L’homosexualité et la Bible – DOSSIER (Revue Signes des Temps)

Us et coutumes anciennes.

Un peu d’histoire

Le mot « homosexualité » a été introduit par le médecin hongrois Karoly Benkert en 1869, dans une lettre demandant qu’on traitât avec humanité ceux qui étaient attirés par le même sexe « de par leur naissance » (bei der Geburt).

Dans les religions anciennes

En Mésopotamie, en Égypte, en Grèce et à Rome, les dieux et les héros ont des relations sexuelles entre même sexe (homo-érotisme) :
• Dans l’Épopée de Gilgamesh, (2 100 avant notre ère), la déesse Aruru crée spécialement Enkidu, un mâle, pour assouvir les passions sexuelles du héros Gilgamesh
• Horus et Set(h) en Égypte
• Laïus et Chrysippe à Thèbes
• Dans la mythologie grecque, Zeus et Ganymède, Apollon et Hyacinthe, Priape, Orphée, etc…

Les explications anciennes

Platon (427-347 av. J.-C.) « Chacun d’entre nous est donc la moitié complémentaire d’un être humain, puisqu’il a été coupé, à la façon des soles, un seul être en produisant deux ; sans cesse donc, chacun est en quête de sa moitié complémentaire. Aussi tous ceux des mâles qui sont une coupure
de ce composé qui était alors appelé “androgyne” recherchent-ils l’amour des femmes… En revanche, toutes les femmes qui sont une coupure de femme ne prêtent pas la moindre attention aux hommes ; au contraire, c’est plutôt vers les femmes qu’elles sont tournées, et c’est de cette espèce que proviennent les lesbiennes. Tous ceux enfin qui sont une coupure de mâle recherchent aussi l’amour des mâles. »
Banquet, 191d-192b

Vettius Valens (120-175 ap. J.-C.) « Lorsque ces astres (Vénus et Saturne)… se trouvent à l’Occident, ils féminisent les hommes. En effet, ceux-ci accomplissent parfois les actes propres aux femmes en s’unissant à des hommes… » Anthologie, Livre II

À l’époque romaine

• Embrasser sa femme en public devant sa fille peut valoir l’exclusion du Sénat « Caton exclut un autre sénateur qui avait pourtant de bonnes chances d’accéder au consulat, précisément Manilius, parce qu’il avait embrassé sa femme en public, sous les yeux de sa propre fille. » Plutarque, Marcus Cato, 17.7

• L’adultère est sévèrement réprimé César Auguste fit voter en l’an 18 avant l’ère chrétienne la loi Julia de adulteris coercendis, selon laquelle la partie fautive d’un adultère pouvait être condamnée au bannissement, perdre ses biens, et être exclue de la société.

• Fréquenter une maison close est possible, y compris pour les prêteurs… à condition de rester discret « Il est permis d’entrer dans une maison de passe. Mais si un prêteur s’y rend sous escorte, précédé de son étendard, alors, il est coupable de lèse-majesté, même s’il a fait quelque chose d’autorisé. » Pompeius Silo, Apud Sen. Contr. 9.2.17

• Un garçon qui n’a pas d’amant est suspect « Un jeune garçon, beau de corps et noble de naissance, qui ne trouve pas d’éraste est déshonoré : on suppose qu’un vice de coeur a seul pu lui attirer cet outrage. » Strabon, Géographie, 10.4.21

Dans le judaïsme

Les pratiques homo-érotiques sont condamnées.

• Livre de la Sagesse 14.24-26 (livre deutérocanonique du IIIe siècle av. J.-C.) :« Ils ne respectent plus ni les vies, ni la pureté des mariages… Tout est mêlé : sang et meurtre, vol et fourberie, corruption, déloyauté, troubles, parjure, confusion des valeurs, oubli des bienfaits, souillure des âmes, inversion sexuelle, anarchie des mariages, adultère et débauche. »

• Philon d’Alexandrie, Lois spéciales, Livre III, 37-38 (Ier siècle av. J.-C.), à propos de la pédérastie : « Mais, telle une bande avinée, un vice bien plus grand que celui dont je viens de parler a fait irruption dans les cités : c’est la pédérastie… Ces personnages méritent qu’on brûle de faire couler leur sang en obéissant à la Loi, qui ordonne de tuer impunément l’inverti qui falsifie l’estampille de la Nature, sans le laisser vivre un jour ni même une heure… »

• Flavius Josèphe, Contre Apion, 2.199, (Ier siècle ap. J.-C.) : « La loi ne connaît qu’une seule union, l’union naturelle avec la femme, et seulement si elle doit avoir pour but de procréer. Elle a en horreur l’union entre mâles et punit de mort ceux qui l’entreprennent. »

Dans l’Antiquité

antiquiteusetcoutumes• La plupart des hommes grecs ou romains ont des relations sexuelles avec d’autres hommes. Ils ne sont pas pour autant homosexuels
dans le sens actuel du terme.

• Le lesbianisme existe, mais de manière plutôt rare, à moins qu’il n’ait été sous-évalué dans la littérature essentiellement machiste. 1 Corinthiens 6.9-10 retraduit « Ne vous égarez pas : ce ne sont pas ceux qui se livrent à l’inconduite sexuelle, à l’idolâtrie, à l’adultère, les efféminés (celui qui dans une relation sexuelle subit la pénétration (semblable à une femme)), les hommes qui couchent avec des hommes, les voleurs, les gens avides, les ivrognes, ceux qui s’adonnent aux insultes ou à la rapacité qui hériteront le royaume de Dieu. »

Par : Jean-Claude Verrecchia : Professeur de Nouveau Testament
Source : Revue Signes des Temps - Septembre - Octobre 2016

magazine-cover-bw-3d-october-croppedREVUE SIGNES DES TEMPS – ABONNEMENT 2017

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