-t-elle silencieuse ? Ariel Roth nous livre des réponses.

  • EDS – Jeudi 27 octobre – « Mah Enosh ? » (Qu’est-ce que l’homme ?)

    À nouveau, mettons-nous à la place de Job : « Pourquoi Dieu me fait-il tout cela, pourquoi est-ce qu’il permet que tout cela m’arrive ? ». Job n’a pas vu le tableau d’ensemble.
    Comment le pourrait-il ? La seule connaissance qu’il ait, c’est ce qui lui est arrivé, et il n’y comprend rien.
    Qui n’a jamais vécu ce genre de situation ?

    Lisez Job 7.17-21. Qu’exprime-t-il ici ? Quelles questions pose-t-il ? Vu sa situation, pourquoi les questions ont-elles du sens ?

    Certains spécialistes affirment que Job tournait en dérision le passage de Psaume 8.4-6, qui dit : « Qu’est-ce que l’homme, pour que tu te souviennes de lui, qu’est-ce que l’être humain, pour que tu t’occupes de lui ? Tu l’as fait de peu inférieur à un dieu, tu l’as couronné de gloire et de magnificence. Tu lui as donné la domination sur les oeuvres de tes mains, tu as tout mis sous ses pieds » (voir également Ps 144.3,4). Le problème, pourtant, c’est que Job a été écrit bien avant les Psaumes. Dans ce cas, c’est peut-être le psalmiste qui a écrit une réponse à la complainte de Job.

    Quoi qu’il en soit, la question « Mah enosh ? » (Qu’est-ce que l’homme ?) est l’une des plus importantes que l’on puisse poser. Qui sommes-nous ? Pourquoi sommes-nous là ? Quels sont le sens et le but de notre vie ? Dans le cas de Job, du fait qu’il croit que Dieu l’a « pris pour cible », il se demande pourquoi Dieu l’importune. Dieu est tellement grand, et sa création si vaste ! Pourquoi est-ce qu’il se préoccupe de Job ? Pourquoi Dieu nous importune-t-il d’ailleurs ?

    Lisez Jean 3.16 et 1 Jn 3.1. En quoi ces textes nous aident-ils à comprendre pourquoi Dieu interagit avec l’humanité ?

    « Alors que Jean contemple la hauteur, la profondeur et la largeur de l’amour du Père envers notre race mourante, il est rempli d’admiration et de révérence. Il ne parvient pas à trouver les mots qui conviennent pour exprimer cet amour, mais il appelle le monde à le contempler : Voyez quel amour le Père nous a donné, pour que nous soyons appelés enfants de Dieu – et nous le sommes ! Quelle valeur cela donne à l’homme ! Par leur transgression, les fils des hommes sont devenus des sujets de Satan. Par le sacrifice infini de Christ, et la foi en son nom, les fils d’Adam deviennent fils de Dieu. En prenant la nature humaine, Christ élève l’humanité. » Ellen G. White, Testimonies for the Church, vol. 4, p. 563.


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  • EDS – Mercredi 26 octobre – La navette du tisserand

    Imaginez la conversation suivante : deux personnes se lamentent sur le destin de l’humanité… la mort. C’est-à-dire que peu importe combien leurs vies sont belles, peu importe ce qu’ils accomplissent, leur existence se terminera dans la tombe. « C’est ça, se plaint Mathusalem à un ami. Nous vivons, quoi, huit cents, neuf cents ans, et après, c’est fini. C’est quoi huit cents ou neuf cents ans comparés à l’éternité ? » (voir Gn 5.)

    C’est difficile pour nous aujourd’hui d’imaginer ce que cela pouvait être de vivre des centaines d’années (Mathusalem avait cent quatre-vingt-sept ans à la naissance de son fils Lémek, et Mathusalem a vécu sept cent quatre-vingt-deux années supplémentaires après cela). Pourtant, même les antédiluviens, face à la réalité de la mort, devaient se lamenter sur ce qui leur semblait être la brièveté de la vie.

    Lisez Job 7.1-11. Quelle est la plainte de Job ? Voir également Ps 39.5,11 ; Jc 4.14. 

    Nous venons de voir Job rechercher le repos et le soulagement que la mort lui offrirait. À présent, il se lamente sur la brièveté de la vie. En gros, ce qu’il dit, c’est que la vie est dure, pleine d’épreuves et de douleurs, et ensuite, c’est la mort. C’est souvent un véritable casse-tête : nous déplorons combien la vie est brève, même si cette vie est triste et misérable. Une adventiste du Septième jour a rédigé un article sur son combat contre la dépression et les idées suicidaires. Cependant, elle a écrit : « Le pire dans tout cela, c’est que j’étais adventiste, avec un mode de vie qui, les études le prouvaient, était censé me faire vivre six années de plus que les autres ». Cela n’avait aucun sens. Bien sûr, quand on souffre, il y a tant de choses qui semblent n’avoir aucun sens. Parfois, quand nous souffrons, la raison est mise de côté, et la seule chose dont on soit sûr, c’est que l’on souffre, qu’on a peur, et qu’il n’y a pas d’espoir. Même Job, qui faisait pourtant preuve de discernement (Job 19.25), s’est écrié de désespoir : « Souviens-toi que ma vie est un souffle ! Mes yeux ne reverront pas le bonheur » (Job 7.7). Job, pour qui la perspective de la mort semblait plus proche que jamais, se lamentait encore sur la brièveté de l’existence, peu importe combien elle était misérable à ce moment-là.

    En quoi votre compréhension de la Chute, de la mort et de la promesse de la résurrection doit-elle vous aider à remettre en perspective toute la question de la brièveté de la vie ?


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  • Des valeurs, pour guider l’enfant vers la sociabilité

    pr-marcel-rufoPropos recueillis par Claire Bernole auprès du Pr Marcel Rufo

    Directeur médical de l’espace méditerranéen de l’adolescence à l’hôpital Salvator, à Marseille, le Pr Marcel Rufo est aussi l’auteur de nombreux ouvrages destinés aux parents. Pédopsychiatre atypique et passionné, il revient, dans cet entretien accordé à Signes des temps, sur l’importance des valeurs transmises dans le cadre de l’éducation, sans omettre le rôle que peut avoir la religion.

    Les parents ont pour devoir de subvenir aux besoins physiques de leur enfant mais aussi de favoriser son développement intellectuel et psychique.

    Quelles valeurs peuvent les y aider ? 

    education-1Les parents ont aujourd’hui accompli beaucoup de progrès. Au lieu d’éduquer de manière à simplement standardiser, ils cherchent à comprendre leurs enfants. On ne peut être que favorable à cette démocratie familiale. Il y a tout de même des effets un peu délétères, c’est que les parents cherchent à séduire leurs enfants dans un système où on s’aime et on s‘aimera toujours. Ils oublient alors quelque chose d’assez banal : il y a des frustrations nécessaires. Il faut savoir dire non à son fils ou à sa fille plutôt que : « Je t’explique. Pourquoi tu ne veux pas le faire, mon chéri ? » L’enfant entend « mon chéri » et fait ce qu’il veut. Élever un enfant, c’est lui faire comprendre que ce n’est pas uniquement dans l’affection que l’éducation se joue. Cela se joue aussi dans le fait qu’il soit dirigé, qu’il doive obéir et qu’il doive être poli. Ce qui a tendance à disparaître parmi les enfants qu’on voit. Ils arrivent dans un lieu avec leur tablette, ne saluent pas, se mettent où ils veulent, mangent comme ils veulent… Finalement, il faut que l’enfant se rende compte que son apparence et ce qu’il montre aux autres, à ses parents mais aussi à ses grands-parents, à des tiers, à ses enseignants, doit être conforme au respect qu’il doit avoir d’autrui et non pas à sa mégalomanie, à sa toute-puissance complètement organisée par l’affection particulière – et sans doute meilleure qu’avant – que les parents manifestent aujourd’hui.

    En pratique, comment pourrait-on aider les parents dans cette voie ?

    education-2J’ai une proposition toute simple. Le couple peut tenir un petit carnet où il marque combien de fois l’un ou l’autre partent a refusé quelque chose à l’enfant jusqu’au bout. Car souvent, les parents croient qu’ils refusent. Ils disent non et comme ils sont émus d’opposer un refus à leur enfant, ils cèdent immédiatement après. On voit alors venir en consultation des parents épuisés et dégoûtés – je parle là de cas très lourds. Il arrive que des parents ressentent une sorte de désamour pour leur enfant, qu’ils ne maîtrisent plus. Des enfants de quatre ou cinq ans deviennent ainsi de véritables tyrans domestiques, que même la mère ne peut plus supporter. Certaines peuvent aller jusqu’à dire : « J’ai pour lui apparence et ce qu’il montre aux autres, à ses parents mais aussi à ses grands-parents, à des tiers, à ses enseignants, doit être conforme au respect qu’il doit avoir d’autrui et non pas à sa mégalomanie, à sa toute-puissance complètement organisée par l’affection particulière – et sans doute meilleure qu’avant – que les parents manifestent aujourd’hui. moins d’affection que le naturel que je devrais avoir ». Un enfant insupportable va être moins aimé… Les parents doivent guider l’enfant vers une belle sociabilité. Le guider pour qu’il soit complètement autonome dans la société. Cela passe aussi par des attitudes qui sont hors affection. On en demande d’ailleurs beaucoup à l’école à ce sujet : sociabilité, citoyenneté, respect de l’autre… Mais il y a un paradoxe. Il faudrait dans ces cas-là déléguer son autorité aux enseignants quand les parents se montrent aujourd’hui plutôt suspicieux à leur égard. Le dilemme est absolu : l’enfant aura toujours raison par rapport à l’enseignant, et je ne suis pas d’accord. C’est l’enseignant qui doit avoir raison par rapport à l’enfant.

    Dans quelle mesure la religion, ou du moins la culture religieuse, peut-elle avoir sa place dans le projet éducatif de parents qui cherchent l′épanouissement personnel de l′enfant ?

    La religion est d’abord un beau processus d’identification. 90 % des enfants ont la même religion que leurs parents – comme 90 %, d’ailleurs, adhèrent au même parti politique. Je trouve qu’il est bon, excellent, pour le développement psychomoteur et intellectuel de l’enfant d’adhérer à la religion de ses parents. C’est un signe de continuité, de respect du passé pour avoir un avenir. L’enfant qui adhère à la religion de ses parents est dans un groupe familial qui le repère bien et qui l’accepte. C’est pour cette raison que les religions monothéiques proposent une instruction religieuse à partir de six ou sept ans, au moment où l’enfant découvre l’idée de mort. Or, on voit bien l’intérêt des religions pour atténuer la crainte qui nous saisit de notre finitude.

    Comment laisser son enfant libre de ses choix tout en lui transmettant des connaissances et des valeurs propres à une religion ?

    education-3On peut déjà lui dire : « J’aimerais que tu adhères à ma religion ». Ce n’est pas honteux. Le père ou la mère peut exprimer ce souhait en expliquant pourquoi. En quoi ma religion m’aide-t-elle ? Les religions sont les mères de l’histoire. Expliquer le sens d’une fête, par exemple,Pessah, l’Aïd-el-Kébir… est intéressant. Je suis favorable à ce qu’on apprenne l’histoire des religions en classe. Imaginons un enfant qui rentre de l’école en disant : « Tu es catholique papa. On m’a appris que le Christ était juif et avait fêté Pâque avec ses amis en rompant un pain sans levain. Tu le savais ? » C’est formidable ! C’est dans l’actualisation des faits religieux que l’enfant peut adhérer à quelque chose de positif par rapport à la religion de ses parents.

    Seriez-vous favorable à un enseignement du fait religieux à l′école qui ne soit pas seulement transversal, comme c′est le cas aujourd’hui, mais un cours dédié ?

    Oui, j’y serais favorable. Un jour, ce serait le christianisme, un autre le judaïsme, un autre l’islam, puis le bouddhisme, l’animisme… Cela passionnerait les enfants ! Je pense que c’est surtout au primaire que cela se joue, à partir du CP ou du CE1. Il y a aussi la laïcité. Une histoire de cette notion serait très intéressante. Pourquoi la laïcité ? Elle n’est pas une opposition à la religion.

    Les derniers événements mettent sur le devant de la scène la religion sous un angle bien sombre. N′est-il pas essentiel de contrebalancer pour donner à l′enfant un regard plus objectif ?

    La religion, et notamment l’islam, est sous le feu des critiques. En fait, je crois qu’on craint le chômage, la dégradation de sa qualité de vie… donc on se trouve un ennemi. Mais on confond tout. Ces jeunes hommes qui commettent des actes ignobles sont d’abord des gens perdus, qui croient que par cet acte ils deviennent des héros. Lorsqu’on est mal, on croit être un héros de manière négative. Cela n’a rien à voir avec la religion. Toutes les religions prônent la tolérance, pas la guerre. Vous parliez de valeurs, au début. Je crois que les religions, c’est pouvoir vivre ensemble en adhérant massivement au respect de l’autre. Je crois que le véritable ennemi, c’est le chômage et non la religion.

    Source : Revue Signes des temps - n° 1625 - Mai-juin 2015

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    ÉDUCATION (RELIÉ)

    Pour l’auteur, l’éducation ne s’adresse pas à l’intelligence seule. La vie enfant doit être harmonieuse, à la fois corporelle, intellectuelle, affective, pratique et sociale, mais aussi spirituelle.