Revue SDT – Et si on ouvrait nos coeurs ?

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Marc Klinkhamer, Président de la Ligue vie et santé

Marc Klinkhamer est président de la Ligue vie et santé. Après un premier ouvrage paru aux éditions Empreinte-Temps présent, Organiser et animer un groupe de parole en milieu ecclésial, il vient de publier aux éditions Jouvence Animer un groupe de parole au sein des entreprises, associations et familles.

Expliquez nous ce qu’est un groupe de parole… En France, on assimile volontiers le groupe de parole à la thérapie de groupe. Or, ce n’est pas la même chose. Le groupe de parole est un outil de développement personnel. À ce titre, il ne nécessite pas la présence d’un professionnel, comme par exemple un psychologue. Il est ouvert à tous et peut s’organiser dans une école, entre personnes d’un même quartier ou entre collègues.

Quel est l’objectif et quels sujets sont abordés ? Dans une association axée sur l’environnement, on va plutôt parler d’écologie et dans une entreprise, des rapports au travail. Les sujets sont spécifiques à chacun. Néanmoins, il y a aussi des gens qui se réunissent librement. En fait, le but premier est de travailler notre manière de communiquer, plus que de traiter un thème particulier.
Comment entrons-nous en relation les uns avec les autres ? Il s’agit d’un apprentissage à la communication.

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Paru aux Éditions Jouvence – 8,70 €

Comment vous êtes-vous intéressé à ce concept ? Nous vivons dans une société de communication mais si on y regarde d’un peu plus près, on s’aperçoit que nos relations sont de plus en plus virtuelles, sans présence humaine physique. Cette présence constitue pourtant un facteur important quand on sait que 70 % à 80 % de notre communication n’est pas verbale : ce sont des mimiques, des silences, des postures… On ne remplacera jamais cette dimension. Les réseaux sociaux ont certes leur importance, mais ce sont des relations différentes.

Le virtuel nous ferait-il oublier comment communiquer ? En effet. On a tendance à valoriser les réponses virtuelles car elles sont plus faciles, elles demandent moins d’engagement et de temps qu’une rencontre en face à face. Pourtant, je crois que nous avons besoin de revenir à des liens plus authentiques. Le groupe de parole a pour but principal de permettre d’exprimer ce qu’on ressent profondément. C’est pourquoi une grande confidentialité est indispensable. Les armures que nous portons au quotidien sont laissées de côté. On va au fond de soi-même. En ce sens, la démarche est « thérapeutique », même si elle ne remplace pas une véritable thérapie pour les personnes qui vivent une vraie souffrance psychologique.

Est-ce un outil qui peut se décliner partout ? Oui, il existe des groupes de parole dans des contextes aussi différents que les milieux syndical, universitaire ou encore familial. J’ai aussi pu en constater les bénéfices dans l’église. Parce que la civilisation chrétienne s’est sécularisée, on ne se donne pas toujours les moyens de développer entente et fraternité. Le groupe de parole permet de se rapprocher les uns des autres et, finalement, de nous-mêmes. Bien sûr, selon qu’on veut animer un groupe de parole en milieu carcéral ou au club de bridge, on aura besoin de plus ou moins de formation. À travers ces deux ouvrages, j’ai voulu donner les bases pour créer et faire fonctionner un groupe (en milieu non pathogène), étape par étape.

Quelle a été votre expérience en tant qu’anima- teur de groupes de parole ? J’ai vu quantité de gens se libérer de leurs carcans, et je parle pourtant de gens équilibrés psychiquement ! Ces personnes ont réussi à exprimer des choses qu’elles n’avaient jamais dites ailleurs. Un partage à coeur ouvert, avec des personnes de confiance, c’est ce qu’on obtient quand un groupe de parole commence à bien fonctionner.
Et c’est une expérience inédite !

Source : Propos recueillis par Claire Bernole pour la Revue Signes des Temps - page 12

PAROLE DE CHAIR

Apprendre à demander et refuser, à donner et à recevoir. Gérer les inévitables conflits. Empruntez à Jésus-Christ les règles de l’’art en communication. De Thierry Lenoir.

 

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