• Dieu à la bouche – Revue Signes des Temps

    Oui, Dieu a un goût, celui de la bonté, celui de la vie.
    À déguster sans se priver, en gourmet !

    SDTMai-juin2016Très loin de toute théologie, de tout discours sur Dieu, la Bible propose une expérience sensorielle étonnante : « Goûtez, et voyez combien le Seigneur est bon ! » Un Dieu s’offrant à nos sens, voilà une bonne nouvelle ! Pas besoin d’avoir un QI de 130 pour accéder à la compréhension de Dieu ; il suffit d’avoir le sens du goût et le sens de la vue, ou au moins l’un des deux en état d’éveil, et la bonté de Dieu vient caresser nos papilles gustatives ou nos pupilles…

    Pour ressentir le goût de la bonté du Seigneur, il faut la garder un moment en bouche, ne pas avaler trop goulûment. Il faut prendre son temps. Il faut aussi être curieux et oser porter à ses lèvres quelque chose dont on n’a pas l’habitude, l’inattendu de Dieu, la surprise, la nouveauté.

    Quand le Nouveau Testament cite ce passage du psaume, il l’associe à l’expérience gustative la plus fondamentale, celle que nous avons tous connue et qui nous a apporté la satisfaction la plus absolue : « Comme des enfants nouveau-nés, aspirez au lait »1. Nous avons tous tété, nous avons tous goûté et aimé le lait maternel, nous y avons tous puisé la vie. La bonté de Dieu a le même goût, l’incomparable saveur de la vie.

    Comme il est important, vital même, de préserver notre sens du goût ! Le psalmiste nous dit comment garder notre bouche en état de goûter Dieu : « Préserve ta langue du mal, tes lèvres des paroles trompeuses ». Une bouche saine, généreuse et vraie reste en permanence capable de savourer la bonté de Dieu et de s’emplir de reconnaissance : « Je bénirai le Seigneur en tout temps ; sa louange sera constamment dans ma bouche » !

    Corinne Egasse –

    1.Cf. 1 Pierre 2.2.


    Je bénirai le Seigneur en tout temps ; sa louange sera constamment dans ma bouche. Goûtez, et voyez combien le Seigneur est bon ! Préserve ta langue du mal, tes lèvres des paroles trompeuses ; écarte-toi de ce qui est mauvais, fais ce qui est bon ; recherche la paix, poursuis-la. Psaume 34.2, 9, 14, 15  – Texte biblique version NBS


    Au Seigneur aimable et aimé

    Aimable Seigneur, […] que les belles campagnes te louent lorsque, dans les délices de l’été, elles brillent selon leur noblesse naturelle dans la multiple parure de leurs fleurs et leur exquise beauté… Seigneur, lorsque je regarde de gracieux êtres vivants, d’aimables créatures, ils disent à mon coeur : « Ah ! regarde comme il est aimable, celui dont nous sommes issus, de qui provient toute beauté ! » Je parcours le ciel et la terre, l’univers et l’abîme, forêts et campagnes, monts et vallées : tous ensemble font retentir à mon oreille l’immense concert de ta louange infinie. Mais lorsque je pense que c’est toi, le Bien digne de louange, que mon âme a élu entre tous, que mon âme a choisi pour elle-même afin qu’il fût son amour unique et bien-aimé, hélas ! ô Seigneur, mon désir de louange est tel que mon coeur voudrait se briser en lui-même.

    Henri Suso
    Mystique dominicain du XIVe siècle, dans Quand les hommes parlent aux dieux. Histoire de la prière dans les civilisations, sous la direction de Michel Meslin, Paris, Bayard, 2003, p.493.


    Source : Revue Signes des Temps - Mai Juin 2016 - page 11
  • EDS – Vendredi 17 juin – Pour aller plus loin

    En 1959, deux voyous pénétrèrent dans une maison du Kansas, et assassinèrent les parents et leurs deux enfants adolescents. Alors qu’ils étaient activement recherchés, le frère du père de famille assassiné écrivit cette lettre au journal local : « Il y a beaucoup de ressentiment dans cette ville. J’ai même entendu dire plus d’une fois qu’on devrait pendre l’assassin au premier arbre venu quand on lui mettrait la main dessus.
    Ne partageons pas ces sentiments. L’acte est consommé, et enlever une autre vie n’y changera rien. Au contraire, pardonnons comme Dieu le désire. Il ne faut pas que nous gardions de rancune au fond de nos coeurs. Celui qui a fait cet acte va trouver très difficile, en effet, de vivre avec lui-même. Il ne connaitra la paix de l’âme qu’en allant demander pardon à Dieu. Ne nous mettons pas en travers de sa route, mais prions plutôt pour qu’il puisse trouver la paix » Truman Capote, De sang-froid.

    Laissons de côté les considérations sur la peine de mort, et considérons ce puissant exemple de la grâce que Christ nous offre à tous. Même après l’inexcusable reniement de Pierre, Christ lui a pardonné et lui a confié le travail qui consiste à gagner des âmes. « Pierre venait d’affirmer qu’il ne connaissait pas Jésus, mais il voyait, maintenant, avec douleur, combien le Seigneur, lui, le connaissait, et avec quelle assurance il lisait dans son coeur, ce coeur dont lui-même ne devinait pas toute la fourberie. » Ellen G. White, Jésus-Christ, p. 712.

    Il savait ce qu’il y avait en Pierre avant que Pierre ne le sache. Et il savait ce que Pierre ferait avant que Pierre ne le sache. Et pourtant, son amour et sa grâce sont restés les mêmes, malgré que Pierre n’avait nul autre que lui à blâmer pour ce qu’il avait fait.
    Dans nos rapports avec ceux qui font les mêmes erreurs, il est ô combien crucial d’apprendre à faire preuve de cette même grâce envers eux, que nous voudrions pour nous-mêmes.

    À méditer
    • « Chaque histoire de conversion, a écrit C. S. Lewis, est l’histoire d’une défaite bénie. » Qu’est-ce que cela signifie ? De quelle manière avez-vous expérimenté cette « défaite » ? Qui perd et qui gagne ?
    • Dans l’histoire de Jésus à Gethsémané, Jésus demande à ce que cette coupe s’éloigne de lui, mais seulement « si c’est possible ». Qu’est-ce que cela implique, en dehors du fait que si l’humanité devait être sauvée, Jésus devrait abandonner sa vie ? Pourquoi ? Pourquoi la mort de Jésus, qui a porté nos péchés, était-elle absolument essentielle ? Pourquoi ne pouvait-il y avoir d’autre moyen pour Dieu de résoudre le problème du péché, à la lumière du grand conflit ?

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  • Méditation – 17 juin 2016 – Un temps de crise

    Jésus, arrivé dans la région de Césarée de Philippe, se mit à demander à ses disciples : Au dire des gens, qui est le Fils de l’homme ? Ils dirent : Pour les uns, Jean le Baptiseur ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres encore, Jérémie, ou l’un des prophètes. Et pour vous, leur dit-il, qui suis-je ? Simon Pierre répondit : Toi, tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. Matthieu 16.13-16

    Avec ces versets, nous arrivons à l’un des épisodes les plus importants de la vie de Jésus, et ce, pour différentes raisons. Comme le souligne William Barclay, il se produisit « lors d’une crise dans la vie de Jésus. Quoique ses disciples puissent penser, il savait de façon certaine que la croix l’attendait. Les choses ne pouvaient pas durer très longtemps comme cela. Ses opposants s’apprêtaient à agir. Alors Jésus avait un problème et se posait des questions : avait-il été entendu ? Avait-il réussi à accomplir quelque chose ? Autrement dit, certaines personnes avaient-elles compris qui il était ? ».

    La seule façon pour lui de le savoir était de poser la question à ceux qui lui étaient proches, ceux qui allaient bientôt reprendre le flambeau et jouer leur rôle d’apôtres, même s’ils n’en avaient pas encore conscience. La question était de savoir s’ils avaient appris les choses fondamentales qu’ils devaient connaître en tant que disciples, car si ce n’était pas le cas, ils ne pourraient jamais devenir apôtres de Jésus.
    Jésus ne se préoccupait pas de ce que les gens pensaient de lui, mais il avait désespérément besoin de connaître l’opinion des disciples. Il était arrivé à un point critique de son ministère.

    Alors, il leur posa la question fondamentale qui sous-tend toutes choses : « Pour vous, qui suis-je ? ». Les disciples commencèrent à réfléchir à leur réponse. Avec un grand soulagement, Jésus entendit Pierre déclarer : « Toi, tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. ». Alors, il comprit qu’il n’avait pas échoué. Les yeux de ses disciples s’étaient enfin ouverts.

    Néanmoins, même s’ils avaient compris qui était Jésus, ils n’avaient pas la moindre idée de ce que cela signifiait. Par conséquent, Jésus leur recommanda de ne dire à personne qu’il était le Christ (verset 20). C’est une requête qui peut nous sembler étrange, mais elle était nécessaire, car Pierre et les autres disciples n’avaient pas encore compris la mission exacte de Jésus. Ils avaient encore en tête l’idée du roi conquérant. Cela est bien normal, car rien n’indique qu’à l’époque qui précéda celle du christianisme, des Juifs aient développé l’idée d’un Messie souffrant.

    Parfois, nous avons suffisamment de connaissances pour pouvoir être dangereux. Il est essentiel que nous adoptions une approche équilibrée avant de prendre la parole.


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