• Pour un engagement chrétien et citoyen – Revue Signes des temps

    SDTMai-juin2016Geneviève Jacques est présidente de la Cimade depuis 2013. Son engagement auprès des plus démunis est cependant de longue date au sein de l’association, et déjà auparavant pour l’Alliance mondiale des Unions chrétiennes féminines ou encore la Fédération internationale des droits de l’homme. En 2008, elle a été décorée de la Légion d’honneur sur proposition du Haut commissariat aux solidarités actives.

    Qui la Cimade aide-t-elle et y a-t-il des conditions ?

    La Cimade a été créée par des mouvements de jeunesse protestants en 1939 pour venir d’abord en aide aux personnes déplacées d’Alsace-Lorraine – on disait alors « les évacués » – puis aux personnes menacées et persécutées pendant la guerre : les réfugiés anti-nazis qui ont fui en France et les Juifs (étrangers et français). Après la guerre, l’association a gardé comme priorité une solidarité active avec les personnes étrangères, qu’elles soient migrantes, demandeurs d’asile ou réfugiées. Pendant plus de 75 ans, ses équipes ont accueilli et accompagné les vagues de populations que les aléas de l’histoire ont amenées en France. Nous avons reçu des Hongrois en 1956, nous avons été aux côtés des Algériens pendant la guerre (en France et en Algérie même) et nous avons été très actifs lorsque sont arrivés les réfugiés des dictatures latino-américaines dans les années 1970, puis les boats people vietnamiens dans les années 1980. La Cimade accueille de façon absolument indiscriminée – cela fait partie de nos valeurs fondamentales – les personnes étrangères qui ont besoin d’un accompagnement dans notre pays.
    Actuellement, environ 85 groupes locaux et 150 permanences accueillent dans toute la France plus de 100 000 personnes par an pour lesquelles l’essentiel de notre travail consiste en un accompagnement juridique. La législation française concernant le droit des étrangers est de plus en plus complexe, de plus en plus rigide. C’est pourquoi beaucoup de personnes ont besoin d’être aidées pour accéder à leurs droits. Nous avons aussi un centre d’hébergement pour réfugiés au sud de Paris, à Massy, et un centre d’accueil de demandeurs d’asile à Bézier.
    Nous accompagnons également les étrangers qui sont en prison. Notre action en France, qui est le principal engagement de la Cimade, s’accompagne de partenariats internationaux avec des associations qui se trouvent en Afrique du nord et de l’ouest. Ces associations locales travaillent, elles aussi, à la défense des droits des personnes en migration. Et il y en a de plus en plus dans ces pays ! Traditionnellement, c’est de ces régions du monde que venaient les migrants mais actuellement, elles se transforment en pays de transit ou d’accueil.

    Peut-on avoir la même approche de l’immigration selon qu’elle est politique, économique, climatique, religieuse… ? Africaine, moyen-orientale, européenne… ?

    Les personnes que nous recevons, nous les regardons d’abord et avant tout comme des êtres humains, c’est-à-dire des hommes et des femmes qui ont un nom, une histoire. Une histoire souvent tragique ou difficile. Ils viennent vers nous dans l’attente d’un soutien et, très fréquemment, pour une régularisation de leur situation. Quand on arrive dans un pays, la législation reconnaît différents statuts. Si on est demandeur d’asile (c’est-à-dire demandeur d’une protection internationale parce qu’on ne peut plus retourner chez soi) cela exige une certaine forme d’accompagnement. Si la personne a obtenu le statut de réfugié,
    alors ses questions concerneront essentiellement l’intégration, c’est-à-dire l’apprentissage d’une vie d’exil dans notre pays. S’il s’agit de personnes qui ont perdu un titre de séjour – on les appelle « sans-papier » mais ils en ont en fait beaucoup, sauf que ce ne sont pas les bons – nous cherchons avec eux comment régulariser leur situation. Il est souvent possible de trouver des chemins. Si ce sont des personnes qui sont en prison, leurs besoins sont encore différents. Nos réponses s’adressent à des gens dont les situations sont diverses, complexes, et demandent des formes d’accompagnement différentes.

    L’accueil est premier mais vous avez aussi parlé d’intégration. J’imagine qu’on ne peut pas dissocier les deux ?

    Nous essayons de penser notre accompagnement avec les personnes et dans la durée. Le plus souvent, nous sommes confrontés à des questions plus urgentes de stabilisation du séjour, car on ne peut entreprendre aucune procédure d’intégration dans notre pays si on n’a pas le droit d’y rester. Parmi les demandes que nous recevons, certaines concernent l’apprentissage de la langue française, par exemple, qui est un élément essentiel pour l’intégration. Il y a aussi tout ce qui relève de l’accès aux autres droits.
    Pour répondre à votre question et parler de ce que nous faisons pour l’intégration des personnes étrangères, j’évoquerai une autre dimension. Tout un travail est réalisé en direction de la société civile. C’est l’une de nos priorités. Nous essayons de faire changer le regard sur l’étranger en nous adressant à une opinion publique plus large que les seuls sympathisants, en interpelant le monde chrétien mais aussi en allant dans les écoles et les lieux culturels.
    Nous tentons de faire changer les attitudes de peur et de méfiance, de déconstruire les préjugés et les idées fausses sur les étrangers : ils nous envahissent, ils constituent une menace ou un danger… en apportant des informations des faits précis, des chiffres, mais aussi des témoignages et tout ce qui peut favoriser les rencontres humaines. C’est de cette façon que nous montrons que ces personnes sont comme nous : des êtres humains qui n’aspirent qu’à vivre dans la dignité, à connaître et à s’insérer dans cette nouvelle société où ils passeront un temps plus ou moins long. Ces personnes arrivent avec leur propre culture, leur propre richesse, leur propre connaissance, et doivent pouvoir continuer, par leur présence, à enrichir notre société comme cela s’est fait depuis des siècles.

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    Finalement, la société civile a aussi besoin d’être accompagnée…

    Particulièrement en ce moment, où beaucoup de voix appellent à la fermeture, à la peur, à la haine. Nous vivons un moment très grave, où le rejet de l’étranger pourrait conduire à la fracture sociale. C’est toujours plus facile de chercher des boucs émissaires, ce qui se traduit par de graves fractures, du racisme, de l’antisémitisme, etc. Cela concerne aussi des gens de nationalité française. Il est primordial de soutenir toutes celles et ceux – il sont nombreux ! – qui ne veulent pas que notre pays se ferme aux autres Nous sommes témoins, à la Cimade, qu’il existe beaucoup de bonne volonté et de générosité dans notre pays. Ce sont ces voix-là qu’il faut non seulement entendre mais aussi encourager dans le contexte actuel.

    Cela signifie qu’il y a de l’espoir…

    Les difficultés pour faire face sont énormes mais il y a une prise de conscience que le moment est venu de ne pas se taire, de ne pas fermer les yeux, de ne pas dire qu’on ne peut rien parce que c’est trop compliqué. On peut toujours quelque chose dans l’endroit où on se trouve. Derrière les grands mots « solidarité », « accueil », « fraternité »… que nous utilisons, en particulier dans nos églises, il faut aussi poser des actes concrets. Nous arrivons à un moment de notre histoire où il faut le faire. C’est une responsabilité citoyenne et une responsabilité chrétienne.

    Propos recueillis par Claire Bernole - http://www.lacimade.org/
    Source : Revue Signes des temps - Mai-Juin 2016 pages 4-5
  • EDS – Mardi 14 juin – Gethsémané

    Durant la semaine de la Pâque, les prêtres sacrifiaient des milliers et des milliers d’agneaux au temple en aval du Cédron. Le sang des agneaux était répandu sur l’autel, puis coulait jusqu’à un ruisseau qui parcourait la vallée du Cédron. Le ruisseau se teintait peut-être même de rouge à cause du sang des agneaux. Jésus et ses disciples ont dû traverser les eaux rougies de ce ruisseau en allant au jardin de Gethsémané.

    Lisez Matthieu 26.36-46.

    Pourquoi l’expérience de Gethsémané a-t-elle été si difficile pour Jésus ? Quel était le véritable enjeu ici ?

    Ce n’était pas la mort physique que Jésus redoutait quand il a prié que cette coupe s’éloigne de lui. La coupe qu’il craignait était la séparation d’avec Dieu. Jésus savait que pour devenir péché pour nous, pour mourir à notre place, pour porter en lui la colère de Dieu envers le péché, il devrait être séparé de son Père. La transgression de la loi sainte de Dieu était si grave qu’elle a exigé la mort du coupable. Jésus est venu
    précisément parce qu’il allait prendre cette mort sur lui afin de nous l’épargner.Voilà ce qui était en jeu pour Jésus, et pour nous.
    « En pensant aux conséquences possibles de la lutte, le Christ redoutait une séparation d’avec Dieu. Satan lui disait que cette séparation serait éternelle s’il devenait le garant d’un monde pécheur. Il serait assimilé aux sujets du royaume de Satan et ne retrouverait plus jamais la communion divine. […] Le moment redoutable était arrivé où devait se décider la destinée du monde. Le sort de l’humanité oscillait dans la balance. Le Christ pouvait encore refuser de boire la coupe préparée pour l’homme coupable. Il n’était pas trop tard. Jésus pouvait essuyer la sueur sanglante de son visage et laisser périr l’homme dans son iniquité. Il pouvait dire : Que le transgresseur subisse la peine de son péché : moi, je retournerai vers mon Père.
    Le Fils de Dieu allait-il consentir à boire la coupe amère de l’humiliation et de l’agonie ? L’innocent allait-il subir les conséquences de la malédiction du péché pour sauver le coupable ? » Ellen G. White, Jésus-Christ, p. 689, 692-693.

    Jésus était disposé à faire ce qu’il a fait pour nous.
    Quel impact cela devrait-il avoir sur chaque aspect de notre vie, en particulier quand il s’agit d’aider les autres ?
    Comment apprendre à émuler davantage le caractère de Jésus dans nos vies ?


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  • Méditation – 14 juin 2016 – Jésus et la véritable religion

    Ce qui sort de la bouche provient du coeur, et c’est cela qui souille l’être humain. Car c’est du coeur que viennent raisonnements mauvais, meurtres, adultères, inconduites sexuelles, vols, faux témoignages, calomnies. Voilà ce qui souille l’être humain ; mais manger sans s’être lavé les mains ne souille pas l’être humain. Matthieu 15.18-20

    Le deuxième épisode du conflit sur l’impureté se déroula quand Jésus tourna le dos aux Pharisiens et s’adressa d’abord à la foule jusqu’alors restée discrète, puis aux disciples.
    Il déclara à la foule que les Pharisiens n’avaient pas bien compris ce qu’était véritablement l’impureté et, par extension, la véritable religion (Matthieu 15.10-11). Puis les disciples s’approchèrent de Jésus et lui firent remarquer qu’il avait offensé les Pharisiens par son enseignement sur ce sujet. Jésus leur répondit qu’ils n’étaient que des aveugles guidant d’autres aveugles, et que le fait de les suivre conduirait à la catastrophe (versets 12-14).
    Cependant, Pierre et probablement d’autres disciples n’étaient pas satisfaits de cette réponse, et ils insistèrent pour que Jésus leur donne davantage d’explications. Manifestement, l’enseignement sur l’impureté cérémonielle était si répandu dans le judaïsme que même les disciples avaient du mal à comprendre la position de Jésus.
    Cela explique pourquoi celui-ci prononça des paroles dures aux versets 16 et 17. Pour résumer, il déclara : « Comment pouvez-vous être si bêtes ? Vous avez passé beaucoup de temps à mes côtés et vous ne parvenez pas à saisir ce que je veux dire ? ».
    Jésus continua d’expliquer aux disciples lents à comprendre que ce qui souille l’être humain n’est pas ce qui entre en lui, ce qui lui est extérieur. Au contraire, c’est ce qui est enraciné dans son coeur, au plus profond de son être, et c’est du coeur pécheur que viennent les actions mauvaises (versets 17-20).
    En bref, la véritable religion n’est pas une question d’actes extérieurs. Au contraire, elle trouve sa source dans une attitude d’amour vis-à-vis de Dieu et d’autrui. Cet état d’esprit devient alors la source de toutes les actions. Plus tard, Jésus sera plus précis sur ce point, soulignant que tous les commandements de Dieu sont fondés sur l’agape (l’amour) pour Dieu et pour le prochain (Matthieu 22.36-40).
    Dans Matthieu 15, nous trouvons l’essentiel de la définition de Jésus concernant la véritable religion. Quel dommage que tant de personnes parmi nous s’intéressent davantage à ce qu’il faut faire et ne pas faire ! Elles se trompent. Certes, ce qu’il convient de faire et de ne pas faire est important, mais uniquement quand cela provient d’un coeur juste.


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