• La menace d′un nouveau virus mortel

    Par Bernard BÉRANGER - Chef d’entreprise dans le Sud de la France

    Il semble que nous sommes menacés par un nouveau virus, le SJB, le Syndrome Joseph Bates (1). L’auteur de cet article porte en lui une vision saine dans le domaine de la santé et du style de vie adventiste. Le christianisme présenté par l’adventisme est une grande et une belle cause mais nous sommes aussi appelés à nous engager, à vivre et à développer lespetites causes …

    Joseph Bates fut l’un des fondateurs de l′Église adventiste du septième jour. Pendant longtemps, il parcourut les mers du globe comme capitaine de navire marchand. Son père, soldat bénévole dans la guerre d’indépendance des États-Unis, lui donna très tôt, le sens de l’engagement. Tout au long de sa vie, Joseph épousa de multiples causes humanistes. L’anti-esclavagisme était son combat. Il faut avouer qu’à l’époque, c’était « la » grande question. Il devint aussi l’un des leaders des mouvements réformistes de santé du début du XIXe siècle, tout particulièrement dans la lutte contre l’alcool, le tabac et la promotion d’une alimentation saine comme le végétarisme.

    Un cheminement spirituel, accompagna aussi toutes ces découvertes. Vers la fin des années 1830, il devint un fervent membre adventiste avant de découvrir, juste après « la grande désillusion », le sabbat, qu’il enseigna à de nombreux pionniers de notre mouvement, dont le jeune couple James et Ellen White. C’est lors de l’une de ces dernières traversées que les premiers symptômes apparurent. À l’un de ses collègues, qui l’interrogeait sur ses nouvelles découvertes, il répondit : « Les petites causes ont été englouties dans la grande ! ».

    Cela signifiait pour lui que l’annonce du proche retour de Jésus, devenait sa première priorité et que la conversion d’une âme à cette nouvelle
    croyance impliquerait l’adhésion à toutes les autres causes pour lesquelles il avait combattu si énergiquement : abolition de l’esclavage et vie saine… pour lui, tout cela coulait de source. En adhérant à « la grande cause » on s’engageait aussi dans « les petites ».

    Nombreux sont ceux aujourd’hui qui, comme Joseph, croient que les « petites causes » ont été englouties dans la « grande », sauf que… c’est à ce moment-là, que le syndrome peut se manifester d’une manière plus ou moins virulente et sous différentes formes. Je m’explique.

    Avons-nous vraiment adhéré à l’ensemble du « package » ? Foi adventiste et style de vie qui va avec, grandes et petites causes ?

    L’une des manifestations les plus redoutables du SJB est de nous faire croire que puisque je crois à la grande cause, l’annonce du retour de Jésus, je n’ai pas besoin de m’engager dans les petites. La maladie est installée lorsque j’en arrive au stade de ne plus vivre personnellement cette adhésion à ces « petites » causes.

    « Chacun sa route, chacun son chemin, chacun son destin, passe ce message à ton voisin » est la chanson du film « Un indien dans la ville » qui a parfois pris sa place dans les hymnes de nos églises. Je crois au message adventiste, mais que personne ne vienne me parler de mon « style de vie » car cela relève bien de ma vie privée. Le sujet de la santé, par exemple, a pendant de nombreuses années défrayé nos chroniques, aujourd’hui, il est souvent mis de côté alors qu’autour de nous, dans notre société, c’est vraiment tout le contraire. Il suffit même de voir, dans notre société, le succès du « vegan » (2) ou végétalisme. Très tendance aujourd’hui.

    Mais le plus grave de ces symptômes est sans conteste celui qui va nous couper du monde dans lequel nous vivons. La cause à ce fichu SJB. Puisque je crois à la « grande » cause, il n’est plus nécessaire de militer pour les « petites ». Insensible aux luttes, aux défis de notre civilisation, nous ne sommes présents que très rarement dans les combats contemporains, comme la dignité humaine, la préservation de notre terre et de notre santé (d’autres mots pour définir ce que devrait être « la réforme sanitaire » actualisée). Pour nos contemporains, nous pouvons devenir inaudibles.

    Le syndrome peut alors entraîner une paralysie et d’acteurs de l’évangile, nous risquons d’en devenir spectateurs. Chacun pourra évaluer son état d’intoxication à ce SJB. Il me faut conclure et vous dire que si Joseph était porteur du virus, il ne l’a jamais développé. Il resta fidèle à ses engagements, ne renia jamais ce qui avait fait partie des combats de toute sa vie. Lorsqu’il choisit de s’engager dans la grande cause de l’adventisme, il décida d’y consacré sa vie entière, quitta son métier, vendit tout ses biens, les investit dans la mission pour vivre simplement dépendant de la grâce de Dieu, sans oublier ses engagements précédents.

    C’est peut-être cela le remède à cette terrible maladie invalidante. Tout simplement s’engager, être présent au monde dans ce qui fait ses luttes d’aujourd’hui pour la dignité humaine, le respect de la création, la vie saine.
    Tout simplement être témoin de l’évangile.

    (1) Joseph Bates – (8 juillet 1792 – 19 mars 1872)  – Il naquit à Rochester, dans le Massachusetts, le 8 juillet 1792. Il était le cinquième des sept enfants de Joseph Bates senior et de Deborah Nye Bates. Son père s’était porté volontaire durant la guerre d’Indépendance des États-Unis (1775-1783), où il fut promu capitaine dans l’armée. L’année suivante, la famille alla résider à New Bedford, à une dizaine de kilomètres de distance, qui fut renommée Fairhaven en 1812. Il fut aussi l’un des prédicateurs de l’Église chrétienne (aussi appelée la connexion chrétienne) qui participa au mouvement de réveil de William Miller, annonçant le retour du Christ. Il fut le cofondateur, avec James White et son épouse Ellen (Harmon) White, de l’Église adventiste du septième jour. Il est celui qui leur présenta la doctrine du sabbat. Il fut le premier théologien, historien et théoricien de la mission des adventistes du septième jour. Il annonça le message du retour du Christ en Nouvelle-Angleterre, au Michigan et au Canada.

    Ses écrits
    • 1846 – The Opening Heavens Or, A Connected View of the Testimony of the Prophets and Apostles.
    • 1846 – The Seventh Day Sabbath: A Perpetual Sign from the Beginning to the Entering Into the Gates
    • 1847 – Second Advent Way Marks and High Heaps
    • 1847 – A Word to the « Little Flock » (avec James and Ellen White)
    • 1848 – A Vindication of the Seventh-Day Sabbath and the Commandments of God
    • 1849 – A Seal of the Living God
    • 1850 – An Explanation of the Typical and Anti-Typical Sanctuary
    • 1868 – The Autobiography of Elder Joseph Bates

    (2) Vegan – Véganisme – Le terme français véganisme vient de l’anglais veganism qui est lui-même un dérivé du mot vegan désignant le mode de vie végétalien. En français, il est convenu d’adapter les termes vegan et vegans en végane et véganes. Définition officielle de la Vegan Society : «Le véganisme est le mode de vie qui cherche à exclure, autant que faire se peut, toute forme d’exploitation des animaux, que ce soit pour se nourrir, s’habiller, ou pour tout autre but. » On estime aujourd’hui à plus de 525 millions les personnes ne mangeant ni chair animale ni oeuf sur Terre : 40% de végétariens et végétaliens en Inde sur la totalité de la population, de 2 à 5% aux États-Unis, en France ou en Chine, 6 à 10% au Brésil ou en Allemagne. En France on estime à 2 millions les personnes ayant fait le choix de ne pas consommer les animaux dans leur quotidien (population de végétariens, végétaliens et véganes confondus) – Source Être végétarien par Alexandra de Lassus – Éditions Les guides du Chêne, 2014).

    Source : Revue Adventiste juillet 2016 - pages 4 et 5
  • EDS – Lundi 8 aout – Le principe « quand même »

    Un lépreux s’approche de Jésus et le supplie de le guérir. La croyance populaire dit que cet homme doit être isolé. Jésus, celui qui est pur, le touche et le guérit « quand même » (Mt 8.1-4). Pierre renie Jésus trois fois durant son procès (Jn 18). Après la résurrection, Jésus le rétablit « quand même » à son service (Jn 21). L’église de Dieu à Corinthe se montre peu reconnaissante de l’autorité et de l’influence de Paul. Mais Paul les sert « quand même » (2 Co 12.14,15). Ce principe de « quand même » ou de « malgré » est essentiel si l’on veut révéler le caractère de celui qui souhaite le bien de tous.
    « Des millions d’êtres humains sont prêts à périr, enchaînés dans l’ignorance et le péché, n’ayant jamais entendu parler de l’amour du Christ. Si nous étions à la place de ces gens-là, que désirerions-nous que l’on fît pour nous ? Cela, nous avons le devoir impérieux de le faire, dans toute la mesure de nos possibilités. La règle établie par le Christ, qui nous maintiendra debout ou nous fera tomber au jour du jugement, c’est : Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, vous aussi faites-le de même pour eux. » Ellen G. White, Jésus-Christ, p. 643.
    Cette « règle d’or » est fondamentale si l’on veut avoir dans notre ministère une mentalité qui pense d’abord à ce qui est bon pour ceux que nous servons, au lieu de penser à nos propres intérêts.

    Lisez Matthieu 5.43-47 ; Luc 6.27,35 ; 23.34. Quelle idée cruciale Jésus nous révèle-t-il ici au sujet de notre attitude envers une certaine catégorie de gens ?
    Jésus nous appelle à faire preuve d’amour envers les gens et à être aimables avec eux « malgré » le fait qu’ils vous détestent ou qu’ils soient vos ennemis. Remarquez également que Jésus associe ces actions et ces attitudes au caractère de Dieu lui-même.
    « Mais aimez vos ennemis, faites du bien et prêtez sans rien espérer. Votre récompense sera grande et vous serez fils du Très-Haut, car il est bon pour les ingrats et pour les mauvais. » (Lc 6.35.)

    Comment comprenons-nous l’idée que Dieu est « bon pour les ingrats et pour les mauvais » (en quoi cela répond-il, par exemple, à la question : « Pourquoi les méchants prospèrent-ils parfois ? ») ?
    En quoi Romains 2.4 entre-t-il également en jeu ?


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