• La Bible traduite

    Par Corinne Égasse – Secrétaire de la Faculté adventiste de théologie de Collonges-sous-Salève (Haute-Savoie)

    Parce qu’elle est Parole vivante, la Bible a depuis toujours été traduite dans les langues des peuples gagnés par la foi chrétienne. Corinne Égasse présente dans cet article 7 traductions françaises contemporaines. Cette analyse a été publiée dans la revue Dialogue destinée aux jeunes universitaires.

    La traduction de la Bible est une aventure très ancienne. À peine la période de rédaction des Écritures hébraïques, notre Ancien Testament, s’achevait-elle que déjà les Juifs d’Alexandrie, en Égypte, entreprenaient la traduction de leurs livres saints dans la langue locale. Cette vaste entreprise culturelle et religieuse s’est étalée de 250 à 150 avant notre ère et a produit la version grecque de la Bible juive, connue sous le nom de Septante. Le grec étant à l’époque et pour plusieurs siècles la « langue universelle », la Septante est tout naturellement devenue dès le début de notre ère les Saintes Écritures des chrétiens, auxquelles se sont ajoutés les livres du Nouveau Testament au fur et à mesure que leur autorité s’imposait aux communautés.

    Traduire pour transmettre La forte préoccupation missionnaire du judaïsme, et surtout du christianisme, rendait nécessaire la traduction des livres sur lesquels s’appuyait la foi. Aussi l’histoire de la traduction de la Bible, et parfois même de l’invention d’une écriture, suit-elle à la trace celle de la propagation de l’Évangile. La version en syriaque de l’Ancien Testament, la Peshitta, remonterait au Ier siècle de notre ère. L’Égypte est très tôt fortement christianisée ; aussi la Bible y est-elle traduite dès le IIe siècle dans au moins six versions dialectales du copte. Dans la partie occidentale de l’Empire romain, le latin est préféré au grec ; au IIIe siècle, la Bible est traduite en latin, la Vieille latine, qui sera supplantée au Ve siècle par l’indétrônable traduction latine de Jérôme, la Vulgate. Au IVe siècle, la Bible est traduite en gothique, constituant le plus ancien document littéraire dans une langue germanique. L’Arménie, première nation devenue officiellement chrétienne après le baptême en 301 de son roi Tiridate III, eut au Ve siècle sa version de la Bible, inventant pour cela une écriture de sa langue jusque-là orale. À la même époque commençait la traduction en géorgien. Au VIe siècle est réalisée la traduction en guèze, ou éthiopien classique, le royaume d’Axoum étant devenu chrétien vers 320-330. Au IXe siècle, l’écriture cyrillique est inventée par des missionnaires pour réaliser leur traduction de la Bible en slavon. Nous avons là un aperçu très condensé de ce qu’il est convenu d’appeler les « versions anciennes » de la Bible, à savoir celles qui sont antérieures à l’an 10001.

    Cette entreprise permanente de traduction des Écritures dans les langues où le christianisme s’étend exprime la conviction intime de tout enseignant de la Bible que ce livre est le fondement de la foi, que cette Parole est vivante et transmet la vie, qu’elle ne peut donc rester figée dans sa langue d’origine, mais qu’elle doit être offerte au croyant ou au futur croyant au plus près de sa compréhension, dans sa propre langue. C’est la grandiose dynamique de l’Incarnation qui se poursuit : Dieu vient à l’homme, il le rejoint sur sa planète, dans sa vie, dans sa culture, dans son quotidien. Il parle à son intelligence et à son cœur le langage approprié, pour l’attirer à lui. Tout traducteur de la Bible prolonge ce mouvement de proximité qui veut se faire comprendre de chacun.

    Si dès ses origines la Bible a été traduite, elle est aujourd’hui traduite au moins partiellement en 2 886 langues et dialectes, sur les 6 900 langues répertoriées dans le monde ! 542 langues disposent de la Bible en entier, 1 324 autres langues ont tout le Nouveau Testament, et encore 1 020 autres ont au moins un livret, généralement un Évangile2.

    Les traductions françaises

    Même si la traduction de la Bible en français a suivi la mutation progressive de cette langue à partir du latin, et ce dès le XIIe siècle avec les travaux de Pierre Valdo à Lyon, la langue française n’a pas eu sa Bible, comme les Allemands ont eu la traduction de Martin Luther (XVIe siècle) ou les Anglais la King James Version (XVIIe). Sans doute est-ce dû au fait que la Réforme ne s’est pas imposée en France et que la Vulgate latine continuait de régner dans le catholicisme. La première traduction de la Bible entière en français est réalisée à partir de la Vulgate par le théologien et humaniste français Jacques Lefèvre d’Étaples, et publiée hors de France, à Anvers (aujourd’hui en Belgique), en 1523 (Nouveau Testament) et 1530 (Ancien Testament). Suit aussitôt la traduction de Robert Olivétan, cousin du réformateur Jean Calvin, établie à partir du grec et de l’hébreu et imprimée à Neuchâtel (Suisse) en 1535. L’histoire des traductions françaises serait passionnante, toutefois elle déborde largement le cadre de cet article3. [Voir plus…]

  • EDS – Mardi 12 juillet – Voix prophétique : 1ère partie

    « Ouvre ta bouche pour le muet, pour la cause de tous les délaissés. Ouvre ta bouche, juge avec justice et défends la cause du pauvre et du déshérité. » (Pr 31.8,9.) Comment appliquer ces principes aujourd’hui ?
    Cette semaine, nous avons jusque là fait remarquer que Dieu veut que son peuple exprime ses caractéristiques de miséricorde et de justice comme étant le comportement idéal de ses enfants. Les prophètes hébreux prenaient souvent la défense des malheureux, en appelant le peuple de Dieu à la repentance, car ils avaient présenté sous un faux jour son souci des parias et des opprimés. En fait, Dieu assimile un comportement rédempteur désintéressé à la véritable adoration.
    Lisez Ésaïe 1.13-17. Comment cette déclaration définit-elle ce qu’est la véritable adoration selon Dieu ? Comment appliquer ce qui est dit ici dans ce contexte immédiat, à nous aujourd’hui ? Quel est le message de ces versets pour nous aujourd’hui ?
    Bien entendu, beaucoup des prophètes de l’Ancien Testament parlaient d’événements à venir, qui auraient lieu bien après leur mort, mais ils mettaient aussi l’accent sur les réformes spirituelles et morales ainsi que sur le service désintéressé à mettre en place dans le présent.
    Quand le peuple faisait des efforts démesurés pour adorer Dieu sans pour autant faire preuve de la compassion divine pour les gens autour d’eux, c’est alors que la voix prophétique des serviteurs de Dieu résonnait plus fort. On ne peut imaginer pires témoins que ceux qui sont tellement occupés à « adorer » Dieu qu’ils n’ont pas le temps de s’occuper des malheureux. Pourvoir aux besoins d’autrui, n’est-ce pas une forme d’adoration, de la part de ceux qui servent le Seigneur ?


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  • Méditation – 12 juillet 2016 – Une autre leçon sur la richesse

    Jésus lui dit : Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux. Puis viens et suis-moi. Après avoir entendu cette parole, le jeune homme s’en alla tout triste ; car il avait beaucoup de biens. Matthieu 19.21-22

    Il est facile de tirer une conclusion erronée de ce texte. Le problème du jeune homme riche n’était pas l’argent en lui-même, mais l’amour de l’argent. D’ailleurs, Jésus ne condamna pas le fait qu’il avait des richesses lors de sa discussion avec lui. Après tout, il n’avait pas dit la même chose à Nicodème, à Zachée ou à d’autres personnes qu’il avait rencontrées et qui avaient de grands moyens. Mais pour cet homme, la richesse représentait un danger. C’était son idole, ce qui le séparait de Dieu.
    Halford Luccock souligne que « Jésus ne déclara pas que la pauvreté était une exigence ou un idéal pour tous. Il était le grand Médecin et il ne prescrivait pas le même traitement à tous ses patients. Il portait un regard individuel sur ses patients, il les aimait et il voyait leurs besoins spécifiques. Puis, il leur prescrivait de faire ce qui pouvait les libérer de tout ce qui les retenait. Dans son cas, c’était la richesse ».
    Pour vous et pour moi, il s’agit peut-être d’autre chose. Cependant, nous devons tous remplir une même condition : renoncer à tout ce que nous sommes et tout ce que nous avons, afin que Dieu puisse être le Seigneur de notre vie.
    Quand je lis le récit du jeune homme riche, je pense à un autre type de jeune homme riche. Mais quelle différence dans leur façon de réagir ! Tous deux avaient le pouvoir, le prestige et la richesse. Tous deux furent invités à devenir les disciples du Christ. Tous deux furent confrontés à la décision de renoncer à leur passé. Et pourtant, quelle différence entre eux !
    En la personne de Paul, nous pouvons avoir une idée de ce que le jeune homme riche aurait pu devenir s’il avait mis ses dons au service de Dieu, mais il choisit d’utiliser ses dons pour son profit personnel.
    Paul écrivit plus tard, en pensant à ce type de personnes : « L’amour de l’argent est la racine de tous les maux. » (1 Timothée 6.10.) Mais grâce à ceux qui ont choisi de donner à l’argent la place qui est la sienne, tout au long de l’histoire de l’Église, Dieu a utilisé leurs dons pour soutenir son oeuvre et aider ceux qui sont dans le besoin.
    La richesse est un parfois un piège. Elle peut être une malédiction ou une bénédiction. Comme pour tous les autres dons, chacun de nous doit décider la façon dont nous voulons l’utiliser.


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