Méditation – 6 juillet 2016 – Les limites du pardon, 3ème partie

En sortant, cet esclave trouva un de ses compagnons d’esclavage qui lui devait cent deniers. Il le saisit et se mit à le serrer à la gorge en disant : « Paie ce que tu dois ! » Son compagnon, tombé à ses pieds, le suppliait : « Prends patience envers moi, et je te paierai ! » Mais lui ne voulait pas ; il alla le faire jeter en prison, jusqu’à ce qu’il ait payé ce qu’il devait.
Matthieu 18.28-30

Dans la première scène de cette parabole, il est question de la relation entre Dieu et l’homme. En revanche, la deuxième scène de cette parabole nous incite à réfléchir aux relations entre les êtres humains. C’est dans ce domaine que nous tous, qui ressemblons à Pierre, commençons à rencontrer des problèmes. Voyons ce qui se produit. Après nous être mis à genoux pour prier, nous nous relevons de bonne humeur, ayant l’assurance du pardon de Dieu. Jusque-là, tout va bien.

Mais dix minutes plus tard, nous rencontrons une personne que nous essayons d’éviter depuis des semaines, et ce, pour une bonne raison. Elle nous doit de l’argent et c’est la dernière personne que nous avons envie de croiser.
Or, il ne s’agit pas d’une petite somme. Après tout, cent deniers représentaient environ cent jours de travail, soit les deux tiers d’un an de salaire. Si l’on prend le salaire horaire moyen, cela revient donc à quelques milliers d’euros et nous voulons retrouver notre argent ! C’est une part importante de notre budget annuel. Alors, nous attrapons cette personne par le col et nous lui ordonnons de payer sur-le-champ. Mais de quelle façon réagit-elle ? Elle tombe à genoux, nous demande de faire preuve de patience et promet de payer ce qu’elle nous doit. Ce n’est pas suffisant pour nous. Nous devons lui régler son compte tout de suite. Il est temps de rétablir la justice. Nous avons été trop tolérants avec cet individu malhonnête, nous allons lui donner ce qu’il mérite !
Dans la deuxième scène de la parabole du Christ sur le pardon, nous découvrons la perspective humaine. Cet esclave a atteint les limites du pardon, il a épuisé sa capacité à pardonner. Il peut donc laisser libre cours à sa colère. Il est temps pour lui d’envisager une procédure légale.
Ce qu’il oublie totalement, c’est que la requête de miséricorde qui lui est adressée fait écho à la prière qu’il a faite à Dieu sur le même sujet. De plus, il a « oublié » que l’argent qui lui est dû fait partie de la dette qu’il a envers Dieu, finalement.
Mais à quoi bon se souvenir de ces détails, quand nous avons raison et que les autres ont tort ? Il est normal et juste que nous leur donnions ce qu’ils méritent. N’est-ce pas ?


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