• LES TRADUCTIONS DE LA BIBLE : une oeuvre humano-divine

    BiblesPar Roland MEYER – Professeur de théologie à la Faculté adventiste de théologie

    Les membres de nos Églises adventistes francophones utilisent largement la traduction de la Bible du professeur protestant Jacques Jean-Louis Segond.  Que savons-nous de cette traduction ?

    Ce n’est pas un ange qui, de la part de Dieu, a déposé la Bible sur la terre, toute prête à être lue dans une langue connue de toute l’humanité. Dieu a aidé l’homme à rédiger les textes et à en conserver certains. Les phrases du récit biblique sont composées de mots de tous les jours, les textes sont construits selon les règles de grammaire, de syntaxe et de conjugaison que les hommes connaissent. Mais les hommes parlent des langues différentes, langues qui évoluent suivant les temps et les régions, et pour qu’ils comprennent ce que les auteurs de ces textes ont écrit il y a deux ou trois mille ans, il faut bien traduire ces textes et les adapter à notre manière de parler.

    La traduction n’est pas la recomposition du message, mais seulement sa mise à disposition pour celui qui ne le comprend pas dans la langue
    d’origine. Il arrive régulièrement que l’usage des mots change. Certains sont abandonnés alors que d’autres apparaissent. La révision d’une traduction est là pour permettre au lecteur de lire un message compréhensible à l’époque où il vit. C’est ainsi qu’il est nécessaire de réviser les traductions de la Bible, voire de retraduire les textes afin d’adapter, non pas le message, mais le vocabulaire, dans le but de bien saisir le message. Si le monde entier connaissait les trois langues utilisées à l’époque de la rédaction des textes bibliques, l’hébreu, l’araméen et legrec, il n’y aurait pas lieu de s’embarrasser à faire des traductions.

    Les plus anciennes traductions connues de certains textes bibliques sont des traductions orales qu’on appelle les Targoums. Ce sont des
    textes de la Bible hébraïque traduits en araméen et utilisés lors des lectures de portions de la Torah à la synagogue à l’intention des populations juives dont l’hébreu n’était plus une langue connue à la suite de l’exil.

    Au IIIe siècle av. J.-C., le grec était la langue parlée dans le Bassin méditerranéen oriental. Les populations juives de la diaspora souhaitaient
    avoir accès aux textes sacrés écrits en hébreu, mais ils ne connaissaient pas la langue. Une traduction des textes hébreux qui composent aujourd’hui notre Ancien Testament, a été entreprise. Ce travail s’est étendu sur environ un siècle. Cette oeuvre porte le nom de traduction des Septante. Les traducteurs de ces textes ont ajouté d’autres livres à ce corpus, les apocryphes ou deutérocanoniques.

    Dès le IIe siècle apr. J.-C. la Bible est traduite en latin, la langue commune dans cette partie du monde. Au IVe siècle, Jérôme de Stridon entreprend un grand travail de révision de certaines traductions latines. Il en sortira finalement une traduction de l’Ancien et du Nouveau Testament appelée Vulgate. Ce n’est qu’au VIIIe siècle que Charlemagne impose officiellement la Vulgate à laquelle avaient été intégrés les textes deutérocanoniques (apocryphes) de la Septante.

    C’est en 1523 que Lefèvre d’Etaples publie sa traduction française réalisée à partir des textes latins de la Vulgate. En 1535 Pierre Robert Olivétan, cousin de Jean Calvin, publie la première Bible protestante française dans laquelle il insère les textes apocryphes de la Septante. Sa traduction provient également des textes de la Bible de Jérôme (Vulgate). Dès 1538 paraît la Bible de Genève dont le texte de base est celui de la traduction d’Olivétan, revu d’après le Textus Receptus1, et d’après des manuscrits hébreux et grecs, par les pasteurs de Genève.
    La dernière édition est révisée par Jean Calvin.

    Les sociétés bibliques du XIXe siècle jouent un rôle important dans la traduction de la Bible. Dès cette époque, certains traducteurs commencent à travailler à partir des manuscrits les plus anciens et non plus à partir de traductions telles que la Septante ou la Vulgate. John Nelson Darby publie une version très littérale à partir des textes hébreux et grecs en 1859. Il fait un travail particulièrement précis et apprécié. Mais la Compagnie des pasteurs de l’Église de Genève confie au professeur Jacques-Jean-Louis Segond2 le soin de faire la meilleure traduction française possible des textes de l’Ancien Testament. Sa traduction paraît en 1874. Mais en plus de maîtriser l’hébreu, Segond maîtrise le grec et d’autres langues. C’est alors qu’il entreprend la traduction du Nouveau Testament qui sera publiée en 1880. Le 31 octobre 1873, à propos de la nécessité de traduire les textes bibliques, Segond écrit ce qui suit dans la première édition de sa traduction de l’Ancien Testament publiée à Genève en 1874 : « Quand la langue hébraïque eut cessé d’être une langue parlée, furent-ils [les Juifs] les premiers à éprouver le besoin d’avoir, pour leur usage, des traductions dans les idiomes des peuples au milieu desquels ils vivaient dispersés. […] Ainsi
    prit naissance la version dite des Septante ou d’Alexandrie », p. IX.

    Parlant des difficultés de la traduction et des connaissances à avoir pour entreprendre un tel travail, Segond écrit : « Qui dira dans quelles limites et sous quelles formes le secours divin se manifeste en pareille circonstance ? Peut-on s’attendre à une force surnaturelle qui préserve de toute inexactitude, à une sorte d’inspiration infaillible qui n’a pas même été le privilège des copistes auxquels nous sommes redevables
    du texte original dont il s’agit de reproduire le sens dans nos langues modernes ? » p. XVI.

    Le professeur Segond a travaillé à partir des différents documents originaux disponibles lui permettant d’aller au plus près des textes les plus anciens connus à l’époque. Certes Segond ne disposait, au milieu du XIXe siècle., que de quelques manuscrits. Les traducteurs actuels disposent d’environ vingt mille documents pour traduire la Bible.

    Nous possédons de plus en plus de documents anciens se rapportant aux textes de l’Ancien et du Nouveau Testament. Nous constatons que nos langues évoluent rapidement, que les sciences bibliques et les découvertes archéologiques nous donnent des outils de plus en plus précis pour étudier les manuscrits ainsi que les variantes qu’ils proposent pour un même récit. Nous sommes donc obligés de nous rendre à l’évidence qu’il est nécessaire de réviser régulièrement des traductions vieillissantes, voire de retraduire entièrement le texte biblique. Certes, la révision des textes est une entreprise délicate, car il convient de veiller à ne pas trahir la pensée de l’auteur, mais c’est une entreprise nécessaire pour que la Parole de Dieu soit comprise par toutes les populations du monde et à toutes les époques.

    1.Textus Receptus ou Texte reçu, est le nom donné à la première version imprimée du Nouveau Testament en grec publiée à la hâte en 1516 par le hollandais catholique Érasme. Ce texte est basé sur des manuscrits grecs tardifs (XIIIe et XVe siècle) auxquels sont incorporés des textes latins de la Vulgate.

    2. Louis Segond est né le 3 octobre 1810 à Genève. Il meurt dans cette même ville le 19 juin 1885. Son père est un catholique français qui a servi dans les troupes napoléoniennes. Il gère une échoppe de cordonnier au centre de Genève. Sa mère est genevoise, attachée au protestantisme. Louis Segond s’intéresse aux sciences naturelles et à la médecine et entre à l’Académie de Genève. En 1830 il commence ses études de théologie. Il obtient le grade de bachelier en théologie à l’université de Strasbourg en 1834, puis sa licence en théologie, en 1835, dans la même université. Il est docteur en théologie en 1836.

    Bible Noire copie

    BIBLE À LA COLOMBE – NOIRE

    La Bible version Segond révisée dans un format compact. Comporte 28 études bibliques rédigées sous la forme de questions-réponses, tirées du Manuel d’études bibliques « Signes des Temps » de l’Église adventiste du 7ème jour.

    Source : Revue Adventiste - Juin 2016 - Pages 8, 9es 8, 9
    French: Louis Segond (1910) - SEG

    9 Poussez des cris de guerre, peuples! et vous serez brisés; Prêtez l`oreille, vous tous qui habitez au loin! Préparez-vous au combat, et vous serez brisés; Préparez-vous au combat, et vous serez brisés.  

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  • EDS – Mercredi 13 juillet – Voix prophétique : 2ème partie

    Ésaïe 58 nous donne un message prophétique spécial de reproche et d’espérance pour le peuple de Dieu à l’époque d’Ésaïe, mais aussi pour nous aujourd’hui.

    Après avoir annoncé qu’il est fâché contre son peuple (voir Es 58.1), comment Dieu décrit-il ceux à qui il s’adresse ? Lisez Es 58.2.
    On ne sait pas exactement quel a été le « ton de la voix » du Seigneur à ce moment-là, mais il est clair qu’il condamne leurs démonstrations de piété et de foi, car il sait combien tout cela est faux. La Bible en français courant traduit le passage ainsi : « Jour après jour, tournés vers moi, ils désirent connaitre ce que j’attends d’eux. On dirait une nation qui agit comme il faut, et qui n’abandonne pas le droit proclamé par son Dieu » (Es 58.2).

    Lisez Ésaïe 58.3-14. Que dit le Seigneur à ces gens sur ce qui ne va pas dans leurs formes religieuses (dans ce cas-là, le jeûne) ? Quel est le véritable problème ici ?
    Remarquez un élément crucial ici : le culte est souvent égocentrique : « Seigneur, fais telle ou telle chose pour moi ». Bien sûr, c’est aussi le bon moment pour chercher le Seigneur pour qu’il réponde à nos besoins personnels. Mais ce que le Seigneur est en train de dire ici, c’est que le véritable culte, c’est aller vers « l’affamé, l’affligé, et le pauvre ». Chose étonnante : ce ministère tourné vers les autres bénit non seulement ceux qui en bénéficient, mais aussi ceux qui proposent cette aide.

    Lisez ce que disent les textes sur ce qui arrive à ceux qui se tournent vers les malheureux pour les aider.
    En soulageant les autres, en donnant aux autres, nous sommes nous-mêmes bénis. Qui n’a jamais vécu la réalité de ces promesses de Dieu ? Qui n’a jamais connu cette joie, cette satisfaction et cette espérance que l’on a lorsque l’on aide ceux qui ne peuvent pas s’aider eux-mêmes ? Il est difficile d’imaginer meilleur moyen de refléter le caractère de Christ pour le monde.

    Lisez Actes 20.35. Avez-vous expérimenté la réalité de ces paroles dans votre ministère auprès des autres ?


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  • Méditation – Mercredi 13 juillet – Impossible pour les hommes, possible pour Dieu

    Jésus dit à ses disciples : Amen, je vous le dis, il est difficile à un riche d’entrer dans le royaume des cieux. Je vous le dis encore, il est plus facile à un chameau de passer par un trou d’aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu. Les disciples, en entendant cela, restèrent complètement ébahis. Ils se demandaient : Qui peut donc être sauvé ? Jésus les regarda et leur dit : Pour les humains, c’est impossible, mais pour Dieu tout est possible. Matthieu 19.23-26

    Le jeune riche refusa donc l’appel de Jésus à renoncer à tout pour lui et à le suivre, aussi Jésus déclara à ses disciples : « Il est difficile à un riche d’entrer dans le royaume des cieux ». Il précisa qu’il était même plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille.
    Cette image du chameau a donné lieu à de nombreuses interprétations au fil du temps. L’une d’entre elles est que les villes fortifiées avaient deux portes. L’une de ces portes était la porte principale par laquelle tout le monde passait. Mais il y avait également une petite porte basse et étroite dans la muraille. Il semble que, lorsque la porte principale était fermée, la seule façon d’entrer dans la ville était d’utiliser cette petite porte, par laquelle un adulte avait du mal à entrer en se tenant droit. On raconte que cette petite porte s’appelait « le trou de l’aiguille ».
    Inutile de dire que, si une personne de taille moyenne avait des difficultés à y passer, alors c’était quasiment impossible pour un chameau, le plus gros des animaux en Palestine. Si l’on s’en tient à cette interprétation discutable, il était difficile à un chameau de passer par la porte, mais pas impossible si l’animal s’évertuait à la tâche. D’après cette analogie, une personne riche pourrait parvenir à entrer dans le royaume des cieux, à condition de fournir beaucoup d’efforts. Mais ce n’est pas ce que Jésus voulait enseigner. En utilisant cette illustration du chameau et du trou de l’aiguille, Jésus ne voulait pas dire que c’était difficile, mais que c’était impossible. En effet, il est impossible de faire
    passer de gros animaux par le plus petit des trous. Ces paroles abasourdirent les disciples. Comme d’autres Juifs, ils pensaient que les richesses étaient une bénédiction de Dieu. « Qui peut donc entrer dans le royaume, si ce n’est pas possible pour les personnes riches ? », demandèrent-ils.

    Jésus leur répondit : « Pour les humains, c’est impossible, mais pour Dieu tout est possible ». En faisant cette déclaration, Jésus préparait le terrain pour la parabole de la grâce relatée dans Matthieu 20.

    Seigneur, aide-moi à dépasser mes idées erronées sur ton royaume, y compris celles qui concernent ce qui est impossible aux hommes, mais possible par ta grâce.


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