L′étrange aventure du Manuel d′Église

Par Gilbert VALENTINE – Professeur et président du département de l’administration à l’Université adventiste de la Sierra, Riverside, Californie.

Le premier de ces deux articles a rappelé comment la tentative d’adopter un Manuel d’Église en 1883 a échoué au sein de l’Église adventiste. Dans ce second article, l’auteur examine comment l’Église a fait face au besoin d’un Manuel au cours des cinquante années qui ont suivi, et finalement en a adopté un en 1932, valable pour toute la dénomination. Depuis, entre chaque session administrative de la Conférence générale, une commission révise et adapte les textes en les proposant au vote à l’assemblée.

En 1883, les responsables adventistes ont catégoriquement rejeté la création d’un manuel d’Église. À ce moment-là, le président de la Conférence générale, George Butler, avait la certitude que l’Église n’avait pas l’intention de s’engager sur la pente du formalisme et de l’adoption d’un crédo.

Cette position déterminée n’a cependant pas affronté le besoin de compiler des directives pour la gestion de la vie d’une Église locale, ni d’une pratique pastorale. Cela n’a pas non plus mis un terme à la codification permanente d’un règlement d’Église par les fédérations locales et par la Conférence générale pour mettre en place une pratique uniforme au sein de la fraternité d’Églises en croissance. Mais une décision avait été prise. Les pasteurs, les Églises et les fédérations devaient travailler avec leur Bible comme « seule règle de foi et de pratique ». Mais cela ne voulait pas dire, évidemment, que le besoin d’un volume général allait disparaître.

Comment donc l’Église a-t-elle changé sa position et adopté un Manuel d’Église cinquante ans plus tard ? D’abord, plutôt qu’un « manuel », divers livres rédigés par des individus ont été publiés pour remplir le vide. L’histoire de ces efforts par intérim a fourni un arrière-fond fascinant à cette volte-face de l’Église.

L’avocat de la communion « fermée » Moins de deux ans après le rejet d’un Manuel, la Conférence générale avait toujours la question à son ordre du jour, poussée par J.H. Waggoner. En tant que rédacteur de la revue Signs of the Times, il avait publié une série d’articles correspondant à un Manuel1. Mais, alors qu’il espérait que la Conférence générale approuverait ce document, les délégués à la session ont habilement mis la question de côté. Ils ont envoyé le document à la maison d’édition californienne pour qu’elle le traite comme n’importe quel manuscrit à publier sous le nom de son auteur.

La Pacific Press a publié ce volume de 8 chapitres et 122 pages en 1887. Seulement vingt exemplaires ont été imprimés et ce livre n’a jamais été ni révisé, ni réédité2. Même s’il n’y avait pas eu d’opposition idéologique à un manuel, le contenu du livre de J.H. Waggoner montre pourquoi il n’a pas été retenu. Son style était sermonneur, familier et polémique, agrémenté d’illustrations personnelles. Un grand nombre de pasteurs et d’Églises l’ont critiqué, car plusieurs d’entre eux pouvaient être facilement identifiés et mis en défaut3.

L’utilité du livre de J.H. Waggoner était aussi limitée par sa position défendant une communion « fermée », qui offensait les adventistes issus des milieux baptistes libres et de la « Christian Connection ». De plus, la manière d’argumenter de J.H. Waggoner ne convenait pas pour un manuel général4. Il n’est pas étonnant que ce texte n’ait pas dépassé le cadre de quelques Églises du Sud de la Californie.

Un vétéran s′exprime

Au tournant du siècle s’est produit le tourbillon de la restructuration de la dénomination, immédiatement suivi par les mouvements sismiques du schisme autour de J.H. Kellogg. Ces événements ont pesé sur le besoin ressenti d’un manuel pour le fonctionnement de l’Église. Il semblait aussi important d’expliquer et de défendre la validité des nouvelles formes de l’organisation de la dénomination que de fournir des indications sur les questions de vie d’Église locale.

En 1906, John N. Loughborough s’est saisi du défi. Publié par la maison d’édition Review and Herald en 1907, le livre de J.N. Loughborough : The Church : Its Organization, Order, and Discipline (« L’Église, son organisation, son fonctionnement et sa discipline », 183 pages) s’est révélé extrêmement utile en tant que guide compact. En 1908, la Conférence générale a envoyé son auteur faire un tour du monde pour promouvoir le livre et parler à propos de l’organisation et du fonctionnement de l’Église.

Ce livre n’était pas un manuel officiel, mais représentait tout de même un consensus fort sur le règlement de l’Église. En fait, il en est arrivé à être reçu, de facto, comme un Manuel d’Église au cours des vingt années suivantes. Le livre de J.N. Loughborough illustrait bien une modification dans la culture de la dénomination au cours de cette période en direction d’une approche plus centralisée de la vie de l’Église. Son livre était affirmatif, prescripteur et presque autoritaire dans sa tonalité. La métaphore dominante était celle de l’armée. L’accent était mis sur la reconnaissance et la soumission à « l ’autorité ». J.N. Loughborough donnait l’impression que l’Église était « parvenue » au sommet de son organisation et que la situation était désormais celle qu’elle devait être pour toujours5.

Le thème rassembleur s’appuyait sur une déclaration d’Ellen White de 1893, souvent répétée, selon laquelle « le Seigneur avait fourni une organisation qui était devenue parfaite6 ». Les quatorze premiers chapitres abordaient les grands principes de l’organisation de l’Église et consistaient presque entièrement en citations tirées des Écritures et des écrits d’Ellen White. Les quinze derniers commençaient par un rappel de l’histoire de l’organisation adventiste, puis abordaient la structure fédérale, les procédures de comités, d’élections et ce qui revenait de droit aux dirigeants. Le livre touchait bien aux questions relatives à l’Église locale, mais son accent portait sur l’Église en tant qu’organisation générale plutôt qu’en tant que congrégation locale d’adorateurs.

Un manuel d’Église est un document qui est construit sur le passé et non pas tourné vers l’avenir. Il a été structuré principalement comme un document descripteur.

Une approche pastorale

Tandis que J.N. Loughborough rédigeait son manuscrit, dans le Colorado, H.M.J. Richards écrivait aussi un manuel pour répondre au « grand besoin d’un ouvrage bien rédigé, de taille modeste et de consultation facile sur le sujet de l’ordre évangélique7 ».

Le livre de H.M.J. Richards, en douze chapitres, commençait par une démarche catéchétique : des questions d’une part, et des réponses fondées sur des citations importantes. Comme dans le livre de J.N. Loughborough, les premiers chapitres traitaient de grands principes, alors que les chapitres suivants s’intéressaient à l’application pratique de ces principes. Contrairement au style autoritaire de J.N. Loughborough, le manuel de H.M.J. Richards avait une tonalité chaleureuse, douce et pastorale, et se focalisait davantage sur les questions liées à la vie de l’Église locale et au travail du pasteur. Même si la rédaction était moins lisse, l’approche était plus agréable.

L’ouvrage de H.M.J. Richards reposait sur l’idée qu’un manuel sur le fonctionnement de l’Église devait être prioritairement descripteur. Il reconnaissait la nécessité de mettre de côté ses intérêts personnels pour le bénéfice de tout le corps de l’Église. Il a abordé la question de l’autorité de manière sensible. Il reflétait aussi une tendance rampante au sacramentalisme dans l’Église. Par exemple, il défendait la sainteté de la chaire par opposition au pupitre de l’École du Sabbat. Cependant, H.M.J. Richards énonçait ses idées d’une manière chaleureuse, pastorale et persuasive. À bien des égards, son manuel était supérieur à celui de J.N. Loughborough. Ces deux volumes ont aidé à combler l’absence d’un Manuel d’Église pendant près de vingt ans, chacun à sa façon. Mais, les décennies passant, les deux ont vieilli.

Le tour d’un responsable de département En 1922, le secrétaire de la mission intérieure de la Conférence générale, J.A. Stevens, a rafraîchi les choses avec l’ouvrage The Officers of the Church and their Work (les responsables de l’Église et leur travail8). Ce volume est devenu le précurseur d’un manuel d’Église officiel.

J.A. Stevens avait treize années d’expérience pastorale et à la tête de départements avant d’être élu à la Conférence générale. Son approche était plus lisse et plus académique que celle de ses prédécesseurs. Il a commencé par un exposé historique retraçant les racines du fonctionnement de l’Église chrétienne en remontant jusqu’au système juif de la synagogue, puis à travers l’Église dans le Nouveau Testament. L’accent portait sur l’Église locale et ses responsables, reflétant la nouvelle approche départementale de la vie d’Église qui avait été instituée au cours des deux premières décennies du siècle. De manière pédagogique, J.A. Stevens traitait des problèmes contemporains et des procédures que les responsables d’Église devaient maitriser. Son style était celui d’un manuel d’instruction expliquant « comment faire » ; l’accent y était plus fortement mis sur le rôle dirigeant de l’ancien d’Église qui, d’après J.A. Stevens, rivalisait presque avec celui du pasteur consacré au niveau local. En fait, si les prescriptions de J.A. Stevens avaient été suivies, les anciens d’Église se seraient rapidement sentis surchargés par les devoirs de leur fonction9.

Même si l’ouvrage de J.A. Stevens était prescripteur en ce qui concernait le rôle des dirigeants d’Église, il ne véhiculait pas d’importantes prescriptions en ce qui concernait le fonctionnement de l’Église en lui-même. Cependant, ce livre illustrait le changement de perspective depuis l’époque où George Butler et Ellen White avaient pointé du doigt le danger que le formalisme vienne saper la spiritualité. J.A. Stevens prenait la direction opposée. « L’expérience a montré qu’une adhésion fidèle à certaines règles pour la conduite de l’oeuvre de notre Église entraîne une vie spirituelle plus profonde chez les membres et, en conséquence, la progression dans chaque phase de l’action de l ’Église10 ». Le livre de J.A. Stevens révélait que les choses étaient en train de changer.

En 1929, H.S. Miller, un chargé de cours de théologie à Southwestern Junior College, a écrit à la Conférence générale pour demander si le livre de J.A. Stevens « faisait autorité ». H.S. Miller avait entendu dire que le statut de ce livre était « sérieusement mis en question ». Est-ce que « sa mission et son conseil étaient validés de manière indiscutable » par la Conférence générale ? Sinon, y avait-il « quelque chose d’autre pour se substituer à lui11 ? ». T.E. Bowen, rédacteur du Church Officers’ Gazette, lui a répondu au nom de la Conférence générale. Il pouvait assurer H.S. Miller que, pour autant qu’il le sache, « il n’y avait pas de défaut majeur dans le livre12 » en ce qui concernait les questions posées. Cependant, le manuscrit avait seulement été « examiné » par la commission de lecture de la Pacific Press. Il est à noter que des questions comme celle de H.S. Miller sous-entendaient que l’Église était en chemin et bientôt prête à accepter un manuel officiel.

La démarche d′un périodique

La Church Officers’Gazette a constitué une autre tentative pour combler le vide. En 1913, la Division nord-américaine a demandé que l’on prépare un « manuel pour les dirigeants d’Église ». L’épisode de 1883 était-il encore trop frais ? Y avait-il encore une résistance latente à un manuel ? Ce n’est pas clair. En revanche, ce qui est clair, c’est qu’au lieu d’un « manuel », la Gazette a été lancée. Ce mensuel de 16 pages publiait des articles sur le fonctionnement de l’Église et le rôle de ses responsables. Les articles publiés, à la fois de type « sermon » et de type « pédagogique », présentaient la façon dont les responsables pouvaient remplir leurs devoirs. La Gazette a vécu 37 ans avant d’être remplacée, en 1951, par deux publications : le MV Program Kit, destiné au département de la jeunesse, et Go, pour le département de la mission intérieure.

Des manuels secondaires

Deux petits volumes, incluant le mot « manuel » dans leur titre, ont fait leur apparition pendant les années 1920. Le premier était destiné aux missionnaires à l’étranger et énonçait des règlements pour servir de guide à ceux qui étaient envoyés Outre-mer. Le second, paru en 1925, le Manual for Ministers (manuel pour les pasteurs), détaillait les tâches du pasteur et donnait des explications concernant la consécration et les lettres de créance. Il proposait aussi des plans et des scripts pour la célébration de la Sainte-Cène, des mariages et des funérailles. Même si ces scripts étaient encore plus détaillés et spécifiques dans certains domaines que les propositions générales du manuel de W.H. Littlejohn rejeté en 1883, ces deux volumes ont été acceptés sans objections. Ils fournissaient des suggestions utiles pour ces occasions importantes et généralement formelles.

Encore un manuel

Peut-être bien que le succès obtenu par ces deux petits volumes a persuadé les responsables que l’Église pouvait être prête à accepter un manuel officiel sur le fonctionnement de l’Église, s’il était préparé correctement. La codification des règlements de l’Église avait bourgeonné des années durant à mesure qu’elle avait grandie, qu’elle était devenue plus internationale, plus institutionnelle et plus complexe. Ces documents codifiés devaient être rassemblés d’une manière accessible. L’émergence de plusieurs livres de règlements traitant de questions d’emplois par la dénomination, de relations organisationnelles et institutionnelles, ainsi que de questions industrielles avait, sans doute, clarifié ce qu’il fallait inclure dans un « Manuel d’Église » officiel, et donc rendait la tâche plus aisée.

La raison d’être, déjà ancienne, d’un Manuel avait acquis une nouvelle intensité. Des pasteurs expérimentés étaient employés. L’Église s’était répandue dans plusieurs pays. Le nombre de nouvelles Églises s’était accru rapidement et impliquait une vague de nouveaux responsables. Fournir les instructions nécessaires sans l’aide d’un document commun semblait impossible. Mais, vu les expériences du passé, la question demeurait : comment réaliser un tel volume, un Manuel d’Église ? Les responsables de la Conférence générale décidèrent de s’y attaquer.

À la fin de l’année 1926, James L. McElhany a été appelé à préparer un document par le bureau de la Conférence générale. Il s’est mis au travail l’année suivante13. Le contexte de cette requête reste mystérieux. La correspondance et les rapports des comités de la Conférence générale laissent entendre que les dirigeants ont compris que la requête faite à J.L. McElhany émanait officiellement du comité de la Conférence générale14. Cependant, il n’y a pas de rapport contenant cette décision. Ou bien les membres du bureau de la Conférence générale étaient conscients de critiques possibles et souhaitaient lancer ce projet discrètement, sans qu’il figure dans les rapports officiels, ou bien la décision a été prise « par inadvertance », sans qu’elle figure dans un rapport.

Ce que l’on sait, c’est que ces responsables soutenaient cette idée avec enthousiasme. Le livre devait être complet, a expliqué T.E. Bowen à une personne qui l’interrogeait ; il devait reprendre « les principes que le livre de frère Loughborough avait soulignés, ainsi que les principaux sujets traités par celui de frère Stevens, et devait aussi aller au-delà en évoquant attentivement le fonctionnement de l’Église et les problèmes les plus fréquents, afin d’offrir des suggestions et des principes nés d’une longue expérience qui satisferait plus pleinement les exigences de l’Église15 ».

J.L. McElhany devait réaliser ce projet tout en remplissant ses devoirs habituels de président d’Union. Bien qu’il n’ait jamais remis cette tâche en cause, en tout cas pas dans la volumineuse correspondance conservée dans les archives de la Conférence générale, il a clairement cherché de nombreux avis16. Ce ne fut pas avant cinq ans, en octobre 1931, qu’il put remettre son travail aux responsables de la Conférence générale17. Le processus d’approbation fut assez rapide. Il est intéressant de noter que c’est avec une autorité appropriée que les dirigeants de la Conférence générale « ont autorisé » le comité exécutif « à prendre les dispositions nécessaires pour éditer ce manuscrit18 ».

Le président a rapidement nommé un comité éditorial de sept personnes, approuvées par le comité exécutif, pour remplir cette tâche19. Deux mois après avoir reçu le manuscrit, le comité exécutif recevait le rapport du comité éditorial et approuvait le manuscrit corrigé. De plus, il a prévu que les épreuves soient fournies à chaque membre du comité exécutif. Au début de 1932, le président C.H. Watson n’a pas accepté d’écrire une préface personnelle pour ce volume (il souhaitait donner à ce projet une dimension universelle). Un petit souscomité a rédigé une déclaration qui pouvait être signée par l’ensemble du comité exécutif de la Conférence générale20. Fin mars, les corrections de dernière minute ont été intégrées et les presses de la Review and Herald l’ont publié pour le milieu de l’année. Un Manuel d’Église officiel, investi de l’autorité de la Conférence générale, était finalement devenu une réalité.

Aucune discussion ni aucune décision concernant ce manuel n’indique la conscience du rejet qui avait eu lieu cinquante ans plus tôt. Et, semble-til, il n’y eut aucune réaction de George Butler, qui était pasteur de plusieurs Églises dans l’Ohio quand parut ce manuel. On se demande si les responsables de l’époque étaient au courant de la première tentative et s’ils n’ont pas judicieusement évité de le faire approuver en session de la Conférence générale.

Un manuel pour l′Église

Le manuel d’Église de J.L. McElhany n’apportait aucune innovation en 1932. Il était premièrement descripteur de la vie et de la pratique de l’Église telles qu’elles existaient, et incluait des décisions consensuelles récentes votées par la Conférence générale sur le fonctionnement des comités, sur les membres de ces comités, ainsi que sur la radiation de membres. L’approche était du genre « tel est notre habitude », et ouvrait la porte à des variantes à l’échelle locale. Le Manuel était prescripteur en ce sens que les nouvelles Églises devaient être organisées en harmonie avec ce manuel. La Conférence générale était d’accord pour que les champs locaux puissent créer leurs propres adaptations de ce manuel (à condition qu’elles soient approuvées). L’Union britannique fut la seule organisation à se saisir de cette occasion dans les premières années.

La préface évitait une approche de credo insistant ; elle précisait que le manuel était proposé « comme un guide » pour les questions de gestion de l’Église. Cependant, il ne consistait pas seulement à énoncer « les pratiques et règlements de la dénomination », mais aussi à « les préserver ». Pour ceux qui craignaient un dérapage de type credo, le mot « préservé » était inquiétant parce qu’il contenait un élément de prescription et montrait qu’il serait difficile de réviser ce manuel, si nécessaire. Il est probable que ce qui distingue le plus ce manuel a été d’y inclure une nouvelle déclaration de croyances fondamentales. Élaborée par un groupe de quatre personnes et présidé par Francis M. Wilcox, alors rédacteur de l’Adventist Review21, cette déclaration de vingt-deux articles n’a été approuvée officiellement par aucun comité. Mais elle a été confiée à Edson Rogers, responsable des statistiques de la Conférence générale, pour qu’il l’inclue dans le SDA Yearbook de 1931. Elle a été approuvée plus tard, lorsque le Manuel d’Église dans lequel il était inclus a été validé. Il n’y a eu ni révision, ni large consultation sur cette déclaration, ni vote officiel de l’Église. Il est possible que des hésitations à propos de l’opportunité de voter une déclaration de foi et que l’éventualité d’être accusés d’imposer un credo expliquent la manière inhabituelle par laquelle la déclaration des croyances fondamentales est devenue « officielle22 ».

L’utilisation courante de ce document est vite devenue un problème. Le comité de la Conférence générale en a autorisé des révisions qui ont été publiées en 1934 et 1940. Mais, en 1946, la session de la Conférence générale a décidé que désormais les changements devraient être approuvés par les délégués en session23.

Conclusion

Aujourd’hui, le Manuel d’Église est un document mûr, accepté comme un guide qui fait autorité. Il a été d’une valeur inestimable pour d’innombrables pasteurs et Églises et a joué un rôle immense pour faire de l’Église un corps cohérent. Mais un manuel d’Église est (c’est important de le dire) un document qui est construit sur le passé et non pas tourné vers l’avenir. Il a été structuré principalement comme un document descripteur : « Voici comment l’Église fait ». Mais, à mesure du développement, de la croissance et de la variété de l’Église, et à la lumière de l’Écriture, les futures éditions du manuel décriront ce qui est coutumier et ce qui s’est révélé utile. De cette façon, tout en bénéficiant d’un guide qui fait autorité, l’Église évitera les écueils qu’elle craignait si fort en 1883, c’est-à-dire qu’un tel document devienne déterminant et étroit pour l’avenir. A

 Notes

  1. « The Church : Its Organization, Ordinances and Discipline » (L’Église : son organisation, ses ordonnances et sa discipline), in Signs of the Times, du 1er janvier 1885 au 6 août 1885.
  2. Voir Book Committee Proceedings (Fonctionnement des comités de lecture), session de la Conférence générale d’Oakland de 1887, p. 78 ; The Church : Its Organization, Ordinances and Discipline (L’Église : son organisation, ses ordonnances et sa discipline). Mountain View, CA: Pacific Press, 1886, p. 3.
  3. Idem, p. 84.
  4. Idem, p. 104 et suivantes.
  5. Idem, préface.
  6. Ellen G. White, Christian Education. Battle Creek, MI: International Tract Society, 1893, p. 135. Voir Loughborough, p. 50, 51, 61, 62, 90-94, 127.
  7. H.M.J. Richards, Church Order and Its Divine Origin and Importance (L’ordre dans l’Église, son origine divine et son importance). Denver, CO: Colorado Tract Society, 1906.
  8. La Pacific Press a commandé et publié le livre.
  9. James Adams Stevens, The Offices of the Church and Their Work (Les dirigeants de l’Eglise et leur travail), p. 20-27.
  10. Idem, p. 5.
  11. Lettre de H. S. Miller à T.E. Bowen, 11 janvier 1929.
  12. Lettre de T. E. Bowen à H.S. Miller, 20 janvier 1929.
  13. Lettre de J.L. McElhany à T.E. Bowen, 12 août 1927.
  14. Minutes de la Conférence générale du 9 novembre 1932.
  15. Lettre de T.E. Bowen à H.S. Miller, 20 janvier 1929.
  16. Lettre de J.L. McElhany aux présidents d’Unions et de fédérations du 14 août 1929 ; minutes des dirigeants de la Conférence générale du 15 octobre 1930 ; minutes de la Conférence générale du 6 mai 1931.
  17. Minutes des responsables de la Conférence générale du 28 octobre 1931.
  18. Ibidem.
  19. Minutes des responsables de la Conférence générale du 11 novembre 1931 ; minutes de la Conférence générale du 12 et du 13 novembre 1931.
  20. Minutes des responsables de la Conférence générale du 11 février 1932.
  21. Les autres membres de ce groupe étaient : M.E. Kern, doyen du Séminaire ; E.R. Palmer, directeur du département des publications ; et C.H. Watson, président de la Conférence générale. F.M. Wilcox semble avoir été le principal rédacteur.
  22. Voir L.E. Froom, « Creeds » (Credos), p. 5 ; archives de la Conférence générale ; aussi Gottfried Oosterval, The Seventh-day Adventist Church in Mission : 1919-1979 (L’Église adventiste du septième jour en mission : de 1919 à 1979), document non publié, cité par Lawrence Geraty, « A New Statement of Fundamental Beliefs » (Une nouvelle déclaration des croyances fondamentales), in Spectrum 11 (1983), vol.1, p. 3.
  23. Voir Review and Herald, du 14 juin 1946, p. 197-199 ; et Gary Land, Adventism in America (Les adventistes en Amérique). Grand Rapids, MI : Eerdmans, 1986, p. 180.

MANUEL D’ÉGLISE

Distinguer les activités et les fonctions des Églises locales ainsi que leurs relations avec les structures administratives. Discerner les principes bibliques qui régissent l’Église, la vie chrétienne et l’administration.

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