Méditation – 3 juillet 2016 – Le désir d’être grand

Alors Pierre vint lui demander : Seigneur, combien de fois pardonnerai-je à mon frère, lorsqu’il péchera contre moi ? Jusqu’à sept fois ? Matthieu 18.21

C’est une question très concrète. On peut même se demander pourquoi Pierre la posa à Jésus. Étant donné le contexte, il n’est pas difficile d’en comprendre la raison. Premièrement, Jésus venait de parler de la façon de régler les problèmes qui surgissent parfois entre les individus. Deuxièmement, Pierre avait une haute opinion de lui-même depuis que Jésus avait fait son éloge à Césarée de Philippe.
Troisièmement, depuis un moment, les disciples se disputaient pour savoir lequel était le plus grand parmi eux. Pierre était sûr que c’était lui. Ainsi, il voulait le prouver aux autres, y compris à Jésus. Celui-ci allait sans aucun doute le féliciter de nouveau pour sa générosité.

« Combien de fois pardonnerai-je à mon frère ? Jusqu’à sept fois ? » (Matthieu 18.21.)

Pierre ne doutait pas un instant de la « grandeur » de sa déclaration. Après tout, pardonner sept fois était très généreux, d’autant que les
rabbins enseignaient qu’il ne fallait pas pardonner plus de trois fois.

En effet, le rabbin Jose ben Hanina affirmait : « Celui qui supplie son voisin de le pardonner ne doit pas le faire plus de trois fois ». Le rabbin Jose ben Jehuda déclarait : « Si un homme commet une offense une fois, il faut lui pardonner. S’il commet une offense une deuxième fois, il faut lui pardonner. S’il commet une offense une troisième fois, il faut lui pardonner. La quatrième fois, il ne faut pas lui pardonner. ».
Le fondement biblique de cette règle se trouve dans les premiers chapitres d’Amos où les expressions « à cause de trois transgressions » et « à cause de quatre transgressions » sont souvent employées. Les rabbins pensaient que cette distinction entre trois et quatre transgressions indiquait la limite du pardon de Dieu. Ainsi, Pierre, dans un élan de générosité exceptionnel, doubla le nombre de transgressions qui pouvaient être pardonnées dans la pensée juive et en ajouta une pour faire bonne impression. Ce n’était pas si mal pour un pécheur au
caractère emporté et vif.

Mais la question posée par Pierre à Jésus en cachait une autre qui l’intéressait davantage encore : quand atteint-on les limites du pardon ? Quand pouvons-nous faire comprendre aux gens que c’est terminé parce qu’ils sont allés trop loin tout en ayant bonne conscience ? Quand pouvons-nous être nous-mêmes et donner aux autres ce qu’ils méritent sans arrière-pensée ?

Nous nous posons tous ces questions et aimerions tous avoir des réponses. Or, la réponse du Christ est très claire et peut nous décourager. Il nous dit : « Jamais ».


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