• Ellen White et l’histoire

    Par Jean-Paul Barquon - Rédacteur en chef de la Revue adventiste

    Ellen White mentionne deux fois le nom de la Saint Barthélemy : « Mais le plus noir dans le sombre catalogue du crime, le plus horrible de tous les actes démoniaques de tous ces terribles siècles fut le massacre de la Saint-Barthélemy. Le monde se souvient encore avec un frisson d’horreur des scènes de cette lâche et cruelle agression. Le roi de France, poussé par les prêtres et les prélats de l’Église romaine, accorda sa sanction à cette oeuvre horrible. Une cloche, sonnant dans le silence de la nuit, donna le signal du massacre. Des milliers de protestants qui, dormaient paisiblement dans leurs maisons, faisant confiance à la parole d’honneur de leur roi, en furent arrachés sans avertissement et assassinés de sang froid. » (Le Grand espoir, chapitre sur « La Bible et la révolution française », p.199)

    Dans un autre passage, en parlant du régime de la Terreur sous la Révolution française, elle fait de nouveau référence à l’épisode de la Saint-Barthélemy en ces termes : « Le même esprit qui avait provoqué le massacre de la Saint-Barthélemy mena aussi aux scènes de la Révolution. » (Idem p. 200)

    En rédigeant son manuscrit « The great controversy between Christ and Satan », puis en acceptant les révisions qui paraitront dans les éditions de 1888 et de 1911, Ellen White accepta toujours d’enrichir et de compléter son travail. Elle avait accès à la bibliothèque personnelle de John Andrews et de ce fait, elle utilisa comme sources plusieurs ouvrages pour parler de la Réforme protestante. Elle place toujours les projecteurs sur la Bible et la façon dont les croyants la perçoivent et la percevront à l’avenir. Elle utilisa donc des livres d’histoire pour rédiger certaines parties de la Tragédie des siècles sans faire oeuvre d’historienne. Rien de mystérieux ni de renversant à cela. Après tout, les recherches de Jean-Henri Merle d’Aubigné (History of the Reformation) ou ceux de J.A. Wylie (The history of protestantism) étaient nécessaires pour rédiger et analyser les situations.

    William Clarence White, le troisième fils d’Ellen White qui fut directeur de publication d’EG White, s’exprime ainsi sur ce sujet : « Ma mère n’a jamais prétendu être une autorité en matière historique. Ce qu’elle a écrit est une description d’images lumineuses fugitives (flashlight pictures) et d’autres tableaux qui lui ont été présentés en rapport avec les actions des hommes et l ’influence qu’elles ont exercé sur l’oeuvre de Dieu pour le salut de l’humanité, auxquels s’ajoutait une vue passée, présente et future de cette histoire en relation avec cette oeuvre. Pour pouvoir exprimer ces vues, elle s’est servie de récits historiques clairs et valables. Quand je n’étais qu’un jeune garçon, je l’entendais faire à mon père la lecture du livre d’Aubigné « History of the Reformation ». Elle lui a lu une grande partie, sinon la totalité des cinq volumes.

    Cela l ’a aidée à situer et à décrire un grand nombre de faits et de mouvements qui lui ont été montrés en vision. […] Quand la tragédie des siècles a été écrite, ma mère ne pensait jamais que les lecteurs considéreraient ce livre comme faisant autorité en matière de dates historiques ou qu’ils l’utiliseraient pour trancher un différent touchant des détails de l ’histoire, et aujourd’hui, elle ne croit pas que nous devrions l’employer pour cela. »

    Extrait d’une déclaration faite par William Clarence White devant le Conseil de la Conférence générale, le 30 octobre 1911.
    Cité dans le vol. 3 de « Selected Messages » Review and Herald publishing association, 1980, Appendices A et B, p. 437, 447.
    On lira avec profit la Préface du directeur du Centre de recherche Ellen White, à propos du livre « Le grand espoir », p. 9 à 15.
    En réalité, quel que soit le nom donné à ce livre « Le grand espoir », « La Tragédie des siècles », ou « La grande controverse », et quelle qu’en soit la version (celle de 1888 ou de 1911), ce livre est bien plus qu’une chronologie et qu’un livre d’histoire car il est réellement incomplet. Certains événements de l’histoire chrétienne ne sont pas commentés. Les religions asiatiques, musulmanes ne figurent pas.
    Néanmoins, l’auteur puise surtout dans l’histoire des leçons spirituelles nécessaires en ouvrant des pistes pour la recherche dans différents domaines.

    Aujourd’hui dans le monde, 150 millions de chrétiens subissent la persécution religieuse. Ils ont toujours besoin de porter en eux le grand espoir qui reste Jésus-Christ, tant au niveau de son incarnation, de sa rédemption que de son retour.

    Source : Revue adventiste - mai 2016 - page 16
  • EDS – Mardi 16 août – Se mettre à leur place

    Lisez Colossiens 3.12 ; 1 Pierre 3.8 et 1 Jean 3.17. Que nous disent ces versets, et comment faire preuve de cette compassion dans notre vie ?

    Le mot compassion vient du latin compati, qui signifie « souffrir avec ». Puisque nous avons nous-mêmes souffert, nous pouvons comprendre les souffrances des autres. Et à n’en pas douter, de la même manière que nous avons grand besoin de compassion et de sympathie quand nous souffrons, nous devons être disposés à faire de même pour ceux qui en ont également besoin.

    Nous avons vu dans une précédente leçon l’histoire du bon Samaritain. Pour mettre en relief l’exemple du Samaritain, Jésus déclare : « Mais un Samaritain, qui voyageait, arriva près de lui, le vit et en eut compassion » (Lc 10.33). Cette compassion (ou pitié) pousse le voyageur samaritain à agir en faveur de la victime blessée. Le prêtre et le Lévite se sont probablement demandé : « Si j’aide cet homme, que va-t-il m’arriver ? ». Le Samaritain s’est peut-être demandé : « Si je n’aide pas cet homme, que va-t-il lui arriver ? ».
    Dans cette histoire, le Samaritain se met à la place de la victime et passe à l’action. Il risque sa propre sécurité et ses biens matériels pour un étranger. Autrement dit, être chrétien implique parfois des risques et peut potentiellement coûter très cher.
    Voyons l’histoire du fils prodigue de ce même point de vue (Lc 15.20-32).

    Que fait le père du fils prodigue qui ouvre la porte aux critiques et à la mésentente familiale ? L’étreinte compatissante, la robe d’appartenance, l’anneau de la confiance, les sandales de la liberté, et l’appel à la célébration reflètent la joie désintéressée d’un père disposé à tout sacrifier pour le rétablissement de son fils prodigue. Prodigue signifie dépensier, irréfléchi, extravagant, et incontrôlable. Ce genre de comportement décrit parfaitement le chemin pris par le fils dans cette histoire. Mais arrêtons-nous un instant. Au moment du retour du fils, on pourrait à juste titre affirmer que le père, dans cette histoire, met toute dignité de côté et accorde tout ce qu’il a à son fils débraillé. Aux yeux du frère aîné, c’est le père qui est dépensier, extravagant, et incontrôlable. Le père devient prodigue aux yeux du fils repentant, et son coeur compatissant déclenche ce dépouillement de toutes ressources, nécessaire pour le rétablissement.
    Ce niveau de sympathie et de compassion implique de mettre certaines choses de côté, et cela peut nous rendre vulnérables, quand nous souffrons avec quelqu’un et que nous nous efforçons de le faire cheminer vers la restauration. En bref, il y a parfois un prix à payer pour la compassion et la sympathie authentiques.

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